III. — DISSOLUTION DE LA FOI DOGMATIQUE DANS LES SOCIÉTÉS MODERNES
La foi dog-malique, étroite ou large, peut-elle subsister indéfiniment devant la science moderne? Nous ne le pen-
sons pas. Il y a dans la science deux parties : l'une, construclive, l'autre destructive. La partie construcliveesl (l«';jà assez avancée, dans nos sociétés modernes, pour répondre à certains desiderata do resjiril hunriain que le dogme se chargeait jadis de satisfaire. Sur la genèse du monde, par exenij)ie, nous avons aujourd'hui des renseignements plus étendus et plus détaillés que ne le sont les imaginations hibliques. Sur la filiation des espèces, nous arriverons par flogrés à un certain nombre de certitudes. Enfin tous les pliénomènes célestes ou terrestres les plus saillants aux yeux des foules sont déjà complètement expliqués. Le pourquoi définitif n'est pas donné sans doute; on se demande même s'il y en a un. Quant à la réponse au comment, elle est déjà poussée très loin. Il ne faut pas oublier que les religions ont commencé par la physique, que la physique est restée longtemps en elles la partie essentielle et prépondérante; aujourd'hui elles sont lorcées de s'en séparer et perdent ainsi une grande partie de leur attrait, qui a passé à la science.
La science n'a pas moins d'importance par son influence dissolvante et destructive. Dabord les sciences physiques et astronomiques. Toutes les anciennes superstitions sur les tremblements de terre, les éclipses, etc., qui étaient une occasion constante d'exaltation religieuse, sont détruites ou bien près de l'être jusque dans les masses populaires. La géologie a renversé d'un seul coup les traditions de la plupart des religions. La physique a tué les miracles. De même pour la météorologie, si récente et qui a tant d'avenir. Dieu, pour l'homme du peuple, est resté trop souvent encore celui qui fait la pluie et le beau temps, rindra des Hindous. Un prêtre me disait l'autre jour, le plus sérieusement du monde, que les prières de ses paroissiens avaient donné au pays trois jours de soleil. Dans les villes dévotes, si la pluie tombe un jour de procession et s'arrête un peu avant le départ du cortège, on ne manque jamais de voir là un miracle. Les populations de marins, dont le sort dépend si étroitement des perturbations atmosphériques, sont plus portées que d'autres aux pratiques superstitieuses. Du moment où Ion pourra d'avance prévoir à peu près le temps et se prémunir, toutes ces superstitions tomberont. C'est ainsi que la crainte du tonnerre s'efface rapidement de nos jours : or cette crainte était entrée comme un important facteur dans la formation des religions antiques. Franklin, en
inventant le paratonnerre, a fait plus pour la destruction des sentiments superstitieux que n'aurait fait la propagande la plus active.
On pourrait déjà de nos jours, comme M. Renan l'a remarqué, démontrer scientifiquement la non-intervention du miracle dans les affaires de ce monde et l'ineflicacité des demandes à Dieu pour en modifier le cours naturel ; on pourrait, par exemple, soigner les mêmes malades selon les mêmes méthodes, dans deux salles d'hôpital voisines l'une de l'autre : pour 1(3S malades de l'une des salles, un prêtre prierait ; il serait possible de voir si la prière modifie d'une manière appréciable la moyenne des guérisons. Le résultat de cette sorte d'expérience sur le pouvoir providentiel est d'ailleurs facile à deviner, et il est douteux qu'aucun prêtre instruit voulût s'y prêter.
Les sciences physiologiques et psychologiques ont le rôle très important de nous expliquer d'une manière naturelle une foule de phénomènes du système nerveux où l'on était forcé, jusqu'alors, de voir du merveilleux ou de la supercherie, du divin ou du diabolique.
Enfin , les sciences historiques attaquent les religions non pas seulement dans leur objet, mais en elles-mêmes, dans leur formation naturelle, montrant toutes les sinuosités et les incertitudes de la pensée qui les a construites, les contradictions primitives, bien ou mal corrigées par la suite, les dogmes les plus précis formés par la juxtaposition lente d'idées vagues et hétérogènes. La critique religieuse, dont les éléments se répandront tôt ou tard jusque dans l'enseignement, est l'arme la plus redoutable dont on se soit servi contre le dogmatisme religieux; elle a eu et elle aura surtout son efTet dans les pays protestants, où la théologie passionne même les foules. La foi religieuse tend à être remplacée par la curiosité des religions : nous comprenons mieux ce à quoi nous croyons moins, et nous nous intéressons davantage à ce qui ne nous cfrraic plus d'une horreur sacrée. Mais l'explication des religions positives apparaît comme tout le contraire de leur justification : faire leur histoire, c'est faire leur critique. Quand on veut approcher du point d'appui qu'elles semblaient avoir dans la réalité, on voit ce point reculer pou à peu puis disparaître, comme lorsqu'on approche (lu lieu où paraissait se poser l'arc-en-ciel : on avait cru trouver dans la religion un lien rattachant le ciel à la terre, un gage d'alliance et d'espérance; c'est un jeu de
lumière, un effet d'optique que la science corrig-e en l'expliquant.
L'instruction primaire, dont on se moque quelquefois aujourd'hui, est aussi une institution toute nouvelle dont il n'y avait guère trace autrefois, et qui modifie profondément tous les termes du problème social et relig^ieux. Le simple bagage d'instruction élémentaire qu'emporte l'écolier moderne, surtout si on y ajoute quelques notions de l'histoire religieuse humaine, peut suffire à le mettre en g-arde contre bien des superstitions. Autrefois, le soldat romain embrassait successivement la religion de tous les pays où il campait longtemps; revenu chez lui, il bâtissait un autel aux dieux lointains qu'il avait fait siens, Sabazius, Adonis, la déesse de Syrie ou la Bellone asiatique, le Jupiter de Baalbek ou celui de Dolica. Aujourd'hui, nos soldats et nos marins ne rapportent g^uère de leurs voyages qu'une tolérance incrédule, un sourire doucement irrespectueux à l'égard de tous les dieux.
Le perfectionnement des voies de communication est aussi un des grands obstacles au maintien des croyances dogmatiques : rien n'abrite la foi comme le creux profond d'une vallée ou les méandres d'un fleuve non navigable. Les derniers croyants des religions antiques furent les paysans, pngani; d'où le nom de païens. Mais aujourd'hui les campagnes s'ouvrent, les montagnes se percent : la circulation toujours plus active des choses et des gens fait circuler les idées, nivelle la foi, et ce niveau ne peut aller qu'en s'abaissant au fur et à mesure des progrès de la science. De tout temps les peuples, en voyageant, ont vu s'altérer leurs croyances; aujourd'hui cette altération se fait sur place : les horizons changent sans qu'on ait besoin de changer de lieu. Les Papin, les Watt, les Stephenson ont fait autant pour la propagation de la libre-pensée que les philosophes les plus hardis. De nos jours mêmes, le percement de l'isthme de Suez aura probablement plus contribué à élargir l'hindouisme que les efforts consciencieux de Râm Mohun Roy ou de Keshub.
Parmi les causes qui tendront, dans les sociétés futures, à éliminer l'ancien dogme de la providence spéciale, notons le développement de tous les arts , celui du commerce même et de l'industrie, qui n'en est encore qu'à ses débuts. Le commerçant, l'industriel s'habitue déjà à ne compter que sur soi, sur son initiative, sur son ingéniosité personnelle; il sait que travailler, c'est prier, non pas en
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ce sens que le travail aurait une sorte de valeur mystique, mais parce qu'il est la valeur réelle et à notre portée ; il acquiert par là un sentiment vif et croissant de responsabilité. Que l'on compare par exemple le métier d'aiguilleur (étal industriel) à celui de soldat (état guerrier), on verra que les actions du premier sont forcément réfléchies et développent chez lui l'esprit de responsabilité, tandis que le second, habitué à aller sans savoir où, à obéir sans savoir pourquoi, à être vaincu ou à vaincre sans savoir comment, est dans une situation d'esprit très propre à. l'envahissement des idées d'irresponsabilité , de chance divine ou de hasard. Aussi l'industrie, là où elle ne traite pas l'ouvrier comme une machine, mais au contraire le force à agir avec conscience et réflexion, ect extrêmement propre à alTranchir l'esprit. Disons la même chose du commerce. Toutefois, dans le commerce, la part de l'attente, de la passi\-ité est un peu plus grande: le marchand attend le client, et il ne dépend pas toujours de lui qu'il vienne. De là des idées superstitieuses qui s'affaibliront à mesure que, dans le commerce même, la part de l'initiative et de l'actiN^té personnelle deviendra plus grande. Il v a une trentaine d'années, dans une ville très dévote, existaient de petits commerçants qui regardaient comme un devoir de n'examiner leur li\Te de compte qu'à la fin de l'année : « Ce serait, disaient-ils, se méfier de Dieu que de constater trop souvent si on est en perte ou en profit; cela porte malheur; au contraire, moins on calcule ses revenus, plus ils s'accroissent. » Ajoutons que, grâce à de tels raisonnements, qui d'ailleurs n'étaient pas tout à fait dépourvus d'une logique naïve, les commerçants dont nous parlons ne firent pas de très brillantes affaires. Dans le commerce moderne, l'esprit positif, l'intelligence toujours éveillée et en quête, le calcul qui chasse de partout le hasard tendent à devenir les vrais et seuls éléments du succès ; quant aux risques qui, malgré toutes les précautions, subsistent encore, c'est à l'assurance qu'on s'adressera pour les couvrir.
L'assurance, voilà encore une conception toute moderne, qui substituera l'action directe de l'homme à l'intervention de Dieu dans les événements particuliers et qui permettra de compenser un malheur avant même qu'il ne se soit produit. 11 est probable que l'assurance, qui ne date que de quelques années et va s'étendanl rapidement, s'appliquera un jour à presque tous les accidents qui peuvent
frapper l'homme, se pliera à toutes les circonstances de la vie , nous accompagera partout , nous enveloppera d'un réseau protecteur. Alors l'agriculture même, la marine, tous les métiers et tous les arts où l'initiative humaine a une part moindre, oii il faut attendre la « bénédiction particulière du ciel » et où le succès final reste toujours aléatoire, se verront devenir de plus en plus indépendants et libres. On peut croire qu'un jour l'idée de providence particulière sera complètement éliminée de la sphère économique : tout ce qui, d'une manière ou d'une autre, pourra s'estimer en argent, sera couvert par une assurance, mis à l'abri du sort, retiré à la faveur divine.
Reste la sphère purement sensible et ^ffpctive, les accidents physiques ou moraux qui peuvent nous arriver, les maladies qui peuvent tomber sur nous et sur les nôtres. C'est là que la volonté du grand nombre des hommes se sent le plus impuissante, leur perspicacité le pins en défaut. Il suffit d'avoir entendu quelques personnes du peuple raisonner physiolog-ie ou médecine pour se rendre compte combien est g-rand sur ce point l'abaissement de leur intellig-ence. Souvent même des hommes d'une éducation plus disting"uée n'en savent pas plus qu'eux sur ce point. En g'énéral, notre ig-norance de l'hygiène et des notions les pins élémentaires de la médecine est telle, que nous sommes désarmés devant tout mal physique tombant sur nous ou sur les nôtres. A cause de cette impuissance où nous nous voyons d'ag'ir là où précisément nous voudrions le plus agir, nous cherchons une issue pour notre volonté comprimée, pour notre espérance inquiète, et nous la trouvons dans la demande adressée à Dieu. Bien des gens n'ont jamais song-é à prier que dans la maladie, ou lorsqu'ils voyaient des êtres chers malades autour d'eux. Comme toujours, le sentiment d'une « dépendance absolue » provoque ici le retour du s'intiment religieux. Mais, plus l'instruction se répandra, plus les sciences naturelles tomberont dans le domaine commun, mieux nous nous sentirons armés d'une certaine puissance même en face des accidents physiques. Dans les familles très pieuses, le médecin n'apparaissait g-uère autrefois que comme un instrument de la providence spéciale; on avait confiance en lui moins à raison de son talent que de sa reUgiositè; cette confiance était absolue, on se décharg^eait sur lui de toute responsabilité, comme les peuples primitifs sur les sorciers et les prêtres-médecins. Maintenant on corn-
mence à voir dans le médecin un homme comme un autre, qui lire ce qu'il sait de son propre fonds, ne reçoit aucune inspiration d'en haut, doit être par conséquent choisi avec soin, aidé, soutenu dans sa tâche. On comprend que les remèdes employés par lui n'ont rien de mystérieux, que leur action est régulière, que tout est une question d'inlellig-ence dans l'application elle dosage; au lieu de se remettre comme une matière passive entre ses mains, on tâche de coopérer à la fin qu'il poursuit, on agit davantage. Quand nous entendons quelqu'un appeler au secours et que nous pouvons courir à lui, songeons-nous à nous agenouiller? Non ; nous considérerions même une prière passive comme un homicide déguisé. L'époque est passée où Ambroise Paré s'écriait modestement : « Je le pansai, Dieu le guérit, » Toujours est-il que Dieu ne guérit pas ceux qu'on panse mal. Le progrès des sciences naturelles est une sorte d'assurance préventive, qui n'est plus renfermée dans la sphère purement économique ; un jour on pourra, avec quelques précautions, s'assurer non seulement contre les conséquences économiques de tel ou tel accident, mais contre cet accident même ; on en viendra à le prévoir et à l'éviter, comme on prévoit et évite souvent la misère. Enfin, à l'égard même des maux qui n'auront pu être évités, chacun ne comptera que sur la science et sur l'effort humain.
Grâce à toutes les causes précédemment énumérées, que de pas faits depuis l'antiquité et le moyen âge ! D'abord, on ne croi' plus aux oracles et aux prédictions. La loi, du moins, n'y croit pas et punit même ceux qui cherchent à spéculer sur la naïveté de quelques ignorants. Les devineresses de nos jours ne sont plus logées dans des temples ; en tous cas elles n'ont plus les philosophes et les hauts personnages pour clients. Nous sommes loin du temps où Socrate et ses disciples allaient consulter les oracles, où les dieux parlaient, donnaient des conseils, réglaient la conduite des hommes, tenaient lieu d'avocats, de médecins, de juges, décidaient de la paix ou de la guerre. Si on eût affirmé à un païen qu'un jour les hommes pourraient se passer do l'oracle de Delphes, il eût été aussi surpris qu'un chrétien l'est aujourd'hui quand on lui dit qu'un jour nouo n'aurons plus besoin de cathédrales, de prêtres et de cérémonies religieuses.
On sait le rôle que jouaient aussi les prophéties dans la religion des Hébreux. Au moyen âge, on a fait l'expérience
publique et malheureuse de certaines prophéties, comme colle qui louchait l'an mille. Depuis ce temps la relig-ion (lo<4matique, pour ne pas se compromettre, s'est tenue à l'écart de tout oracle et de toute prophétie, préférant plus de sécurité à moins d'influence. Ainsi, par degrés, la religion autoritaire a renoncé à une des portions les plus importantes de la vie humaine, qu'elle prétendait autrefois connaître et régler : l'avenir. Elle se contente aujourd'hui du présent. Ses prédictions, de plus en plus vagues, ne portent plus que sur l'au-delà de la vie, et elle se contente de promettre le ciel à ses fidèles. Dans la religion catholique elle le leur assure même, en une certaine mesure, par l'absolution. Aussi peut-on voir dans le confessionnal un succédané de la divination d'autrefois. Le prêtre, de sa main, ouvre ou ferme les cieux au fidèle agenouillé dans l'ombre. C'est une puissance plus grande, à certains égards, que celle de la pythonisse fixant d'un mot le sort des batailles. Toutefois, la confession même a disparu dans les religions les plus fortes et les plus jeunes issues du christianisme. Dans le protestantisme orthodoxe, on est soi-même juge de son avenir et c'est notre seule conscience individuelle, avec toutes ses incertitudes, qui peut nous dire le mot de notre destinée. Par cette transformation, la foi dogmatique en la parole du prêtre ou du prophète tend à devenir une simple foi dans la voix de la conscience, qui elle-même va se mitigeant, s'atténuant par le doute. La croyance aux oracles et au doigt de la providence \dsible dès ce monde de^^ent simplement aujourd'hui la croyance, un peu hésitante, à « l'oracle intérieur » et à une providence toute transcendante : c'est un des points sur lesquels on peut considérer l'évolution religieuse comme déjà presque accomplie, l'individualisme religieux comme prêt à remplacer l'obéissance au prêtre, la négation du merveilleux comme substituée aux superstitions antiques.
La force de la croyance dans le Dieu personnel des religions fut de tout temps proportionnée à la force de la croyance au diable, et nous venons d'en voir un exemple dans Luther. En elTet, ces deux genres de foi sont corrélatifs : ce sont les deux faces diverses d'un même anthropomorphisme. Or, de nos jours, la foi au diable va s'affaiblissant d'une façon incontestable ; cet affaiblissement est même très caractéristique; il ne s'est jamais produit comme à notre époque. Il n'est pas de personne éclairée
qui ne soit portée à sourire du diable. C'est là, croyonsnous, un signe des temps, une preuve manifeste de la décroissance du sentiment religieux dogmatique; là où ce sentiment est, par exception, resté assez fort encore et même fécond en dogmes nouveaux, comme en Amérique, la peur du diable est demeurée entière ; dans les régions plus éclairées, où cette peur n'existe plus qu'à l'élat de symbole et de mythe, l'intensité et la fécondité du sentiment religieux ne peuvent pas ne pas diminuer dans la même proportion. Le sort de Javeh et celui de Lucifer sont liés ; anges et diables se tiennent par la main comme dans les rondes fantastiques du moyen âge : le jour où Satan et les siens seraient définitivement vaincus et anéantis dans l'esprit du peuple, les puissances célestes ne leur survivraient guère.
En somme, sous tous les rapports, la foi dogmatique, surtout celle qui est étroite, autoritaire, intolérante et en contradiction avec l'esprit de la science, semble destinée à disparaître ou à se concentrer dans un petit nombre de fidèles. Toute doctrine, fût-elle très morale et très élevée, nous parait même aujourd'hui cesser de l'être et se dégrader du moment où elle prétend s'imposer à la pensée comme un doyme. Heureusement le dogme, cette cristallisation de la croyance, est un composé instable : comme certains cristaux complexes, un rayon concentré de lumière, tombant sur lui peut le faire éclater, s'en aller en poussière. La critique moderne fournit ce rayon. Si le catholicisme, poursuivant l'unité religieuse, devait logiquement aboutir à la doctrine de l'infaillibilité, la critique moderne, en montrant la relativité des connaissances humaines et la faillibilité essentielle à toute intelligence, tend à l'individualisme religieux et à la dissolution de tout dogme universel ou « catholique ». Par là le protestantisme orthodoxe est lui-même menacé de ruine comme le catholicisme orthodoxe, car il a, lui aussi, conservé dans le dogme, outre l'irrationnalité, un élément de catholicité, par cela même d'intolérance, sinon pratique et civile, au moins théorique et religieuse.