I. MSC. 6818 3. II. MSC. 6818 J
J'ai ma fiance en Nostre S. cornant J'ay ma fiance en Tfostre Seidites-Yous à m'ame (à ma ame) très- gneur. Comment dictez vous a mon
MSC. 6816 5. Le fol (ou qui manque de sagesse dit en son cuer, Dieu n'est pas. Ils sont corrompus et sont fais abhominables en leurs estudes ; il n'est qui face bien , jusques à ung seul,
(1) Introduction à l'édition de l'ancienne traduction des quatre livre» des Rois. Paris, 1841.
(2) Ces citations sont extraites du livre de M. Paulin Pams : Hist. des MSC. de la biblioth. royale.; T. VII, p. 194 et 195.
passe en la montaigne moysnel. [En ame : trespasse la montaigne comme moineau : comme un passereau. ) uu moinel. Car vecy les pécheurs, Pour ce vées ci les pécheurs, qui ont qui ont tendu leur arc , et ont aptendu leurs ars [arcs) et ont appa- pareillié leurs saiectes [sajetles : flèreilliés leurs saietes, pour courre ches ) et leurs tarquois très forts, qu'il saietent ceulx qui ont cuer droi- ad ce qu'il saietent [percent de flèturier, en lieu obscur. ches) en lieu oscur, ceux ont cuer
droiturier.
Troisième échantillon : même passage, d'après la Bible des Pauvres, uo 7268 2. 2.
Ce ai ma fiance en Xostre Seignor. Cornent dites vos a m'ame, trespasse eu la montaigne comme moinel.
Pur ce vecz ci, les pecheors qui ont tendu lor arc, et ont appareillié lor saietes [et ont préparé leurs flèches) en lor coivre [dans leur cuivre — carquois), que ils saietent ceis [pour qu'ils sojeltent (percent de flèches) ceux) qui ont cuer droiturier, en lieu oscur.
Je regrette de n'avoir pas, sous la main, un des manuscrits vaudois, en langue romane, précédemment cités, pour emprunter à leur traduction un passage parallèle à ceux que Ton vient de lire. Mais les citations de ces manuscrits vaudois sont assez abondantes dans cette Bibliographie et dans le premier chapitre de l'Israël des Alpes, pour qu'on puisse aisément établir une comparaison péremptoire entre les dialectes de ces deux classes de manuscrits.
Voici toutefois, pour compléter les éléments de cette comparaison, les premières lignes de Y Evangile selon saint Jean, d'après la Bible vaudoise de Paris.
La il) parole estoit au commencement, et cete parole estoit envers deu [avec Dieu : Deu dérivant de Deus), ce est en la convissance deu le pere. Et dex (2) estoit parole. Ce deu le fill i ce estoit el comencement del monde en la connoissance et en la volente [volonté) deu le pere. Toutes choses furent fêtes [faites) par lui. Ce est par deu le fill qui est la vertu de deu le pere et sapience et nule chose est fete sans lui. Et ce qui fut fet [fait) en lui et par lui apartenoit a vie, et vie estoit lumière dômes [d'hommes) et lumière luist en ténèbres, ce est deu le fill en cest
(1) Cet article, écrit en capitales historiées, a été enlevé dans le manuscrit.
(2) Autre orthographe du mot Dieu.
mortes monde, et ténèbres ne li porent mie nuire (ne purent en rien lui nuire.) Ce est a dire il ne fut mie entechie [entaché) de ténèbres de pechie (de pèche']. Et dex envoia un home qui a\oit a non Jehan. Icestui vin en tesmoignage que il portast temoing de lumière, ce est del fils deu que toscreussent par lui. (Sa voir du fils de Dieu, afin que tous crussent par lui.)
Il résulte, il nous semble, de cette comparaison, que la différence qui existe entre la langue vaudoise et la langue française, au XIIc siècle, est plus considérable encore que celle qui distingue notre langue française actuelle de celle de ces temps-là.
Les livres vaudois, écrits dans la langue romane primitive, ne présentent donc pas l'idiome du lyonnais , qui était déjà le dialecte français ou la langue romane dérivée; ils n'ont donc pas été écrits par des habitants de Lyon; ils ne sont donc pas dus aux disciples de Valdo ; il y avait donc des Vaudois antérieurs à Valdo, dans les Alpes.
VIII. Perrin mentionne (p. 57), « un nouveau Testament en parchemin, en langue vaudoise, très bien écrit, quoique de lettre fort ancienne;» et en marge, il ajoute : Ces livres, et plusieurs autres ont été recueillis en la vallée de Pragela. On a présumé que cet exemplaire pouvait être celui qui se trouve actuellement à Dublin, ou peut-être celui de Grenoble. — Le volume VI, côté F, des anciens manuscrits vaudois déposés à Cambridge, contenait une partie des livres du N. T., savoir : X Evangile selon samt Mathieu, et celui selon saint Jean; le premier chapitre de saint Luc; les Actes des Apôtres ; six épitres de saint Paul; le chap. XI de répitre aux Hébreux, et les deux épitres catholiques de saint Pierre. Ce manuscrit ne se retrouve plus.