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CHAPITRE II

LES TRAVAUX d'aRT EXECUTES OU ENTREPRIS PAR LES ANGLAIS

EN VUE DE l'irrigation

Le grand barrage de la Pointe du Delta. — Il y a longtemps qu'on se préoccupe en Egypte d'assurer aux terres irriguées une plus copieuse distribution de Teau du Nil.

On sait d'abord que le grand barrage projeté par Meliemet- Ali à la pointe du Delta, commencé en i843 sur les plans d'un Français, Mougel bey, partiellement exécute, puis abandonné, a été restauré, complété et terminé par les soins des ingénieurs anglais du Service de l'irrigation de 1886 à 1890, sous la direction de Sir Colin Scott-Moncrieff*. Cet ouvrage est situé à 23 kilomètres en aval du Caire au point oii le Nil se sépare en deux branches, la branche de Rosette et la branche de Damiejte, qui enveloppent la Pointe du Delta jadis appelée par les Arabes le «Ventre de la Vache ))^ Sur chacune des deux branches du Nil on a construit un barrage muni d'écluses (voir fig. 55). Grâce aux travaux complémentaires exécutés par les Anglais, on a pu élever le plan d'eau du Nil,

* Voir surtout Major R.-H. BROvviX, Ilislory of the Barrage at thc Head the Delta of Egypt, with an introductory Note by W.-E. Garstin, with illustrations. Gairo. Diemer, 1890, in-4, 66 p.

^ On trouvera une carte du « Ventre de la Vache » avant l'exécution du barrage de la Pointe du Delta dans le très bel ouvrage que J. Ghakles-Roux vient de publier : L'isthme et le Canal de Suez. Paris, 1901, p. i6a.

non pas de 4 mètres ou 4", 5o comme l'avait projeté Mougel, mais de I mètre environ. — Qu'il nous soit permis de recueillir un aveu assez curieux de ce fait que la restauration du barrage de la Pointe du Delta a produit un effet utile restreint; le major Brown, Thistorien du barrage, écrivant en 1899 l'Introduction de la Seconde Edition de YEgyplian Irrigation de Willcocks, réfute certaines affirmations de celui-ci, et il s'appuie précisément sur cet argument que la restauration du barrage de la Pointe du Delta n'a guère modifié la situation de la Basse-Egypte : (( 11 y a entre nous, dit le major Brown, quelques divergences d'opinion en ce qui regarde le sujet traité aux pages 178 et 175 du chap. vi. M. Willcocks laisse entendre au lecteur que dans la Basse-Egypte un grand dommage est résulté du fait qu'on a maintenu les eaux dans les canaux à un niveau élevé, hiver comme été. Quand ce danger fut signalé, il y a de cela quelques années, je fis faire par les inspecteurs d'irrigation deux cartes représentant la surface qu'irriguaient respectivement le flot libre (freejlow) et le flot surélevé (lift) à diverses époques de Tannée, l'une de ces cartes se rapportant à la période qui a précédé la restauration du barrage et l'autre à la période qui l'a suivie. Les conclusions tirées de l'étude de ces cartes furent que l'accroissement des surfaces irriguées grâce au (( flot d'hiver et d'été » était décidément petit depuis la restauration du barrage... Aussi me paraît-il bien exagéré de prétendre que a plus de cent miUiers d'acres » sont affectés par les résultats d'une semblable irrigation y>\

De 1898 à 1901, les ingénieurs anglais, préoccupés d'assurer plus d'efficacité au grand barrage de la Pointe du Delta ont de nouveau consolidé, complété et amélioré les deux barrages de Rosette et de Damicttc ; et quoique ces travaux nouveaux, ne datant que d'hier, n'aient pas encore subi l'épreuve décisive

* Ouv. cité, p. XXI.

de nombreuses crues successives et diverses, il semble bien qu'on a réussi à en accroître l'effet utile *.

Divers projets anciens et actuels. — Si cet ouvrage ancien a été achevé et permet aujourd'hui de relever le plan d'eau dans tous les canaux de la Basse-Egypte en refoulant les eaux en amont du barrage, combien d'autres travaux ont été seulement étudiés et proposés ! Les nombreux projets de réservoirs et de barrages, élaborés depuis vingt ans, constituent à eux seuls toute une littérature I Quelques-uns d'entre eux méritent cependant d'être rappelés à titre de projets, car ils représentent des idées vraiment heureuses et qui seront sans doute reprises en partie un jour ou l'autre (voir fig. 56).

Projet de Kalabcheh, — Environ à 60 kilomètres en amont de la première cataracte, le Nil traverse un défdé, le défilé de Kalabcheli, ancienne <( cataracte »

sans doute, qui est déterminée comme la plupart des cataractes par Taflleurement d'une masse de granit et qui présente la même physionomie générale que

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