XVI INTRODUCTION
qu'un terrain d'alluvions, formés tantôt par les glaciers, tantôt par les torrents qui se précipitent des hauts sommets neigeux d'une grande chaîne volcanique .
Enfin la côte est; je la peindrai avec exactitude en disant qu'elle ressemble à une main gigantesque dont les doigts, dirigés vers la pleine mer, représenteraient' les montagnes, toutes proportions gardées, et l'intervalle compris entre les doigts les Çords qui la découpent.
' La surface de l'Islande est évaluée à 1400 milles carrés, mais, à vrai dire, les côtes seules sont habitées.
« Tout le centre n'est qu'un plateau stérile, jonché de blocs basaltiques ou enfoui sous d'épais lits de lave. Rien ne serait plus monotone sur le globe si l'on n'y rencontrait çà et là soit un jôkull (glacier, au \)\urïe\ jôklar) superbe avec sa robe de neige et sa cime de glace, soit un cratère aux flancs rougis encore par la flamme qui l'a torturé, soit des colonnes de basalte debout Tune contre l'autre ou gisant sur le sol comme les vestiges d'un édifice gigantesque dont nulle main humaine n'a jamais dessiné le plan. '» (Marmier.)
Il est certain que ce plateau central, aujourd'hui affreusement dénudé, était jadis recouvert de verdoyants pâturages, comme le prouvent les quelques tourbières ou les quelques oasis que j'ai rencontrées sur mon chemin, mais tout fut anéanti par les flots brûlants de la lave en fusion. A l'ouest de l'Odadahraun, dont ils sont séparés par un grand fleuve, se trouvent deux de ces immenses déserts où l'on ne voit plus que coulées de laves, qu'amoncellements de scories ou que vastes lits de cendi'es et de sa-