‹ L'Israël des Alpes (volume 2)Chapitre 33 sur 48 · HT · texte numérisé non relu

HT

Manuscrits de Genève.

MSC. I., n° 43 (de la Bibliothèque publique).

Ce manuscrit est indiqué , par erreur , dans plusieurs ouvrages, sous le n° 44. — C'est un grand in-16, écrit tout entier

sur papier, d'une pâte grossière : à l'exception du premier feuillet , qui est en parchemin , et qui contient 42 vers , en langue romane, écrits en beau gothique. (Ce feuillet appartenait sans doute à un autre manuscrit. ) — Le MSC. , n° 43, est revêtu d'une couverture de parchemin , dépassant d'un côté le format du volume, et se repliant sur la tranche comme une patte de porteieuille. — Il porte sur le dos une étiquette, avec ces mots : Matw.scrit vaudois : on le croit du XlVe siècle.

Ce manuscrit présente deux parties bien distinctes : la première est en latin, et occupe à peu près la moitié du volume; la seconde est en langue romane , et en remplit le reste. — Voici l'indication des opuscules qu'il renferme.

1° Les 42 vers, du premier feuillet: ils sont sur la Passion de N. S. J. G.

2o Le symbole des apôtres, en latin. Chacune des propositions de ce symbole est attribuée spécialement à un apôtre, et se trouve suivie d'une citation tirée des prophètes, pour montrer que tous les événements de la vie de J.-C. avaient été prédits.

Ce traité se retrouve en langue romane , dans d'autres manuscrits. En voici un extrait , d'après Hahn , p. 608-610.

« San Peyre, apostol, pausé lo premier article, diczent

« Sanct Thoma pause lo V, diczent : Descende a li enfern ; to tercz « jorn rexucite de la mort. Coma propheticze Ozea, diczent: « 0 mort , yo serey la toa mort. Per aquest deven creire que « Yeshu Xrist descende a li enfern en après la soa mort, per « desliorar e trayre las armas de li sant paires ( pour délier et « retirer les ames des saints Patriarches), e de tuit aquilh que « morrion del commenczament del mont, en le e en sperancza « qu'ilh fossan salva. Car per lo pecca d'Adam, convenia que « tuit, bons e mais, descendessan en lenfern ; mas li bon, eran ce en bona e ferma sperancza que lo filh de Dio li vengues li- « berar e salvar , coma era ista promes per li seo san pro- « plie tas. »

3° Glosa super symbolum Apostolorum. Cette glose a aussi été écrite en langue romane ; et c'est d'après ce dernier texte que

Léger en donne une traduction partielle P. L., ch. VIII, et Perrin , p. 197. Le texte roman se trouve dans les MSG. de Dublin. Glas. C. , Tab. IV, no 17.

4° Un traité sur l'aumône, intitulé Elemosina. Il se trouve en langue romane, dans le MSG. de Genève, n° 209, et de Dublin. Glas. G. Tabl. V. n* 26.

5° Expositio moralis orationis dominiealis. Il existe plusieurs traités sur ce sujet • en roman , Léger. P. I. ch. VII ; en traduction, Perrin, p. 201, et Léger, p. 47.

6° De summo ponti/ice. Cet article, qui n'occupe qu'une page, s'éloigne du ton habituel des Vaudois ; il est plein d'expressions violentes et injurieuses, attestant l'indignation qu'excitait à cette époque la conduite des papes. Ces expressions du reste ne sont pas plus énergiques que celles du Dante et de Pétrarque , sur le même sujet

7° Prophetia Hildeyardis.

9° Versus magistrales.

8° De yaudiis Paradisis. Ce dernier opuscule n'occupe qu'une page. Tels sont les titres des traités latins. La dernière moitié du volume est remplie par des discours d'édification , en langue romane , intitulés chacun : Sermo.

MSG. II. ri» 206.

Ce MSC. a passé jusqu'en 1825, pour être en langue catalane: c'est avec cette indication qu'il est inscrit sur le catalogue. A cette époque, l'ayant examiné, je le reconnus et le lis admettre pour un manuscrit vaudois en langue romane.

C'est un petit in-12, renfermant 121 feuillets en parchemin : très noircis de fumée sur la tranche, comme les livres que les villageois ont longtemps tenus sur leur cheminée. Il y manque des feuillets au commencement et à la lin. — Le 1er fol. ainsi que ceux qui se trouvent entre le 16e et le 28° ont les marges profondément rognées par une entaille inégale, qui les coupe obliquement, mais sans atteindre le texte. Le fol. 18 , est déchiré en entier, ainsi que 3 ou 4 autres, en divers endroits du volume. Les 15 ou 16 premiers fol, sont tachés d'encre.

L'écriture de ce manuscrit est généralement très difficile à lire , quoique d'un assez beau gothique , à cause de ses nombreuses abréviations. On y remarque des lettres initiales , ornées de rouge , de vert et de bleu.

Ç La première partie de ce MSG. contient le livre des Vertus, ainsi indiqué : Vertv.cz (1); mais le commencement de ce traité ( les six lerî § ) a disparu par l'ablation des premiers feuillets du livre. La fin seule du Vie §. occupe les 4 fol. qui sont actuellement les lers du vol. — Le MSC. de Dublin. Clas. C. , Tab. V, no 22 , commence aussi par un traité des vertus, intitulé : Liber vertutum. Il s'y trouve en entier. — Voir aussi Léger P. I. p. 51.

II. Au fol. 29e commence un article sur la Com ponction, é&àt voici les premières lignes... « La componsion del cor es humi- « lita de la perfeta naysencza, en lagrimas de la recordanza de « li pecae de la temor del medici. Per lo peca es fait ardrament « cant quest ardiment es recongta en grant superbia. » Plus loin se trouve cette maxime remarquable : « La leydeliberta « es laquai de la vita : ( la loi de liberté est celle de la vie ) »

H!. Après ce traité vient Yépitre aux fidèles : (Pistoia fideli.) Au sommet d'une page isolée , elle porte ce titre : pistoia amicus : ( Epitre de l'ami, ou aux amis ) ; Perrin parle d'une épître ainsi intitulée, à la lin de la p. 58. — Dans notre MSG. elle commence ainsi : « 0 frayres carissimes...» et les derniers mots sont : « Donca o carissimes, sia curios d'eserquiar li mal : tota « mala parola non yessa de la vera boca ; ma si alcuna bona... » La fin manque , avec quelques feuillets enlevés du volume ou déplacés. — Hahn (p. 623-626), a publié une Epistola amicus , qui n'est pas celle-ci.

IV. En tète du premier feuillet qui vient ensuite se trouve inscrit ce titre : Isaya. (Esaïe.)

(1) Il serait intéressant de comparer ce traité avec la somme des vices et des vertus, par frère Lalrent, dont il existe plusieurs exemplaires manuscrits à la bibliothèque nationale de Paris, sous les numéros 7018 3. — 7043 2. — 7044. — 7284 etc. C'est une étude à laquelle je n'ai pu me livrer.

Page 1