‹ L'Islam au XIXe siècleChapitre 3 sur 19 · Dabry de Thiersant, le Mahqmétisme en Chine · texte numérisé non relu

Dabry de Thiersant, le Mahqmétisme en Chine

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religion positive. Tout en conservant la même forme extérieure, le premier devint une religion philosophique de doctrines, panthéiste de croyances, mystique de culte.

Sous la double influence de cette transformation et de la dégénérescence de l'autorité canonique qui Tavait favorisée, le Mahométisme d^Orient ne tarda pas à reconnaître une nouvelle puissance spirituelle, celle des saints, puissance personnelle et absolue.

Dans cette conception hagiologique, les caractères disiinctifs de la sainteté ne sont plus seulement la ferveur religieuse, la purification morale. Ils reposent surtout sur Textatisme, considéré comme conduisant à la connaissance de Tunité panthéiste. Us font du saint le djtentei)r d*une fraction de la force créatrice.

Investis d^attributs surnaturels, les intermédiaires mystiques de Phomme et de la Divinité se trouvèrent ainsi placés dans le domaine spirituel au-dessus des représentants directs de la loi de Mahomet.

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Leurs pratiques pieuses, conçues en vue de la production des phénomènes de Textase religieuse, devinrent la base d*un véritable culte, et leurs doctrines, celle d'une Eglise dans l'Eglise.

A de rares exceptions près, ce nouveau culte, cette Eglise, ont toujours eu pour adeptes, pour agents, les confréries, les ordres religieux musulmans : simples écoles philosophiques, ou associations régulièrement constituées, pendant les premiers temps de leur développement. Ce furent elles qui personnifièrent dès l'origine le rôle du mysticisme dans Tlnde et en Perse.

De TAsie, elles se répandirent peu à peu en Afrique, mais en se pliant aux exigences du Mahométisme d*Occident.

Dans le premier continent, les saints extatiques en vinrent parfois à se proclamer dieux eux-mêmes. Beaucoup fondèrent ainsi, avec l'organisation et primitivement le titre de confréries orthodoxes, des sectes hérétiques assez puissantes pour menacer l'existence de la religion même

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à laquelle ils prétendaient rattacher leur enseignement. Telles furent, au vm» siècle de l'Hégire, la Jêiuaûve du « Prophète Voilé »; au x» siècle, celle des Ismaéliens. Les chefs de ces mouvements étendirent un moment leur empire à TAsie centrale tout entière, substituant au Coran des lois nouvelles, les leurs i.

En Afrique, la conception du Mahdi, bien que d^origine purement orientale, marque la limite des aspirations mystiques. Obligé de respecter non seulement la lettre, mais aussi Tesprit de la doctrine musulmane, l'illuminé peut tout au plus revendiquer ce titre de « précurseur du jugement qui doit clore le drame du monde » ^. Encore se donne-t-il, en tant que Mahdi^ plutôt pour un réformateur, un champion inspiré de la vraie foi, que pour l'envoyé suprême.

Des nuances multiples relient ces don-

1. Mémoire sur l'Asie centrale, son histoire, ses populations, par Girard de Rialle.

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