‹ L'ironie, Volume 1Chapitre 20 sur 25 · EXUPÈRE A FULGENCE · texte numérisé non relu

EXUPÈRE A FULGENCE

« dont tout homme a besoin ? Te souviens-tu des « paroles de notre père mourant ? Quand tu seras « en péril de faillir aux vertus qui sont les bases «du bonheur^ songe-s-y; elles te soutienw dront. »

Cette lettre d'une* touchante simplicité^ qui lui arriTait au milieu de si poignantes agitations^ l'émut; et il parcourut, par la pensée, le chemin où il se sentait si i*apidement entraîné. Promettre à la jeune femme de chambre de l'épouser, n'étaitxîe pas risqua deux existences à la

EFFET M tA UTTRB. 3oi

foifi ? Éh! comment tenir cette promesse? san$ position dans le monde ^ $i jeune encore j le pouyait-îl? Que faîsait-il donc? U attisait un amour qu'il Allait éteindre ; il allait peut-^tre flétrir la destinée d'une jeune fille ^ lui ouvrir la porte secrète des amours qui se mettent à l'encan^ ou faire de sa vie un long supplice clandestin. Une foule d'idées sur sa position ^ heurtaient dans son esprit.... Le billet de SaJicetta rq>osait là près de la lettre de son frère, et les paroles de Stéphanie résonnaient encore à son weille.

La foi que son frère lui recoocunandait était déjà morte ; l'ironie de M. de Juviessy et même de Saltcetta l'avait tuée; il l'avait si mal défendue contre leurs plaisantories I II vivait au jour le jour avec ses passions, et , désormais sans prin«cipes régulateurs , il n'osait ni accepter les vices du mondé , ni les répudier; sa vie était mixte. Il ne comprenait pas epcore les mœurs de la société ; il s'arrêtait aux formes extérieures de la conversation , il n'avait pas le secret de cette

3o2 EFFET DE LA LETTRÉ.

algèbre fine et moqueuse; il croyait à la vertu; il se tourmentait pour ce qvCon y regarde assez souvent comme des niaiseries; ces niaiseries, c'étaient la violation de la conscience^ la séduction et l'adultère. Il luttait^ mais une allusion maligne le fai^ sait tressaillir; l'ironie le dominait. U fsdlait dire dans ces salons brillans : ce Je suis dtrétîeii. » U Êdlait ne jamais reculer devant un aveu de ses croyances.

U ne l'était déjà plus^ il n'avait déjà plus ce courage; ce courage eût été un mensonge.... il le sentait.... Que faire? A quoi se résoudre? U dormit peu ; et dans le sommeil inquiet qui vint par momens clore à demi ses paupières , il fut poursuivi de rêves fantastiques qui naissaient de son agitation. Le lendemain^ il transigea avec lui-même : il jéwivit à son frère une lettre vague dans laquelle^ en colorant à plaisir sa vie^ il finit par se mentir à lui-même.

Pendant que ces drames domestiques se nouent^ l'action historique se développe avec l'immensité glorieuse qu'on sait : le despotisme brillant et guerrier de Napoléon va se heurter contre les rois de l'Europe ; il asservit la pensée , il ne l'occupe, il ne l'amuse qu'à l'aide de hochets étin-

3o4 FONDS HISTORIQUE DES SCENES.

celans ; il faut qu'il supplée à cette force 4e Topi— nion qu'il a pris .à tache de duper victoire après victoire. On croit en lui , parce qu'il j a de l'or dans les caves des Tuileries, et surtout de la gloire attachée à nos drapeaux ; mais cette gloire, dont la France est fière à si juste titre, ne s'alimente qu'avec la fleur de notre jeunesse , avec le plus chaud de notre sang. Ces hautes promesses de bonheur social seront-elles tenues? Le grand acteur couronné qui s'est mis au lieu et place de la nation soutiendra-t-il l'éclat formidable de son rôle? Que résultera-t-il de ce système colossal, et qu'une seule main fait mouvoir, dirige? supplée-t-on à la liberté? ou, quand un gouvernement n'en donne que des semblans ironiques, fait-il une œuvre durable? Déjà une opposition militaire se forrn^ dans les rangs de la grande^armée; Oudet et Mallet en sont les moteurs. Les idées libérales fermentent en germe dans les a^ociations maconiques allemandes. On rit des idéologues autour de Napoléon, ^i les craint ; trois ^nt mille hommes k vaincre lui cau-

FONDS HISTORIQUE DES SCÈNES. 3o5

sent moins de soucis que les feuillets d'un livre que la censure énerve et torture. Toute libre pensée est un crime de lèse-majesté impériale; le langage et le nom de Tacite sont des outrages r il faut se garder de troubler par une dissonance le concert harmonieux des adulations; l'éloquence a sa forme et ses limites; il faut qu'elle y parade sans se permettre d'écart, sous peine de réprobation , même d'exil ; la poésie décrit et chante dans une monotonie pleine de langueur. La poésie et le drame se sont réfugiés sur les champs de bataille; c'est là qu'est l'intérêt, parce que c'est là que se passe l'action.

L'empire jouait hardiment son jeu dans les plaines de l'Europe choisies par le génie de Napoléon pour ses champs de bataille ; et il osait dire au sénat : « Toutes les promesses que j^ai (( faites au peuple français, je les ai tenues. Le « peuple français, à son tour,- n'a pris avec moi « aucun engagemeint qu'il n'ait surpassé. » Déjà l'église le recommandait aux prières des fidèles du haut de la çhaire , où les mandemens l'exal- 1. • 20

3o6 FONBS HISTORI<^UE DSS SCÈlfES.

taient oomme le Messie armé^ le Christ de la guerre. Peu de voîx clérieale», dans toute l'étendue de l'empire, que la victoire élai^issait, refusèrent à sa gloire l'honneur banal que l'église lui prodiguait. Bien plus y l'insoumission a ses immuables volontés devint un péché mortel , et comme il rqirésentait Dieu sur la terre la damnation étemelle devait s'ensuivre : profanation dont l'église ôatholique n'effacera jamais bien le souvenir.

Le soleil d'Austerlitz s'était déjà levé dans tout son éclat , et l'impétuosité des chocs de Napoléon devenait irrésistible comme un prodige qu'il ^vait toujours sous la main; mais jrfus il s'enivrait dans son orgueil , plus il mettait sa force en hii-rmême, abolissant jusqu'au souvenir des principes qui lui avaient de marchepied, plus il s'affîiiblissait ; il en avait bien quelques prévisions dans ses heures de mélancolie > au milieu des insomnies qui le saisissaient , absorbé dans ses gigantes-

' Voir les catéchismes et le^ mandemens de Fempire.

FONDS HISTORIQUE DES SCÈNES. 5oj

ques conceptions ; il s'effrayait parfois d'avoir tout mis dans lui seul : l'aveu lui en échappait en de courts épanchemens confidentiels avec quelques uns de ses a nciens compagnons d'armes ; puis il se couchait sur les cartes d'Europe ; il y pointait de nouvelles armées , il y prophétisait de nouvelles fourches caudines poiu* ses ennemis. On eût dît qu'il n'était pas de course si longue et si rapide qui pût le mettre hors d'haleine ; et jamais peut-être plus splendide festin d'hommages et de gloire ne devait être servi à l'ambition d'un homme.

Dans le tumulte des passions qui s'emparaient de son existence, Fulgence n'avait pour ces prodiges de gloire que l'attention qu'il était impossible de leur refuser : mais sa vie n'était plus là. l)^à Salicetta lui a jeté, dans leurs promenades, de ces paroles qui lui donnent le vertige; en vain la jalousie de St^hanie prend l'éveil; il n'est déjà

AGITATIONS. Sog •

plus empressé à lui écrire. Enfin ^ un soir elle lui dit en passant sous le vestibule : (( A onze heures , au bord du lac. »

Il n'est pas neuf heures encore ; on est aux plus beaux jours de l'année, à cette saison poétique où les fleurs tapissent les jardins et les prés ^ où leurs émanations volatilisées circulent avec l'haleine des vents ; M. et madame de Naviers ont suivi Juviessy sur la terrasse, où il commente les bulletins de la grande-armée. Le comte n'a pas même eu l'honneur d'être nommé chambellan ; il en accuse sa corpulence un peu disgracieuse. Juviessy prétend que son esprit est encore moins d'étiquette que son corps ; la comtesse est enchantée d'avoir ses entrées à la cour.

Salicetta passe sous Je vestibule au moment où Stéphanie s'éloigne ; elle l'aperçoit , et dit avec dédain : « Cette fille nous suit partout; cette importunité doit vous ennuyer? » Le jeune homme , blessé dans son amour-proprè , ne ré* pond que par. un sourire qui semble être upe adhésion.

3lO AGITATIONS.

te Elle est toute vaine de sa beaùté, ajoute Salicetta; elle néglige son service: en vérité, les domestiques abusent toujours des bontés qu'on a pour eux. Mais qu'importe , Fulgence ! . . • Savfez- Tous qu'il est heureux pour nom que la grandearmée remporte de si belles victoires : ses bulletins nous valent quelques instans de solitude.

— Oui, je conçois tout mon bonhéur, Salicetta ; et j'ose y croire a peine ! Etre aimé de vous est une pensée délicieuse ; mais ce n'test encore qu'une pensée.

— - Ah ! dit-elle > vous êtes désolant ! mes paroles ne vous suffisent pas ; ce calme que nom goûtons vous semble languissant; vous me faites repentir d'avoir été naïve et franche avec vous. Eh! quel attraitplus grand que celui de pouvoir se regarder sans honte î Mon ami, quel état charmant de l'âme vous voulez échanger pour de mystérieuses anxiétés! Réfléchissez-y bien. Qu'est devenu ce scrupule religieux qui présidait à toutes vos actions? Oh ! comme vous êtes changé! L'aimable hypocrite que >ous êtes !

AGlTATKmS. 5ll

Je ne suis point hypocrite , Salicetta; ce sont yoB observations qui m'ont dessiUé les yeux ; votts m'aves oté mâ foî^ j'éprouvais tant de charme à vous écouter! Pourquoi me blâméevous maintenant?. • . Mais vous me parlez de remords et de honte ; vous ave!& raison, mieux vaut rester honnête que d'être heureuî et de vous eti voir pleurer.

— Ohl l'excellaii cœur que vous aveï , Fulgence, reprit-elle; qu'une femme doit être fièi-e et heureuse de vous inspirer une passion ! Savezvous que je suis Espagnole , mon ami ^ et que tout ce qui a utie teinte chevaleresque, exaltée, me sai^t ? Un amant peureux ne serait pas longtemps mon amant ; mais la pureté n'est point de la peur. J'aime qu'un homme bravie des épées nues pour sa maîtresse ; maisaussi qu'il cède à une larme de ses yeux. En vérité, vous possédez une noblesse d'âme qui est déjà un danger. » A ces mots le front de Fulgence se coloi^a ; leur con-* versation se continua k mi-voix.

« Une nouvelle ,^ ma chère amie, dit la com-

5l2 AGITATIONS.

tesse de Naviesrs s'aj^rochant : la grande-duchesse de Berg a vu votre Stéphanie chez moi l'autre jour. Elle a daigné la trouver fort belle ; vous feriez bien de l'offrir à la grande^uchesse^ qui la prendrait volontiers à son service.

— Je suis de cet avis^ dit le comte; pas vrai ^ Juviessy?

— Gomme toujours.

— Je suis^ ma chère comtesse, fort dièppsée à céder ma femme de chambre à la duchesse de Berg : Stéphanie fait la prétentieuse et la dame, ce qui me déplaît ; elle est aux ordres de la grandeduchesse. » Fulgeiice eut un frisson de douleur; car il lui peinait d'entendre disposer ainsi d'une jeune fille dont le nom seul le torturait en ce moment. Elle parut sous le vestibule, et remit une lettre à M. de Juviessy : « Le valet de chambre de monsieur s'en serait volontiers charg^^^nademoiselle.

— J'étais sous le vestibule quand l'ordonnance s'est présentée , et j'ai cru devoir. ...

— C'est bien , répondit avec froideur Sali-

AGITATIONS • 3l5

cetta; c'est bien. » Stéphanie s'éloigna fort chagriné d'être ainsi traitée^ Cette lettre renfermait une invitation à M. de JuTiessy de se rendre au ministère des relations étrangères ; il monta vite en voiture avec le comté ^ et partit pour Paris, laissant la comtesse avec sa femme.

Fulgence emporta dans son appartement le trouble que cette soirée lui causait : à peine y était-il entré , qu'il fut tiré de sa rêverie par la soudaine apparition de Stéphanie. Elle ne put d'abord lui dire un seul mot^ elle fut forcée de s'asseoir. Fulgence la regardait avec étonnementf incapable de mentir à ses im{»*essions, ignorant l'art dangereux de les faire servir à ses desseins, il se taisait; et la jeune fille, par un instinct du coeur qui trompe bien peu, devina ce qui se passait en lui«

« J'aurais cru que ma présence vous causerait plus de bonheur, Fulgence : j'arrive, et vous voila immobile, stupéfait; vous n'avez pas une parole, pas un cri de joie, pas une étincelle de plaisir dans les yeux ; et vous dites m'aimer î Ne

5l4 AGITATIONS.

prenez plus tant de peine pour me le persuader, car cet instant m'éclaire plus sur la vérité que toute votre éloquence. Quels reproches j'aurais à vous adressa:*! Qui vous condamnait à me tromper ainsi? Quelle nécessité de perdre tant de soins, de paroles, de temps! Pourquoi tant travailler et tant mentir pour me rendre si malheureuse I

— Mon Dieu! s'écriâ Fulgenoe; mon Dieu!

comme vous me traitez, Stéphanie! Gomment pouvez-vous douter de ma sincérité ! Conmœnt me supposer une si condamnable dissimulation I Oh I vous ne crojez. pas aux paroles que vous prononcez en ce moment ! Je ne les ai point méritées. Les combat^, les contraintes, le silence^ que je me suis imposés ne sont-ils rien? Y voyezvous encore des impostures? Croyez-vous qu'une force déjeune homme aille plus loin? Je vous le jure ici, ajouta-t-ril en tombant k ses genoux^ vous avez eu mon premier amour , et vous l'avez encore plein > entier , brûlant ! Je vous l'ai écrit ^ je vous l'atteste ici : je n'aime que toi^ Stéphanie ;

AGITATIONS. 5l5

toi seule ^ si belle que je passerais toute ma yie à te contempler ainsi , inclinant vers moi ta tête et tes eni^rans sourires ! J'y sens de l'amour et des larmes!... Mais admirer tànt de chàntles^ tant de noblesse de cœur dans une position sociale aussi précaire; se sentir toujours repousser!... C'est trop, Stéphanie; je souffre à en délirer, quand je te quitte ; je ne sais où j'en suis ;^ je traîne le supplice de mes souvenirs partout; je meurs; tu tne tuerais! » Dans l'abattement profond où il était, il se laissa aller et tomba sur le tapis.

« Mon Fulgence, dit-elle en se penchant vers lui, mon Fulgence, que nous sommes malheureux ! . . . . Relève-toi ..... Pauvre femme que je suis.... S'il ne s'agissait que de ma vie, je te dirais : « Prends-là; tiens, elle est à toi ; prends. » Mais, mon ami, je serais avilie; nul moyen de cacher ma faute et ses conséquences; les chaînes de la domesticité m'attacheraient à l'opprobre où tu m'aurais jetée par trop d'amour; puis, je rougirais de moi , je ne serais plus digne

5l6 AGITATIONS.

que de tes caresses; j'aime mieux m^îter ton afiection et tes r^rets : je resta:ai honnête^ et^ à quelque malheur que je sois destinée ^ mon image te suiyra partout arec cette pureté qui fait tout le charme de notre amour. Mon Fulgence^ comprends donc biçn tout ce qu'il y a dans cette réserve.

Presque prosterné à ses pieds , il écoutait avec avidité ces paroles^ mêlées de pleurs; mais i|uand elle eut fini^ il trouva qu'aucune expression ne rendrait ce qu'il éprouvait. Il voyait, à deux doigts de sa bouche y un pied d'une forme charmante, et dont la blancheur brillait à travers la transp^ence d'un bas de coton à jour; il le sai^t, et y colla ses lèvres avec une irènésie qui fit tressaillir et chanceler la jeune fille ; mais elle débarrasse son pied de l'étreinte passionnée, et se réfugie sur un autre siège, auprès de la porte en s'écriant : a Je savais bien que vous ne vouliez que me tromper. » Il demeure couché sur le tapis , sans lui répondre , dans une agitation extrême, les cheveux en

AGITATIONS. 5lJ

désordre. « Yom avez bien peu d'erapire sur vous-même^ et cette faiblesse^ si prompte à s'exalter^ vous la nommez pas^ion^ et vous croyez me tromper par des apparences bruyantes !

Fulgence, il y a plus de véritable amour dans la démarche inconsidérée^ imprudente^ que j'ai faite en venant dans votre chambre^ que dans vos paroles et dans, ces véhémences. Je vous aime , moi , qui ai tous les tourmens d'une jalousie réduite à porter des lettres et à écouter aux portes ; et c'est parce que cet amour est puissant^ profond, entré dans tout mon être, ma vie enfin, que je veux le conserver sans tache, afin de m'y reposer dans mes découragemens , dans ces tourmens que j'éprouve à n'être pas moi-même, à ne dire que des choses communes , à ne pouvoir assister au développement de mon intelligence. L'amour me donne des inspirations , élève mes facultés ; mais je retombe , et je sens biea ce qui me manque, allez ; ma plus grande douleur est de ne pouvoir travailler à l'acquérir. Je vis dans une atmo-

3l8 AGITATIONS.

sphère vulgaire et basse cpii m'est pénible ; m'y soustraire, c^estêtre ridicule, c^est blesser ceux avec qui je vis ; par devoir je me plie à leurs façons , et j'en garde l'habitude : il n'y a qu'avec vous , en votre présence , où je deviens quelquefois ce que je pourrais être toujours ; mais ce souvenir de ce que je me suis sentie pendant ces courts instans rend plus amer l'état dans l0quel je retombe. Vous parlez de vos tourmens : pouvez-vous les ccftnparer aux miens ?. . . Et vous voulez encore m'ôter la consolation de cette estime de moi-même qui me soutient I Vous irritez ma jalousie, afin que je devienne aussi folle que vousmême, aussi négligente de ma destinée que vous le paraissez de la vôtre. Non , je veille à la fois et sur vous et sur moi; si vous me délaissez, au moins ne serai -je pas un embarras pour votre avmir.

— 'Il se mêle une sorte d'admiration au sentiment que vous m'inspirez, Stéphanie, s'écria-t-il en sp levant ; mais l'admiration n'éteint pas l'amour.

Page 1