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timités qui mêlent deux Ties en une seule } cesl analyser la vie sur un cadavre , c'est mettre Tautopsie avant la mort*
Il en est de même dans la politique : une société qui ne va plus qué par le mécanisme des intérêts n'a plus qu'une existence précaire et factice ; il ne s'agit plus^ pour la bouleverser, que de savoir déplacer les intérêts. L'histoire est la qui le prouve à chaque page.
Dans l'amertume où elle est tombée, Salicetta se débat ; elle se tourmente , ses idées se posent lentement, elle tie saurait se précipiter si vite vers le doute : l'indifTérence de son mari pour les vérités morales ne saurait être la sienne. Maintenant ses railleries la glaceront d'effroi; elle y sentira partout le néant. Les jours se succèdent ; elle se fait une gaité : le cœur souffi*e trop de telles contraintes pour les supporter long-temps; elle rit, folâtre et joue; il y a plus, elle écoute avec une ardente curiosité les badines opinions de son mari , toujours^ prompt à se déjouer lui-même , et qui roule
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dans un chaos de contradictions dont il est le premiw à se moquer. Entraîné par ce vertige que donnent l'éclat et les paroles d'une brillante conversation , séduit par le besoin de jMt>duire de Teffèt et de jeter k pleines mains les étincelles de soa esprit; il détruit aujourd'hui les principes 'qu'il avait posés et soutenus la veille. Politique, morale, religion, sciences, histpire, bieaux-^rts même , tout se heurte et se brise dans ce tourbillpn de mots scintillans , de scepticisme ingénieux.
L'ironie, telle que Voltaire l'a créée et si spirituellement maniée , arme à plusieurs pointes^ sç multiplia dans sa main , pour frapper à mort de vieux abus, de gothiques préjugés; mais , dans l'ivresse de sa victoire , il ^'attaqua à des idées fondamentales qui composent la vie de la société elle-même. Ses disciples ont ramassé l'arme et ont continué l'œuvre ; le sang coule de toutes les parties du corps social , il s'affaiblit, il faut bander ses plaies, les soigner, ne
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pas les rouvrir sans cesse. A cette époque , i'ironie voltairienne dominait ; Pamy célébrait la Guerre des Dieux ^ et cherchait à salir les idées chrétiennes, dans un langage obscène plus railleur qiie poétique ; mais aussi le Génie du Ckris^ Uanisme paraissait avec un éclat qui lui attirait de vives attaques. La lutte s'engagea^ interrompue par cette gloire militaire , héroïque distrtotion de la France, qui devait bientôt apnès continuer l'œuvre de la liberté , développement de toutes les pensées grave"^, hautes et généreuses.
En vain dans ses conversations avec safmmie, qui l'interroge sans cesse , Juviessy s'eflRm;e-4i-il de s'arrêter sur quelque idée stable; en vain essaie-t-il quelques rétioences, Salicetta s'opiniâtre k le poursuivre de questions ; elle le presse,. Fentraîne , le force à descendre toujours , à s'enfoncer, à tournoyer avec elle dans ce néant, dont elle ne s'épouvante que quand elle est' seule. Alors il faut qu'elle s'agite, qu'elle s'en-
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lève à ces tûiiniieii5> à ce ride que laisse Fincré- <iiilité. Puis die a des relours; elle pleure^ elle regrette la foi , le eharme de croire et d'èspérerj elle évite soq mari pour rêver et lire; elle combat cette aridité qui la dessécherait et qui va si mal avec sa jeunesse. Par instans^ je ne sais quelle pesanteur vient ploml>er ses idées : sa douleur est fixe; elle se lasse d'elle-même^ elle va au spectacle^ au bal; elle se distrait quelques heures. Elle croyait avoir parcouru l'horizon du doute et de l'ennui , il s'étend sans cesse; elle y découvre de nouvelles anxiétés. Une imagination moins vive que la sienne se fût promptement posée dans l'indifférence ; elle ne peut s'y asseoir^ et l'oisiveté d'un long jour se présente à elle chaque matin ; dès son réveil^ elle aspire au soir; elle traîne avec elle mille nuances de pensée qui n'ont point de traduction possible. Juviessy s'afflige de ses mélancolies et de ses galtés non moins effrayantes. Elle lutte , il faut qu'elle s'arrête à quelque opinion déterminée ; car la raison ne saurait long-temps résister
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à ces tiraillem^ns en tous sens.*.. La poésie de l'amour et de la foi l'empwte souvent, régnerar t^Ue enfin saps partage dans oette âme si prématurément agitée ? ,
Une tmtt.
Si tous souhaitez de vraies jouissances^ c'est quelquefois hofs de vous qu'il faut les cherchep. Aimez; sensations^ impressions, sentimens intérieurs, manifestations, tout prendra vie et force, tout sera coloré et plein d'enchantement.
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