III. — Le Bélouchistan
De même que celle de l’Afghanistan, l’histoire du Bélouchistan est intimement unie aux destinées de l’Inde et de la Perse (1). Le pays fut la proie des conquérants successifs. Au xvie siècle, la région fut annexée par Akbar à l’empire mogol. En 1738, Nadir Shah conquit le Bélouchistan, mais laissa sur le trône le prince indigène, se contentant de le réduire à la vassalité. A la mort du chef, Abdallah Khan se rendit indépendant. En 1838, l’expédition d’Afghanistan mit les Anglais en contact avec les Bélouchis. Un traité signé fut violé par les indigènes : une colonne anglaise en profita pour occuper Kelat en 1839. Par le traité d’octobre 1841, le Khan fut déclaré vassal de l’Amir d’Afghanistan et dut suivre les directives données par un résident britannique. En 1854, fut signé un accord, ratifié en 1876, par lequel le Bélouchistan acceptait le contrôle britannique sur ses relations diplomatiques avec l’étranger (d’après Margoliouth).
Pendant la guerre de 1914-18, les Bélouchis ont fourni des troupes solides aux Britanniques. Depuis la guerre, ils semblent avoir, comme les Afghans, causé de grosses difficultés au gouvernement des Indes.
Les Bélouchis sont Sunnis. Une bonne partie d’entre eux appartiennent aux sectes les plus fanatiques. Au nombre d’un demi-million, les Bélouchis ne sont guère civilisés encore et représentent plutôt une population de sauvages guerriers.
(1) L’histoire musulmane de la Perse, de l’Afghanistan et du Bélouchistan a été résumée dans les mouvements régionaux issus de l’expansion turco-mongole, car si les premières influences islamiques en ces régions furent arabes, il appert que leur développement moderne est plutôt turco-mongol.