AVANT-PROPOS III
tout d^envisager les variations de l'idée religieuse, base de toute organisation sociale dans le monde musulman.
Mais, contrairement à l'opinion accréditée, rislam s'est profondément modifié au cours des âges. Aussi convient-il^ de rappeler sommairement ce qu'il était devenu avant l'époque actuelle, pour mieux établir le rapport de causes à effets qui constitue la formule de son évolution moderne.
L'étude de « rislam au xix« siècle » comporte nécessairement comme premier terme, un rapide coup d'œil sur « l'Islam avant le xix^ siècle, >
4 l'islam
déjà perdu, dans l'ordre politique, quelque peu de sa fixité primitive.
L^antithèse « Dieu et l'Homme » renferme les limites entre lesquelles peut, évoluer Tidée religieuse. Et à l'opposite du spiritualisme islamique, le panthéisme hindou, professé dans toute TAsie centrale, sous des formes diverses, voyait Dieu en tout et tout en Dieu. De Thomme absorbé dans l'extase de la communion mystique, il faisait une émanation de la Divinité ^
L'influence de ce système et de ses dérivés ne tarda pas à se faire sentir dans rislam asiatique, qui, tout en respectant la lettre de la loi coranique, devint d'une extrême souplesse. Dans leurs croyances religieuses, les musulmans d^Orient firent une large part aux théories panthéistes.
Ils les substituèrent presque dans quelques pays, en Perse notamment, sous le
I. La poésie philosophique et religieuse chez les Persans, d'après le Mahtic Uttalr, par Garcin de Tassy.
voUe d'une interprétation mystique ^ au dogme orthodoxe.
D'ailleurs, la nouvelle civilisation arabe s*était seulement juxtaposée aux civilisations antiques de la Perse, de rinde, de la Chine. Il en fut de même de la religion qu^elle représentait. Dans chaque contrée, celle-ci reçut, outre Pempreinte générale de la philosophie orientale, celle des traditions locales.
Aujourd'hui encore, les musulmans hindous célèbrent les fêtes bouddhistes ^.
; Les musulmans chinois ont gardé quelques-uns des rites de Confuciùs : le culte des Ancêtres, des Dieux domestiques 3.
Dès les premiers siècles de THégire, il s^élablit ainsi urie distinction nettement tranchée entre Tlslam asiatique et l'Islam africain. Celui-ci resta par essence une