L.'âine
qui tran qui lise
JjI b^ r^r**^'
Le monde vrai
L'âme contente
.ipi
L'àme qui contente
j)ii^^i
ii^^i
L'âme parfaite
La marche- Dieu
j)i pji
Le monde de !a
pluralité de l'Unité de Dieu
,'^si^
iUpiiJU
Etat de la stupeui
.U-JliJU
station du secret
J—JI J— ij^^"^
Station Loa organes pectoraux
-Jl c^y-^ Ja-^
Union avec Dieu
Essence de la loi
Essence du tout
Vivant
Subjugueur
Lumière blanche
j-^^jy
Lumière noire
Lumière incolore
"j^ ^jy
,l,z<,i:,.,C00gll;"'
Qui ne recoQDaft ici les rêveries de Sainte-Thérèse décrivant les sept châteaux mystiques où elle séjournait successivement pour arriver enfln à l'union avec Dieu î Dira-t-on que Saiute-Thérèse a imité les mystiques arabes ? la vérité est que le mysticisme exposé ainsi n'est que la description d'un étal psychologique morbide que M. Ribot a fort bien étudié dans son beau livre sur les maladies de l'attention et dont le processus est identique à quelque pays et à quelque époque qu'appartienne le sujet.
Naturellement, ce u'est pas dès le début de son initiation que le çoûfî parvient à ces extases surnaturelles; suivant qu'il est plus ou moins avancé dans la voie mystique, il reçoit des noms différents. Il y a le talmidz (J-*Jji) ou novice ; le mourîd (Jj/) ou aspirant; le sâlik (sjXJL.), celui. qui marche vers Dieu ; le medjdzovb (.^j-iar*}, celui que Dieu a ravi, qui a. goûté aux visions surnaturelles et à qui un jour ou l'autre Dieu peut faire la faveur du tawh'îd.
Les mystiques pensent qu'il existe toujours sur la terre une sorte de légion de saints, qui sont classés suivant une hiérarchie rigoureuse. On distingue : 1") le ghoûts (^^» celui qui, par le crédit qu'il a près de Dieu, peut prendre à sa charge une partie des péchés des croyants ; 3") le qat'b (w*^), c'est-àdire le « pôle », le plus grand saint de son époque ; 3") les awtâd (■^'^j') ou « piquets >, au nombre de quatre seulement, vivant dans des pays dont chacun est situé à l'un des quatre points cardinaux de la Mecque ; 4" les kkiyar ou « élus » (jW>-) au nombre de sept, qui voyagent continuellement et répandent la foi islamique ; 5" les abdâJ 0^}) ou « changeants »,
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au nombre de 40 â 70 ; &> les noudjaàâ (■W') et 7» les novqabâ (•'-H-') au nombre de 300, dont chacun est à la tête d'un groupe de saints.
Le développement du mysticisme dans l'Ialàm est intimement lié à celui des confréries religieuses. Celles-ci paraissent en général avoir eu un enseignemeot essentiellement mystique : c'est un fait connu que les exlases sont contagieuses et que l'association est on ne peut plus favorable aux exercices mystiques.
Ce' n'est pas ici le lieu de tenter do résumer l'histoire des congrégations musulmanes ; aussi bien ce travail serait-il au-dessus de nos forces ; malgré les très honorables travaux de l'administration aTgérienne â ce sujet, on peutdirehardimentque la question est loin li'étre épuisée, et vraisemblablement il faudra encore beaucoup de travail pour que nous arrivions sur ce sujet diffîcile â des notions précises et nous devrons probablement modiHer encore plusieurs fois notre manière de voir. Les oeuvres de Brosselard, de Neveux, Rinn, Depont et Goppolani, ont d'ailleurs définitivement posé la question devant les orientalistes. Leurs auteurs ont surtout mis à contribution les livres des confréries ; mais il est évident que ces livres ne peuvent guère, par leur nature même, nous renseigner sur Torigine, la formation, l'évolution des congrégations musnlmanes. D'autre part les renseignements sont rares dans les documents historiques et n'ont pos encore été rassemblés.
Il est certain cependant qu'il faudra pour tracer cette histoire remonter jusqu'aux origines de l'Islam. Les remarquables travaux de M. Goldziher sur l'ascétisme primitif développé dans l'Islam sous les influen-
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ces chrétiennes sont de nature à donner les plus pi"écièusea indications. L'importation des confréries en Algérie et leur histoire dans le iVfaghrib jusqu'à nos jours sont au contraire des points encore fort obscurs pour nous. Au reste nous n'avons ici qu'à donner quelques renseignements sur l'état actuel des principales confréries dans l'Algérie et, pour cela, nous ne pouvons que nous reporter aux très précieux documents et statistiques que Eteponl et Cloppolani ont publiés avec soin, dans la deuxième partie de leur grand ouvrage, dont nous exirairons une partie des renseignements qui font l'objet du chapitre suivant.
Il importe toutefois auparavant de donner quelques indications sur l'organisation des confréries, telle que que font exposée les auteurs des ouvrages précités.
La confrérie s'appelle t'riqà {^^), littéralement la « voie ». On se sert encore souvent, pour désigner les confréries d'autres mots qui ont un sens plus général, par exemple t'aifa (A^'lt). A la tête de la confrérie est le cheikh (ir~), dont le pouvoir est " absolu : après lui vient le khalifa ou nâib (^J^ ou ^b), dépositaire des pouvoirs du cheikh pour des pays éloignés; ensuite viennent les moïarfdem((-^i°), qui sont les véritables agents actifs des confréries religieuses : ce sont eux qui représentent la confrérie dans telle ou telle région naturelle de l'Algérie. Ils sont en contact immédiat avec les adeptes qui ne connaissent qu'eux ; ce sont eux qui reçoivent les instructions du cheikh et les transmettent â la foule des affiliés ; ce sont eux qui donnent l'initiation, recrulent des adhérents, stimulent le zèle des âdèles, recueillent les offrandes ; c'est d'eux en un mot que
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dépend la prospérité de la confrérie. EaSa la masse des adeptes prend le nom de khouân, c'est-à-dire « frères » (^'j=-'). Oq emploie encore dans ce dernier aeûs les mois : foqâra {•^jM), pluriel do faqir (^rr^?), qui signifie « pauvres », ou derouich dj^jj^), mot persan employé surtout en Orient, ou tout simplement le mot açh'àb (w^'^'^^')» « compagnons ».
Des courriers à pied, reqqâh (w'^j) servent à établir . les communications entre les différents chefs de la confrérie. Le naqîb {•^;^-~~J-i) est une sorte de maître des cérémonies. Les châotich dJ^J-^) vaquent aux soins matériels et, dans les réunions, assistent ceux qui se livrent a des pratiques de convulsionnaires. Ces réu. nions ont lieu à époque fixe sous ia direction du moqaddem : on y prie en commun, on y écoute les instructions du chef, on s'y livre enftn aux chants, danses, pratiques particulières à chaque ordre. Elles assemblées prennent le nom de h'adhra (''y°^). On y procède encore aux cérémonies de l'initiation.
L'initiation s'appelle ouerd, ou mieux outrd {■^jj), mot qui désigne « l'action de s'abreuver » et que l'on a quelquefois confondu bien â tort avec le mot ouard qui signifie t rose ». On dit d'un tel : khdsd l-oiterd, « il a pris l'ouerd » pour dire : il est initié. On dit aussi khdzâ dz-dzikr, « il a pris le dzikr », mot dont nous allons donner la signification dans im instant. On se sert encore, surtout dans l'Est, du terme tnîtsâq (^iUL~ a), qui signifie « engagement >. Le novice qui n'est pas encore initié s'appelle mourid {■^y). Quant au moqaddem son investiture lui est directement donnée par le cheikh sous forme d'un diplôme ou idjâza (»)'■?■'). — Pour ce qui est du
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cheifch, il légitime son autorité par la seisela (i;U™L,) ou «chaîne» des sainis de qui il a reçu son enseignement. Souvent une autre chaîne indique la succession des cheikh qui se sont transmis, à la tète de la confrérie, la^r^r^a ou hénédiction divine. La première est selselat el-ouerd, la deuxième, la selselat tl-larala. Toutes les deux remontent jusqu'à Allah par l 'intermédiaire du Prophète et de l'ange Gabriel. A titre d'exemple, voici, d'après Depont et Coppolani, les deux chaînes mystiques du fondateur de l'ordre des Chadzeliyya.
!> SelseUt el-ouard
Ahoû l-H'asan ech-Châdzelî, fondateur de l'ordro ; 'Abdesselâm ben Mechich ; 'Abderrah'mân el-Madani dhTDhiâ ; NSfi' ed-Dln ; Fakhr ed-Din ; Aboû I-H'asâD 'Alî d-Deqqâq Noûr ed-Dîn ; Aboû l-H'asan 'Alî n-Nâcirl Tâdj ed-Dln ; Chems ed-Dln ; Zein ed-Dîn ; Brahlm Aboû l-H'asan el Baçrî ; Aboû l-Qâsem Ah'mecI el Mazârî ; Sa'ld ; Fath' Allah ; Sa'id el Ghazouânî ; Cheikh Djebbâr ; H'asan ben 'Alî ben AbtTâlib; 'Alî ; Moh'ammed ; Djebrâll ; Allâb.
2° 'Selselat el-baraka
Aboû l-H'asan ech-Châdzelî, fondateur de l'ordre ; Aboû 'Abdallah Moh'ammed ben 'Alî ben Haouzam (?) ; Aboû Moh'ammed Çâlih' ben Manz'ar ; Aboû Médian Cho'aïb ibn el-H'asan en-Nâcirî ; Aboû Moh'ammed en Nuûr ; Aboû Moh'ammed 'Abdeldjelîl ; Aboû Moh'ammed ben 'Abdallah ; Aboû Sa'id ; H'asan en-Noûrî ; Aboû 1-Qâsera Djoneid ; es-Sarî es-Saqtî ; Ma'roûf
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el-Kerkhl ; Dâwoûd et' Tâl ; H'ablb el-'A^jemt ; H'asaii el Baçri ; 'Alî ban Abt T'âlib; Mohammed ; Djebrâïl ; AlIâh.
Ces chaînes se trouvent généralement mentionnées sur les diplômes ou tdjâza ; elles sont accompagnées d'une ouaçiyya, ou < instruction » sur les principes fondamentaux de l'ordre. On désigne encore par ce nom, les mandements du cheikh à ses adeptes.
La plupart des raoqaddem fondent dans leur circonscription une zâoxiia qui est pour eux un puissant instrument de propagande. Les étudiants, Volba (-^^, de cette zâouia sont des recrues toutes prêtes pour la confrérie. Si . la zàouia est tant soit peu importante, un Qukil [SéS) est chargé de gérer ses biens. La zâouia devient en quelque sorte un couvent de l'ordre religieux. C'est un foyer de prosélytisme des plus actifs.
Les pratiques plus ou moins obligatoires imposées aux A^o«4n sont ainsi éntimérées par Rinn :
1" Le renoncement au monde Çazlat 'ani ii-nâs,
2" La retraite (el-kfieloua, 'J^\ 3* L'abstinence {eç-ciyâm, Xf^^).
¥ Les réunions {Hadhra,ïya:^).
5" La ziâra {i}ij), dont nous avons parlé au chapitre précédent.
6" La çadaqa, hadiyya ou gkefàra (wJ-*, i'JJ^ ou
1" Le dzikr (^^^) ou prière surérogatoire.
Les trois premières sont les pratiques habituelles de tous les mystiques ; les deux dernières mériteat quelques mots à part.
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La çadaqa est l'offrande religieuse faite aui chefs de la confrérie ; on la représente comme étant le don aumônier prescrit par le prophète (Voy. supra, p. 7), ou comme un dou expiatoire, ou môme comme une simple redevance, suivant les régions et les confréries. Quelque soit son nom et Tinterprétation qu'on lui donne, elle représente un tribut, parfois fort lourd et perçu, le plus souvent, avec une incroyable rapacité.
Le dztkr est la prière preî-crite à tous les khouâri ; elle consiste habituellement en une formule coranique fort courte que l'on répète des centaines de fois sur ua chapelet pendant la journée et la nuit ou â certaines heures. Chaque ordre religieux se distingue par un daikr spécial. Atilre d'exemple voici le d^iArdesTidjâniyya, tel qu'il est exposé dans- un diplôme dont nous trouvons la traduction chez Depont et Coppolani (p. 417).
« Les pratiques de notre voie consistent â réciter, entre la journée et la nuit (en 24 heures) le dzikr usuel dont voici la formule :
100 fois : « Que Dieu pardonne ! »
100 fois la prière : « Notre seigneur Moh'aïamed qui a ouvert ce qui était fermé », en entier.
100 fois : « Il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah ! »
La nuit dure de la prière du ^acer à l'aube du jour, (!t la Journée commence après la prière du matin et dure jusqu'à la prière du 'acer.
On peut réciter le dzikr pendant tous les instants du jour et de la nuit.
Celui qui aura laissé passer ces deux moments (lo nialiu et le 'acer) sans dire le dzikr prescrit, pourra donc réparer son omission.
La récitation de Vottz'ifa (prière imposée aux
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kbouân par le rituel de la confrérie en dehors du dzikr) est également obligatoire deux fois entre la journée et la nuit (en 24 heures) pour quiconque entre dans notre t'riqa.
11 suffira à celui qui en aura été empêché par une occupation quelconque le rendant excusable, de réciter l'ouz'îfa une seule fois, entre la journée et la nuit (en 24 heures).
- Cette prière consiste à répéter après s'être purifié avec de l'eau :
100 fois : « Que Dieu pardonne ! »
30 fois : « Oue Dieu rimmmense, Celui qui est le seul dieu, le Vivant, l'Ëiemel, pardonne ! »
50 fois la prière : « Notre Seigneur Mohammed qui a ouvert ce qui était fermé, etc.. . . «
100 fois ; « Il n'y a pas d'autre dieu qu'AIlâh ».
12 fois la prière intitulée : Djatcharatel-Kamâl (la perle de perfection).
Celui pour qui le tayanimoum sera d'obligation dira, au lieu de la prière": Djawharat-el-Kamâl, 20 iois la prière : « Notre Seigneur Moh'ammed qui a ouvert ce qui était fermé, etc » ; cela lui suffira.
De même est obligatoire, le vendredi, pour quiconque entre dans la t'riqa des Tidjaniyya, la noble formule : Il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah ».
Ua doit commencer à réciter celte prièi'e le jour cidessus, peu après- la prière du 'acer, jusqu'au coucher du soleil.
(lelui qui aura des occupations (l'empêchant de dire cette formule depuis le 'acer jusqu'au coucher du soleil), la récitera un nombre de fois déterminé qui ne sera pas inférieur à douze cents. »
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Les femmes sont admises dans les confréries relî-' gieuses : on sait du reste que dès les premiers temps de l'islamisme, il exista des couvents de femmes. Actuellement les khouâlâl (^>\j=-) ou « sœurs * soQt fort nombreuses ; elles sont soumises aux mêmes obligations que les hommes, assistent aux h'adhra et peuvent môme devooii' mnqaldemàt (c-»'-'-^)-
Les confréries religieuses de TAlgérie
Une classiflcalion absolue des confréries relig est à peu près impossible : on est amené en effet à les grouper de façons très différentes suivant le point de vue auquel on se place, soit que l'on considère surtout leur chaîne mystique, soit qu'on les rapproche suivant les affinités de leurs doctrines, soit qu'on tienne compte de l'époque à laquelle elles sont apparues, des régions où elles ont eu de l'influence et du rôle politique qu'elles ont joué, soit qu'on s'applique à déterminer le but spécial qu'elles se proposent, soit enfin qu'on se fonde simplement sur le caractère de leurs pratiques extérieures. Faute d'une meilleure, nous adoptons ici la classiacation proposée par Depoiil et Coppolani qui a au moins le mérite d'avoir tenu compte des différents éléments de classification que nous venons d'énumérer :
1" Confrérie des Qàdriytja (qâdiriyya =^ Mj-^'— *)-
3,a,l,zt!dbvG00gli:
Elle prend son nom du célèbre saint universellement connu dans l'Islam, depuis le fond de l'Iusulinde hollandaise jusqu'à la côte allanlique du Maroc, et dont les qoubbas se dressent, inaombrables, sur les pics de l'Afrique Mineure. SidI 'Abdelqàder ei Djiiânl, né dana le Gullân, province de Perse, en 471 H. (1079 J. C), mourut en 561 H. (1166 J.C.) et fui enterré à Baghdàd où est la maison-mère de l'ordre. Les Khouân de celte confrérie sont répandus dans tout le monde musulman. Le Mabdl de Khartoum et ses soldats étaient des Qâdriyya.Dans l'Afrique Mineure, les zâouias les plus importantes des Qâdriyya sont situées en Tunisie : mais les khouàn sont fort nombreux aussi au Maroc el en Algérie. Dans ce dernier pays on compto 24.500 affiliés (dont 2.600 femmes) et 33 zâouias. L'ordre manque totalement d'homogénéité et parait, en ce qui nous concerne, plein de bonnes dispositions. Il n'a nullement, tel qu'il se présente à l'époque actuelle en Algérie, le caractère d'une société secrète;
2'' Les Bekkâya (Bekkâouiyya) qui se réclament aussi de Sîdî 'Abdelqâder el Djllànl ne comptent d'adhérents qu'au Touât, dans l'Adrâr, chez les Toiiùreg et à Tomboucton oii est la maison-mère ;
3" Les 'Aroûsiyya ou Selâmiyya sont surtout confinés dans la Tripolilaine et dans la Tunisie : ils se caractérisent par un mysticisme exalté, par leurs danses effrénées el leurs pratiques de convulsionnaires analogues à colles si connues des 'Aïssâouâ, [1 n'y en a guère en Algérie qu'à l'Extrême Est du département de Constantine où l'on compte une centaine d'affiliés ;
4° Les ''Aïssâouâ ('îsâoua = ijt— -;^) sont connus de
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tous les touristes pour leurs extraordinaires jougleries. Leur ordre a pour fondateur le célèbre Sldl M'hammed bea 'Aïssa ('Isa), raort et enterré à Méquiuez {Miknâs) au XVI' siècle de notre ère. Ils paraissent être au Maroc fanatiques etdaugcreux : mais par contre, ils semblent bien iuoffensifs en Algérie. Les exercices auquels ils se livrent : manger du verre pilé, s'enfoncer des poignards dans le corps, se brûler avec de l'al'a enflammé, se faire mordre par des vipères, e!c. . . offrent un mélange de charlatanisme et de faits qui ne sont explicables que par les phénomènes d'iiypnose. Robert Houdin, dans une mission que lui confia jadis le Gouvernement de l'Algérie, prétendit que les tours des 'Aïssâoua devaient s'expliquer parles seules ressources de l'art de la prestidigitation : il semble, nous parait-il, qu'il s'est quelque peu abusé et que les 'Aïssâoua sont sincères dans un grand nombre de cas. Les 'Aïssâoua sont répandus dans toute l'Algérie où ils ne comptent pas moins de 3.Ô00 khouàn. La plus importante de leurs zâouias qui sout au nombre d'une dizaine est celle de Sldl 'Alt ben Moh'animed, située dans le douar Uuzara et où l'on conserve encore comme une relique la peau de panthère sur laquelle couchait, dit-on, Siiîi Mh'ammed ben 'Aïssa, le fondateur de la confrérie. Les khouân paraissent se recruter dans la c!a8se inférieure de la société, si nous en jugeons par ce que nous avons pu observer de près à Tlemcen, où tous les 'Aïssâoua sont 'des ouvriers et des artisans de la ville qui, par ailleurs, vivent honnêtement de leur profession. 11 y en a aussi en Tunisie, en Tripolitaine et jusqu'à la Mecque. L'ordre semble totalement manquer de cohésion, toutes réserves faites en ce -qui concerne le Maroc.
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5" L'ordre de Siti Boù 'AH n'a de représeutants que dans la provioce de Constantine et en Tunisie ; on lui donne, pour le territoire algérien, 375 adeptes et 4 zàouias. Les Bou 'Aliyya, issus des Qàdriyya, se livrent à des pratiques analogues à celles des 'Aïssâoiia.
6° Les ''Ammâriyya sont bien connus da^s les départements d'Alger et de Constantine, comme étant les émules des 'Aïssâoua pour les jongleries. Le fondateur de l'ordre, Sidl 'Ammâr Boû Senna, vivait au XVIII* siècle, dans la région de l'Oued Zenati. On compterait 6.000 khouân relevant de 26 zàouias, tant en Algérie qu'en Tunisie.
— Dans l'arrondissement de Guelma, une branche dissidente des 'Ammdriyya, sous la direction d'un certain Ben Nah'al, compte environ 300 adeptes.
7" Le fondateur de l'ordre des Rah' mâniyya, Slil Mh'ammed ben 'Abderrah'mEtn Bou Qobréin, naquit au XVIII* siècle, dans la tribu kabyle des Ait Smaïl; sa réputation grandit rapidement et le gouvernement turc finit pas s'émouvoir de cette puissance qui s'élevait dans un milieu aussi belliqueux, que la Grande Kabylie. La mort mémo du saint ne coupait pas court a ce danger, car de la plaine et de la montagne la foule accourait en pèlerinage à un tombeau qui pouvait devenir ainsi un redoutable foyer de fanatisme. Comme Sidi Mh'ammed bou Qobréin avait jadis enseigné au H'amma, près d'Alger, les Turcs imaginèrent de s'emparer du corps du saint et de l'enterrer là, de façon â pouvoir surveiller efiicacemont l'agitation religieuse. Des khouân rah'mSniyya d'Alger exhumèrent le cadavre par surprise en Kabylie et
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l'amenèrent à Alger. Mais, alors on constata que le corps du saint, bien que transporté au Hamma, n'avait pas cessé d'être présent dans la sépulture des AitSmàïl;la sainte dépouille s'était miraculeusenncnt dédoublée. C'est en mémoire de ce miracle qu'il est appelé Boû Qobréin, c'ost-à-dire « l'homme aux doux tombeaux ».
Les Rah'm^iniyya sont peut-être l'ordre le plus important, le plus populaire de tous dans l'Est de l'Algérie : il a dans toute cette région un caractère presque national ; l'histoire nous montre des chefs rah'mâniyya dans la plupart des insurrections. Eu particulier, la grande insurrection de 1871 fut l'œuvre du grand maître de cette confrérie, Si Moh'amined Amziân el H'addàd. MaisThistoire nous fait voir d'un autrecôté les Rah'mâniyya comme dépourvus, dans leur ensemble, de toute cohésion et de toute discipline. Aujourd'hui, ils se répartissent entre différents chapitres religieux ; le chapitre d'EI H'âdj 'Ali ben El Hamiâouî ben Khallla, à Châteaudun-du-Rhumel, près de Constanline, compte 40.000 affiliés et 40 zâouias ; celui de Moh'ammed ben Belqâcem, à Akbou, réunit 9.000 khouân et 42 zaouias ; celui de SI Most'âfa ben 'Abderpah'mân ben Eiachtarzî, à Constantine, 10.000 khouân et 8 zâouias; des zâouias de Nefla (Sud Tunisien) et Khanga Sîdî Nadjî (Anrès) dépendent 15 zâouias et 13.000 khouân ; 16.000 autres khouân et 17 zâouias rentrent dans l'obédience de la zâouia de T'olga (Zibân) ; Si Moh'ammed ben Belqâsem, dans sa grande zâoiiia d'EI H'amel (Hoii-Saada) est le chef de 43.000 khouân et de 29 zâouias secondaires ; enfin le petit chapitre rah'mânî de Timermaciu (Ah'mar
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Khaddou, Atirès) ne compte que 3 zâouias et 2.500 adhérents. En récapitulant tous ces chiffres, on arrive au total énorme de 177 zâouias rah'mâniyya et de 150.000 khouân, dont près de 900 moqaddera et 13.000 sœurs ou khouâtât. C'est la un effectif énorme, mais auquel manque actuellement toute unité de direction. La confrérie n'a pas d'importance en dehors de l'Algérie et de la Tunisie.
8" La confrérie des IHdjâniyya est encore une confrérie essentiellement algérienne ; le fondateur, Sidî Ahmed ben Moh'ammcd ben el-Mokhtâr et-Tidjâni, issu du chérif marocain qui fonda 'Aïn Mâdhi, près de Laghouat, avait acquis au siècle dernier une grande renommée : sous lui et sous ses successeurs, la confrérie atteignit un haut degré de prospérité. Vers 1850, elle élendait ses ramifications dans toute l'Algérie, au Maroc, dans l'Adrâr, au Touât, au Soudan, en Tunisie, en Tripolitaine et même en Asie. Depuis celte époque, des discordes intérieures ont amené une scission eiilre les deux principales zâouias de l'Algérie, la maison-mère de 'Aïn Madhî et la la zâouia de Temacin (Touggourt). Les zâouias marocaines, celles du Touât, du Soudan Occidental ont formé une branche indépendante et qui nous a été plutôt hostile jusque dans ces derniers temps. Au contraire, les Tidjâniyya algériens n'ont cessé de soutenir la cause de la domination française et nous ont rendu les plus grands services. Ils étendent encore leur influence en Tunisie, dans l'Adamaoua et au Congo, où leur prestige est grand. Il y a aussi des zâouias â Constantinople, au Caire, à Beyrouth, â Médine, à la Mecque. La confrérie ne compte pas moins, en Algérie, de 25.000 kUouân et 32 zâouias.
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Depont et Coppolani ont biea marqué le caractère seigneurial et politique de celte coufrérie où, contrairemeut & ce qui se passe chez d'autres, par exemple, les QSdriyya et les Rah'maniyya, les affaires temporelles occupeut le mêine rang que les affaires spirituelles.
9* Les Châdzeliyya, reconnaissent pour fondateur Aboû 1-H'asan 'Ali ben 'Abdeldjebbâr ech-Chàdzell, né en Tunisie, suivant les uns, au Maroc, suivant les autres, à la fin du XIP siècle de notre ère ; c'était un élève du très célèbre SIdl 'Abdesselâm beu Mechlch, lequel était lui-même un disciple de Sîdi Gho'aïb Aboû Médian el-Andalousl, enterré à El'Eubbàd, près de Tlemcen, dans la gracieuse mosquée que visitent tous les touristes. Ech-Chàdzell était avant tout un sàih' , c'est-à-dire un moine mendiant et errant, et Iasf'(ÎA'a, c'est-à-dire la vie du religieux errant, est le caractère de sa confrérie. Une foule d'autres ordres se sont inspirés des doclriues de Cbàdzeli : les kbouàn qui se réclament directement de lui sont encore assez nombreux en Algérie, où l'on en compte 14.000. dépendant de 4 grandes zaouïas. A Tunis, en Tripolitaine, au H'edjâz on compte aussi de nombreux Châdzeliyya. Mais tout cela est sans cohésion et le chadzélisme est en somme plutôt une doctrine dont se réclament de nombreuses zâouiasqu'une société religieuse organisée.
10" Les Zerroûqiyya ne sont guère représentés en Algérie que par la zâouia de Berrouaghia, complètement indépendante du reste : 3.700 khouàu. Ils se réclament aussi de Sldich-Ch&dzeli.
11-' Le fameux medjdzoûb (illuminé) Sldl Ah'med ben Yoûsef est le patron des Yoûsefiyya. Ce célèbre
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santon enferré à Miliana où son tombeau est l'objet de pèlerinages nombreux est surtout connu par les proverbes qu'on lui prête et qui sont, pour la plupart, des épigrainmes contre les différents pays JeTAlgérie. Un de9 ses descendants a fondé à Tioût, dans l'Extrème- Suil oranais, une zâouia qui compte encore de nombreux adhérents (1.500 environ dans l'Extrêrae-Sud, à Tiemcen et à Oran). Us n'ont pas une très grande influence et l'ont d'ai-lleurs toujours mise à notre service, autant que les événements le leur ont permis.
12" On a désigné sous le nom de Cheikhiyya, les Oulâd Sidl ch Cheikh, considérés en tant que confrérie religieuse. Evidemment leur noblesse a, en principe, lin caractère religieux, mais ils ne semblent pas comparables aux autres confréries : leur puissance, essentiellement territoriale, est surtout d'ordre politique. Le fameux agitateur de 1881 , Bou 'Amâma, a cherché clans ces derniers temps, à constituer une véritable confrérie et il est arrivé à recruter quelques adhérents parmi les tribus de l'Extrême SuJ-Ouest.
13° Les Nâceriyya, fondés par un descendant de Sidi Ah'med ben Yoûsef ont leur maison mère à Tamegroût, dans l'Ouâd DrS, au Maroc. Cet ordre est tout puissant dans une grande partie du Sud marocain et en maints autres pays du Maroc. En Algérie la confrérie ne possède que peu d'ahérents : le seul noyau compact est dans PAurès, oûenvironflOOkhouân obéissent à la zàouia de Khanga Sidi Nadjî.
14" C'est dans l'Aurès aussi que la confrérie tunisienne des Chah'jtyya compte quelques adhérents. ' Elle n'a presque plus d'influence : ses khouàn suivent les règles des NSceriyya.
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15" L'ordre des Tayyibiyya est un des plus importants du Maroc ; sa maison mère est à Ouazzàn et le grand maître de l'ordre est bien connu dans le public sous le nom de «Cbérif d'Ouazzàn m. II se nomme actuellement Moûlaye el-'Arbi ben Moûlaye 'Abdesselâm ben el-H'âdjdj el-'Arbî 1-OuazzâuI. Il compte parmi ses ancêtres le célèbre "Abdesselàm ben Mechlch, un des saints les plus vénérés du Maroc, et se rattache directement à la lignée de Moûlaye Idrls qui était le pelit'lîls de l'arrière petit-fils de Mabometetqui fut le fondateur de la première dynastie nationale du Maroc. La noblesse des chérifi d'Ouazzân est supérieure ainsi à celle des sullans actuels du Maroc dont la descendance, au dire des généalogistes les plus compétents, présente une lacune au niveau de Moûlaye Idrîs. Aussi les sultans de la dynastie actuelle ont-ils toujours" considéré les chérifs d'Ouazzân comme des compétiteurs éventuels sérieux, et pendant loûgtenips, ils se les sont conciliés par des faveurs et des privilèges qui les ont grandis encore' davantage. c:e n'est pas ici le lieu d'exposer à la suite de quels événements le chéri f d'Ouazzân a été amené à se mettre sous la protection du Gouvernement français, mais on ne peut méconnaître que ç'à été là un des plus grands succès de notre diplomatie au Maroc. Sans doute on a exagéré parfois là puissance du chérif, dont l'autorité est bien loin de s'étendre â tout Te Maroc ; sans doute, en d'autres régions de ce pays, d'autres prersonnages religieux ont une au'orité comparable et peut-être même supérieure â la sienne ; sans doute ses relations avec un Gouvernement d'Infidèles ont pu, en une certaine mesure, diminuer son prestige et ont
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certalaernent été exploitées contre lui ; mais toutes ces considérations doivent s'effacer devant cette remarque que, si nous n'avions pas pris sous notre protection )a maison d'Ouazzan, elle aurait pu faire bénéficier de son influence une autre puissance européenne.
La confrérie des Tayyibiyya, qu'on appelle surtout au Maroc Toûhâmiyyin, du nom de Modlaye et-Toûbâmi ben Moh'ammed, le plus illustre réorganisateur de la confrérie (mort on 1715), présente un caractère d'unité et de cohésion qui manque à la plupart des autres : elle a véritablement le caractère d'une société organisée, ce qui du reste ne présente aucun danger. Tordre étant à l'heure actuelle entièrement à notre dévotion. Il ne compte pas moins de 22.000 Khouân en Algérie et 8 zâouias seulement : ce petit nombre de zftouias montre combien l'ordre est fortement centralisé. En outre, il compte au Touat, circonstance heureuse pour nous à l'heure actuelle, de très nombreux adhérents.
160 Leg Hansaliyya, ordre dérivé des Châdzeliyya, ont eu jadis une grande influence au Maroc : presque disparus de ce pays aujourd'hui, ils ne sont plus guère représentés en Algérie que par la zâouia deCbet- (aba (Constantine) dont le chef commande à plus de 4.000 khouân. Ils ne suivent plus, du reste, la règle des Hansaliyya primitifs.
17" Les Ziyâniyya prennent leur nom de Moûlaye Bou Ziyân, enterré à Kenadsa, entre le Tafiteit et Figulg. Essentiellement philanthropique, éloignée des excès du mysticisme, cette confrérie, animée pour nous d'excellentes intentions, a de nombreux kbouàn
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au Maroc et en Algérie où od ea compte plus de 3.000 presque tous dans la province d'Oran. Elle s'occupe activement d'affaires commerciales.
18" Les Kerzâziyya sont également uq ordre à tendances philanthropiques: ils prennent particulièrement sous leur protection les malheureui qçoùriens de tout temps opprimés par les nomades. La maison mère est au Sud de Kenadsa. L'ordre est confiné dans le Sud oranais et marocain, et compte en Algérie 3.000 khouâa.
19" Les Dergâoua, célèbres entre tous les ordres religieux de l'Ouest par leur fanatisme, reconnaissent pour fondateur SJdt l-'Arbl d-Derqâwl, mort en 1823 à la zâouia de Boû Brlh', dans les Benl Zerouàl (Djebàla du Maroc), qui est encore aujourd'hui la maison mère de l'ordre. Voici comment il fit, d'après un texte traduit par Rinn, ses dernières recommandations :
< Les devoirs de nos frères consisteront à trionipher de leurs passions. Pour accomplir ces devoirs, ils chercheront à imiter :
Notre Seigneur Moûsâ (Moïse), en marchant toujours avec un bâton ;
Notre Seigneur Aboû Bekr et notre seigneur 'Omar ben el Kbet't^âb, en se vêtant d'étoffes rapiécées ;
Dja'far ben Abl T'alib en célébrant les louanges de Dieu par des danses ;
Boû Hariro (1), secrétaire du Prophète, en portant au cou un chapelet ;
(1) Bou Hariro est évidemment une erreur pour Aboù Horeira ; mais ce dernier compagnon du prophète, probable • ment illettré, devait être peu capable de faire un secrétaire.
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Notre Seigneur 'Alssâ (Jésus) en vivant dans l'isolement et le désert ;
Ils marcheront pieds nas, eadurtiront la faim, ne fréqueDteront que les hommes pieux.
Ils éviteront la société des hommes exerçant un pouvoir. Ils se garderont du mensonge. Ils dormiront peu, passeront les nuits en prière, feront des aumônes ; ils informeront leurs cheikhs de leurs plus sérieuses comme de leurs plus fuiiles pensées, de leurs actes importants comme do leurs actes les plus insignifiants. Ils auront pour leur cheikh une obéissance passive et, â tous les instants, ils seront entre ses mains comme le cadavre aux mains du laveur des morts. »
C'est le célèbre perinde ac cadaver des Jésuites, dont OQ a même dit que ceu.x-cl l'avaient emprunté aux confréries musulmanes.
Les Derqâoua sont donc des derviches mendiants. C'est un ordre dangereux et on le retrouve dans presque toutes les insurrections qui ont eu lieu contre les gouvernemeats tant dans l'histoire du Maroc que dans celle de l'Algérie Irançaise. Cependant aujourd'hui, l'ordre des Derqâoua semble en Algérie prendre un autre caractère : il est surtout réputé par la science de ses membres Quoiqu'il en soit, c'est celui qui pourrait, le cas échéant, nous être le plus hostile. Fort heureusement, il n'est guère aimé des autres confréries et depuis la mort de Sîdl Ah'med el n'acbera ben el 'Arbî, chef de la zâouia de Metghâra (orthographe de Foucauld), au Tafllelt, il semble s'émietter. Cette dernière zàouia en eflfet avait presque supplanté ta zâouia de Hoû Brth' et c'est à elle
qu'appartient en réalité la maîtrise. Depuis, uQe autre zâouia, celle de SI Moh'ammed el Habri, dans les Fteni Snassen, a pris uae grande autorité et tend visibtemeut à l'indépendance. Les Derqâoua ne corapteul pas moins de 9.500 khouâu en Algérie, presque tous conflues dans la province d'Oran, et 10 zàonias.
ÏO" Les Madaniyya ont été fondés en Tripolitaine par un Derqàoul, Si Moh'ammed ben Hamza el-Madani. Ils sont devenus un des ordres les plus actifs de l'Orient et un des plus dangereux pour les idées européennes. De plus, ils semblent avoir l'appui secret du gouvernement ottoman et représentent chez nous une influence étrangère contre laquelle nous devons lutter de toutes nos forces. Répandus en Turquie, en Arabie, en Egypte, eu Tripolitaine, en Tunisie, ils comptent, en Algérie, 1.700 khouân et deux zâouias.
21» Les Senoûsiyya sont certainement la confrérie musulmane dont le nom est le plus connu du public. A la suite d'articles de journaux dénués de mesure, on a fini par exagérer l'influence qu'elle peut avoir,, surtout en Algérie. Duveyrier, dans une brochure oiî son imagination l'a un peu entraîné, a fortement contribué à créer ainsi autour des Senoûsiyya une sorte de légende. Cet ordre a été fondé au commencement du siècle par Si Moh'ammed ban Si 'Ali s-Senoûsl, né dans un douar compris actuellement dans le territoire de la commune mixte de l'Hillil (Oran). Il se faisait passer pour le mahdî et le chef actuel da la confrérie prend encore ce titre. "La maison-mère a longtemps été à Djaghboûb : dans ces derniers temps, elle avait été transportée dans l'oasis
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de Koufra, en plein désert Lybique. Les Senoûsiyya prétendent synthétiser tous les autres ordres religieux et en même temps ramener les mœurs à la primitive pureté de l'Islam. Par là, ils se sont posés en novateurs et, de ce fait, sont naturellement mal vus par l'orthodoxie islamique. Mais ils ont mis presque complètement sous leur influence tout le vilayet de Tripoli et une partie du Soudah Oriental. Ils ont aussi de solides ramifications en Egypte et en Arabie. Pour les populations du désert, le mahdi actuel a été un véritable bienlaiteur par l'intelligence avec laquelle il a su conduire les travaux d'hydraulique agricole. Quant a ia puissance militaire qu'on lui croyait, il faut en rabattre beaucoup. Dans l'oasis de Sioua, qui passait pour être un des centres les plus actifs du fanatisme senoûsien, le voyageur allemand L' Freiherr von Grunau vient de trouver le moqaddem de l'ordre vivant en parfaite intelligence avec un représentant du gouvernement khédivial. Non seulement on ne s'est pas opposé à l'entrée du voyageur dans l'oasis, mais il a entretenu les meilleurs rapports avec le moqaddem qui l'a invité chez lui à plusieurs reprises. Il est vrai d'aulré part qu'au Soudan et au Touât les Senoûsiyya ont paru dans de récentes circonstances beaucoup plus intraitables, mais en Algérie ils n'ont jamais eu qu'une influence insignifiante : les recensements les plus minutieux n'ont pas pu faire découvrir plus de 950 khouân, dont plus de la moitié habitent la région où est né le fondateur de la secte. Si l'on additionne ensemble les chifires que nous venons de citer au cours de cette énumération des principales confréries religieuses de l'Algérie, ou arrive au total énorme de 295.000 khouân et 349
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7.àouias. Ce Dombre serait véritablement pour effrayer, si l'oa ne savait que cette masse énorme est incapable d'une action et que les confréries sont en rivalité continuelle. Nous reproduisons ci-contre le tableau donné par Depont et Coppolani à la page 215 de leur ouvrage. Il eût pu être intéressant de rapprocher ces chiffres de ceux qu'avait donnés le recensement fait uue douzaine d'années* auparavant ; mais ces sortes de statistiques n'ont pas assez de précision pour qu'on puisse tirer de la comparaison des chiffres des conclusions rigoureuses ; les fonctionnaires auxquels on s'adresse pouravoir ces chiffres, offlciersde bureaux arabes, administrateurs de communes mixtes, maires .de communes de plein exercice, sont de valeur forcément inégale, et d'ailleurs l'appréciation du nombre de kbouftn d'une commune est chose délicate et qui comporte' uue « équation personnelle » que ceux qui utiliseront les statistiques ne peuvent connaître.
On a pu voir que nous nous sommes montrés très sobres dans nos appréciations sur le caractère doctrinal et les tendances des divers ordres : c'est qu'en effet il nous est encore bien difficile de nous faire des idées précises à ce sujet. Les grands ouvrages de Rinn, de Depont et Coppolani nous ont donné une vue d'ensemble du sujet ; il resterait à reprendre patiemment l'élude de chacune des confréries, à retracer sa genèse, son histoire interne et externe. Cette dernière surtout serait de nature à nous ouvrir des aperçus nouveaux ; il faudra enSn ne pas se limitera l'Algérie et étendre, comme ont déjà cherché à le faire les auteurs des < Confréries religieuses musulmanes » le cercle de nos études à l'Islam tout entier.
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. ETAT NUMERIQUE des Confréries religieuses musulmanes qui ont des adeptes en Algérie
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Elal ■nmériqae dei ««afrérlNi rellglcasei
(Extrait de l'ouvrage « Les confréries religieuses oiusul-
N0M8 DES CONFRERIES
Qâdriyya
'Aroûsiyya
'AïBàoua .
Boù-'Aliyya
'Ammâriyya
Corporatiou de Ben-Nah'al. .
Rahmâriiyya
Derdoùriyya de l'Aurès..
Tidjâniyya
Châdzeliyya
Zerroùqiyya
Yoûsofiyya
Cheikhiyya
Nâcerîyya
Chabbiyya
Tayyibiyya
Hansatiyya
Ziàniyya
Kerzâziyya
Derqâoua
Madaniyya
Mokbaliyya (tireur^), . .
Senoûsiyya
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mânes a p^t Oitave Dcponl et Xavier Coppolani, pnge 215)
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