‹ L'Israël des Alpes (volume 2)Chapitre 31 sur 48 · IV. Bible vaudoise de Dcbles. (Biblioth. du collège de la · texte numérisé non relu

IV. Bible vaudoise de Dcbles. (Biblioth. du collège de la

Trinité clas, A. Tab. IV, n° 13 : ex biblioth. Usêerit.) Ce manuscrit est mentionné par Lelong dans sa Bibliotheca sacra, T. I, art. 2 sous le titre de Bible italienne. — lia beaucoup de rapports avec la Bible vaudoise de Grenoble, dont il n'est probablement qu'une copie : car il contient exactement les mêmes livrer qu'elle avec des préfaces en tète des Evangiles et des épitres, pareilles aux prolics, précédemment cités. — Voici les premières lignes de la préface à saint Matthieu dans le manuscrit de Dublin : Prologus sancti Jeromi secundusi Mattiieu.m. « Cum Matthio agues premierament predica lavangeli « in Judea, volent trapassar a las gent, scris premierament « lavangeli en abraie..., etc. » — On voit que ces deux exemplaires ne sont pas nécessairement la reproduction l'un de l'autre. La date de celui de Dublin est indiquée à la lin du livre de l'Apocalypse, en ces termes : Deo gra's 1522. — Tout le manuscrit est de la même écriture: très lisible; sur vélin, in-4°» bien conservé.

V. Bible vaudoise de Zurich (Bibl. publ. codex ms. N. T. Valdensis G. 169). — Lelong a mentionné ce manuscrit en ces termes : « Novum Testamentum, lingua pedemontana Vallensi, « per Barbetum (un Barba ou un Barbet) quemdam, seu minis- « tram Vallensein translatum. Codex, in-12-, scriptus post an- « num MC. » {Bibliotheca sacra, T. I, p. 369.) Ce manuscrit est sur vélin. Je n'ai pas l'indication détaillée des livres qu'il renferme. La note de Lelong semble ne mentionner que ceux du Nouveau Testament. Aucun de ces livres n'a d'introduction ou de préface, comme ceux des manuscrits de Grenoble et de Dublin. — Voici les premières lignes de l'Evangile selon saint Jean, dans l'exemplaire de Zurich. « Lo filh era al comeneza- « ment, e lo filh era enapres Dio, e Dio era lo filh. Aiczo era « al comenezament enapres Dio. Totas cosas son faitas per luy, « e alcuna cosa non es faita seneza luy. Czo que fo fait en luy « era vita, e la vita era luez de li ome. E la luez luezie en las « tenebras, e las tenebras non cumpreseron ley. » (Evang. selon saint Jean, chap. I, verset 1-5.)

VI. Bible vaudoise d'Aix. ( Indiquée par Lelong, T. I, p. 369.) Renfermant les 4 Evangiles, les 7 Epitres canoniques, les 14 Epitres de saint Paul ; puis les Proverbes de Salomon, l'Ecclésiaste, le Cantique des cantiques; les dix premiers chap. du livre de la Sapience, et les 15 premiers de l'Ecclésiastique. — Le manuscrit de Grenoble n'a aussi que 10 chap. de la sapience et 15 de l'Ecclésiastique. — Lelong ajoute sur le manuscrit d'Aix : « Codex spissus in-4<>, integer, in quo nihil deest, in membranis «a quadringentis annis circiter exaratus; at versio antiquior, « sicut ad me scripsit dom. Thomasin de Mazangue, filins se- « natoris Aquensis, pênes quem extat hoc exemplar : quod usui » Valdensibus fuisse, multis probari potest argumentis, etc.»

Remerville de Saint-Quentin , a aussi décrit ce manuscrit, dans le recueil intitulé : Pièces fugitives d'histoire et de littérature, Paris, J704 , II1- partie, p. 270. — Alexander Natalis en parle également dans Vindice libromm deutero-canonicorurn veteri Testamenti, etc. Mais il paraît croire que le codex, mentionné par Remerville, n'est pas le même que celui décrit par Lelong, d'après Thomas de Mazangue.

VII. Bible vaudoise de Paris, dite Bible des pauvres. Un beau vol. in-4° magno vélin, de 372 feuillets, à deux colonnes, initiales historiées, or, azur et vermillon : ayant été coupées et enlevées presque partout ; relié en veau olive, à filets d'or, se trouve a la Bibliothèque natio?mle, à Paris, sous le no 7268, '2.s. Fonds de Colbert, no 1626.

Ce manuscrit contient : 1° la Genèse. — 2° I'Exode, qui commence au fol. 30. — 3° les Nombres , au fol. 52 ; le premier feuillet de ce livre a été enlevé. — 4° Deuteroxome, au fol. 76. — 5° JosuÉ: fol. 97. — 6° Juges: 111.— 7° Ruth : 125. — S° 1" Livre des Rois, dont un feuillet a été enlevé: 128.— 9° 2? Liv. Rois: 145.— 10o 3e Liv. Rois: 161.— llo 4' Liv. Rois; 179.— 12o Tobie : 196.-13° Judith : 201. — 14° Esther: 209. — 15° Job: 216. — 16° Les Psaumes: 232. Les initiales ont été conservées aux feuillets 232, 241, 248 et 252.-17° L'Evangile selon saint Matthieu: 270. — 18° Marc: 290. — 19° Luc: 306. — 20o Ev. sel. saint Jean: 330. —21° Actes des Apôtres: 34S.—

220 L'épitre de saint Jacques : 368. — 23° Les deux épîtres de saint Pierre: 369. La dernière de ces épîtres est inachevée; la fin du manuscrit a été lacérée et manque complètement.

Voici comment M. Paulin-Paris s'exprime à l'égard de ce manuscrit : « Ce volume précieux appartenait auparavant à Jacques-Auguste de Thou, dont la signature se trouve sur le premier feuillet conservé... Quant au texte, c'est le plus ancien que je connaisse de la traduction littérale des livres saints ; cette copie remonte à la première partie du XIIIe siècle... L'écriture, l'encre, le dialecte des notes marginales, tout en lait preuve.

« Mais il est moins aisé de fixer la date de la traduction même. Pourquoi ne remonterait-elle pas au XIIe siècle? — Serait-ce cette fameuse traduction faite par le lyonnais Etienne de Hansa, ou d'Ansa,à la prière de Pierre Valdo, vers 1170; traduction qu'on appela Bible des pauvres, à cause du nom que les hérétiques vaudois affectaient? Nous n'en n'avons aucune preuve positive; mais il est à présumer que cette traduction française des livres saints, entreprise pour la première fois, sous les auspices de Pierre Valdo, est la même qui fut censurée par Innocent III, vers l'année 1200, et dont ce pontife ignorait la source. Elle est signalée comme un livre de dangereuse lecture par un grand nombre d'écrivains du XIIIe siècle, et l'on ne désigne aucun autre contemporain, auteur d'une traduction analogue (1).» — « Je ne doute pas, ajoute-t-il plus loin (2), que le manuscrit 7268 2.2. n'ait été exécuté dans le diocèse de Reims ou dans celui de Sens.» — «Pour reconnaître l'existence de traductions antérieures de la Bible, en langue vulgaire, dit-il encore (p. 190), il nous faudrait des preuves évidentes, et jusqu'ici nous n'en

(1) Les manuscrits français de la bibiolhèque du roi, leur histoire et celle des textes allemands, anglais, hollandais, italiens, espagnols de la même collection; par A.|Paulin Patus , de l'académie royale des inscriptions et Belles-Lettres ; conservateur-adjoint de la bibliothèque du roi : Section des manuscrits. Paris, Techner, place du Louvre 12, 1848. — T. VII, p. 185 et 188.

(2) Id. ib., p. 189,

avons pas. » — M. Le Roux de Lincy (1), a fait connaître plusieurs traductions partielles qu'il fait remonter au XII* siècle; mais il convient que les manuscrits connus ne remontent qu'au siècle suivant (p. 192.) — «Telle est la traduction des IV livres des Rois, conservée dans la bibliothèque Mazarine, et dans la bibliothèque royale. Les Psaumes des nos 1152 bis, 278 latin, et 7887 français; Y Apocalypse, n° 7013, etc. {Ut supra.)

Des échantillons de ces divers manuscrits donneront une idée précise delà langue qui se parlait, en France, du XIIe au XIIIe siècle.

Premier échantillon : tiré du Psaume XIII : dixit insipiens in corde suo , etc.

Tiré du MSC. 6818. 3 feuillet... (2)

Cil qui estoit noient sage, dist en son cuer, Dieux n'est pas. Hz sont corrompuz e leur feit abhominable ; il n'est qui face bien de si à un seul.

Tiré du MSC. 7268 2. 2.

feuillet 234.

Cil qui estoit néant sages (qui n'a point de sagesse) dist en son cuer, Dex n'est pas. Il sont corrompu , et sont fet abhominable. Il n'est qui face bien, de si à un seul.

MSC. 6701. " Li nient sage, dist en son quer (cœur) : il n'y al Deu. Cil sont corruptz et faitz sont abhominables. En lour estudies (en leurs études), il n'y a nul qui fait bien; il n'y ad nul, desqes à un. (Il n'y en a pas,juS' ques à un.)

Second échantillon : tiré du premier psaume , conservé dans le MSC. 6818 3.

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