‹ L'irrigation, ses conditions géographiques, ses modes et son organisation dans la Péninsule Ibérique et dans l'Afrique du NordChapitre 15 sur 58 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LES CARACTÈRES GENERAUX DE RELIEF ET DU CLIMAT DE l' ALGÉRIE-TUNISIE

En quittant l'Europe et en abordant les terres africaines qui bordent le bassin occidental de la Méditerranée, nous pénétrons en une région qui appartient encore à l'Europe par sa structure et par sa formation géologique. C'est un lambeau de cette grande zone des plissements alpins qui ont affecté si fortement l'Europe méridionale, et un lambeau qui pour être séparé de l'Europe n'en est pas moins resté indépendant du reste du continent africain. Région plissée, elle se distingue de toute la vieille plate-forme africaine, rebelle aux plissements, et constitue une sorte de hors-d'œuvre, relativement récent, qui se rattache nettement par l'ensemble de ses caractères à l'Europe méridionale, à l'Europe méditerranéenne1. Ce fort bourrelet montagneux est constitué par l'Atlas ou mieux par les Atlas ; il s'étend

1 « Considérée on masse, l'Afrique du Nord est, comme la Péninsule ibérique, une haute-terre. L'altitude moyenne de l'Ibéric est évaluée à 700 mètres environ, hauteur que n'atteint aucune région de l'Europe. Celle de la Berbérie est sans doute encore supérieure, bien qu'il soit impossible de l'évaluer avec les documents dont nous disposons actuellement. Gomme en Espagne, les plaines basses ne se rencontrent qu à la périphérie et n'occupent qu'une étendue médiocre ; ce sont des plaines longues et étroites, dont la plaine du Ghélif est le type. » Augustin Bernard, Hautes-plaines et steppes de la Berbérie. p. 22.

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depuis le Maroc jusqu'à la Tunisie, et, de tout temps, il a constitué une unité visible pour tous, très nettement apparente. Les Arabes ont appelé toute cette région l'Ile du Couchant, Djezirat el Maghreb, ou d'une manière abrégée, le Maghreb1.

Esquisse géologique et aspect général du relief (voir la carte Y). — Une terre, analogue à la (( Tyrrhénide », et qui devait plus tard s'effondrer comme elle, s'élevait au Nord de l'actuelle Berbérie 2 ; c'est contre ce massif archéen qu'est venue buter la vague des Atlas, et que se sont formées les rides qui constituent aujourd'hui presque toute la partie montagneuse du Maroc et de F Algérie-Tunisie. De l'ancien massif de « Berbéride » des lambeaux discontinus ont subsisté en bordure des plis plus récents le long de la côte méditerranéenne. Ainsi le dessin général de la Berbérie actuelle est fort simple à saisir : de vieux massifs sont égrenés vers le Nord, massif d'ArzeAV, Bouzaréa, Kabylie, mont Edough, etc., où les micaschistes et les gneiss, parfois si développés comme en Kabylie, témoignent de l'ancienneté de ces formations 3. Sur le littoral de la Berbérie actuelle se rencontrent aussi des terrains éruptifs récents, tels ces andésites miocènes du volcan de Tifarouïne sur la côte occidentale de la province d'Oran 4 ; et ce trait rappelle le jalonnement de terrains éruptifs qui accompagne

1 Sur le nom de Maghreb, voir Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, traduction de Slane, I, p. 186, et sur les différentes acceptions géographiques du mot, voir Idem, ib., p. 198, 19/j.

2 Le nom général de Berbérie paraît très heureusement choisi pour désigner tout le Maghreb ; il a été remis en honneur dans ces dernières années par Augustin Bernard. Pomee. lavait aussi préconisé, voir Le Sahara (Géologie, Géographie et Biologie), dans Bull, de la Soc. de Climatologie algérienne, 1871, p. 260. 11 est également proposé par P. Fonctn, L'Algérie, dans La France coloniale d'Alfred Rambaud, 6e édit. Paris, 1893, p. [\\.

3 Sur les poudingues et les schistes rouges permiens du Djebel Kahar (montagne des Lions) dans le massif d'Arzew, voir E. Ficheur, Note sur la constitution géologique du massif d'Arzeu, A/as, Nantes 1898, ire partie, p. 1 46, i^7- Sur l'Edough, voir d'Arman de Pouydragujn, L'Edough, Bévue Soc. archéol. de Constantine, X.XXTI, 1898-

-'• L Gentil, Le volcan andésitique de Tifarouïne, C. B. Ac. Se, 1900.

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