CHAPITRE PREMIER
Ed vue* de Reykjavik. — Le guide Thorgrimur Gudmundsen.— La Veuve-Clicquot en Islande. — Bertel Thorvaldsen. — Costume des habitants. — Une messe dans la cathédrale. — Le Corps législatif. — Chez le gouverneur. — Comment un diplomate peut manquer de circonspection. — Le patriotisme danois. — Plus de nuit. -— Exil cruel.
Huit jours après avoir quitté Paris, un dimanche brumeux de la fin de juin, je fus subitement réveillé vers quatre heures du matin par un hurrah strident que poussa mon compagnon de cabine, Mr. Gunn, d'Edimbourg. « Terre! terre! » criait -il vigoureusement et avec autant d'enthousiasme que durent en avoir les marins de Christophe Colomb quand l'équipage de la Pinta leur annonça que ce continent si longtemps désiré était enfin devant eux. « Terre! terre! » lui répondis-je sur un rythme non moins joyeux. C'est qu'en effet ce simple mot signifiait : fin de la souffrance, la mer ayant été mauvaise depuis la côte d'Ecosse ; fin de l'existence monotone du bord ; fin du confinement dans l'atmosphère nauséeuse d'une soupente; fin des repas sur une table toumante\
Aussi nous précipiter à peine vêtus suj* le pont, pour bien
2 L^ISUNDE
constater de visu que ce n'était plus toujours ce même spectacle de flots gris d'acier confondus au bout de l'horizon avec un ciel de couleur semblable, fût-il l'affaire d'un instant.
Elle était donc enfin devant nous cette magique Islande que nous désirions visiter depuis si longtemps; elle était donc enfin devant nous cette île perdue sur les confins de l'océan Glacial et qui toujours attirait en premier nos regards de convoitise quand nous jetions les yeux sur une carte du globe ; notre désir était donc devenu une réalité.
Mais malheureusement une petite pluie fine et glaciale nous cinglait si violemment le visage que, à vrai dire, nous ne distinguions presque aucun détail. Ce ne fut que peu à peu, et surtout en nous aidant de la lorgnette, que les ombres prirent une forme. Alors Reykjavik commença à percer dans la brume. Son observatoire (la skolas varda)^ le clocher de l'église, le moulin à vent, l'école latine, les pavillons hissés pour nous saluer détachèrent d'abord leur silhouette dans le brouillard blanc de lait qui planait audessus des maisons danoises ; puis, à mesure que le voile devenait moins opaque, il fut possible d'apercevoir : la plaine noire jonchée de lave, seulement égayée çà et là par quelques jaunes renoncules ou quelques touffes vertes d'un chétif gazon, les huttes des pécheurs avec leur toit de mottes de terre, les barques amarrées au rivage, les filets séchant sur leurs supports, et enfin, au premier plan, les rochers basaltiques de la côte ainsi que les deux jetées de la rade perpétuellement battues par les flots irrités.
Les jours de pluie étant, hélas ! assez communs en Islande, cet aspect est presque la photographie ordinaire du panorama présenté par la capitale de l'île désolée, quand on la considère du navire qui vient de vous amener dans son port.
Nous en étions là de notre contemplation et de nos observations, quand nous fûmes abordés par un indigène de haute stature, à la physionomie ouverte et intelligente, aux yeux bleus assez vifs, aux cheveux et à la barbe rouges, qui me demanda en anglais si c'était bien à votre serviteur qu'il avait affaire. « A lui-même, ajoutai-je.
— Alors, reprit-il, je suis le guide que vous avez retenu. »
C'était en effet mon brave Thorgrimur Gudmundsen. Dès que notre navire avait été signalé, il s'était approché en barque, avait abordé et se tenait à notre disposition depuis deux heures du matin.
Que Ton n'aille pas s'imaginer un être absolument hirsute et vêtu de peaux de hôtes. Herra Gudmundsen n'a de terrible que son prénom Thorgrimur, qui veut dire « Masque du dieu Thor », mais il est, pour tout le reste, un parfait gentleman. Il est en effet absolument habillé à l'européenne et donne dès le premier abord des preuves certaines d'une culture intellectuelle que beaucoup de Parisiens pourraient lui envier. L'anglais lui est aussi familier qu'aux habitants du Royaume-Uni, le français suffisamment connu, et il a quelque teinture du latin et du grec. Sa profession pendant l'hiver est celle d'instituteur ; il va, bravant la neige, le froid et l'ouragan, distribuer aux pauvres enfants des fermiers l'instruction qui occupera leurs longues nuits de sept mois ; Tété, il augmente ses modestes appointements en servant de guide aux quelques rares touristes qui viennent visiter l'ultime Thulé. Abstraction faite d'une certaine nonchalance et d'une horreur profonde de toute précipitation, défaut qu'il partage du reste avec la grande majorité de ses compatriotes, nous ne lui reconnaissons que des qualités, et nous ne saurions trop engager les voyageurs français à le prendre à leur service.
Thorgrimur était accompagné d'un jeune homme blond répondant au noble nom de Sigurd (prononcez Séguié), qui devait remplir auprès de nous les fonctions mixtes de groom et de palefrenier.
A Sigurd était dévolu le soin de desseller puis de resseller les poneys quand nous franchirions les torrents, à Sigurd aussi la mission de surveiller le graissage de nos bottes de mer quand les fjords ou les fleuves les auraient mouillées; c'était de plus et surtout le domestique du domestique, car, à la grande rigueur, un seul homme suffirait bien pour vous accompagner aux localités classiques.
Seuls les explorateurs ne sauraient se dispenser de louer au moins deux hommes.
N'allez pas non plus vous figurer que Sigurd fût le premier venu : c'était un étudiant de l'Université, se destinant soit à la théologie, soit au droit, soit à la médecine. Les ressources de l'île sont si précaires, que personne ne dédaigne aucune rétribution, et tout travail est réputé honorable. Voilà pourquoi nous avions à notre service deux bacheliers du pays parlant grec et latin.
Après qu'un bon déjeuner {pour eux, ce qui prouve bien qu'en ce monde tout est relatif) les eut remis de la nuit qu'ils avaient passée blanche à mon intention; nous sautâmes dans une barque sans style particulier, faisant eau de maints orifices, comme du reste la plupart des canots islandais, et nous mîmes pied à terre, tout ruisselants, sur un des deux débarcadères de Reykjavik. Noire début ne fut pas plus heureux que ne l'est en général celui du voyageur qui descend pour la première fois, car nous offrîmes aux indigènes accourus pour nous voir le spectacle d'une chute on ne peut mieux réussie.
Les planches qui constituent le quai, étant toujours mouillées à la marée haute, permettent aux algues et aux fucus d'y prendre racine; il en résulte une surface plus glissante que si elle eût été enduite de savon et sur laquelle un jongleur japonais pourrait seul se maintenir en équilibre. Ajoutons, pour être juste, que l'on finit par s'y habituer et que l'on a droit de cité lorsque l'on peut courir jusqu'à son embarcation. Puis, armes et bagages, nous arrivâmes, en compagnie de notre ami l'Écossais, à l'hôtel Alexandra, où nous attendait le propriétaire Andréas Jespersen. Ce noble aubergiste affiche sur ses prospectus la mention Chef de cusine {sic), écrite en français. Il existe un meilleur hôtel dans la capitale de la Terre de Glace * , l'hôtel d'Islande ; mais, comme tous les autres touristes anglais s'en étaient préalablement emparés, nous fîmes
\. Par « Terre de Glace » je traduis îsland.
choix du second, pour ne pas avoir à nous y disputer un lit. Quel ne fut pas notre étonnement d'apercevoir, en entrant dans la grande salle du rez-de-chaussée, un piano et un billard. Un billard sous le cercle polaire! le fait vaut bien la peine d'être mentionné .
Mais là ne se borna pas notre surprise ; un dîner meilleur que ceux du bateau nous fut bientôt servi. Au dessert, Mr. Gunn, qui connaissait déjà Reykjavik par un voyage précédent, nous observait d'un air machiavélique, dont nous eûmes vite l'explication, car, sur ses ordres, une bouteille de vin de Champagne, marque Veuve- Glicquot s'il vous plaît, vint nous rappeler la douce France laissée bien loin, bien loin derrière nous.
Ce serait toutefois une étrange erreur que d'espérer retrouver semblable luxe en un autre endroit de l'île. Sous ce rapport, Reykjavik diffère plus des autres hameaux que Paris ne diffère de Quimper-Gorentin, et l'on serait en danger de connaître la famine si l'on s'attendait à la pareille dans l'intérieur des terres ou sur les bords des autres fjords.
Après ce festin de roi, une promenade dans la ville était tout indiquée, et, si notre lecteur le veut bien, nous allons en profiter pour visiter les principaux monuments, si tant est que ce terme puisse convenir aux constructions plus que modestes de la capitale de la Terre de Neige.
Notre course ne sera pas longue, car, si les rues sont larges, elles ne sont ni nombreuses ni étendues. Prenons d'abord celle qui s'étend le long de la mer : c'est la rue du port. Là sont les comptoirs et la maison de l'agent consulaire français, M. Finsen. Sur son toit flottent nos couleurs nationales, que l'on est bien aise de voir : « guenille si l'on veut, ma guenille m'est chère », oserai-je dire en paraphrasant le mot de Molière.
Dès qu'un vapeur est annoncé, tous les drapeaux disponibles se hissent pour le saluer. On ne signale jamais l'arrivée des navires au moyen du canon, pour deux motifs : le premier, c'est que le bruit effaroucherait l'eider, canard précieux, qui fournit à l'Islande le riche article d'exporta-
lion si recherché des négociants sous le nom d'édredon * ; le second est celui que donna à son seigneur le bailli si connu : il n'avait pu tirer le canon pour dix-sept raisons, dont la première était de n'avoir jamais eu de canon, ce qui naturellement le dispensait des seize autres. Coupant cette allée à angle droit, une autre rue aboutit à la poste et à l'AusturvoUr ou square de l'Est.
C'est une grande pelouse carrée sur laquelle ne pousse absolument que du foin, et décorée par le seul monument qu'il y ait en Islande, la statue de Bertel ou Albert Thorvaldsen. Bertel est l'équivalent familier de Bartholomé et de Bertel; par euphonie, les Italiens ont fait Alberto.
Car, contrairement à l'opinion généralement reçue, qui veut que ce grand sculpteur soit Danois, il est bien démontré aujourd'hui qu'il naquit en mer dans un voyage entre l'Islande et Copenhague et que son père était Islandais : il est donc Islandais, ce dont ses compatriotes sont très fiers.
Nous pouvons du reste appuyer cette assertion, et nous insistons à dessein, parce que les Allemands, annexionnistes passionnés, soutiennent qu'il est d'origine tudesque, sur deux preuves irréfragables. La première, c'est que Thorvaldsen se considérait si bien lui-même comme Islandais, que les fonts baptismaux de l'église dus à son ciseau portent cette inscription :
Opus hoc Romae fecit, et Islandicp., terrœ Sibi gentilitiae, pietatis causa, donavit Albertiis Thorvaldsen, anno MDCCCXXVII.
La deuxième preuve réside dans le tableau généalogique suivant, que j'ai vu chez plusieurs habitants :
1. La ponte de l'eider est une chose fort curieuse à voir : Lorsque la femelle a choisi le coin du sol où elle veut déposer ses œufs, elle s'arrache de la plume pour garnir lé fond et les bords du nid, puis elle pond six œufs généralement. Pendant ce temps, le mâle, excellent père de famille, ne cesse de surveiller sa compagne et la ramène à grands coups de bec lorsqu'elle fait mine de vouloir quitter.
SiCRID •
Haldora
GUDNIN
Thorvaldr
gottskalkr legifer
Thorvaldr sacerdos
GOTTSKALKR ThORVALDSEN
BERTEL THORVALDSEN celeber statuarjus.
Mais, malgré cela, M. Eugène Pion, dans un livre intitulé Thorvaldsen et son œuvre, soutient qu'il est né à Copenhague, dans la maison de Store Grônnegade qui porte aujourd'hui le n° 7.
Quant aux Allemands, voici ce qu'en dit l'un d'eux : « Thorvaldsen, que nous devons nous approprier en quelque sorte, bien qu'il soit né Danois, parce qu'il parle notre langue comme un Allemand et qu'il possède une culture allemande. » A ce compte-là, Paris pourrait revendiquer nombre de grands hommes dans l'univers.
Le monument dont nous donnons un dessin (p. 13), reproduit d'après une de nos photographies, se compose d'une petite statue de bronze représentant l'artiste, son marteau de sculpteur à la main.
Peut-être le lecteur nous saura-t-il gré de lui éviter des recherches bibliographiques en racontant ici très brièvement la vife et l'œuvre de cet Islandais.
Peu de grands hommes furent aussi heureux que lui : il ne connut que le succès.
Ses éminentes dispositions artistiques l'ayant, dès sa première jeunesse, signalé aux regards du gouvernement danois, qui, comme on le sait, protégeait les arts avec un soin jaloux, il fut envoyé à Rome avec une pension suffisante pour lui enlever le souci du pain quotidien. Là, au milieu des chefs-d'œuvre de l'antiquité, son goût se forma, son génie se développa, et son Jason, dont l'apparition fut
saluée par d'éclatants témoignages d'admiration passionnés, le mit du premier coup hors de pair. Le roi de Bavière employa tout pour l'amener à Munich; Ganova le célébra, et bientôt toutes les cours de l'Europe retentirent du nom de cet enfant de l'île désolée.
L'inconnu de la veille devint assez célèbre pour que Napoléon lui commandât un bas-relief devant orner le temple de la Gloire : le Triomphe d'Alexandre. G'est également à cette époque qu'il fit les groupes si gracieux de Psyché et VAmour^ les statues de Ganymède, à'Hébé et Ôl Adonis^ enfin le Mercure qui est son chef-d'œuvre.
Malheureusement il advint pour lui ce qui arrive à tous les auteurs trop adulés. Trop confiant en son génie, il abandonna le lahor improbus du poète pour faire trop vite ; il voulut produire quand même et ne donna plus, . tout en étonnant l'univers par sa fécondité, que des monuments bien inférieurs à ceux de la première époque de sa vie.
Si grand est le nombre de ses statues, que les Danois ont pu créer un musée, que nous avons admiré dans leur capitale, en réunissant simplement les œuvres de Thorvaldsen.
Ge musée est en même temps un mausolée , car le sculpteur y dort de son dernier spmmeil au milieu des chefs-d'œuvre qu'il enfanta.
Gomme sa naissance, sa mort fut dramatique ; il s'affaissa au Théâtre Royal pendant une représentation, et l'on n'eut que le temps de le transporter au palais de Gharlpttenburg, où il mourut immédiatement.
Désespérant de trouver parmi eux une main capable d'élever un monument digne de lui à leur illustre compatriote, les artistes de Gopenhague se sont contentés de placer sur son tombeau une simple pierre rectangulaire qu'encadre un lierre toujours vert et immortel comme le génie.
-Dnmédiatement en face de la statue s'élèvent deux modestes constructions, l'église et le parlement.
Le temple, que les habitants décorent pompeusement du
LA CAPITALE DB LA TERRE DE GLACE E» 1887 Vi
uom de caihédrale, n'atteint même pas les proportions d'une simple église de village français et n'a d'importance que parce que l'archevêque général y ofDcie en personne. Vu de face, c'est un quadrilatère aux murs jaunes surmonté d'un toit triangulaire et d'un clocheton massif.
Comme c'est dimanche, Thorgrimur nous propose d'y entrer pour assister au service. Nous acceptons, et, assis sur im des derniers bancs, nous pouvons tout observer sans attirer nousmême les regards des fidèles. Il est probable que, sans celte précaution, l'intérêt de curiosité que pouvait offrir notre personne aux insulaires aurait troublé leurs pensées el modifié leur attitude naturelle.
' Ce qui éclale tout d'abord aux yeux, c'est le mélange intime des deux cultes, catholique et prolestanl; t'ofTice de la communion, qui porte encore le nom de • messe •, l'autel et ses accessoires, le plain-chanl, le chœur qui répond au ministre, la lecture de l'épitre, voilà un rituel romain. Au contraire, le décor inlcrieur très peu luxueux, la simplicité rustique des bancs et des balustrades en bois, les versets écrits en noir sur la muraille nue, le prêtre portant toute sa barbe, revêtu d'une robe de velours noir et d'une fraise à la Médicis, témoignent du culte luthérien. Quand nous en serons au chapitre historique, nous expliquerons les vicissitudes religieuses par lesquelles passa l'Islande avant d'adopter définitivement la Réforme. Tout en prenant des notes sur la cérémonie, nous ne
manquâmes pas l'occasion de jeter un coup d'oeil sur la moitié de l'église occupée par la plus belle partie du genre humain. Malgré la gravité du lieu, la situation était favorable, car demoiselles ou dames étaient appliquées à leur prière, calmes, silencieuses et revêtues de leur toilette de fête; enfin, les dames de la meilleure société s'y trouvaient représentées. Disons tout d'abord qu'elles ne sont généralement pas jolies, bien que cet aveu nous coûte à faire, à nous qui devons retourner à Reykjavik ! mais nous avons juré d'être vrai et de faire pièce au proverbe : « A beau mentir qui vient de loin » .
Il y a cependant, comme à toute règle, des exceptions, et nous avons encore présente à la mémoire la physionomie éveillée d'une petite blonde ravissante dont les cheveux avaient celte nuance que peint si bien le vers de Victor Hugo :
Dorée par un rayon de soleil.
Mais, quand nous allâmes aux renseignements, on nous répondit que c'était la fille d'un négociant danois ; sa mère seule était Islandaise. C'est un fait assez constant que de voir la race indigène s'embellir par les alliances avec les Danois. Notre svelte beauté portait le costume national; elle avait sagement dédaigné les modes dites parisiennes, importées de seconde main de Ck)pènhague, pour conserver le corsage et la jupe en vadmel noir ; ce gracieux corsage s'ouvrait au milieu de la poitrine et laissait entrevoir une belle chemise blanche brodée; les cheveux nattés retombaient en guirlandes sur le cou, et le sommet de la tête était recouvert par la hufa. Charmante et gracieuse coiffure, tout à fait caractéristique, la hufa est une petite cape de laine noire, de forme circulaire, retenue dans la chevelure par des épingles invisibles et laissant flotter sur l'épaule un long gland de soie, également noire, dont les fils sont maintenus en haut dans un court cylindre d'or ou •d'argent, mais s'éparpillent librement à leur extrémité. Telle est la tenue ordinaire.
Mats dans les grandes circonstances, comme pour un bsplème ou un mariage, la hufa esl remplacée par le faldr. Or justement à quelques pas de nous se tenait une marraine, revèlue de ce dernier ornement, ijue nous pûmes
esquisser à loisir : c'est un véritable casque romain, haut <le forme, recourbé en avant et dont le bord applique sur le franl est brodé d'or.
Su cimier tombe un long voile de mousseline blanche, artislement lissée, qui enveloppe le visage et la nuque, et qui se prolonge jusqu'à la ceinture. Une veste de velours enrichie d'agrafes, de plaques, de .parements en fils dorés DU argentés, est l'indispensable complément de cette toilette (les jours solennels. Pour un pays pauvre, celte tenue,
léguée par la tradition Scandinave, est assez dispeudieus car elle ne revient pas à moins de 1200 francs. Souve même, ce riche costume se rehousse de chaînes, •
boulons, de bijoux en argent, finement ciselés par !■ orfèvres du pays. La forme bizarre et le slyle gothique < ces parures plaisent beaucoup aux voyageurs, qui ne mai quent jamais d'en rapporter en Europe '.