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accomplir, sur ce sol, des prodiges de valeur,
de courage et d’abnégation. Ils étaient les ouvriers de l'avenir et Dieu se servait de leur appui pour préparer à son église, plusou moins persécutée dans l’Europe entière, üùn champ vaste et digne.
Ils ont été grands les nôtres, grands ‘par lexemple, grands par les faits accomplis !
Leur vie est un modèle que les colons d'au-
jourd’hui ne sauraient trop avoir devant les +
yeux, pour s'inspirer de ces exemples mägni?
fiques qui font l’orgueil du peuple canadien.
et l'admiration de ceux qui lisent et veulent apprécier notre histoire. Nous n'avons nas à mous désespérer encore , malgré certains indicés qui ne nous annoncent rie de bien raseuraht, cependant, nous vroyons fermement aux résultats splendides de l'avenir tant que le clergé restera ce qu'il est : ferme, dévoué, uni et n'ayänt en vue qüe e plus
grand bien des populations et l'honneur de
l'Eglise qu'il a mission -de faire aimer et respecter partout.
de la colonisation. et de Pagriculture était donc autrefois dans les visites fréquentes du
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Le secret de l'extension 1
missionnaire an milieu des colons pour ies -
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encourager et les fortifier contre tout etcontre tous. Aussi ces hommes de Dieu ne faillirent pas à la tâche et partout, de Gaspé jusqu’à Québec, des solitudes du Nord au Golfe du Mexique, on trouve la trace de leurs pas. Interrogez les forêts et les déserts, les monta- gnes et les vallons, les rivières et les fleuves, les tribus sauvages et les peuples civilisés ; , tous vous parleront de la Robe Noire, tous + vous diront ses hauts faits, ses gloires, ses | dévouements, ses élans de charité, son amour ‘ardent pour le salut des âmes et son zèle de feu même pour le bien-être matériel et tern- «porel de son peuple. Oui, tous vous parleront.de la Robe Noire, et vous diront aussi le peu de reconnaissance que trop de fois on lui a témoignée pour tant de travaux, de luttes, d'abnégation et d’oubli de soi-même, pour tant de bienfaits, de courage et d’énergie à toutes les phases les plus critiques de notre histoire comme peuple.
Comme nous l'avons dit plus haut, pour retenir les canadiens ou plutôt les colons en général, aux lieux où l’on compte faire des
défrichements dont une étendue déterminée ervira à la réunion de plusieurs individus
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pour former plus tard uneimportante paroisse, il faut leur bâtir un temple où ils iront puiser à la source même le courage et l'énergie que demande leur travail pénible de tous les instants. Aussi, dès les premiers temps de la colonie, on s’empressait de grouper, sur n'importe quel point de ce vaste territoire du Canada, un gra..d nombre de colons et de Sauvages autour d'un temple ou d’une hum-
ble chapelle temporaire, et là, ce petit trou- ; peau était instruit et civilisé par les mission- #
naires venus du ‘“ Pays de France.” Les missionnaires passaient plusieurs jours.aü milieu de leurs ouaïlles, lorsque le temps de la mission était arrivé, confessant et administrant les uns, baptisant et communiant les autres,sahs oublier d’unir ceux-là qui venaient se jeter à leurs genoux, demandant la bénédiction de Dieu et de son Eglise, bénédiction qui console et fortifie.
C'était l'heure où le bon Père, Jésuite ou Récollet, se réjouissait de voir combien ses efforts étaient couronnés de succes, et ses
Jlabeurs pénibles amplement récompensés.
Cet homme de Dieu, si fort devant la rage d’un ennemi, si courageux en présence du
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martyre, se prenait à pleurer toutes les larmes de joie de son cœur à la vue d’un vieillard sauvage ou d’une humble vierge des bois abjurant la religion de ses aïeux. Et quand un pauvre colon malheureux venait lui demander un peu de ce courage qui fait que l'on accepte la vie telle qu’elle est, avec quel large sourire né l’accueillait-il pas ? Sa parole de feu trouvait le chemin des âmes et
laissait un rayon de bonheur et d'énergie là . ©ù la douleur sombre et la désespérance
morne menaçaient de semer leur graine per- …
fidés; le désespoir qui paralyse tout. Mais
quand il fallait partir pour les missions voisines, le Père missionnaire ne pouvait s'empêcher de ressentir de la douleur. Il
s'attache si fâcilement à sa nouvelle famille,
le pauvre missionnaire !
Il les voyait tous réunis, au dernier jour de la mission, autour de l'autel modeste sanctifié par la présence d’un Dieu qui y était venu fixer sa demevwre, autour de cet autel
d'où il les avait comptés et bénis. Et il se demsndait, dans son âme attristée : “ combien
à la mission prochaine, viendront au détour : de l’Ile-Verte saluer ma joyeusé venue ?”
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L'ange de la mort, qui plane sur les solitudes comme au-dessus des lambris dorés des grandes cités, allait frapper bien des têtes chères à plus d’un titre pendant son absence, et qui sait si lui-même, tout le premier, ne tombera pas victime de son devoir et de son dévoue ment pour la grande et généreuse cause du salut des hommes ? :
Telles étaieut et telles devaient être les ; pensées du prêtre missionnaire à son départ d'une bourgade ou d'un village, pensées pré | fondes qui faisaient monter du cœur aix yeux des larmes sincères, pleinès de cette | amertume que connut le Divin Maître, au jour de sa passion, dans le jardin des Oliviers. À Ce n ‘était pas là “ le commencement de la grande — agonie” comme dit le poète, cäf le martyre du missionnaire-est un peu de chaque jour.
L'Isle-Verte tombait sous la loi commune ; aussi, dès les premiers-temps de son établissement, les colons, quoique peu nombreux, et lès sauvages maléchites s’'empressè rent d'élever une chapelle au culte religieux. = C'était biez modeste, bien humble, bien uni, mais c'était en harmonie avec les moyens et
les circonstances, car le peuple n’était pas riche alors : il n’en était encore qu'à ses premiers arpents de terre défrichés.
Mais Celui qui s'était contenté d’une humble crèche à P:thlézm, quand il vint racheter le monde, pouvait bien, mystérieux prodige de son amour, s’abaisser jusqu’à descendre encore sur un pauvre autel dénudé.
Mais où plaça-t-on la première chapelle k ouverte au culte religieux dans la paroisse - Où mission de lIsle-Verte ? Elle devait être placée de manière à offrir le plus d'avantage | possible aux colons et aux sauvages, ainsi qu'aux missionnaires qui n’arrivaient à da mission-que par la voie du fleuve, car de Kamouraska à Rimouski c'était le seul moyen de communication. . Aussi plaça-t-on la première chapelle là où la rivière Verte fait un coude pour se diriger en plein Nord-Est vers le fleuve, satisfaisant ainsi les exigences de chacun, soit du côté des colons, soit du côté des missionnaires. En effet, les colons défrichaïent le bord de la grève en remontant vers la côte ; les sauvages occupaient les hauteurs de la rive et tout le côté sud-ouest dela rivière, et quand le missionnaire arrivait
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au détour de l’Ile-Verte, en face, il n'avait qu’à remonter une partie de la rivière et se trouvait rendu de suite à la chapelle.
Los régistres ne parlent pas de ce premier temple bâti à l’Isle-Verte, mais les anciens en ont légué le souvenir à leurs descendants qui
nous ont, eux-mêmes, donné ces notes et ; montré l'endroit où cette chapelle fut cons- #
truite. ô
Il y a quelques anné:s, nous avons vu sur la grève un exhaussement du sol, espèce de rempart contre les eaux tumultueuses: et montantes des grandes marées d’automme ou de.la débâcle du printemps : c’est là que se dressait; seul, le monument bien humble de la piété et de la foi de nos ancêtres. Tout à côté, il:y avait le cimetière, entouré d’une palissade de bois brut. Un cimetière en pleine grève et sur le bord de la ‘rivière !
Pouvait-on trouver un lieu plus en harmonie avec les pensées tristes et salutaires qu'apporte à l'esprit de chacun la vue du champ des morts ? | S
Nous avons visité souvent cet endroit désert, et là, remontant le cours du passé, à deux cents ans en arrière il nous semblait
re saone. Lan PAG Pa A SUR Ga ao Rennes
voir se dresser devant nos yeux ce modeste
enclos auprès d'une humble chapelle où la pluie et le vent pénétraient comme des hôtes familiers, des parasites sans vergogne !
Un enclos: pour les morts !! Mais les morts ne reviènnent pas ! Pourquoi circonscrire les tombes alors ? Hélas ! l'ange de l'oubli vient s’y poser assez vite sur chaque fosse nouvelle ! : Allons ! laissez tomber ces
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œurs blanchis qui nous cachent la vue des
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- Et cette terre que nous foulions. avait
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femme et de pauvres enfants que la mort d'un mari bien-aimé avait laissés dans.la misère la plus- hideuse. Iei reposait, fans doute, le sorps d’un pauvre Maléchite, bumble et modeste enfant des bais, dont l’intélligence bornée avait compris, à la dernière
heure peut-être, qu'il est un Grand Maitre
là-haut, et qu’il faHait que l’eau régénératrice
coulât sur son front ridé pour qu'il lui fat donné de le voir face à face ; là, la tombe d'un enfant, d’un père, de toute une famille dont les membres se sont séparés comme les.
anneaux d'une chaine qui se brise ; plus loin,
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loin en arrière, pour nous en révenir au
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tout un drame de la vie ordinaire des marins, des chasseurs, des. défricheurs ; quelques victimes des. flots, des armes meurtrières, ow d'accidents des bois, y dormaient peut-être leur sombre et dernier sommeil.
Et longtemps ce défilé des morts fixa nos yeux perdus dans la nuit dw passé dont.
l'horizon est infini , longtemps cette procession des choses qui ne sont plus, cette marche funèbre des êtres qui ont existé un Jour, nous 3 retinrent aux lieux bénis des anciens jours, : et c’est avec peine qu'il nousfallut direadieu 4 à ces vestiges d'un autre temps dont les voix
mons, à ces reliques saintes des années bien
village. La charrue, bien dés, fois, a passé sur ces débris, Elle passera peut-être un.
jour aussi là où dorment aujourd’hui les nôtres, là où nous dormirons demain peutêtre lorsque notre tâche ici-bas sera remplie, lorsque la grande inhumaine, lagrande pourvoyeuse ue la cité des morts aura fait son | œuvre en moissonnant notre existence. Puis- sions-nous être mûrs alors pour la moisson.
divine | Puissions-nous être. Fée, PORE. le départ ! 1
Et d'autres comme nous viendront sur ces débris interroger l’histoire du passé ; ils viendront s’instruire des grandes leçons du temps qui ne sera plus, demandant aux tombes pourries, aux fosses muettes, aux os, midebris mi-poussière, les secrets d’un âme dont l’histoire n'aura pas même gardé le souvenir Eternelle histoire des choses d’ici-bas !
, Et quel beau site pour une chapelle ?
Comme tout s’y donnait la main pour élever l'âme sur l'aile des, pensées les plus graves et les plus salutaires.
Quand le maléchite, dans son canot d'écorce descendant la Xivière Verte pour aller au large y chasser les outardes ou le marsouin, apercevait la petite chapelle solitaire, mais coquettement assise sur la berge, il ne manquait jamais de se découvrir avec respect et d’entonner un cantique de reconnaissance à celle qui, du haut de son piédes-
tal, dit à ces pauvres enfants des boïs : Priez | moi je suis l'étoile de lu mer. Stella Maris !
Le colon lui-même, jrivé du missionnaire qui n’y venait qu’une ou deux fois l’an—
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