CHAPITRE IV
LE FANATISME MUSULMAN
La guerre sainte pendant la guerre mondiale
Le fanatisme a certainement existé aux débuts de l’expansion islamique, mais pendant la guerre de 1914-18, pourquoi la proclamation de la guerre sainte par les Ottomans n’a-t-elle pas été suivie d’un soulèvement général ?
La lutte des Arabes contre les Turcs, l’accueil empressé fait par les habitants de La Mekke aux délégués musulmans de l’Afrique du Nord surprennent les non initiés qui se demandent pourquoi l’islamisme, représenté, semble-t-il, par le sultan ottoman de Turquie, n’a pas réuni, dans un seul élan contre l’oppresseur, tous les peuples soumis à sa loi. Bien plus, les Arabes musulmans soutiennent une guerre acharnée contre les Turcs, Musulmans comme eux. L’islamisme n’était donc pas le Tout unique qui pouvait soulever l’arme brandie séculairement contre les infidèles, la guerre sainte ? A ces différentes questions, voici ce que l’on peut répondre :
1° Le sultan ottoman de Constantinople se considérait comme le souverain, le pontife, en un mot l’imam de tout le monde musulman. Ce titre, son ancêtre Sélim Ier l’avait acquis en 1517 dans la ville du Caire du dernier membre de la famille des Abbassides, autrefois maîtresse du khalifat arabe et réfugiée à la cour
l’islam et les rages
des rois mameluks d’Egypte. L’acquisition de T Imamat devait, dans l’esprit des Turcs, leur attribuer le pouvoir spirituel et temporel réservé jusque-là au khalife arabe. Pleins de cette croyance surannée, les Allemands espérèrent sans doute, en entraînant les Ottomans dans la guerre mondiale, soulever à la voix de l’imam, héritier de Mahomet, toutes les populations musulmanes soumises à la France, à l’Angleterre, à la Russie.
Pour donner plus de force encore à cette voix, les Allemands et les Jeunes-Turcs, leurs fidèles, répandirent dans tout le monde islamique une série d’opuscules et de brochures en turc, en arabe, en persan, en arménien, en kurde, dont des millions d’exemplaires furent distribués gratuitement en Asie et en Afrique, notamment en Afrique du Nord, pour démontrer la nécessité de combattre les ennemis du khalife, donc du sultan de Constantinople, tout en ménageant les Alliés chrétiens de ce dernier.
Le 29 octobre 1914, était publiée à Constantinople la fetoua, ou texte sacré proclamant la guerre sainte contre l’infidèle. Quelques tribus répondirent à l’appel, comptant sur des butins prochains, mais en fait le monde islamique ne bougea pas. D’abord le parti jeuneturc, quoique à la tête du gouvernement, ne formait qu’une minorité ; ensuite les Arabes récusaient au sultan la qualité d’imam.
2° Depuis une quinzaine d’années les Arabes avaient repris conscience de leur valeur, aidés en cela par la propagande active de l’Angleterre. Les généraux turcs s’épuisaient à réduire les révoltes « qui faisaient la tache d’huile dans les déserts, de l’Yémen aux rives du Golfe Persique » (1). En 1911 dans l’Yémen, l’imam
(1) Revue hebdomadaire, 18 janvier 1913, U intérêt de la France ,
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Yahya, chérif (1) vénéré de Sana, assiégeait les Turcs dans cette ville qu’il avait enlevée en 1906. A la même date, un ancien élève de l’Université du Caire, le cheikh Idriss, au courant de la politique mondiale, menait à la lutte les tribus du nord de l’Yémen. Profitant de la guerre entre la Turquie et l’ Italie, le chef se faisait accorder de nombreuses concessions par le pacha ottoman pour lui prêter son aide contre les attaques de la flotte italienne croisant dans la Mer Rouge ; il dut d’ailleurs venir ensuite à composition.
Il n’en reste pas moins vrai que les populations côtières de la Mer Rouge, retranchées dans leurs montagnes presque inaccessibles, ne furent jamais soumises réellement par les Turcs. De même, dans les déserts du centre de l’Arabie, les Bédouins n’ont jamais été positivement réduits. L’histoire de la secte religieuse des Wahabites prouve que les Arabes sont toujours prêts à entrer en lutte contre les usurpateurs ottomans de l’Imamat musulman. Les Bédouins qui sont entrés au service de l’Angleterre, en Mésopotamie et en Syrie, en plus de l’attrait du butin et des pillages, avaient sans doute la satisfaction d’assouvir de vieilles rancunes.
Bien plus : invoquant la communauté de race et rappelant la glorieuse histoire des Arabes de Syrie et de Mésopotamie aux temps des grands khalifes omméades et abbassides, le Comité national arabe, « dans son appel de tous les citoyens de la patrie arabe asservie aux Turcs, met en parallèle la grandeur et la prospérité
par G. Ilanotaux. — Y. le livre de Nezib Azoury bey, Le réveil de la nation arabe dans V Asie turque. Plon, Paris, 1905 ; Eugène Yo ung, Les Puissances devant la révolte arabe. Hachette, 1906. (lj Descendant du prophète.
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d’autrefois avec les humiliations et la misère d’aujourd’hui sous le joug ruineux de l’Osmanli » (1).
Telles étaient les tendances arabes avant la proclamation de la guerre sainte à Constantinople le 29 octobre 1914. A ces mouvements politiques répondit immédiatement l’appoint des chefs religieux (2).
Les Arabes n’obéirent donc pas au commandement ottoman. Si les sédentaires de l’Etat turc furent obligés de fournir des contingents, les nomades plus jaloux de leur indépendance, plus difficiles aussi à atteindre, restèrent indifférents à la fetoua. La plupart des Arabes se rallièrent complètement à l’action contre les Osmanlis, se joignirent aux Anglais et surtout à l’émir de La Mekke (3) qui représente, sinon le nouveau souverain spirituel de l’Islam arabe, tout au moins un roi arabe opposé au sultan turc et grâce auquel les Bédouins pensent continuer à vivre leur ère coutumière d’indépendance et de pillages.
Si ces Arabes, au fond peu croyants, comme s’en étaient rendus compte eux-mêmes Mahomet et ses successeurs, n’avaient pas répondu à la fetoua, peutêtre était-ce la normale. Mais il existe dans l’Islam des sectes importantes, des ordres religieux au fanatisme bien connu qui auraient pu s’extérioriser de l’antique querelle de races entre Ottomans et Arabes.
3° Intolérance et fanatisme devaient d’après certains être sinon les caractères dominants de l’Islam, tout au moins ses conséquences naturelles.
On a souvent pris les Musulmans pour des fanatiques
(1) René Pinon, cité par Hanotaux, Revue hebdomadaire .
(2) Voir tome I, p.263, V étude sur la fetoua du Cheili hul Islam .
(3) V. Journal de Genève, La guerre en Arabie (28 juin et 3 juillet 1918, signé L. S.).
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aveugles poussés par leurs mahdis à ne rêver que sang et massacres pour chasser l’infidèle du monde islamique. Il faut comprendre que le Musulman a senti l’impossibilité de s’opposer à notre force ; il se contente de ne pas permettre l’emprise sur sa personnalité. Le Musulman reste à côté de l’Européen conquérant, mais si ce dernier ne touche pas à ses coutumes, à sa religion, le premier s’en remettra à Dieu qui a permis la défaite temporelle de son fidèle. Il est à remarquer que cette conception tend à changer depuis les succès diplomatiques des Kémalistes sur les Français (1921), succès que les Musulmans considèrent comme obtenus par la force.
D’ailleurs à l’origine de la doctrine islamique les conquérants musulmans n’imposaient même pas leur religion aux peuples soumis. « Les peuples rencontrés par les armées, dit M. de Castries, étaient mis dans la triple alternative ou de se convertir au Coran, ou de garder leur religion en payant un tribut, ou de s’en remettre au sort des armées. » Le prophète Mahomet n’avait d’autre but que de substituer le culte de Dieu unique à celui des idoles. Les détenteurs d’écritures saintes. Chrétiens et Juifs (1), trouvaient grâce à ses yeux. Le fanatisme pousse les adeptes d’une religion à convertir de gré ou de force, par tous les moyens, ceux qui ne croient pas comme eux : dans de telles conditions l’islamisme est plutôt tolérant. M. E. Mercier reconnaît que la tolérance est le fond de la doctrine islamique. De nos jours encore, les adorateurs d’un Dieu unique peuvent vivre en paix en terre musulmane arabe. L’Arabe se croit toujours d’une race supérieure à toutes
(1) Les Juifs furent persécutés plus tard. Voir tome I, p. 34, mais le statut des « Ahl Kitab » resta le même.
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les autres, mais cette confiance en soi a une origine politique, provient du temps où les Arabes étaient les maîtres incontestés d’un monde.
Quant à la prétendue haine religieuse, au fanatisme auxquels certains ont voulu attribuer la responsabilité de la résistance et des révoltes que les Français par exemple ont eu à supporter en Algérie, M. Mercier fait encore justement remarquer que ce n’est pas sur ces causes qu’il faut faire reposer l’éclat des meurtres et des guerres. Il faut en voir l’origine dans les maladresses, les ordres blessants, les fautes administratives, ignorants des coutumes séculaires, dans les erreurs de tous genres qui n’ont pas manqué dans les débuts d’une politique non encore adaptée aux besoins indigènes. Les Anglais ont souvent eux aussi payé durement ces erreurs, comme dans la révolte des Cipayes de l’Inde.
A cause de ces fautes, réelles ou imaginaires, pour des raisons politiques ou personnelles à un agitateur follement ambitieux, des mouvements restreints se sont produits au moment de la guerre mondiale dans les territoires musulmans, français ou anglais. Mais ce ne furent que des agitations locales, lesquelles ne revêtirent jamais un caractère d’ensemble. Ces explosions sont naturelles chez des sujets qu’il est facile de traiter de fanatiques pour faire oublier ses propres erreurs, leur propre particularisme et leur amour de l’indépendance. Ces explosions n’ont pas une origine religieuse, ne sont pas du fanatisme ; elles ont des raisons presque uniquement politiques. Voilà pour le monde arabe. Il en est autrement en Asie Mineure où, comme nous l’avons montré dans le tome I, les Turco-Mongols n’ont pas continué à observer la primitive tolérance des Arabes. Pour des raisons politiques, ils ont voulu écraser les
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particularismes qui les gênaient ; ils ont soulevé alors le fanatisme intolérant de leurs peuplades farouches contre les Arméniens, les Syriens, les Maronites.
4° De 1900 à 1910, on a souvent fait un épouvantail du fanatisme musulman. M. Dicey de Londres écrivait (1) : « Des Anglais ont fini par ouvrir les yeux et par reconnaître que les neuf dixièmes des fellahs d’Egypte se lèveraient contre eux s’ils avaient affaire au sultan, comme cela a failli se produire lors de l’occupation d’Akaba. Tout le bien que l’Angleterre a pu faire au pays sera compté pour rien le jour où l’Islam s commandera. » Le Bulletin de la Société de géographie d’Alger signalait : « Il faut jeter un rapide coup d’œil sur le monde musulman, en particulier sur l’évolution qui s’y manifeste, évolution dont la gravité n’est pas soupçonnée en France. En effet, un chef à Stamboul, un cœur bien vivant à La Mekke, la ville sainte, des essaims d’adeptes vigoureux et prolifiques dans tous les pays du monde, une religion bien vivante, un fanatisme poussé à la folie, faisant luire aux yeux des Croyants l’espoir que le Coran deviendra la loi des mondes, voilà l’Islam ! »
Dans ces dernières années, l’on a fait justice de cet épouvantail suranné du fanatisme musulman et du soulèvement général du Croissant contre la Croix. Dans tout l’islamisme, sous l’apparent couvert de dogmes intangibles, il existe une multiplicité de sectes, un développement excessif de confréries religieuses rivales qui ont perdu de vue le but religieux primitif pour n’être plus en réalité que des associations politiques. Que chacune d’entre elles songe à reprendre un pouvoir temporel sous un prétexte religieux, c’est possible !
(1) Bulletin de la Société de géographie d’ Alger, 1908,2e semestre.
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Il est même probable que les aspirations locales sont soutenues par la confrérie locale. Mais cette extension même des sectes, l'apparition du culte des saints locaux, des marabouts, ont tué l’unité primitive de l’islamisme, unité qui ne se reformera sans doute plus à la voix de quelque imam génial, puisque celui-là même sera contre-battu par les chefs des ordres rivaux. Mahomet avait prévu le danger lorsqu’il avait interdit les moines et les santons. Le maraboutisme a dispersé les efforts de l’Islam ; en outre, les puissances européennes jouent des ambitions opposées des hommes saints, et maintiennent ainsi dans leur divisionlesMusulmanslespluscroyants.
Et les masses populaires suivent bien plus les ordres de leurs santons qu’elles ne se préoccupent des dogmes originels du Coran. Ce ne sont plus des fanatiques auxquels l’on a affaire, mais ce sont des hommes soumis à toutes les passions politiques de l’heure. Le vrai croyant musulman ne parle jamais de religion, méprise uniquement ceux qui ne croient à rien, d’accord en cela avec les préceptes coraniques ; les lettrés, les grammairiens peuvent discuter à l’ombre des mosquées ou des zaouïas sur quelque point subtil de grammaire, commenter quelque verset douteux, ce ne sont pas eux qui pousseront les masses à la rébellion. L’ambition et l’esprit de domination seuls poussent certains au simulacre du fanatisme.
5° On a souvent pris pour du fanatisme ce qui n’est au fond que la tendance moderniste des Musulmans à prendre part eux-mêmes aux discussions administratives qui les touchent. Depuis que le Président Wilson a émis ses fameux principes, si les Musulmans ne réclament pas encore partout le « Self government », les gens instruits qui ne manquent pas dans l’Afrique du
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Nord française revendiquent une plus large part dans la gestion de leurs intérêts sans perdre leur statut spécial de Musulmans vivant sous la loi française. Ils veulent se marier, hériter, etc., comme l’ordonne leur loi religieuse, intimement unie chez eux à la loi civile. Or la loi française, celle qui fait le citoyen français, a ses origines profondes dans la morale chrétienne, dissemblable souvent des ordonnances coraniques. Dans ces conditions, il faut comprendre que les Musulmans cherchent à trouver la meilleure formule pour vivre en harmonie avec ceux qui leur ont apporté un bien-être et un progrès différents de leurs conceptions primitives.
La haine existe certainement encore chez les Turco- Mongols ralliés par les Jeunes-Turcs. Peut-être existe- t-il encore dans les âmes musulmanes arabes ou berbères un vieux levain de haines contre le Chrétien conquérant, mais il faut avouer que ces indigènes africains qui* ont versé sans compter leur sang sur tous les champs de bataille de la guerre mondiale, ont bien droit à quelques compensations, à un véritable crédit de loyalisme. Aussi l’année 1918 a-t-elle vu l’application d’un grand programme de politique indigène destiné à récompenser les Musulmans algériens de leur concours loyal et constant à la Métropole envahie (1). Ce geste de la France reconnaissante efface toutes les espérances conçues par l’Allemand, instigateur de la guerre sainte, et prépare pour l’avenir une seconde France industrieuse et féconde, « dans l’ombre chaude de l’Islam ». Et les nouvelles entreprises des Communistes, des Bolchevistes ne
(1) V. Le Temps , Raymond Recouly, juin 1918.
Le Journal de Genève, La France et V Algérie, René Payot, 11 juillet 1918 ; Le Journal des internés français, nos 18 et 20, L' Afrique du Nord et la guerre, Lucien Broche. Neuchâtel, 1918.
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pourront faire oublier aux Arabes que leur réel intérêt se trouve dans une collaboration étroite avec la France.
Conclusion.
Le fanatisme n’a pu être réveillé dans la guerre sainte par suite des divisions islamiques.. Le khan d’Afghanistan a essayé en 1920 de ravir au sultan de Stamboul son titre de Commandeur des Croyants.
Mais il ne faut pas confondre panislamisme, idée politique, germano-bolcheviko-kémaliste, avec l’Islam, idée religieuse ne comportant plus l’imité politique. Les concessions répétées que nous avons faites aux Kémallstes, et qui les ont logiquement amenés à se considérer comme nos vainqueurs, ont contribué à développer la politique panislamique qui menace aujourd’hui de Kaboul 'à Madras, de Tunis à Rabat : même au Maghzen de Rabat, en 1921, on évoquait l’Egypte et Fouad Ier. Nous avons laissé se constituer le bloc Berlin-Moscou- Angora qui finirait par nous écraser si nous ne prenions pas la résolution de le briser et de le dissocier, ce qui est pour nous une nécessité absolue. En cela nous sommes aidés par l’Islam lui-même.
L’ Islam n’a pas échappé aux rivalités économiques qui divisent depuis longtemps l’Europe et l’ Amérique. La croyance au Coran peut toujours permettre à un moment donné une union éphémère contre un ennemi commun, mais les rivalités et les dissensions reparaîtront bien vite, car elles sont fondamentales.
Les schismes qui ont séparé l’Islam en des branches diverses ont diversifié la doctrine, ont atteint — qu’ils le veuillent ou non — l’intégrité du dogme. Sous le couvert d’orthodoxie, le soufisme a orienté les âmes vers
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les plus dangereux ennemis de l’unité islamique, vers les confréries religieuses devenues des associations dont les membres sont plutôt les esclaves de leurs chioukhs que les fidèles observateurs de la loi du Prophète.
Comme le spirituel et le temporel sont intimement unis dans l’Islam, tous ces groupements religieux eurent des visées politiques. Ils ont aidé, favorisé l’éclosion des mouvements nationaux chez les races converties. Les particularismes locaux se sont aidés des prétextes religieux pour revendiquer leur autonomie ; les aspirations locales se sont fait jour à l’aide des mahdismes, des ordres, des confréries. C’est pourquoi l’étude des schismes devait précéder celle des mouvements régio¬
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