I. Edouard Dor, V Imiruction publique en
Egypte.
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3ulmans, dont quelques-uns suivent les cours d^Eton, de Cambridge, d'Oxford.
En un mot, P Egypte moderne reçoit une préparation intellectuelle qui lui présage un avenir tout autre que celui d*un pays rest^ musulman, f|^t-ce avec les |em-»
péraments adniis en Turquie.
' il peut n^étre pas sans intérêt^ à Tappui de cette thèse, de citer quelques article^ d'une. dç$. revues les plus répandues parmiia société indigène, El Moktataf, Dans deux, numéros pri$ au hasard^ Tun d'août 1884, r£(utre de novembre i885,
on' trouve des notices : stir Péducation dans
les écoles; lecholéra ; Phomme préhistorique; les habitants des astres; les plantes égyptiennes ; l'histoire de la société; Gœthe et le transformisme; le3 anciens . Égyptiens; le cotonnier; la galvanoplastie; l'autographie ; la zincographie, etc.
f D'autre part, plus encore qu'en Turquie, Içs Quvrages dç fonds commencent à être très recherchés en Egypte.
Fait à noter, la place laissée, comme publications arabes, aux études d*appli*
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cations pratiques, est des plus restreintes dans ce pays, sauf pour la médecine. Les traités de physique, de chimie, d'astronomie, de mathématique, etc., édités en Egypte, sont toujours des ouvrages théoriques. Au reste, le nombre en est d'autant plus restreint, que tous ceux qu'intéressent les sciences se trouvent, par leur éducation, à même de recourir aux sources.
L^histoire, la littérature philosophique ou d'imagination, fournissent au côntraireun contingent important de traductions, et les préférences dont' elles sont l'objet caractérisent les tendances spéculatives du public instruit.
On ne saurait regretter évidemment que tes presses de Boulaq aient vulgarisé chez les musulmans delà vallée du Nil :
Charles Xll, de Voltaire ; Y Histoire de Pierre le Grand; Y Histoire dé la Civilisation^ de Guizot, etc. Mais, la Belle Parisienné, de la comtesse Dash, et 'une foule de romans de valeur inférieure sont, il faut le dire, beaucoup trop goûtés, même par des hommes d'un esprit cultivé,
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qui confondent volontiers les feuilletons avec Tari littéraire. Peut-être le goût de telles lectures n^est-il pas étranger à l'indifférence absolue que rencontrent des études qui seraient les plus utiles à une société nouvelle, Téconomie politique et ses dérivés.
En tout cas, la caractérisque du développement intellectuel en Egypte est une propension générale aux théories, aux abstractions. L'école moderne peut fournir des astronomes, des mathématiciens, des littérateurs : elle ne prépare ni ingénieurs, ni hommes d^Etat. C'est là un fait important, car il explique en partie la situation intérieure du pays.
Il y a cinquante ans déjà, Enfantin signalait en Egypte la création d^une sorte de nationalité ^ et l'esprit national y est aujourd'hui fort accusé. On l'y retrouve sous toutes ses formes. Dans les classes inférieures, il existe une haine instinc-