‹ L'islâm algérien en l'an 1900Chapitre 4 sur 24 · IO.02O · texte numérisé non relu

IO.02O

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On pourra alors préciser (et M. Le Châteiior a déjà indiqué cette voie dans sod livre sur l'Islam au Soudan) les différences qui existent entre les diverses confréries, depuis la confrérie rudiraentaire que foude forcément et naturellement tout uiaraboul" lorsqu'il ^mpose un dzikr à ses fidèles, à ses khoddam jusqu'auï confréries qui s'étendent sur tout l'univers musulman ; depuis la confrérie qui reste absolument locale, comme celle de Sidi Mob'ammed ben 'Aouda, 9t Zemmora, jusqu'à celle qui devient universelle comme l'ordre religieux des Qâdriyya. On comparera les confréries qui n'ont pas ou presque pas de caractère religieux, comme les confréries de tireurs, si nombreuses au Maroc ; comme les corporations de jongleurs, par exemple les Oulâd Sîdî H'ammed ou Moûsâ du Soùs ou les Béni 'Abbès kabyles avec celles où l'élément religieux domine, comme les 'Aïssâoua. On reconnaîtra que les Cbâdzeliyya, par exemple, représentent plutôt un enseignement qu'un ordre religieux ; que, tandis que les Cheikhiyya (OuIad Sîdl Cheikh) ont avant tout un caractère politique et local, les Qâdriyya présentent au contraire un caractère religieux et universel ; que, tandis que les Rah'mâniyya ont l'aspect d'un ordre national algérien, d'autres ordres représentent spécialement une classe de la société (les Kerzàziyya, par exemple) ;que certains ordres, comme les Derqâoua, se confinent dans l'ascétisme, tandis que d'autres comme les ZiSniyya s'occupent d'intérêts commerciaux. Ces ordres ne peuvent donc être mis sur le même rang : ils répondent à des besoins différents ; si leur caractère religieux leur donne une teinte d'uniformité, c'est que chez nos indi-

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gènes, la religion envahit toute la vie. Eu réalité, étudier les ordres religieux de l'Afrique Mineure, c'est presque faire le chapitre de l'associatiOD dans la sociologie maghribine.

Il restera aussi à se faire une idée exacte des rapports du niaraboutiame avec les confréries : que notre domination ait tendu à favoriser le règne de celles-ci en Algérie et ait contribué à leur taire plus ou moins prendre des allures de sociétés secrètes, c'est ce qui parait assez probable ; mais malgré tout, il est encore exact, suivant nous, de dire que le marabout local prévaut sur la confrérie. Nous avons déjà exposé que les moqaddem étaient le véritable élément actif des confréries ; mais le raoqaddem, c'est le marabout local et si la confrérie lui donne quelque relief, elle ne vaut que par lui ; or les moqaddem sont tous rivaux lorsqu'ils sont voisins et s'ignorent, la plupart du temps, lorsqu'ils sont éloignés ; leurs circonscriptions nesont pas délimitées, leur clientèleleplussouvent grossit ou diminue suivantque leur prestige baisseou grandit. £ux-.aêmesserendeiitiQdépendanlsdés que la confrérie n'a plus à sa tête un marabout de renom : les Derqàoua se désagrègent depuis qu'ils n'ont -plus à leur tête le chérif de Metghara. Il n'y a peut-être pas d'exemple d'une confrérie qui, dans des circonstances critiques, ait obéi avec ensemble à son chef : il y a toujours des rivalités intestines qui empêchent l'unilé d'action. On l'a bien vu en 1871, lors de la levée de boucliers des Rah'maniyya : les importantes branches de T'olga et d'EI Hamel refusèrent de se joindre aux révoltés. Les ordres religieux n'arrivent même pas à réconcilier les çofis locaux ; à Tlemcen où les

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citadins {h'adhar) et les descendants des Tares (Koufoughlis ou Kouroughlis) sont en opposition depuis des siècles, les deux partis ne se confondent pas dans les mêmes confréries et il y a, par exemple, deux zâouias de Qâdriyya, une de h'adhar et une de Kouloughlis. Tout cela ne nous offre guère l'image de sociétés secrètes disciplinées et où chaque membre concourt avec les autres à une action d'ensemble précise.

Aussi les dangers politiques que pourraient nous faire courir les confréries ne paraissent-ils pas considérables : en revanche nous avons retiré de l'appui de quelques-unes d'entre elles d'importants avantages. Lesrelationsqu'eliesenfretiennenlentrelesbabitantsdes différents pays musulmans peuvent, le cas échéant, fournir à notre action des points d'appui fort utiles. D'uu autre côté, nous devons éviter, en favorisant outre mesure certaines personnalités, de donner à leur ordre une. importance qui deviendrait éventuellement dangereuse pour nous ; mais heureusement ce péril n'est pas trop à craindre, car une confrérie qui embrasserait trop ouvertement notre cause ne manquerait pas de se discréditer d'autant auprès des purs croyants, et c'est un fait qu'on a déjà observé. Nous ne saurions d'ailleurs faire des confréries un instrument de domination ; elles n'offrent pas pour cela une surface suffisante et nous disposons de moyens économiques autrement puissants. Une politique de surveillance bienveillante, sans interveiltion, pmir celles qui se développent sans intentions dangereuses; etde répression éclalante pour celles qui se déclarent nettement contre nous, telle est la ligne de conduite que le

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gouvernement français a suivie jusqu'ici vis-à-vis décès associations et qui ne peut que donner de bons résultats.

Toute notre méfiance doit être concentrée sur les cotilréries venues de l'étranger avtjc une estampille plus ou moins officielle de quelque gouvernement musulman ; si la chimère du panislamisme, sur laquelle l'attention a été récemment attirée (Depont et d'Eckardlit) a réellement germé dans quelques cerveaux fanatiques de l'Orient, nous lui opposerons ici les confréries nationales et les chérifs maghribins. D'ailleurs ce danger n'est pas proche et nous devons bien nous garder de le créer en en parlant trop. Ce n'est pas au reste vers l'Orient que le Maghrib doit tourner ses yeux au point de vue religieux ; c'est à Fez qu'est assis sur le trône le véritable descendant de la fille du Prophète, et il se pourrait que nous eussions un jour intérêt à défendre ses droits à cet égard.

La question des rapports des confréries religieuses avec l'étranger a été encore envisagée sous un autre jour ; des statistiques intéressantes. ont conduit Depont et Coppolani à évaluer les recettes annuelles des confréries religieuses en Algérie et à rechercher quelle proportion de ces recettes s'en allait à l'étranger alimenter la caisse de maisons-mères situées au-delà de nos frontières. Ils récapitulent ainsi les recettes ordinaires des ordres religieux en Algérie :

Produit de la çadaqa 3.000.000 fr.

Droits d'investiture et d'initiative. 1.500.000 —

Produit de la ziâra 3.000.000 —

Corvées exceptionnelles, touiza.. mémoire

Total 7.500.000 tr.

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Le rendement des impôts arabes n'était, pour l'année dans laquelle a été fait ce calcul, que de 16.200.000 francs environ.

Sur cette somme, 702.000 francs environ auraient pris le chemin de nos frontières. Il est vr^i qu'il convient d'en retrancher environ 150.000 francs partis en Tunisie, terre presque française. Nous ne pouvons guère regretter non plus les 231.000 francs qui sont allés remplir les cotîï'es du chérif d'Ouazzànr Le reste est alléenpartie^nrichir d'autres confréries du Maroc: 35.000 francs environ seraient partis pour l'Orient. C'est encore trop, et cependant comme le disent les auteurs, il né faut pas chercher à interdire la ziàra. Une pareille mesure serait une atteinte odieuse à la liberté individuelle et d'ailleurs ne produirait pas d'effet. Nous ne devons rien attendre à ce point de vue que du développement gradue! de nos idées chez les indigènes, et d'ailleurs quels résultats donneraient de pareilles statistiques si elles étaient faites chez nous?

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Cérémonies, létes religieuses ; superstitions, surrivances.

Le sujet indiqué psr cette simple rubrique est tellement vaste et a été si peu travaillé jusqu'ici qu'il peut sembler téméraire de vouloir eu doQuer uq aperçu en quelques pages. On excusera probablement notre manque d'ordre raisonné dans un sujet aussi complexe et dont nous voulons seulement donner une idée.

La naissaoce d'un enfant, surtout d'un ftis, est généralement accompagnée d'une fête ; on regarde le nom donné à l'enfant comme devant avoir une influence sur sa vie et on s'en remet parfois au hasard pour lui donner le premier nom de bon augure que ron entend résonner. Très souvent on lui choisit un saint comme patron. Lesindigënes algériens appelleront par exemple leur fils Baghdâdi, Qoulder, Djilâni, Djelloûlen l'honneur en l'honneur de Sldî 'Abdelqâder el Djtlânl, ou encore Cha'lb ou Bou Mdièn en l'honneur du célèbre Sîdl Cho'aïb Aboû Medièn de Tlemcen. Au reste les cérémonies qui accompagnent la naissance, la circoncision, le mariage, très variées, et qui n'ont CDCore été encore été ici l'objet d'aucune étiide scientifique, ne se rattachent pas directement à la religion musulmane. La circoncision parait pratiquée de temps immémorial : son origine, dans l'Afrique du Nord, est tout aussi obscure qu'en Orient et on sait k quel nombre de théories et de controverses cette question a

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donné lieu. L'excision des fllles est par contre inconnue. Certains indices nous portent à croire que l'inflbulation, si elle n'est plus pratiquée, a pu l'être à une autre époque.

Les fXinérailles sont l'objet de cérémonies à caractère nettement religieux ■ le lavage du cadavre, son enseve'issement dans un linceul, la prière pour le repos de son ame et la sépulture sont des devoirs obligatoires pour la communauté musulmane i-^}^ j=j?, voy. suprà, p. 12). Le corps du défunt est conduit au pas accéléré vers le cimetière pendant qu'on chante des prières. £n .Mgérie on récite en beaucoup d'endroits la Borda, poème du célèbre El I^oûclrl. La fosse mortuaire a la profondeur d'un homme pour que le mort puisse se lever quand Mounkar et Naklr Tinterrogeront. Lecorpsn'est pas dans un cercueil. La tombe doit être simple, tout mausolée est interdit. On verra dans le chapitre suivant que cette prescription religieuse est bien loin d'être observée en Algérie.

Ce sont généralement les t'olba (étudiants) qui accompagnent les morts et disent les dernières prières ; au Maroc c'est à eux, dans tous les villages où il y a une zaouia, qu'incombe la corvée de racler et de laver le cadavre. Nous avons dit qu'on récite souvent aux enterrements la Uorda. Ce n'est pas un mince sujet d'étonnement pour un arabisant que d'entendre les vingt premiers vers de ce poème chantés pen'dant des funérailles. Le poème, il est vrai, est consacré à la louange du Prophète, mais le début, comme celui de la plupart des qacida arabes, est employé par le poète à déplorer le départ de sa maîtresse. Il est vrai qu'en Algérie bien ra-es sont ceux qui récitent ce poème en le comprenant.

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I^ Borda compte au nombre des quelques livres qui sont regardés comme sacrés en Algérie ; un aub'e livre qui est également très révéré, c'est le Daiaïl el- Kheirât (o-Ik^' J^^^), par Aboû 'Abdallah Moh'ammed ben Soleimân Et Djazoûli {f 870 H ; 1465 J. C), un des sept célèbres patrons de la ville de Maroc. C'est un recueil de prières qui est tellement vénéré que des individus prennent son titre comme nom patronymique. Nous connaissons un moqaddeiri qui s'appelle Uelil et-Klieirât (on dit vulgairement « délit » au lieu du pluriel dalàïl).

Les fêtes prescrites par la loi musulmane sont :

1" El âchoùra (^jj^'*"), qui tombe le 10 de moh'arrem. « Dieu a protégé ce jour-là dix grands phrophèles : 1" Moïse en le sauvant des eaux ; S" Abraham en apaisant la fournaise dans laquelle il avait été précipité; 3" Salomon, eu lui restituant son fameux anneau ; 4° Adam lors de ses démêlés avec le Diable ; 5° David qui avait perdu sa couronne ; 6" Idrîs en le gardant dans le paradis ; 7° Job, en l'arrachant à ses épreuves ; 8" Jonas à son poisson ; 9» Noé qui fut préservé du déluge ; 10" Jésus, en l'empêchant d'être cruci&é par les Juifs. » Telle est, d'après Mouliéras, la croyance marocaine. Les trois faits que l'on commémore principalement sont, d'après les jurisconsultes : 1" la réunion d'Eve et d'Adam qui, après avoir été expulsés du paradis, se cherchèrent pendant deux cents ans sans se trouver; 2" la sortie de Noë de son arche; 3" la mort de H'oséin, petit-flls de Mahomet, qui trouva le martyre à Kerbela en 61 H.

2" Mawlid en-nabi (^-e-" -^'j*)' la Nativité du Prophète, appelée dans le Nord de l'Afrique la fête d'El/

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■oûloûd. Elle a toujours eu dans ces paya un écJat tout particulier. Les rois do Tlenocen en particulier sont connus par le faste avec lequel ils la célébraient: leurs histoires nous ont transmis le récit détaillé des cérémonies pompeuses qui avaient lieu à cette occasion et le texte des poésies, parlois composées par te sultan lui-même, que l'on y récitait en l'honneur du Prophète. Une des coutumes les plus curieuses est celle qu'ont les musulmans algériens de se faire cadeau de bougies ou de cierges plus ou moins beaux le jour de la fête du Moûloûd. Les élèves en offrent à leurs maîtres et on en porte dans tous les sanctuaires. Cet usage fait penser involontairement à notre Chandeleur.

On célèbre aussi la (été de la nativité de la plupart des saints importants et ces moûloiid sont loin d'être les raoins suivis ; les marocains célèbrent même, paratt-il, une Toussaint musulmane ;

3" Vd CAïd} el-fit'r, appelée généralement ici el 'did eç-çeghir (^~*^1 -J-^*-"), c'est-à-dire la petite fête, qui clôture le jeûne du Ramadhân et qui, en dépit de son nom, est peut-être la plus grande fête de l'année : les réjouissances y sont en proportion des privations d'un mois entier de jeûne.

A" 'M ('Aid) el-qorbân, la fête des sacrifices (J-^^ .ljy)t) que l'on appelle surtout el 'aïd el kebir (j^jJI y~^'>^\), c'est-à-dire la grande fête. On l'appelle aussi la fête du mouton, parce que généralement on sacrifie un mouton. Elle tombe le lO du mois de Dzoû l-H'idjdja, le jour même où ont lieu les sacrifices des pèlerins à Mina. Il n'est si pauvre famille qui, ce jour-là, ne tienne à honneur d'égorger un mouton. Ce sacrifice est souvent accompagné-de la recherche de

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présages dans recollement du sang ou dans la conlexture de l'omoplate de la victime.

En dehors de fête des moutoas, les sacriflces sont, nons l'avons déjà vu (supra, p. 47) d'un usage fréquent chez les musulmans de l'Algérie. Il y aura, â ce sujet, une étude assez curieuse à faire. Il n'est pas besoin de se déranger l)eaucoup pour voir des sacrifices : tous les mercredis à Saint-Eugène, près Alger, les femmes arabes font des sacrifices à la < fontaine des génies ». On sacrifie du reste en maintes autres circonstances : Haedo nous a rapporté les rites des sacrifices qui avaient lieu à Alger sous les Turcs lors du lancement d'un navire; lorsqu'une source e^t mise à jour -par les plongeurs de l'Oued Ghlr, on jette dedans des mets tous préparés, du moins cet usage existait jadis ; OQ répand du café entre les jambes du cheval d'un chef influent; dans la petite Kabylie, si celui qui avait demandé une fille en mariage sans l'obtenir, parvenait à égorger un chevreau sur le seuil 'de la porte des parents, leur fille était à lui; au Maroc, la protection d'un homme influent, en vue de voyager en sécurité, s'achète, et le contrat est consacré par un sacrifice, à telle enseigne que cette protection prend le nom de dzebîh'a (-^^^^^i, sacrifice); la tribu qui demande du secours à une autre vient, au Maroc, faire un sacrifice sur les marchés de celle-ci, et ce sacrifice s'appelle 'âr, c'est-à-dire « honte > (jU), etc. etc..

En outre des fêtes religieuses, les indigènes du Nord de l'Afrique célèbrent certaines fêtes qui, au lieu de correspondre à telle ou telle date de l'année musulmane, sont fixées â certaines époques de l'année

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solaire. On sait en effet que les indigènes se servent encore de l'aimée julienne ; l'anaée musulmane n'a pu détrdaer celle-ci et les noms de nos mois en particulier sont encore en usage dans l'Alrique Mineure sous leur forme latine. Les (êtes auxquelles nous faisons allusion sont donc d'antiques survivances.

Dans l'Aurès, ia (été de Boû Inl {bonus annus) correspond à notre Noe'. Chez les marocains une nativité de Jéstis, milàd 'Aïsâ (^g~~; jli-') est célébrée dix jours avant l'époque correspondant à notre jour de l'an. Le jour de l'an se célèbre également dans l'Aurès sous le nom de Inâr et au Maroc sous celui de lennâ'ir, dans lesquels il ne faut pas être grand clerc pour retrouver Januaritts. Des rogations au printemps sont célébrées çà et là, ainsi que des fêtés d'automne, correspondant aux vendanges. Nos feus de la Saint-Jean sont connus des indigènes algériens qui les allument et célèbrent ce jour là la fête d'el ''ancra iîy^^), vieux mot hébraïque qui servait déjà aux Maures d'Kspagne pour célébrer la Saint-Jean, laquelle est connue aussi des marocains et fêtée par eux.

N'oublions pas, à côté de cela, le singulier carnaval que l'on célèbre encore tous les ans à Ouargla, avec déguisements, danses, etc., et qui se retrouve, plus caractérisé encore, au Maroc, dans le Rlf, dans les Djebàla, dans les Brâber, dans le Soûs. Là, sous des travertissements grossiers, des acteurs tournent en ridicule les magistrats musulmans, les caïds, le makhzen. Rien n'est sacré pour eux : on récite un Sîdl Khelli burlesque et, fait extraordinaire, la prière elle-raôme est un ubjet de dérision (Mouliéras).

Ce sont là, évidemment, des survivances antiques

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et' doat il serait, dès à présent, téméraire de vouloir indiquer l'origine. Plus antiques encore sont les vestiges de lilholâtrie et de dendrolâtrie que nous avons déjà signalés et qui persistent toujours : il y a telle tribu du Maroc où, sur une pierre levée, placée devant la mosquée, on sacritle encore poulets et cttèvres .

Des croyances aussi très répandues sont celles qui sont relatives aux génies, aux djinn, mot popularisé maintenant en France par le poète. Les traditions musulmanes, comme les traditions cbrétieunes, admettent une classe d'êtres intermédiaires entre l'homme et l'animal, mais participant surtout du premier. Il y a â ce sujet tel passage fort explicite dans Saint- Jérôme. Le Sahara surtout passe pour être peuplé de âjenoûn {^y^, pluriel detï/'mwj. Lesgazelles, dit-on, sont les chèvres des djenoûn. Il y a de ces gépies qu^ attaquent les voyageurs à coupa de bâton ; d'autres poursuivent les femmes ; d'autres au contraire ont le corps de femmes d'une beauté accomplie ; on en cite qui ont pu se faire épouser par des hommes et leur ont naturellement causé une foule de malheurs. Les génies les plus redoutés sont les génies noueurs d'aiguillettes qui se plaisent à jouer de malins tours aux soupirants, quand ceux-ci croient arriver au but de leurs désirs.

Il nous faudrait encore consacrer ici un chapitre à l'occultisme; pour les Grecs, tout thessalien était un sorcier ; pour les musulmans tout maghribin et pour les maghribins tout marocain a la connaissance des sciences occultes; divination d'après des chiffres, des calculs ; d'après les lignes de la main ; d'après des

lignsB tracées sur le sable ; d'après le caag des victimes sacriAées , d'après les omoplates ; d'après les étoiles; d'aprèi les songes; tout cela est familier aux marocaiQs. Nos indigènes croient profondément à toute cette sorcellerie ; l'istikhâra (i'.'^'"'), par laquelle on s'endort dins l'intention d'être inspiré en songe sur tel ou tel parti à prendra et que les Nasamons d'Hérodote pratiquaient déj\ est connue de tous nos musulmans.

On croit aussi fermement aux amulettes, en arabe h'erz (jj^), et ceux qui se lîvreat a Vyoqcha (*-i â j), c'ost-i-dire à l'art d'écrire ces talismans, font sur les marchés arabes une concurrence victorieuse aux médecins. On trouvera, dans l'ouvrage de Depont et Goppolani, d'intéressants détails à ce sujet. Horuonsnous à dire que les amulettes sont tout simplement de petits carrés de papier où un t'aleb a écrit des prières, des formules coraniques ou des mots caba* listiques de manière à former des dessins plus ou moins bizarres.

De toutes parts en un mot, et comme cela se produit en toute religion', d'antiques croyances, d'anciens cultes sourdent à travers l'islamisme et réservent à ceus^ qui auront su les étudier les plus intéressantes découvertes sur le passé encore si obscur de nos indigènes.

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heB sanctuaires et les édifices religieux :

marabouts, mosquées, zftouias

Les peuples, avons-nous dit plus haut, ont presque toujours prié aux mêmes lieux et cela se vérifie aussi bien dans rielâm algérien que dans toute autre religioD. Les sanctuaires musulmans occupent pour la plupart iles places que d'autres sanctuaires avaient occupés avant eux : actuellement ces sanctuaires sont tous en principe des tombes de marabouts, où l'on vient solliciter l'iutercessiou du saint. Elles soat généralement placées sur des hauteurs, et l'on n'a pas manqué de rappocher ce fait du culte des Hauts-LJeux dont il est parlé dans la Bible ; par exemple I Rois, III, 2 : A Le peuple sacrifiait seulement dans les hauts-lieux, parce qu'alors oa n'avait point bâti de maison au nom de l'ËterneL » On peut du reste faire semblable remarque chez nous-mêmes : Notre-Dame de la Garde, à Marseilie ; Notre-Dame de Bon-Secjjurs, à Rouen; Notre-Uame-d' Afrique, à Alger, et tant d'autres, sont situées sur des hauteurs tout comme les innombres édicules dédiés par les musulmans à Sîdl 'Abdelqaderel-Djilânî, qui a mérité d'être appelé par les indigènes Tir el Merâgueb (w~>l;-ll;-J=) c'est-à-dire « l'oiseau des vigies ».

Ces sanctuaires qui constellent toute l'Afrique du Nord et dont chacun rappelle le souvenir de quelque marabout, au point qu'on les appelle eux-mêmes des

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marabouts, prenant ainsi le contenant pour le contenu, ces sanctuaires, disons-nous, sont excessivement variés dans leurs formes : il y a tous les degrés depuis le simple tas de pierres qui recouvre la dépouille du saint et gui n'est pas le moins vénéré, jusqu'au mausolée magnifique, tel que celui de Sîdî Boû Mdièn {Sidi Boumédine) à TIemcen.

La forme la plus simple est un ama^ de cailloux, nommé nzâ, auquel chaque fidèle ajoute généralement sa pierre : les nzâ sont surtout communes dans te Sahara où l'absence de matériaux permet difficilement d'élever des constructions. Elles servent soit à indiquer l'endroit oii un marabout est mort, soit le plus souvent à perpétuer le souvenir d'un miracle accompli en cet endroit. Dans le Tell, les mzâra ("j^r*} c'est-à-dire les sanctuaires où l'on se rend en pèlerinage, consistent le plus souvent soit en un simple cercle de pierres sèches, soit en un petit mur formant une enceinte carrée de quelques décimètres de hauteur, soit en une véritable enceinte maçonnée et blanchie â la chaux, suivant la richesse du douâr ou du village : c'est la h'aouîta (^Jajjs-, enceinte), la forme la plus répandue du marabout. Pas de village, de }nechta,de zrîba qui n'ait sa h'aouît'a où l'on va sacrifier au marabout vénéré, dont au reste le nom est le plus souvent inconnu : on y vient brûler des bougies, de l'encens, on y laisse des poteries telles que lampes, brûle-parfums, et il n'y a guère d'exemples que ce que l'on y abandonne soit dérobé. Le village ou le douar est-il plus riche, a-t-il pour son marabout une plus grande vénération, il édifie à son saint un petit temple avec une qoubba {'^-*), c'est-à-dire une coupole.

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Tout ceux qui ont visité l'Algérie conoaissônt ces petits édifices carrés, blanchis à la chaux, recouverts d'un dôme, daos lesquels se trouve un catafalque orné d'étoffes plus ou moia»: riches et placé au-dessus d'une tombe. Dans les murs des niches contieuneut des lampes en terre, dans les angles sont placés des drapeaux multicolores que l'on sort pour les processions. Souvent, bien qu'il y ait un catafalque, le saint n'est pas enterré dans l'édifice : des centaines de qoubba, en l'honneur de Stdi 'Abdélqâder el-Djilàni, s'élèvent dans toute l'Algérie et cependant le corps du saint ne se trouve qu'à lïaghdâd. Dans ce cas, l'édifice n'est qu'un maqâni ((•'-^-•, reposoir), destiné à perpétuer la mémoire du saint. En fait, la foule ne fait pas de différence entre le maqâm et le vrai tombeau d'un marabout, et le culte est le même dans les deux cas.

La qoubba est généralement hémisphérique, mais dans mainte région elle a une forme plus ovoïde, plus pointue ; assez rarement l'architecte a donné caprice à sa fantaisie et a adopté des formes plus compliquées, avec arêtes, donnant à la qoubba une section polygonale. Les habitants de l'île de Djerba élèvent au-dessus de leurs temples une sorte d'édicule cylindro-conii[ue, dont la signilication n'est pas très bien déterminée; certains auteurs (Bertholon) y voient un souvenir du culte des pierres levées.

Il n'est guère douteux, en effet, que les ctiltes ma'raboutiques actuels aient succédé à d'autres plus antiques, parmi lesquels le culte des pierros a certainement occupé une place importante. On s.iit combien les monuments mégalithiques sont répandus en

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Algérie : un grand nombre de mzâra sont établis sur des cercles de pierres ou cromlechs encore en place. De même les cultes païens de l'époque romaine ont été transformés en cultes maraboutiques : on a des exemples de noms do divinités indigènes ayant persisté après l'islamisme et s'étant adaptés à cette religion. Les églises chrétiennes, si répandues dans l'Est du Magbrib pendant la période romaine, se sont transformées en oratoires musulmans, en mosquées, et le mot ecclesia, ardbisé sous la forme knisa {-^. — ..-S)^ sert encore, eu Tripolitainc, à désigner des sanctuaires musulmans.

Un grand nombre de marabouts sont élevés à l'omfared'uQ ou plusieurs arbres ; le plus souvent c'est un Olivier séculaire qui ombrage soit une qoubba, soit une modeste mzâra : aux branches de l'arbre flottent ces chiffons suspendus, suivant un usage répandu sur la terre entière, en guise d'ex-voto, par les mains des fidèles. Quelquefois l'arbre est seul et il n'y a pas de marabout auprès de |ui, ou plutôt c'est lui même qui est un « arbre marabout ». Ce sont là, à n'en pas douter, les survivances d'une antique dendrolâtrie. — Souvent aussi, le sanctuaire du marabout est eu rapport avec une source ; parfois, si la source est accompagnée d'un réservoir, on y voit nager des poissons réputés sacrés et auxquels on ne pourrait toucher sans encourir la malédiction du saint.

Lorsque le marabout est d'une célébrité exceptionnelle, on voit s'annexer à son mausolée une mosquée et une zâouia, qui forment un ensemble de bâtiments considérable : tels sont les tombeaux de Sldl Boû Mdièn à Tiemcen, de Sîdi 'Abderrah'mâQ ets-Tsa'iabî

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à Alger, de Siàï t-Keltàol à Conetantine, qui peuvent passer parmi les plus délicats produits de Itircbitecture maghribine. ■ Nous ne pouvons résister au plaisir de citer ici la description du mausolée de Sldl Bon Mdiôn, par Brosselard (Rerme Africaine, IV, n" 20, déc. 18 J9, p. S3). Elle donnera une idée précise de ce chef-d'œuvre de notre achitacture iadigèD«.

< L'entrée s'ouvre sur la même paierie qui donne accès à la mosquée, en fxce du portail de ce dernier édifice. On descend, par plusieurs marches, dans une petite cour rectangulaire, sur les quatre faces de de laquelle règne une galerie soutenue par des colonnes de marbre que couronnent des chapiteaux d'onyx translucide sculptés avec un goût lort reuiarquable. . . La cour où nous sommes peut être considérée comme le vestibule (^;*^'') du tombeau. Elle est carrelée en petits carreaux de faïence blancset noirs qui forment damier. A l'angle de la galerie de droite est un puits, dont l'eau fralchr) et limpide est réputée pour sa merveilleuse saveur, et passe pour être salutaire entre toutes. Il s'agit de l'opinion des musulmans, on le croira sans peine ; le doigt de SIdl Bou Mdién n'est-il pas là ? La margelle de ce puits est en marbre et les curieux y remarquent avec intérêt les entailles profondes creusées par le frottement de la chaîne de fer qui sert, depuis un temps immémorial, à puiser le breuvage sanc(iflé. De ce vestibule, qui est comme la lalle d'attente, où les visiteurs ont l'habitude de se repoaor avant de pénétrer dans le sanctuaire, on entre de plein-i)ied dans la crypte où se dresse majestueusement le cénotaphe en bois sculpté sous lequel reposent les restes de l'ouall. De riches étoffes

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de brocart d'or et d'argent recouvrent dé leurs draperies chatoyantes ce monument funéraire ; cent bannières de suie, aux couleurs islamiques, chargées d'inscriptions commémoralives, l'abritent sous leurs plis flottants. La muraille est tout, à l'enlour tapissée d'étoffes luxueuses ou mesquines, de cierges coloriés grands et petits, d'œufs d'autruches bariolés et de petits tableaux peints par des mains dévoles, qui représentent, sans trop de respect pour les règles de la perspective, la Ka'ba de la Mecque. Ce sont des âmes souffrantes ou reconnaissantes, des riches et des pauvres, des h'&djdj au retour du pèlerinage, qui ont déposé là ces pieux ex-voto.

La crypte est monumentale, carrée à sa base, elle mesure quatre mètres de côté. Une coupole sphérique en forme le couronnement. Le jour n'y pénètre que par d'étroites ouvertures cintrées, à travers des vitraux de couleurs qui tamisent la lumière, et en rendent les reflets plus doux à l'œil. Nul lieu ue prête davantage au recueillement. Les parois, de la base au faite, sont entièrement refouillés. C'est une étonnante profusion d'arabesques du style le plus pur, le plus correct, le plus gracieux. L'ornementatiuii polychrome elle-même a conservé son éclat. Tel est l'ensemble de ce monument qui séduit l'œil le moins exercé. Mais si un goût fin et délicat, amoureux des détails, cherche à pénétrer plus avant dans les mille secrets de cette sptendide décoration architecturale, il y découvrira un art si varié, si ingénieusement nuancé, tant d'originalité dans la composition, tant d'habileté fantaisiste dans l'agencement des lignes, un tour si imprévu dans la forme, une désinvolture si

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capricieuse, une broderie si rare et si eiquise, qu'il sera frappé de la difficulté d'analyser et, bien plus encore, de décrire une oeuvre aussi éblouissante. Il feudrait y renoncer ; mieux vaut la voir, la sentir et l'admirer. On peut affirmer, sans appréhender de contradiction, que le inausolée de SIdl Boû Mdièn est le plus remarquable édifice de ce genre qui existe dans notre Algérie. Celui de l'ouali Sidi 'Abderrah'màn ets- Tsa'labî, ii Alger, a dti mérite, il est vrai ; on le cite souvent, et il est digne d'être visité ; mais, outre qu'il est d'une date plus récente, on voit trop qu'il appartient h un art mesquin et on décadence : toute comparaison serait déplacée, La môme réflexion peut s'appliquer, sans trop d'injustice, aux divers monuments que la ville de Goastantine, si riche d'ailleurs de son propre fonds, a consacrés à la mémoire de ses plus fameux ouali. »

Si la mosquée est le plus souvent en relation avec le tombeau d'un marabout, elle ne doit pas être considérée comme accessoire à ce tombeau. En principe, au contraire, la mosquée est le seul temple reconnu, car il paraît bien que le pur et primitif Islam n'admet pas le culte des saints. Mais, bien qu'un certain nombre de mosquées soient indépendantes de tout tombeau de saint, en fait, la mosquée apparaît presque toujours eu relation avec le culte rendu à un marabout.

Le mot m-osqiiée qui vient de l'arabe mesdjid (J-?^*^, lieu où l'on se prosterne devant Dieu pour l'adorer) s'écrivait autrefois moscheie, musqiietie et meschite. Le mot mçallâ (,^J-^) désigne aussi tout endroit oii l'on prie, un oratoire : dans mainte région on l'applique à une aire battue sur laquelle on dit la' prière en

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plein air. Daas certaines villes musulmanes, le mçatlâ est la place où se tiennent les fidèles lors de certaines grandes cérémonies, pendant lesquelles l'atHuence est si grande que la mosquée ne peut contenir qu'une raible partie de la foule des croyants. Le mot djâma' i^W) désigne proprement la mosquée, c'est-a-dire l'endroit où l'on se réunit pour faire la prière aux heures légales et sous la direction d'un ùnâm attaché â l'établissement.

On distingue dans une mosquée :

1" Le mihrôb (^f^), qui est une sorte de niche orientée vers la qibla (---M) ou direction de la Mecque et par conséquent de la sainte Ka'ba. C'est la partie sacro-sainte de la mosquée : elle eat d'babitude tapis* sée de faïences, encadrée de colonnes, de divers molifs de sculptures, d'inscriptions tirées du Coran.

â° La grande nef ou salle couverte où les croyants se réunissent. C'est elle qui donne sa forme au bâtiment. Cette forme peut, comme Texpliquait récemment Waille dans un intéressant article, se ramener à trois types {Rev. Africaine, XLIII, n" 232, 1" trim. 1899, p. 8) :

4 Tantôt l'enclos consiste en des portiques rectangulaires, comme à la Mecque ou comme à la mosquée de 'Arar (VII» siècle), au Caire. Deux mosquées d'Alger, à plan carré, décrites par Devoulx, et aujourd'hui disparues (qui se trouvaient, l'une place du Gouvernement et l'autre rue du Divan), semblaient se rapprocher de cette disposition. Parfois l'édifice a la forme d'allées ombreuses, de nefs multiples qui s'entrecroisent comme les avenues d'une forêt de colonnes. C*est le cas de la grande mosquée de Cor-

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doue, de la mosquée d'EI Azhar, au Caire, et de la mosquée de la rue de la- Marine (Grande Mosquée) & Alger. Celte dernière, consacrée aa rite màlikite, est fort antérieure à l'établissement de la dominatioD turque. Elle date du XI" siècle et son minaret, élevé par un roi de Tlemcen, du XIV«. C'est à la fois la plus ancienne et la plus poétique des mosquées d'Alger, avec sa cour à ciel ouvert ornée d'une vasque de marbre et plantée d'orangers, d'un bel effet par le clair de luue, avec ses onze travées constituées par des piliers quadrangulaires blancs, supportant des

arceaux en ogive festonnés Un troisième type

de mosquée, c'est le type à coupole ou type byzantin, que la prise de Constantinople par les Turcs et la transformation de Ste-Sophie en mosquée modèle a pu contribuer à mettr» la mode et ô rendre plus fréquent, mais qui était affectionné par les sectateurs de Mahomet bien auparavant. La fameuse mosquée de 'Omar* à Jérusalem, bâtie vers 646 par des architectes grecs, est déjà surmontée d'une belle coupole

La mosquée de la Pêcherie, à Alger (du rite hanafite), qui est du XVII* siècle, et qu'on 'appelle £1 Djâma' et Djedid, « la mosquée neuve », par rapport à celle de la rue de la Marine, qui est beaucoup plus ancieune, rentre dans cette catégorie des mosquées à coupole. L'intérieur, dont le plan, en forme de croix latine, rappelle tout à fait celui d'une église, avec chevet, transepts, grande nef et nefs latérales, est surplombé d'un dôme que décorent des chevrons verts, jaunes et rouges et des inscriptions sacrées. Du dehors, cette grande coupole ovoïde, percée de quatre fenêtres orientées aux quatre points cardinaux

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et flanquée de quatre petits dômes à paus, offre un agréable aspect qui, aux juurs d'illuinioatioa publique, avec Je sciutillement de ces tiares constellées, devient facilement féerique ».

3" Le minaret, en arabe çmom'a (*^j^). est fa tour du haut de laquelle, cinq fois par jour, le mouadzdzin (muezzin, .t^y) lance d'une voix retentissante l'appel à la prière. Sa forme et sa décoratiou sont très variables ; quelques-uns sont tapissés de charmantes arabesques : à Tlemcen, en particulier, on peut étudier une série intéressante de minarets carrés qui, bien que lourds et massifs dans leur allure générale, offrent dans le détail, de ravissants motifs. Le minaret, malheureusement à moitié ruiné, d'El Mançoôra est construit sur le plan de la Koutoubia de Maroc et de la Giralda de Séville. En Algérie les minarets sont carrés : dans le sud, ils sont très amincis vers le haut, le peu de solidité des matériaux ne permettant pas de leur donner la forme prismatique. Quelques-uns ont même la forme d'un véritable tronc de cône. A Tunis, comme en Egypte, les minarets sont habituellement cylindriques.

4" Le minbar (j~.y.^-f), chaire dans laquelle se fait la khot'ba ou prône. C'est une estrade, à laquelle on accède par un escalier. Les formes en sont très-variables et c'est ua des motifs sur lesquels se sout souvent exercées avec le plus de succès l'architecture et la menuiserie arabes.

5" La fontaine des ablutions {beit el oudhoû, (■-i'^^ .j^jJt) el divers autres réduits, latrines publiques, logements pour les voyageurs, etc

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Les plus ancieoQes mosquées d'Algérie sont toujours couvertes de tuiles : il en est ainsi de la grande Mosquée et de la Mosquée de Sldl Ramdhân, à Alger, qui sont toutes deux antérieures à la domination turque. Celte dernière, fort simple, massive, saus décoration, est un bel exemple de la manière indigente dans laquelle les berbères ont imité le plan des grandes mosquées espagnoles. La mosquée de Sidî Ramdbàn reproduit en effet la disposition de la célèbre mosquée de Cordoue, mais avec quelle pauvreté, quelle lourdeur dans l'ensemble, quelle grossièreté dans les détails, quelle imperfection dans la construction !

Comme ceux des synagogues et des temples protestants, les murs des mosquées ne portent point d'images ; on sait que la religion musulmane a rigoureusement proscrit la représentation des êtres vivants, comme si le génie créateurdel'artisteétait un sacrilège empiétement sur les droits du Créateur souverain. Cette nudité est largement rachetée en général par le grand nombre des colonnades, par les inscriptions canoniques qui courent le long des murs et enguirlandent les portiques, par l'abondance des tentures apposées auï murs, des nattes et des tapis étendus par terre et sur lesquels il est d'usage de ne marcher qu'après s'être déchaussé. Au contraire, à l'extérieur, les murs de la mosquée, soigneusement blanchis à la chaux, sont absolument nus et cette blancheur éclatante jointe à la sobriété des lignes est sous le ciel africain du plus heureux effet.

Lorsqu'au tombeau d'un saint, près duquel vivent les marabouts, ses descendants, vient s'adjoindre une mosquée, une école ou médersa, des logements pour

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les pèlerins, l'ensemble s'appelle une zdauia {-^^'j). Lorsqu'elle est complète, la zâouia est un véritable monastère. < Dans celle-là, diteicellemment Rinn, à côté de moines ou religieux (marabouts), hôtes habituels de l'établissement, se trouvent des serviteurs, des clients et toute une population flottante d'étudiants qui viennent suivre les cours professés, de malheureux qui viennent chercher un refuge et un asile, de pèlerins venant faire leur dévotions, et enlin de voyageurs et mendiants demandant un gîte passager ou une aumône. Ces sortes de zâouias se rencontrent surtout aux mains des vieilles familles marabou-

tiques Quant aux sàouias appartenant aux ordres

religieux, elles ne sont guère en dehors des maisons mères et des maisons provinciales que des établissements d'une importance peu considérable. Quelquesunes même se réduisent à de simples maisons prèsdesquelles l'enseignement se donne en plein air et qui ne sont en ."éalité que des lieux de réunion accidentels ou périodiques ».

Les zâouias du premier type donnent une large hospitalité et, à ce titre, ces établissements ont rendu au peuple indigène de grands services. On ne peut s'imaginer ta population flottante qui grouille autour des grandes zâouias marocaines, comme la zâouia d'Ouazzftn, où l'hôte est nourri, tant qu'il reste, sans j]u'on lui demande quoi que ce soit. L'hospitalité exercée dans de telles conditions suppose évidemment des ressources proportionnées ; toutes les zâouias avaient, à cet efl'et, des immeubles dits h'obous, légués par des fldèles : le h'obous ou wagf est, disent l6s jurisconsultes, une chose qui ne se consomme pas ou

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aligne dimiDue pas, dont la propriété est réputée appartenir â Dieu, pendant que la personne ou l'établissement, en faveur de qui cette chose a été faite h'obous, en a l'usage et en perçoit les revenus.

- Les zâouias possédaient donc â titre de h'obous des propriétés de différentes natures et qui constituaient le plus clair de leurs ressources : le Gouvernement français a mis la main sur tous ces h'obous, à charge par lui de subvenir aux frais du culte musulman. Ce fut probablement une faute : cette mesure irrita ' vivement les musulmans et fut sans doute une des causes profondes pour lesquelles les marabouts nous firent une guerre si acharnée.

ir ne reste donc plus aujourd'hui aux zâouias, comme ressources, que les tributs de diverses natures prélevés par les marabouts et le produit des offrandes, connues sous le nom de siâra, dont nous avons déjà parlé ; et, naturellement, la ziâra a dû augmenter pour couvrir le déficit provenant de la disparition des h'obous. Il eût mieux valu maintenir ceux-ci, dont le revenu étaii clair, facile à évaluer et dont nous aurions pu, du reste, contrôler l'administration. Mais ce sont là des regrets superflus et il n'y a pas à revenir sur la suppression des h'obous : aussi bien les mauvais effets de cette mesure sont-ils depuis longtemps effacés.

Une des prérogatives des zâouias qui a aussi disparu par la conquête, c'est le droit d'asile qu'avaient la plupart d'entre elles. Il en est encore ainsi au Maroc où les grandes zâouias servent très souvent d'asiles â des fugitifs. Bien que cet asile ait été maintes fois violé, cependant le makhzen y regarde à

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deux fois avaat d'arracher par la foi-ce un crUninei du sanctuaire. La première chose qu'où fait lorsqu'on en poursuit un est de lui harrer le chemin des zâouias. En Algérie, où il n'y a plus de droit d'asile, le territoire qui entoure les agglomérations maraboaliques est réputé h'arani, ou sacré" {(f^, enceinte sacrée). On commence à prier dès qu'on est en vue de certains tombeaux et les dévots baisent la terre dès qu'ils arrivent à l'enceinte sacrée. On n'y pénètre pas à cheval ; on met pied à terre, par exemple en Kabylie, chaque fois que Ton traverse un village do chorfa.

L'islftm officiel : notre clergé musulman algérien ; renseignement supérieur musulman.

Nous avons écrit plus haut que le Gouvernement français, en rattachant purement et simplement au domaine les biens h'obous, avait donné comme raison qu'il prenait à sa charge l'entretien du clergé musulman en Alg-érie. II a tenu celte promesse ; non seulement il a conservé, mais il a considérablement augmenté et il a organisé régulièrement le personnel du culte musulman. On a fait remarquer qu'en réalité, dans aucun état musulman, il n'y a de clergé aussi régulièrement constitué que le nôtre : cela est certain, mais nous ne pouvions que gagner, dans les conditions où nous devions administrer, à avoir un clergé entièrement dans notre main et bien organisé. A

supposer qu'il n'ait aucun prestige, au moins n'a-t-il aucune influence mauvaise pour nous et nous sommes à l'abri du reproche qu'on aurait pu nous faire si noua n'avions pas protégé les prêtres musulmans et témoigné de notre sollicitude a leur égard.

A la tête de chaque établissement nous avons placé un tmâm, qui dirige la prière et fait la khot'ba le vendredi. La prière publique se faisait en 1830 à Alger au nom du souverain de Gonstaatinople : nous avons supprimé naturellement cette prière. Voici la formule qui lui a été substituée et qui, on s'en convaincra, n'est pas compromettante: « Fortifie, •> mon Dieu, quiconque fortifiera la religion musulmane. Vivifie les bons sentiments du cœur de quiconque vivifiera la tradition du Prophète. Protège-nous, mon Dieu, contre les troubles mondains et les peines de l'autre monde, car tu es tout puissant. »

Nous avons donné à quelques imâms le titre de mufti ; ce sont pour nous des chefs de service du culte, c'est tout. Bn droit musulman, le mufti, ou mieus moufti (^c^^-^), est un jurisconsulte, reconnu et salarié par l'Etat, qui rend des décisions juridiques ou fetoua (voy. supra, p. 27j auxquelles les cadis doivent se contormer. Il n'y a rien de semblable en Algérie.

Aux mosquées importantes sont attachés : un mouderrés qui donne un enseignement public (théologie, droit, etc. . .} Au point de vue de leur enseignement, les mouderrés ont été récemment placés sous la surveillance des directeurs français de médersas ; des h'azzâb {^j=-, celui qui récite des h'izb, voy. supra, p. 15), c'est-à-dire des lecteurs du Coran, et

souvent un bach-k'azzâb, chef des lecteurs ; ua ou plusieurs rauezzio (mouadzdzin , ^■ij'),qui fait l'appel à la prière ; des nâs el-h'oudkoûr, ou auditeurs ; et des agents subalternes^ gardiens, balayeur, sacriflcateurs, etc. ..

Yoici maioteûant la liste de tous tes établissements officiels du culte en Algérie, avec Tindication de leur personnel (1).

Dé|tarleneMl d* Alger

Grande mosquée d'Alger : 1 mufti, 2 imâms, 1 mouderrës, 1 bâch-muezzin, 1 bâcb-h'azzâb, 15 h'azzàb, 9 muezzin, 2 nâs-el-h'oûdhoûr, 1 commis, l-cha"âl (allumeur),! gardien.l 'aoun de mufti, 3 balayeurs.

Mosquée de la Pêcherie, à Alger (rite H'anafite) : 1 mufti, 2 imâms, 1 mouderrès, 1 bftch-h'azzàb, 6 h'azzftb, 1 muezzin, 2 nâs-el-h'oudhoûr, 3 balayeurs, 1 'aoun de mufti.

Mosquée SIdi-Ramdhàn, Alger : 1 imâm, 1 mouderrès, 1 bàch-h'azzftb, 6 h'azzàb, 1 muezzin, 3 n&s elhoudhoûr, 2 balayeurs.

Mosquée Kléber ou SaBr, à Alger (rite H'anafite) '■ 1 imâm, 1 mouderrès, 1 bâch-h'azzâb, 5 h'azzàb, 1 muezzin, 3 nâs el-h'oudhoûr, 2 balayeurs.

Mosquée de Sîdi 'Abderrah'mân, à Alger : 1 imâm, 1 desservant, 1 h'azzàb, 1 cheikh el-H'adhra,l sacrificateur, 1 t'ebbâkh, 1 balayeur.

(1) Beaucoup do ces mosquées ayant des noms qui nous sont inconnus, nous avons dû, en maintes circonstances, conserver l'orthographe administrative ; nous avons également respecté les noms consacrés par l'usage.

3,a,i,;t!dbïGoogIe

Mosquée de Sldi Mh'atnnied Ech-Cherlf, Alger : 2 imâms, 2 balayeurs.

Mosquée de Sldl Mh'ammed 'Abâerrah'mân, Alger : 1 imâiu, 1 desservant, 1 balayeur.

Mosquée Sidl Ouali-Dâda, Alger : 1 imâm, 1 desservant, 1 balayeur.

Mosquée Stdt-MançoOr (Alger) : 1 im&m.

— Sîdi-Ben 'Alî — : 1 imâm.

— Sîdl-ISoûgdoûr — : 1 imâm.

Sldl-' Abdallah — : 1 imâm.

— Ben-Rekissa — : 1 imâm.

— H'ammâma — : 1 imâm.

— Sîdî-Brahîm (rite H'anafite) :1 desservant.

Service de l'hôpital civil de Mustapha : 1 imâm. Mosquée d'El-Biar : 1 imâm.

— de Draria : 1 imâm.

— de Bouzaréa : 1 imâm.

— de Tixeraïn : 1 imâm.

— de Kouba : 1 imâm.

— de Birkadem : 1 imâm. '

— de Birmandreis : 1 imâm.

— de Saoula : 1 imâm.

— de Chéragas : 1 imâm.

— de Crescia : 1 imâm.

Mosquée de Sa'doûn (Blidaj : 1 mutti, 1 imâm, 1 raouderrès 1 bâch-h'azzâb, 2 h'azzab, 1 muezzin,

1 'aouo de mufti, 1 balayeur.

Mosquée Turqui fBlida) : 1 imâm, 1 bâch-h'azzâb,

2 h'azzâb, 1 muezzin, 1 balayeur.

Mosquée d'Aumale : 1 mufti, 1 imâm.

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Mosquée de Koléa : 1 imâm, 1 muezzin.

Mosquée de Oierchell : 1 mufti, 1 muezzin, 1 h'azzâb, 1 balayeur.

Mosquée de Dellys : 1 mufti, i muezzin, 1 h'azz&b, 1 balayeur.

Mosquée M'aiikite de Médéa : 1 mufti, 1 imâm, 1 mouderrès, 1 muezzin, 1 h'azzâb, 1 balayeur.

Mosquée H'anafiie de Médéa : 1 imâm, 1 muezzin, 1 h'azzâb, 1 balayeur.

Mosquée de Boghari : 1 imâm.

Mosquée de Miliana : 1 mufti, 1 mouderrès, 1 muezzin, 1 bâch-h'azzâb, 2 h'azzâb, 1 'aoun de mufti, 1 balayeur.

Mosquée de Ténès : 1 mufti, 1 muezzin, 1 h'azzâb, 1 balayeur.

Mosquée de Tizi-Ouzou : 1 mufti, 1 mouderrès, 1 h'azzâb, 1 muezzin, 1 balayeur.

Mosquée d'Orléansville : 1 mufti, 1 imâm, 1 muezzin, 1 h'azzâb, 1 balayeur.

Mosquée de Rovigo : 1 imâm.

Divisloa d'Alger

Mosquée de Laghouât : 1 imâm, 1 mouderrès, 2 lecteurs, 1 muezzin, 1 gardien, 1 lampiste.

Mosquée de Djelfa : 1 imâm.

— de Messaad : 1 imâm.

— de Châref : 1 imâm.

— de Zenina : 1 imâm.

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Mosquée d'El Ksar : 1 imâm, t muezzin, 1 gardien-balayeur.

Mosquée des Mooamimer : 1 imâm, 1 muezzin, 1 gardien.

Mosquée de Sldi H'arkat : 1 imâm, 1 muezzin, 1 gardien.

Mosquée de Chellala : 1 imâm, 1 muezzin, 1 balayeur.

DéparlemcDl d'Oran

Mosquée d'Oran : 1 mufti, 2 imâms, 1 mouderrès, 1 bâch-h'azzâb, 6 b'azzâb, 1 muezzin, 4 n9s-eih'oudhoûr.

Mosquée de Sldi l-ïïawwârî (Oran) : 1 imâm.

— de Kristel : 1 imâm.

— de Bettioua : 1 imâm.

Etablissement secondaire du Village Nègre (Oran) : 1 imâm.

— de Bou-Sfer : 1 imâm.

— du Sig : 1 imâm.

— d'Aïn-Teraoucheiit; 1 imâm

et 1 muezzin.

Mosquée d'El Mh'al (Mostaganem) : 1 mufti, 1 imâm,

1 mouderrès, 1 bâch-h'azzâb, ti h'azzâb, 1 muezzin,

2 nâs-el-h'oudhoûr, 1 gardien-balayeur.

Mosquée de Sldî Yah'ya (Mostaganem) : 1 imâm,

1 muezzin, 1 gardien -balayeur.

Etablissement secondaire de Mostaganem : 1 imâm. Mosquée de Mazouna : i mufti, 3 h'azzâb, 1 muezzin,

1 gardien-balayeur.

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— lîi ■—

Mosquée de Tiaret : 1 imâm, 1 gardien-balayeur. Mosquée d'Ammi-Moussa : 1 imâm, 1 muezzin.

Etablissement secondaire de Tigditt : 1 imâm.

— de Mazagran : 1 imâm.

— de Bouguirat ; 1 imâm.

— des Citronniers : 1 imâm.

— d'Amarna : 1 imâm.

— de Bou H'alloufa : 1 imâm.

— de la Kasbah : 1 imâm.

— de Bou Mata : 1 imâm.

— de Relizane : 1 imâm,

1 muezzin.

Grande Mosquée de Tlemcen : 1 mufti, 2 imâms, 1 mouderrès, 1 bach-h'azzâb, 6 h'azxâb, 1 muezzin, 4 nâs-el-h'oiidhoûr, 1 gardien-balayeur.

Mosquée de Sldl Boumédièn (Tlemcen) : 1 imâm, 3 h'azzâb, 1 muezzin, 1 gardien -balayeur.

Mosquée de Sîdî Brahîm (Tlemcen) : 1 imâm, 3 h'azzâb, 1 muezzin, 1 gardien-balayeur.

Mosquée de Sîdl 1-H'alout (Tlemcen) : 1 imâm, 3 h'azzâb, 1 muezzin.

Mosquée de Nedroma: 1 imâm, 3 h'azzâb, 1 muezzin.

Mosquée du Cheikh Snoûsî (Tlemcen) : 1 imâm, i muezzin, i gardien -balayeur.

Mosquée de Sîdî Yeddoûn (Tlemcen) : 1 imâm, 1 muezzin, 1 gardien-balayeur.

Mosquée d'Aïn-el-H'oùt : 1 imâm, 1 muezzin, 1 gardien-balayeur.

Mosquée de Sîdî 1-Ouazzânî (Tlemcen) : 1 imâm, 1 gardien-balayeur.

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Mosquée de Itàb Zlr (Tlemcen) : 1 imàm, 1 gardiea*

baladeur.

Mosquée d'Ël Gbrlba (Tlemceo) : 1 imàm, 1 gardiea-

balayeur.

Mosquée d'Ouzidaa : 1 imàm, 1 gardien-balayeur. Mosquée de Leila Rouya : 1 imâm, 1 gardien-balayeur. Etablissement secondaire de Sidl Zeid (TIeracen) : 1 imàm.

— d'Oûlâd el Imàm (Tlemcen) ;

1 imàm.

— de Stdt Bou 'Abdallah

(Tlemcen) : 1 imâm.

— de SIdl bou Merzoûq (Tlem-

cen) : 1 imàm.

— de Sldt Ya'qoûb (Tlemcen) :

i im&m.

— d'El Gheriba (Tlemcen) :

1 imàm.

— de Sldl Snoûsl (Tlemcen):

1 imàm.

— de Sîdi Zekrî (Tlemcen) :

1 imàm.

— d'Imâroa(Tlemcen): 1 imâm.

— de Chorfa (Tlemcen); 1 imâm .

— de Sldl Brahlm el-Gherlb

(Tlemcen) : 1 imàm.

— d'Ahl ZelbouQ (Tlemcen)

1 imâm.

— d'Aïn Doûz (Tlemcen)

1 imâm.

— d'EI-Qala'a (Tlemcen)

1 imâm.

DiailizodbvGoOglc

Etablissemeot secondaire d'Aïn el-H'adjar (Heonaya): 1 imâm.

— de MellHya (Hennaya) :

1 imâm.

— de Béni Mest'er (Retnchi) :

1 imâm.

Mosquée de Mascara : 1 mufti, 1 imâm, 1 mouder-

rës, 4 h'azzâb, 1 muezzin, 1 gardien -balayeur. Mosquée d'El Bordj : 1 imâm, 1 muezzin.

— d'Aïn lieïda : 1 imâm, 1 gardien-baiayeur.

— de Saïda : 1 imâm, 1 h'azzâb, 1 muezzin,

1 gardien-balayeur.

— de Frenda : 1 imâm, 1 muezzin.

Etablissement secondaire deSidi 'Ali Boukrine: 1 imâm.

— de Sidi 'Ali ben Mohammed :

1 imâm.

— de Mascara (P. E.) : 1 imâm.

— d'Aïn el Kurth(M*): 1 imâm.

Mosquée de Sldî bel Abbès : 1 mufti, 1 mouderrès,

1 imâm, i muezzin, 2 h'azzâb, 1 gardien -balayeur.

Mosquée de Géryville: 1 mufti. 1 imâm, 1 muezzin.

— Marnia: 1 imâm, 1 muezzin.

— KheTder : 1 imâm, 1 muezzin.

— Méchéria : 1 imâm, 1 muezzin.

— Slillen : 1 imâm.

— Bousenghoun : 1 imâm.

— Brezina : 1 imâm.

— Aïn Sefra : 1 imâm.

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— Tiout: 1 îmâm.

— Khemis; 1 imâm.

— Arbaoust : 1 imàm.

Déparlement de CsBHlantlne

Grande mosquée de Constantine : 1 mufti, 1 imâm,

1 mouderrôs, 1 bach-h'azzâb, 1 bâch-muezzio,

15 h'azzâb.

Mosquée de Sidî I-Kettâni (Constantine) : 1 mufti,

1 imam, 1 roouderrès^ 1 bâch-h'azzâb, 1 bâch-muez-

zin, 9 h'azzab.

Mosquée Sidl Lakhdhar (Constantiae) : 1 imam,

1 bacb-mu6zzia, 5 h'azzàb, 2 muezzin.

Mosquée Sldt Affam (Constantine): limâm,l muezzin.

— Hansala — 1 imam,! muezzin.

— KerroHl — limûm.I muezzin.

ArbouiCherif — 1 imam, 1 muezzin.

— BenAmala — 1 imam, 1 muezzin.

— Sldl Moh'ammed Mimoun (Constantine) :

limâm,lmuezzin.

— Sidî Derra (Constantine) : 1 imâm.

— SldîSliman — limam.

— Hatsa — 1 imâm.

— H'amma — 1 imâm.

Chapelle temporaire du H'amma (Constantine) :

1 imam.

Mosquée de Bôoe : i mufti, 2 imams, 1 mouderrès. 1 bâch-h'azzâb, 1 bâch-muezzin, 10 h'azzâb.

de Bougie : 1 mufti, 1 imàm, 1 mouderrès,

3,a,i,;t!dbïGoogIe

Mosi^ée de Sétif : 1 mufti, 1 imàm, 1 muezzin. Mosquée de Guelma : 1 mufti, 1 im&m, 1 muezzin,

1 h'azzâb.

Mosquée de Philippeville : 1 imâm, 1 muezzin.

— de Biskra: 6 imams, 1 muezzin.

— de Khenchela : 1 iraàm, 1 muezzin.

— de Tébessa : ï imâm, 2 muezzius, 3

b'azzàb.

Mosquée d'Aïn-Beïda : 1 imâm, 1 muezzin.

— d'Oued Zenati : 1 imâm, 1 muezzin.

— de llatna : 1 imâm.

— de La Calle : 1 imàm.

— de MiJa: 1 imàm.

— de SoukAbras: 1 imâm.

Mosquée de Collo : 1 imâm.

de Djidjelli : 1 imâm.

— d'Akbou : i imâm.

— des Bibans : 2 imâms.

— de Msila : 2 imâms.

— d'Aïn-Toûia (Ouled-Zian) ; 1 imâm, 1

muezzin, i mouderrès, 1 t'âleb.

— d'El-Outaya : 1 imâm.

— de N'doukal : 1 imâm.

— d'Ël Kantara : 1 imâm.

DIvlflloB de ConslADlIne

Mosauée de Sîdl Ali (Tolga) : 1 imâm, 1 mouderrès, 1 bâcb-h'azzâb, 6 h'azzab, 1 muezzin.

Mosquée de Sîdi 'Oqba ben Nâfl' : 1 imâm, 3 h'azzab, 1 muezzin.

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Mosquée de Cheikh Mokhtar aux Ouled-Djelial :

1 imâm, 3 h'azzâb, i muezzio.

Mosquée de Sldi' Abdel hâfid : 1 imdm, 1 muezzin.

— de Sîdl Mebârek : 1 imam, 1 muezzin.

— de la tribu des Zibans : 1 imâm, 1 muezzin, 1 mouderrès, i t'âleb, 1 chauffeur.

Mosquée de la tribu des Ouled-Zekri : 1 imâm,

1 muezzin, 1 mouderrès, 1 t'âleb, 1 chauffeur. Mosquée de la tribu des Ouled-Djellâl :•! muezzin,

1 mouderrès, 1 t'âleb, 1 chauffeur.

Mosquée de la tribu du ZabChergui : 1 imâm,

1 mu'ezziii, 1 mouderrès, 1 l'âleb, 1 chauffeur. Mosquée de la tribu des Beoi bou Sliman : 1 imâm,

1 muezzin, 1 derrèr, i t'âleb, 1 chauffeur.

Mosquée de là tribu des Oiiled-Sîdl-Çâlah' ; 1 imâm,

1 muezzin, 1 derrèr, 1 t'âleb, I chauffeur.

Mosquée de Khanga-Sidî-Nat^ji: 1 imâm, 1 muezzin,

1 derrèr, l chauffeur.

Mosquées d'Ouldja -Tebouïa - Ahmed- el-Kbeïrani :

1 imâm, 1 muezzin, 1 derrèr, i chauffeur.

Soit en tout 174 établissements religieux et un personnel de 573 fonctionnaires des cultes qui figurent au budget de 1899 pour une somme de 238.430 fr,, tandis que les frais d'entretien du matériel y figurent pour 69.900 francs.

Tous ces fonctionnaires sont recrutés parmi les élèves des trois médersas algériennes d'Alger, Tlemceo et Gonstantine, qui, récemment remaniées, donnent à leurs auditeurs l'enseignement français par des

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professeurs français et l'enseigûement rausulraaa par des professeurs musulmans. Les autres emplois qui, au terme de l'arrêté gouvernemental du l*"" avril 1895. doivent se recruter dans les médersas sont : les fonctionnaires de la justice musulmane (cadis, cadisnotaire!!, bach-adels, adels, aouns et oukUs) et les khodjas des préfectures, sous-préiectiires et communes mixtes. Ce personnel se décompose comme suit :

/ Muftis 25

Culte ) Imâms 124

musulman j Mouderrès 21

( Hezzâb, muezzins i . 150

Cadis 113

Cadis-notaires et suppléants. . 46

Justice ) Bach-adels 205

musulmane j Adels 276

Aouns 232

Ouklls 210

Administration départementale : Khodjas (préfectures, sous-préfectures, coramunesmixtes) 127 Instruction publique : Professeurs de médersas 16

Total 1.545

La proportion des vacances étant au minimum de 5 0/0, c'est un total de 75 candidats annuels que les médersas doivent fournir. C'est à peine si elles peuvent actuellement arriver à la moitié de ce chiffre, mais il y a lieu d'espérer qu'elles l'atteindront d'ici quelques années.

L'enseignement, avons-nous dit, dans les trois médersas est double : musulman (théologie, droit.

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grammaire, tefsir, etc.), donné par des professeurs indigènes ; et ft'ançais (droit, histoire, géographie, littérature, sciences), donné par des professeurs français. Il était impossible d'éviter cette dualité si on voulait arriver à former des fonctionnaires à la fois su»ceptihles d'acquérir de l'influence sur leur coreligionnaires et de rendre à l'autorité française les services qu'elle attend d'eui. Mais elle a de graves inconvénients : la somme des connaissances ainsi exigées des jeunes indigènes paraît réellement trop lourde pour qu'ils arrivent facilement à s'élever au-dessus d'un fort honorable psittacisme ; enfin celte juxtaposition dans des cerveaux relativement simples de deux enseignements d'essence et de méthode si différentes et que rien ne relie entre eux, ne semble pas de nature à donner à l'esprit des élèves cette rectitude et cette clarté qu'on est en droit d'exiger de ceux qui sont appelés à détenir une parcelle de l'autorité. Il paraît donc qu'il y aurait lieu de rechercher les moyeus de restreindre et d'unifler l'enseignement. D'autre part, le recrutement est jusqu'ici assez pénible, mais â cet égard il y a beaucoup à espérer, les emplois publics étant toujours très recherchés par DOS indigènes. Le certificat d'études primaires est exigé des candidats aux médersas : malheureusement les sujets qui possèdent actuellement ce titre sont en général très faibles en arabe et arrivent difficilement â se perfectionner d'une façon suffisante pour passer convenablement, sous ce rapport, les examens de sortie. Quant aux indigènes qui ont été élevés dans les écoles arabes ou dans les zàouias, ils ne savent en général guère de français et passent malaisément

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le certificat d'études. Aussi les élèves des médersas sont-ils groupés en deux séries : l'une composée d'élèves plus forts en français, l'autre comprenant des sujets qui sont plus instruits en arabe ; c'est une grosse difficulté pour les professeurs.

La durée deti études dans les médersas est de quatre années : mais la^ médersa d'Alger contient une division supérieure comportant deux années supplémentaires, au bout desquelles un diplôme spécial est délivré. Cette division supérieure est destinée à fournir des fonctionnaires d'élite.

Bien que les médersas soient adrainistrativement rattachées à l'Enseignement supérieur, elles n'ont actuellement en aucune façon le caractère d'Universités. On n'y fait point de haut enseignement musulman et elles gardent le caractère professionnel qui est leur raison d'être. Il est d'ailleurs douteux qu'il y ait urgence à nous pourvoir ici d'une université musulmane destinée à former de véritables 'oulama. La fréquentation répétée des cours professés dans les grandes mosquées par les mouderrès suffira, lorsque ce dernier personnel aura élé entièrement mis à la hauteur de sa tâche (comme on a récemment commencé a le faire), à fournir des savants musulmans au sens habituel de cette expression. Que s'il s'agit de susciter parmi nos indigènes l'éclosioa d'orientalistes dignes de ce nom, au sens européen du terme, les Ecoles Supérieures d'Alger seules sont outillées pour cela. Quant aux médersas, en restant de bons séminaires de fonctionnaires, elles remplissent une tâche éminemment utile à notre pays ; et si nous avons fait a leur sujet quelques remarques critiques.

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bâtons-nous de dire que leur organisation, telle qu'elle a eu lieu il y a cinq ans, a été un grand progrès et que cette organisation d'ailleurs n'a jamais été considérée quecorame provisoire ; mais les résultats satisfaisants qu'ont donné ces institutions depuis 1895, sont un gage de ce qu'on en peut attendre pour l'avenir, lorsque l'on y aura apporté les modifications et les perfectiounements que les leçons de l'expérience ne peuvent manquer de suggérer. (Voy. Appendice).

Nous avons parlé plus haut des Ecoles Supérieures d'Alger: ces Ecoles, auxquelles il ne manque vraiment que le nom de Facultés, rendent à l'enseignement musulman des services que nous ne pouvons passer ici sous silence ; elles travaillent en outre à la diffusion des connaissances musulmanes et africaines et surtout leur personnel contribue incessamment â accroUre ces connaissances par une série ininterrompue de travaux de haute érudition. Un simple coup d'œil jeté sur notre chapitre de bibliographie montrera l'importance de leur contribution à cet égard. Autour du noyau de savants constitué ainsi par tes membres de l'Ecole Supérieure des Lettres et qui est à la tète des études islamiques en Algérie, se groupent un certain nombre de travailleurs appartenant à l'administration, à l'armée, au corps des interprètes militaires, auteurs de nombreux travaux, de valeur inégale il est vrai, mais parmi lesquels ils s'en trouve qui sont de tout premier ordre et font autorité dans la science : il suturait de citer les noms de Luciani, Le (Jhâtelier, Mercier et tant d'autres, s'il était nécessaire de faire des personnalités. Tout cela forme ce qu'on pourrait appeler l'École d'Alger, dont l'œuvre

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considérable a quelquefois été méconnue dans la Métropole: ce n'est pour nous qu'une amère consolation de poir que ce sont les érudits étrangers qui nous rappellent à la bienveillante attention de leurs confrères parisiens. (Hartmann, Orient. Litt.-Ztg., mai 1900, 167, n. 1).

L'enseignement de l'Ecole Supérieure des Lettres d'Alger comprend, comme intéressant spécialement le point de vue auquel nous nous plaçons ici, uq cours de philosophie musulmane ; un cours de géographie de l'Afrique du Nord, où la plus large part est faite aux questions musulmanes et indigènes ; un cours d'histoire moderne de l'Afrique du Nord, embrassant toute la période de la domination musulmane; un cours d'explication de textes poétiques arabes (un semestre de poésie antéislamique et un semestre de poésie postislaraique) ;un cours d'explication de textes historiques arabes ;un cours d'explication des Mille et une Nuits ; un cours d'explication de textes juridiques; un cours d'explication du Coran ; un cours consacré à l'explication d'actes judiciaires, de jugements de cadis, de décisions ou de consultations de muftis. De plus, deux professeurs de l'Ecole dirigent a Oran et à Constantine une chaire de langue et de littérature arabes. — A l'Ecole de Droit, un cours de droit musulman et de coutumes indigènes a lieu toute l'année : ce dernier enseignement demanderait à être développé.

Parmi les diplômes que délivrent les Ecoles, les plus remarquables, à notre point de vue, sont le diplôme d'arabe et le certificat supérieur de législation algérienne, de droit musulman et de coutumes indigènes. Le diplôme d'arabe de TEcole des Lettres

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d'Alger est plus élevé et plus complet que les diplômes aûalogues délivrés en France, il comprend, à l'écrit, la traduction d'un texte judiciaire, une composition arabe, un thème arabe ; à l'oral, la traduction d'un teste poétique, la traduction d'un texte juridique. Une épreuve de conversatioD, des interrogations sur l'histoire musulmane de l'Afrique et sur la géographie de l'Afrique du Nord et des pays musulmans. Le certificat supérieur de législation algérienne, de droit musulman et de coutumes indigènes compread, à l'écrit, une composition de législation algérienne et tunisienne, et une composition de droit musulman et de coutumes indigènes ; à l'oral, des interrogations sur la législatiou algérienne et tunisienne, sur le droit musulman et les coutumes indigènes, sur l'histoire et la géographie de l'Atrique du Nord et des pays musulmans, sur les éléments de la langue arabe. Malheureusement, jnsqu'ici, ces deux examens ne donnent accès qu'à un petit nombre de carrières (Voy. Appendice).

L'Administration a également institué des examens d'arabe, mais il ne contiennent aucune épreuve exigeant des candidats la connaissance des moeurs, de la religion, de l'histoire des musulmans et de la géographie de l'Afrique du Nord. Il est vrai que quelques épreuves sur ces deux derniers sujet» figurent dans un certain nombre d'autres examens administratifs.

L'Ecole Supérieure des Lettres publie, sous le titre de Bulletin de Correspondance Africaine, une série de mémoires de haute érudition, dans lesquels se trouvent plusieurs travaux importants qui intéressent

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rislâm. L'Ecole Supérieure de Droit publie la Revue Algérienne et Tunisienne de Législation et de Jurisprudence, dans laquelle ae trouvent, trop peu souvent encore, d'excellentes contributions à l'étude du droit musulman.

L'Administration publie le journal officiel arabe le Mobacker, dans lequel la plume d'un habile interprète expose aux indigènes musulmans les questions d'actualité qui sont de nature à les intéresser. Un journal privé, En-Nacih' , dont la rédaction laisse encore à désirer, a été récem.ment fondé. Un autre recueil périodique, rédigé en arabe, a été répandu parmi les indigènes par les soins du Comité de l'Afrique Française.

Dans un ordre d'idées différent, le Gouvernement Général a, depuis quelques années, entrepris la publication d'une série de traductions d'auteurs arabes ; la collection compte actuellement huit volumes et est appelée à rendre service aux indigènes en leur permettant de se perfectionner à la fois dans leur langue et dans la nôtre ; bien que destinée spécialement aux élùves des médersas, cette collection intéresse en réalité tous les orientalistes par la portée scientiâque des ouvrages qui y ont déjà paru ; les noms des auteurs sont d'ailleurs des garanties de la haute valeur de ces ouvrages. {Voy. Appendice). On souhaiterait de voir collaborer à cette œuvre quelques-uns des savants les plus dislingués du personnel de nos cultes et tribunaux musulmans. Cette éventualité désirable ne paraît malheureusement pas proche.

Quelques-uns d'entre ces fonctionnaires ont cependant une culture française avancée, qui nous les rend

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fort précieux. Il est fâcheux que, d'autre part, ils n'aient pas toujours tous lia très grand prestige auprès des croyants : M. Kinn a judicieusement comparé leur position à celle des prêtres assermentés au siècle dernier. La loi musulmane, en eûet, défend de remplir ces fonctions pour un salaire. Mais l'habitude est prise maintenant, et les emplois du culte sont très recherchés, malgré la modicité des traitements.

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