D^BIT MAXIMUM
Il est facile de constater que durant les mois d'avril, mai et juin le Rio Aragon roule un volume d'eau considérable.
D'autres aflluenls de la rive droite de TEbre, comme le Gallego, le Rio Cinca, les Nogucras et le Segre, recueillant les eaux des plus hauts sommets pyrénéens que couvrent des neiges éternelles, roulent un fort volume d'eau encore un peu plus tard dans l'année, jusqu'aux mois de juillet et d'août.
Il ne sera donc pas surprenant de trouver de beaux centres
LES FAITS ÉCONOMIQUES ii5
d'irrigation là où Thomme a fait les travaux nécessaires pour utiliser les eaux des rivières.
Tout le haut bassin de TEbre, qui correspond au cours supérieur jusqu'à Logrofio, n'appartient pas proprement à la dépression sèche qui doit nous occuper et il ne comprend à peine que 5oo hectares de terres irriguées.
De Logrofio à Saragosse, et jusqu'à quelques kilomètres en aval de Saragosse, les zones irriguées, voisines du fleuve et de ses affluents, sont nombreuses et étendues : A. Llauradô en évalue la superficie ki/xS ooo hectares *. La superficie drainée par TEbre et ses affluents dans cette portion du cours étant évaluée à 32 475 kilomètres carrés, les surfaces irriguées représentent environ la 23' partie de la surface totale, ce qui est une assez forte proportion pour une steppe. De simples digues en pierres sèches, ou parfois même de grandes norias puisant dans le lit du fleuve (comme à Lodosa) servent à alimenter de nombreux canaux d'irrigation ; et les cultures qui usent en général des arrosages sont des oliviers, des vignes, des céréales, et sur des territoires restreints dés cultures maraîchères.
Il convient de faire une mention particulière de deux grands canaux qui partent tous deux de Tudela, l'un le canal de Tauste suivant l'Ebre sur sa rive gauche, et l'autre le canal Impérial d'Aragon sur la rive droite. Le premier a /i5 kilomètres de longueur ; et le second 85 kilomètres jusqu'au Torrero, à 3 kilomètres en aval de Saragosse (on peut même compter 1 2 kilomètres de plus jusqu'au point où les eaux qu'il porte rejoignent TEbre après s'être dispersées en de multiples canaux d'irrigation) .
L'histoire de ces deux canaux n'est pas dénuée d'intérêt : nous en rappellerons les principaux épisodes.
Canal de Tauste, — Au xni'' siècle, deux petits villages, Fus-
* A. Llauradô, ouv. cité, II, p. 385.
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tiC PÉNINSULE ÏBÉniQUË
tinana et Cabanillas, situés en amont de Tauste, avaient à Taide d'une simple digue, construit un petit canal de dérivation des eaux du fleuve. Au xvi* siècle, la ville de Tauste eut l'idée de continuer jusque sur ses terres le canal qui servait à Tirrigation de Fustifiana et de Cabanillas ; le canal nouveau devait avoir 69 kilomètres de longueur. Tauste avait fait avec les autres villages une convention qui assurait un plan de répartition des eaux. Et Ton se mit à Touvrage. Mais l'entreprise était trop grande et dépassait les ressources et les moyens d'une simple petite ville : Tauste accumula dettes sur dettes, et le canal n'aurait jamais été achevé si l'Etat n'était venu à son aide, et si à la fin du xvHi* siècle on n'avait mis le canal en régie, en liant son sort à celui du canal Impérial d'Aragon.
Canal Impérial d'Aragon. — C'est aussi au xvi" siècle que la municipalité de Saragosse supplia l'Empereur CharlesTQuint de lui accorder le droit de dériver à son profit les eaux de TEbre. Ce droit fut concédé par un acte royal du 32 juin lôag. Le canal devait avoir son point de départ au point dit el Bocal, un peu en aval de la prise d'eau du canal de Tauste, mais encore sur le territoire du Royaume de Navarre ; de là des difficultés premières, qui, jointes à bien d'autres, reculèrent l'exécution du projet jusqu'au xvni" siècle. La ville seule était encore incapable de mener à bonne fin une telle entreprise... Par un acte royal du 28 février 1768 les travaux furent confiés à une compagnie concessionnaire à la tête de laquelle se trouvait un Français, Augustin Radin ; la compagnie devait fournir un cautionnement de 200 000 duros en métal, moyennant quoi elle devait entrer en possession de tous les travaux antérieurement exécutés. l\ était en outre stipulé que durant /|0 ans elle aurait droit aux bénéfices de l'entreprise. Mais ce nouveau projet différait du projet primitif en un point très important : le canal devait servir en même temps à l'irrigation et à la navigation : nous voyons ainsi apparaître une double préoccupation qui a été à notre avis tout à fait préjudiciable. La compagnie Badin
géra très mal ses affaires, et la concession qui lui avait été faite fut déclarée caduque en 1773 ; en 1778, la compagnie fut même dissoute. L'Etat dut se charger d'exécuter les travaux, et nous constatons encore ici cet inévitable recours k Tintervention effective de l'Etat. Dans cette nouvelle période de l'histoire tourmentée du canal d'Aragon, un homme d'une rare énergie fut heureusement mis à la tête de l'entreprise, Ramon Pignatelli, chanoine de la cathédrale de Saragosse. C'est à son infatigable activité et à sa loyale administration que les Âragonais doivent en vérité l'achèvement du canal*. Nous n'avons pas à entrer ici dans le détail des opérations financières qui permirent le succès final ; nous devons du moins remarquer que ce fut seulement grâce à l'appui de l'Etat qu'on put aboutir. L'Etat sert encore aux capitaux engagés dans l'affaire une rente de 5 796 715 réaux, ce qui fait avec les frais d'administration et d'entretien une dépense annuelle d'environ 6 millions de réaux (un million et demi de fi-ancs), Grâce à ces travaux, une bande de 3i 000 hectares se trouve ainsi prise entre le canal d'Aragon et l'Ebre, et 27 966 hectares sont irrigués. Encore faut-il ajouter que l'Etat est obligé de faire payer l'irrigation, il vend par exemple aux particuliers la mue/a (soit 260 Utres par seconde durant un jour) au prix de 800 réaux (200 francs). — La navigation n'est pas très active sur le canal d'Aragon, et les principaux services que le canal rend aujourd'hui sont ceux de l'irrigation.
Au delà de la très prospère huerta de Saragosse, l'Ebre coule entre des rives élevées, à travers des terres accidentées; et seulement au delà des gorges par lesquelles il traverse le massif de Catalogne, au sommet du Delta, à partir des jardins de Gherta, les cultures irriguées s'étalent de nouveau sur de vastes étendues à peu près continues. Ces vegas du cours infé-
* Une statue de Pignatelli s'élève sur une des places do Saragosse, la plaza de Aragon,
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rieur sont encore arrosées par un canal, le Canal de Navigation de TEbre, commencé en i85i et terminé en i858 deTcmbouchure jusqu'à Escatron. Ce canal de navigation ne put soutenir la concurrence que lui firent pour les transports les voies ferrées ; et la Compagnie fut obligée de chercher quelque compensation dans rirrigation ; c'est ainsi que se développèrent les huertas de Cherta, Aldover, Tortosa, Roquetas, Amposta et San Carlos de la Râpita, sur la droite deFEbre dans le Delta. Ce fut là une véritable création en uneplaijie dépeuplée et insalubre.
Les affluents de la rive droite et de la rive gauche sont également exploites en divers points en vue de l'irrigation . Le plus beau travail qui ait été exécuté est encore un canal, le canal d'Urgcl, qui prend les eaux du Rio Segre^ : il les conduit sur un parcours de 1/55 kilomètres jusqu'en cette steppe désolée que l'on connaît sous le nom de Llanos de Urgel et il y apporte la fertilité et la vie ; ce canal est une superbe œuvre technique, il passe littéralement par monts et par vaux, traversant les chaînes par des tunnels dont l'un, celui de Monclar, a 4 197 mètres de long, et les vallées par des ponts-aqueducs, tels que celui du Rio Sio. L'histoire de la constructien de ce canal nous mon- • trerait, comme l'histoire des autres, une imprévoyance singulière, qui tourne au détriment de ceux qui ont généreusement et hardiment tenté l'entreprise. Une Compagnie particulière commence en iSSa avec un capital de 32 millions de réaux des travaux qui devaient lui coûter, jusqu'à l'achèvement du canal en 18G1, ii3 millions de réaux ; sans l'appui de l'Etat, elle n'aurait pu aller jusqu'au bout. De plus la Compagnie, trop confiante dans l'avenir, avait négligé de s'entendre avec les fu-
* ^'ous pourrions encore mentionner le réservoir de la gorge de l*Isuela qui sert à l*irrigalion de la hucrta de Iluesca. Voir aux Notes et pièces justift' C&tives, Cy le Tableau récapitulatif des barrages- réservoirs de l'Espagne (barrages actuels et barrages détruits).
turs usagers de l'eau, ou même de s'assurer une clientèle. Le canal resta une année, roulant les eaux du Scgre, et les reversant à son extrémité au même cours d'eau, sans que personne en tirât profit.
On peut dire que dans le bassin de l'Ebre l'eau ne manque point : mais les cours d'eau coulent avec des pentes rapides entre des rives aux yersants raides. La topographie ne se prête pas à la dissémination facile des eaux sur les terres ; nous ne trouvons ici rien d'analogue à ces plaines de bordure qui paraissent naturellement préparées pour la distribution des eaux : ici les gros œuvres techniques sont indispensables.
Dans l'Aragon les travaux de distribution doivent être très considérables, ou ne pas être ; ils doivent en conséquence, pour mériter qu'on les construise, répondre aux intérêts de plus vastes étendues. Et c'est effectivement par l'exécution de grands projets, presque exclusivement de grands canaux, qu'on est arrivé en ce siècle à développer l'irrigation en cette contrée naturellement si aride ^ Mais ces canaux ont été le plus souvent des entreprises ruineuses : elles sont au bout du compte
* Dans le bassin de TEbre, on a fait aussi quelques réservoirs, non pas la plupart du temps des réservoirs en maçonnerie, mais de simples digues en terre et — fait intéressant — on les a jetées sur d'anciens canaux d'irrigation : c'est ainsi qu'on a construit dans ces ao dernières années le réservoir de Logrofio, alimenté par les eaux d*un ancien canal d'irrigation appelé « Rio Somero », dérivé de la rivière Irégua, affluent de l'Ëbre. (Capacité : i 5ooooo mètres cubes. Digue en terre de 10 mètres de hauteur. L'eau se vend au prix de la fr. 5o l'arrosage de 5oo mètres cubes par hectare, soit ofr. oa5 par mètre cube.) — Le barrage- réservoir d*Egea de los Caballcros, dans la province de Saragosse, prend aussi les eaux d'un ancien canal d'arrosage, dérivé de la rivière Arba de Suésia. (Capacité : a aooooo mètres cubes. Digue en terre de i4 mètres de hauteur. Ce réservoir est destiné à l'arrosage de a 000 hectares.) (À. de Llauhado, Réservoirs établis en Espagne, 189a, p. 11.) Il convient enfin de mentionner deux réservoirs en maçonnerie, construits depuis moins de ao ans sur le Rio Martin, affluent de droite de l'Ebre, à quelques kilomètres de Hîjar, dans la province de Teruel (voir Hevista de Obras pUhlicas, 37 mai 1897, et Annales des ponts et chaussées, 3* trimestre 1897, p. 433 ; voir aussi aux Notes et pièces justiûcatives, C, le Tableau récapitulatif des barrages-réservoirs de l'Espagne ; barrages actuels et barrages détruits).
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tombées directement ou indirectement à la charge de l'Etat. Quelle économie de temps, d'énergie et d'argent l'on aurait pu faire, si l'Etat comprenant ces nécessités spéciales avait été non pas le sauveur, mais l'initiateur I
C'est encore par l'exécution de grands projets qu'on pourra poursuivre la rénovation de ce pays.
Il semble qu'une ère nouvelle doive s'ouvrir pour TAragon. Grâce à l'initiative et à l'infatigable activité de Joaquin Costa, la chambre agricole du Haut-Aragon ayant son siège à Barbastro a commencé une campagne d'opinion pour le développement des canaux, ulile campagne qui a éveillé l'attention publique non seulement dans le bassin de l'Ebre mais dans toute l'Espagne. La chambre du llaùt-Aragon préconise avant tout la construction de deux canaux, le canal de Sobrarbe et le canal de Tamaritc, qui seraient respectivement consacrés à l'irrigation et à la mise en culture des terres de la rive droite et de la rive gauche du Cinca; il serait en ciTet assez naturel de commencer par une contrée dont les cours d'eau s'alimentent aux réserves de neige les plus considérables ; et les éloquents avocats du projet prétendent que ces deux canaux suffiraient à cause de l'abondance des eaux à fertiliser 200000 hectares c'est-à-dire à la fois « deux vegas de Grenade, deux vegas de Murcie, deux huer tas de Valence, et deux planas de Castellon ))\
Mais les promoteurs de ce mouvement ne s'attardent pas à défendre exclusivement les intérêts de leur province : ils conçoivent avec justesse et défendent avec vigueur les intérêts généraux de TAragon d'abord et de toute l'Espagne sèche en-
^ Primera Camptiiia delà Gâmara Agricola del Alto- Aragon (1893- iSgS), scgunda edicion, Madrid, 189^, Discurso dcl Sr. Costa, p. 45. — Il semble que la campagne en faveur des canaux soit comme traditionnelle dans la Catalogne comme dans r Aragon, si Ton s'en rapporte à Tétat d'esprit général que révèlent les notes de Jaubkrt de Passa pour le commencement de ce siècle (Voyage en Espagne, I, p. 91-112).
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suite. Ils posent le problème sous sa forme générale et défendent les principes fondamentaux. Ils réclament que TEtat se charge de ces grands travaux, et la phrase de Caslelar que nous citions plus haut n'était qu'un écho des discours souvent prononcés dans le Ilaut-Aragon. En ce qui regarde au moins la vallée de l'Ebre, il semble bien que les dimensions des travaux à exécuter et la complexité des intérêts à servir impliquent cette intervention effective de l'Etat. Malgré de très grandes différences nous ne pouvons nous emp(^cher de rapprocher ce bassin de TEbre de la vallée du Nil : à coup sûr Teau est apportée ici par une multitude de cours d'eau séparés tandis qu'elle est apportée là par le flot périodique d'un seul cours d'eau ; mais comme tous les cours d'eau qui vont se jeter à l'Ebre dépendent d'un régime climatologique analogue sinon uniforme et que tous aboutissent a un même chenal, il est logique de constater que toutes les parties du bassin de l'Ebre sont solidaires les unes des autres, et il n'est pas illogique d'établir entre les deux ensembles du Nil et de l'Ebre quelque comparaison. Nous croyons fermement qu'étant donnée cette unité géographique, ici comme là doivent prévaloir une unité de conception et des vues d'ensemble, desquelles doivent dériver les projets à exécuter; et l'Etat comme représentant de la collectivité est appelé à en prendre la responsabilité et la charge.
Quelle est cependant l'organisation actuelle dans les zones irriguées de la vallée de l'Ebre? Les syndicats anciennement constitués ont souvent subsisté, tels ceux de la hucrta de Saragosse ; ils s'abonnent môme en ce cas à l'eau du canal en tant que syndicats et ils ont l'eau à meilleur compte. Là où les irrigations n'existaient pas du tout, de nouveaux syndicats se sont créés. Mais ces syndicats n'ont rien de bien original ; récemment organisés ou réorganisés, ils sont régis les uns et les autres par les lois nouvelles sur les eaux, principalement par la loi du i3juin 1879.
Il serait certes à propos d'étudier rinduence des types d'or-
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ganisation traditionnelle sur la législation actuelle des eaux en Espagne\ Mais en légiférant pour la totalité du pays, on a dû forcément négliger les différences géographiques, et c'est pourquoi le sujet dépasse les limites du présent travail. Nous nous réservons de reprendre ailleurs cette question qui est d'un caractère plus exclusivement économique ^
On a malgré tout subi l'influence des faits existants, et on peut en reconnaître la trace visible dans les lois comme dans la jurisprudence. Par exemple toute la section II du chapitre xui (titre V) de la loi des eaux du i3 juin 1879 concerne les Jurados de Riego, «jurys d'irrigation», qui sont manifestement copiés sur les organisations judiciaires spéciales des vieilles huertas. Tribunal de aguas de Valence, ou Concejo de hombres buenos de Murcie.
Mais les syndicats nouveaux n'ont pas l'activité, la discipline et la vitalité des organismes anciens. Il y a d'ailleurs entre les premiers et les seconds cette différence que ceux-ci ont été sauvegardés (sinon créés) par des conditions géographiques précises, tandis que ceux-là sont parfois constitués môme en dehors des cadres naturels qui peuvent assurer la marche nor-
^ Les principaux documents législatifs qui permettent de suivre révolution des conceptions juridiques concernant les eaux et dont les plus récents fixent la matière sont Ley de Apuas de 3 de Agosto de i86(), — Ley sobre canales de riego y pantanos de ao de Fcbrcro de 1870, et Eicgiamento para la ap[)licaciôn de esta loy (ao décembre 1870), — Ley de aguas de i3 de Junio 1879, et Ley de 37 de Julio de i883.
^ On trouvera les documents essentiels dans Nfariano Galvo y Pf.reyra, De las aguas tratadas bajo cl punto de vista légal, Madrid, i86a, in-8, 497 p- (toute la Impartie, p. ia-a88, contient les textes des documents législatifs); — Aurelio Bentabol y Urkta y Pablo MvRriNEZ Pardo, Lcgislacion de Aguas, Madrid, Manuel (i. Hcrnandez, 1879 ; et dans Aurelio Bextabol y Urkta, Uepertorio de la novisima legislaciôn de Aguas, Madrid, Alvarez Hcrmanos, i884. — L'étude dont nous parlons ici est ébauchée dans .Toaquin Costa, Goleclivismo Agrario, p. 5.^6- 554. — Maurice Aymard avait déjà indiqué l'intérêt de cette question (Irrigations, etc., chapitre xxiv) et il avait commenté dans cet esprit les deux décrets qui étaient tout récents au moment où il écri\ait, celui du 27 octobre i848 et celui du 39 avril 1860: mais son chapitre devrait aujourd'hui naturellement être refait de foud en comble.
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maie et parfaite de ces mécanismes compliqués. Pour nous en tenir à la dépression de TEbre, beaucoup des syndicats ne sauraient observer et pratiquer les règles sévères et rigoureuses de Valence, alors que souvent dans les régions parcourues par les grands canaux d'irrigation les eaux sont loin d'être complètement utilisées ; ces entreprises telles qu'elles sont pourraient servir à des cultures beaucoup plus étendues, et nous n'avons qu'à recopier ici à titre de témoignage le tableau qu'a dressé Llaurado en une page de son livre*. Ces chiffres remontent à quelques années, mais des renseignements personnels me permettent d'aflBrmer qu'ils sont encore à peu près exacts.