‹ L'Islam dans l'Afrique occidentaleChapitre 10 sur 28 · SI. AM · texte numérisé non relu

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du Niger septentrional, où ils se sont toujours maintenus.

A l’inverse de ce qui s’est produit dans le Sahara occidental, la race indigène, berbère, n’a donc subi aucune atteinte au delà du méridien de Timbouctou. Elle est restée isolée dans son territoire, et a conservé ainsi tous ses caractères primitifs.

Ce n’est pas cependant qu’elle n’ait eu à soutenir d’autres luttes que celles de ses tribus entre elles. Tour à tour les Songhaï, les Sousou, les Mali, puis les armées marocaines lui ont disputé l’hégémonie du Niger, sur les confins du désert. Mais victorieuse ou vaincue, elle s'est avancée ou reculée sans jamais se laisser entamer. Toutefois, en s’étendant au sud de l’Adrar, les Aouelimmiden trouvèrent établies dans la région de Timbouctou quelques fractions des tribus maraboutiques qui, au XIIIe siècle, avaient émigré du Touat, des Kountah notamment.

Bien que musulmans peu fervents, ils paraissent avoir témoigné dès lors à ces marabouts une certaine déférence. Ils respectèrent leur indépendance, et les accueillirent parmi eux. A cet égard on peut admettre qu’un élément étranger, quoique de même race, s’est introduit dans quelques-unes de leurs peuplades, fait d’autant plus remarquable qu’ils s’agissait là de Zenata, et qu’ils étaient eux-mêmes Lemta. A dire vrai, la plupart des Kountah se trouvèrent, par la suite, réduits à une sorte de vasselage. Mais quelques-unes de leurs familles ont jusqu’à l’époque actuelle conservé une réelle autorité sur les hôtes turbulents que le sort leur a imposés.

Le peu d’importance du rôle joué par les Touareg proprement dits, Aouelimmiden, Tademekka ou autres, au point de vue des destinées de l’Islam, rend inutiles de longs développements sur les guerres qu’ils eurent à soutenir avant de devenir, au siècle présent, les maîtres des abords de Timbouctou et des anciens pays Songhaï jusqu'au Macina. Aux indications déjà données, il suffit d’ajouter quelques détails sommaires.

Après avoir plusieurs fois envahi les pays Mali, les Touareg réussirent, en 1433, à s’emparer de Timbouctou, sous les ordres de leur chef Akil ag Mellahd, qui confia le commandement de la ville à un Sanhadji de l’Adrar et Temar. Cette défaite fut le signal de la décadence définitive du royaume Mali auquel se substitua la seconde dynastie Songhaï.

Un de ses premiers soins fut de refouler les Touareg qui reprirent l’offensive au siècle suivant, mais sans grand succès. Vint ensuite la conquête marocaine qui rétablit une tranquillité relative dans la région.

Ce fut seulement à la fin du XVIIe siècle, après l'arrivée des Aouelimmiden, que les Berbères reparurent en maîtres à Timbouctou d’où ils chassèrent les Mali-nké qui venaient de la reprendre. Puis à leur tour ils durent reculer devant les Peul, et se contenter de faire des apparitions périodiques dans la vallée du Niger, sans pouvoir s’y maintenir, jusqu’en 1860. C’est alors qu’El Hadj Omar, battu au Sénégal, entreprit de fonder un grand empire entre le Soudan et le Sahara. Il envoya à Timbouctou une armée de 4,000 hommes qui y pénétra sans lutte. Mais les Touareg, ralliés par un marabout des Kountah, Cheikh el Bekkay, et aidés par les tribus métisses du Nord-Ouest, revinrent peu après, pour reculer encore à l’arrivée d’El Hadj Omar en 1 863 . Enfin, depuis le départ du conquérant Peul, restés seuls maîtres du pays avec les Berabich et quelques autres fractions du même groupe, ils ont continué de l’occuper, en s’étendant surtout vers l’Est.

Telle est dans ses grandes lignes, l’histoire de la race berbère dans le Sahara oriental. Elle se résume en deux faits: les peuplades Touareg qui l’occupent ont conservé leur autonomie, leur unité ethnique, tous les caractères qu’implique cette première donnée; cependant, elles ont admis parmi elles un autre rameau de la même famille originaire d’une branche différente, celui

des Kountah, dont les traditions sont essentiellement maraboutiques.

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