‹ L'Israël des Alpes (volume 2)Chapitre 14 sur 48 · LÉGER · texte numérisé non relu

LÉGER

« Histoire générale des Eglises Evangéliques des vallées du Piémont, ou vaudoises... par Jean Léger, pasteur et modérateur des Eglises des Vallées, et depuis la violence de la persécution, appelé à l'Eglise Wallonne deLeyde. Le tout enrichi de tailles-douces. A Leyde, chez Jean le Carpentier, 1669. » — Deux volumes fol. de XXXV1TI et 212 pages, pour le T. I; et de XVI, 385, et VI p. pour le T. II (1). — Ces deux volumes sont ordinairement reliés en un seul. — L'ouvrage est accompagné d'une carte des Vallées, collée sur toile et assez exacte ; de vignettes, représentant divers supplices infligés aux vaudois martyrisés; et d'un faux titre, gravé sur cuivre, représentant deux vieillards qui soutiennent chacun un médaillon, entre lesquels retombe une draperie où se lit le titre de l'ouvrage. Le médaillon de droite renferme un lys, entouré d'épines, avec cette devise: luctor et emergo; celui de gauche, un arbuste enflammé, avec ces mots: quamvis uror non comburor. Les figures de vieillards foulent aux

(1) Cette histoire a été traduite en allemand, par Hans-Fréderic Von Schioeinitz, avec une préface de Sigismond-Jaques Baumgarlen. Breslau , 1750. 2 vol. 4o.

pieds les insignes du papisme ; et dans l'espace qui est entre eux, en dessous de la draperie qu'ils soutiennent, on voit un évèque, un soldat et un moine, qui frappent sur une enclume, sous laquelle se lit : tritantur mallei, remanetincus. Vers le haut de la page, un écusson soutenu par deux génies, renferme un chandelier entouré de sept étoiles, avec cette indication : antiqua convallium insignia, et cette exergue : lux lucet in tenebris.

L'ouvrage de Léger n'est à vrai dire que l'histoire de la persécution de 1655; ou plutôt la collection assez confuse des pièces relatives à cet événement. — Dans sa première partie il a reproduit les traités vaudois, en langue romane, publiés par Perrin ; en y ajoutant un fragment de La Nobla Leyczon, et quelques autres documents. — Léger est le plus diffus et l'un des plus superficiels de tous nos historiens. Il a dû une partie de son importance à l'époque dans laquelle il a écrit, et au format imposant de son livre. Il est souvent inexact, crédule et passionné: mais ce dernier défaut était presque inévitable, dans un auteur contemporain et victime des événements qu'il rapporte.

Je ne donnerai point ici de détails sur sa vie, car il a pris soin de placer lui-même sa biographie dans le dernier chapitre de son ouvrage; on en verra du reste ce qui importe à l'histoire dans le T. II, chap XI, de Y Israël des Alpes.

Léger a publié à part, une Remonstrance pour les Vallées, sur diverses infractions aux patentes de Pignerol; et une^pologie des Eglises du Piémont, (sans nom d'auteur : Harlem, 1662, in-4o de 39 pages), qui n'a pour objet que sa propre défense.

J'ignore l'époque précise de sa mort ; mais il n'existait plus 13 ans après la publication de son histoire; car on trouve, à la date du 27 août 1684, une ordonnance royale, dans laquelle il est question des biens de feu Jean Léger. (Turin, Archives de la cour des Comptes, Regio controrollo, Finanze : 1684, no 179, fol. 55.)

L'Histoire de Léger a été réimprimée à Lyon, en un volume in-fol., en 1799; et traduite en Allemand : Breslau, 1750, in-4°. — Antoine Léger, oncle de l'historien, a composé des sermons qui ont été publiés, deux ans après sa mort, sous ce titre: Ser-

mons sur divers textes de l'Ecriture-Sainte, par A. Léger, pasteur et professseur en théologie. Genève 1720, 3 vol. in-S<">.

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