‹ L'Islande et l'archipel des FærœerChapitre 9 sur 53 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

affectueuse. Je m'efforcerai, dans le courant de cet ouvrage, de vous rendre sympathiques ces Islandais, dont je n'ai jamais pu contempler sans émotion la physionomie triste et pensive. Les femmes, sans être jolies, sont grandes et gracieuses.

Gomme les hommes, elles ont la peau très blanche, les cheveux blonds ou cendrés et les yeux bleus. Presque jamais de meurtre, rarement de vol chez ce peuple patriarcal; le voyageur peut laisser son bagage étalé au milieu d'un village, sans craindre qu'on en dérobe une parcelle. J'ajouterai que le plus misérable pêcheur sait lire et écrire. La population totale était de 73000 habitants en 1887. •

Contrairement à ce qu'on pourrait penser si l'on se laissait influencer par son nom de Terre de Glace, l'Islande ne jouit pas ordinairement d'un cUmat beaucoup plus rude que celui du Danemark. En hiver il tombe, à la vérité, une grande quantité de neige, il règne aussi des brouillards extraordinairement épais ; mais un froid excessif est l'exception *.

A propos des geysers, je démontrerai que ce climat n'est pas plus rigoureux aujourd'hui qu'il ne l'était à l'époque de la première colonisation, et que je ne tiens aucun compte des affirmations de plusieurs historiens qui, à la suite d'Are, répètent que l'île était alors couverte de forêts. Ce n'est pas le froid actuel qui empêche le développement des arbres, mais bien

1. Il faut attribuer cette température relativement modérée au Gulf-Stream ou « courant du golfe », qui vient se bifurquer au sud de l'Islande de manière à embrasser ses côtes ouest et est comme le feraient les deux branches d'une fourche. Que l'on admette ou nou la conception première du Gulf-Stream, il n'empêche que la présence de courants chauds est absolument prouvée.

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