‹ L'Israël des Alpes (volume 2)Chapitre 35 sur 48 · V. La nobla Leyczon. Poëme de 479 vers : ayant pour but · texte numérisé non relu

V. La nobla Leyczon. Poëme de 479 vers : ayant pour but

d'exposer les trois législations successives que Dieu donna au monde. (La loi naturelle, la loi de Moïse, et la loi évangélique. — Ce but est indiqué au vers 438. La première partie va du vers 57 au 138 ; la seconde du 138 au 207, et la troisième du 207 au 346. Le poëme se termine par une récapitulation générale et des exhortations pieuses.) — Morland , Raynouard , Plenderleath, Gilly, et Hahn , ont publié ce poëme en entier. Léger n'en donne que des fragments. P. L ch. IV. — La date de ce poëme est fixée par le sixième vers :

Ben ha mil et cent ancz compli entierament.

Plusieurs écrivains de mérite, pensent que la date contenue dans ce vers ne doit pas être prise au pied de la lettre; qu'elle n'est qu'approximative: et doit se rapporter, non à l'an 1100, mais à l'an 1190, environ : époque supposée de la venue présumée de Valdo et de ses disciples dans les vallées Vaudoises, soit du Piémont, soit du Dauphiné; et que dès-lors, ce poëme serait l'ouvrage des disciples de Valdo.

On aurait le droit de demander des preuves positives à l'appui de cette opinion : car ceux qui la soutiennent, n'en donnent pas. — Je vais essayer de donner moi-même des preuves du contraire. — Admettons en effet que la Nobla Leyczon, ait été composée, non en l'an 1100, mais en l'an 1200 : et voyons, si elle a pu l'être par les disciples de Valdo. — Ce poëme est en langue romane; ce n'était pas celle de Lyon. (Voir les écrits du temps en langue vulgaire.) Les disciples de Valdo sont sortis de cette ville de 1180 à 1190 (1). Ne leur eût-il fallu que quelques années pour s'acclimater dans un nouveau pays, est-il admissible qu'ils aient pu, en aussi peu de temps, apprendre une jangue nouvelle , au point de lui donner ses ouvrages les plus parfaits? (pour l'époque du moins;) qu'au milieu des difficultés de la colonisation, ils aient eu assez de loisirs pour se livrer à

(1) La chronique de Laon (publiée par Bouquet, T. XIII), place Valdo en 1173. Sa doctrine a été condamnée eu 1177, 1178 et 1179. — Ce n'est qu'en 1183 ou 1184, qu'il fut expulsé de Lyon ; et ses disciples n'en sont probablement pas tous sortis le même jour.

la composition d'un poëme aussi étendu? Pouvaient-ils immédiatement après leur arrivée dans ces montagnes, présenter les caractères d'extension déjà acquise, de consistance, de calme et de durée, que ce poëme attribue aux Vaudoîs? — Il me semble qu'un esprit impartial trouvera bien plus de difficultés à admettre toutes ces choses, sans preuves, (comme sont obligés de le faire ceux qui soutiennent que les Yaudois descendent de Yaldo), que d'admettre quils lui sont antérieurs, sur le témoignage de cet écrit, daté de ilC, et des auteurs du XIIe siècle, que nous avons cités. {Israël des Alpes, chap. I, page 3.)

La difficulté se change en impossibilité, si Ton s'en tient à la date de la nobla Legczon, (et rien ne la dément); ou si Ton admet seulement qu'elle ait été composée avant 1180 : car rien, à cette époque, n'expliquerait sa production, parmi les disciples de Yaldo. — Ce dernier, non-seulement n'y est pas nommé, mais il n'existe pas la moindre allusion qui puisse se rapporter à lui. Gela n'est pas étonnant, si cette pièce lui est antérieure; mais ce serait bien extraordinaire si elle s'était produite sous son influence directe et qu'elle fût due à ses disciples.

C'est un besoin sans doute, pour les intelligences précises, de préciser l'origine des choses, surtout en histoire; et l'on ne peut préciser l'origine des Yaudois d'une manière historique, qu'en ks rattachant à Yaldo : mais on ne saurait le faire que par des hvpothèses; c'est-à-dire par des incertitudes. A ces incertitudes laborieuses n est-il pas rationel de préférer l'incertitude inévitable qui doit régner sur l'origine des Yaudois antérieurs à Yaldo, par cela seul que si cette origine avait été récente, elle eût laissé des traces ? — En résumé, il y a là un témoignage de l'antériorité des Yaudois des Alpes à Yaldo ; mais il est contesté.—Il n'y a que des hypothèses, pour établir qu'ils descendent de Yaldo : et ces hypothèses sont aussi contestées. — Les esprits exacts, doivent du moins désirer que cette question soit remise à l'étude; un érudit superficiel, ou prévenu, pourrait seul, il nous semble, la considérer comme résolue, dans le sens des hypothèses.

Les Yaudois sont nommés au vers 372 de la Nobla Leyczon:

Ilh diou qu'es Vaudes e degne de punir. Le poëme se termine ainsi:

Placza ha aquel Segnor que forme tôt lo mont Que nos siam de li esleit per istar en sa cort. Dio gracias. Amen.

Cet ouvrage est suivi, dans le manuscrit dont nous parlons, de deux pages de sentences morales. — Pour ne pas prolonger cet article, je ne ferai qu'indiquer les poëmes suivants, qui se trouvent aussi dans le manuscrit de Dublin : Clas. G. Tab. V. n0 2] , Quand nous en serons là, j'accompag nerai leur mention de quelques détails, comme je l'ai fait pour les poëmes précédents.

VI. Lo Payre Eternal. — Ce poëme est composé de 156 vers, divisés en 5-2 strophes, de 3 vers chacune. — Ces tercets sont séparés l'un de l'autre sur le manuscrit de Genève, n° 207, par .une ligne rouge, qui se rejoint aux arabesques de la marge. — Il y a quelques lacunes. Le premier vers de la str. 32, en contient en réalité deux, dont le premier finit au mot cresent et le second au mot ben. Le dernier vers de cette strophe ne lui appartient pas, et devait être le premier d'une strophe subséquente, qui est restée incomplète. Ce poëme, qui occupe cinq pages du manuscrit, n'est qu'une prière où sont reproduits fréquemment des passages des psaumes de David. — Raynouard le croit d'une époque plus récente que les autres poëmes vaudois. (Lettre du 6 avril 1833.) Il en a cité 13 tercets, dans les monuments primitifs de la langue romane. (Choix des poésies originales des Troubadours. T. II, p. 117.) Hahn le donne tout entier, p. 590-594. J'en ai cité quelques passages au § suiv. no IV. art. 4.

VII. Lo despreczi del mont. Poëme sur le 'détachement du monde : occupant 4 pages du manuscrit, contenant 115 vers ; cité fragmentairement par Raynouard, T. II, p. J21, et en entier par Hahn, p. 594-597. — Une ligne rouge a été tracée, de deux en deux vers, entre chaque distique de ce poëme, dans le manuscrit de Genève, mais sur la première page seulement." — Voir pour d'autres détails au § suiv. Manuscrit de Dublin, vol. IV, n° V.

VIII. L'Avangeli de li quatre semencz. (L'Evangile des quatre semences.) Poëme sur la parabole du Semeur. (Matth. XIII.) 11 occupe onze pages du manuscrit, et renferme 300 vers, divisés en 75 quatrains. — Raynouard en a 'publié 25 quatrains. (T. II, p 126.) Hahn le donne en entier, p. 598-604. — Les strophes sont séparées sur le manuscrit 207, par des lignes rouges, qui se rejoignent en arabesques sur les marges. — En voir des citations au § suiv. vol. IV, n° 2.

IX. Après ce poëme vient un Traite' de la Pénitence, indiqué par ces mots : La sensée de la penitencia : (Là s'en suit de la Pénitence.) Il occupe les 24 dernières pages du manuscrit, et n'est pas terminé, car il manque des feuillets à la tin du volume. — Ce traité renferme sur la confession un paragraphe intéressant qui se trouve reproduit dans un autre manuscrit de Genève, (n° 209, fol. 17) et dans ceux de Dublin : (Glas. G. Tab. V, n° XXII: et, même série, n° XXV, fol. 242.

MSC. IV, no 208.

Ce manuscrit est un petit in -8°, écrit sur papier, et portant au dos ce titre moderne : Controverses vaudoises. Les feuillets de ce manuscrit sont dans un très grand désordre. Celui qui se présente le premier, devrait être le dix-septième, et pour trouver ce qui précède, il faut commencer la lecture au feuillet 14. Beaucoup d'autres transpositions s'y remarquent encore; elles doivent s'être introduites sous les mains inintelligentes d'un relieur moderne.

Voici l'indication des documents que renferme ce volume.

ï. En commençant à la page 29e, on trouve une protestation de l'ancienne Eglise vaudoise, contre les innovations de l'Eglise romaine, sous ce titre : Circa là varieta de las cosas émergent. (Touchant la multiplicité des choses qui se produisent.) Voici les premiers mots de cet admirable et grave manifeste :

A Lausor e gloria de l'eternal Dio A la louange et à la gloire de l'E-

comenezament et fin de totas cosas, ternel Dieu , commencement et fia

e refugi de tôt espérant en si : em- de toute chose, et refuge de tous

perezo comenezant de lui , nos pre- ceux qui espèrent en lui : C'est pour-

guen hnmilment la sua magnificien- quoi commençant en lui [ou procéda que el ordone lo comenczament dani en lui) , nous prions humbledaquesta nostra obra, e endreissa lo ment la sienne magnificence , qu'il mecz, e perducza la fin, ha honor dispose le commencement de cette e gloria de lui meseyme, e de tota œuvre notre, en rectifie le milieu, et la cort celestial, e ha salu de tôt fi- en parfasse la fin, à l'honneur et à del. Amen. la gloire de lui-même, ainsi que de

toute la cour céleste et au salut de tout fidèle. Amen.

Ces mêmes paroles se retrouvent dans le manuscrit de Dublin, Clas. G., Tab. V, n° 22; au verso du fol. 176, sous ce titre : Ayczi commeneza lo prolic del libre apella Thresor e lume de fe. (Trésor et lumière de la foi. — Cité par Perrin, p. 59, 201 ; Léger, p. 47, etc.)

• Cette préface ou prolic se prolonge dans le manuscrit de Genève, (n° 208), jusqu'à la page 32e. — Cette introduction a pour but d'établir la Bible comme base unique de toute autorité, en matière de foi.

II. Exposition de la foi vaudoise, indiquée par ces mots : de H article de la fe. Pour suivre l'ordre du traité, il faut, après

' avoir lu de la p. 28 à la p. 32, revenir à la première et lire sans interruption vingt-sept pages consécutives ; puis reprendre la lecture au dix-septième feuillet. — Ces Articles de foi ont été publiés par Hahn, de la p. 605 à la p. 608.

III. Vient ensuite une exposition du symbole des Apôtres analogue à celle dont il est parlé au n° 3 du manuscrit 47 de Genève, le 1er de ce §. — Hahn a publié ce morceau de la p. 608 à la p. 611.

IV. Des sept sacrements, commençant à la p. 17 et occupant 19 p. de manuscrit. — En voici les articles. 1° Del baptismo.

2° Uimposicion de li mans. 3° Lo terez sagrameni es la comunion del corps e del sang de Xrist. Ce § occupe 5 pages et finit par un etc. 4° Lo quart sagrament es la penitencia. (Le manuscrit 209 porte : la ley de matrimoni es lo cart sagrament de la gleysa.) Une partie du traité de la pénitence, qui se trouve à la fin du manuscrit 207, est la reproduction de celui-ci. 5° Lo quint sagrament, es ordonament de prêtres e de diaques. 6° Lo

matrimoni. (Placé au quatrième rang dans le manuscrit 209.)'° La

honcion de li enferra'. (L'onction des infirmes ;) « ces deux sacrece ments sont admis, mais seulement dans la simplicité de Tin" « stitution évangélique; ainsi, point d'extrême onction, point « d'huile consacrée... etc. » (note de M. Tron.) — Une partie de ce traité des sacrements est placée beaucoup plus loin, et par suite du désordre de ce manuscrit, se trouve intercalée au milieu de l'ouvrage suivant.

V. Exposition des X commandements. Ce traité occupe 86 p. du manuscrit, mais il faut en retrancher 22 p. qui se rapportent à l'ouvrage précédent, et qui se trouvent placées de la trentième à la cinquante-deuxième. Le texte de ce traité est beaucoup plus étendu que celui des citations données par Léger, (page 51) et par Perrin, 'page 182, sous un titre semblable. Il est probable que ces auteurs ont tiré leur texte du livre des vertus, et non pas de Thresor e /urne de la fe. — Les deux premiers commandements n'en font qu'un dans le manuscrit 208; mais le dixième est divisé en deux : savoir, IX : défense de convoiter les biens meubles ; et X : les immeubles.

VI. Traité de la pénitence: occupant huit pages du manuscrit. Il se retrouve en partie dans les manuscrits 207 et 209, ainsi qu'à la tin du 208. — Le traité du manuscrit 209 est le même que celui du 207, sauf quelques légères variantes dans les premières lignes. Ce que renferme le manuscrit 209, dans la seconde partie de ce traité paraît être un abrégé de celui qui se trouve dans le manuscrit 207. Ce dernier a toutefois en moins l'article intitulé penitencia esterior. — La copie du manuscrit 208 est conforme à celle du 209, sauf que tout ce qui se rapporte à la falsa penitencia, la première partie du traité , manque dans le premier, qui est du reste beaucoup plus étendu que les deux autres, dans ce qui concerne Yoracion, à propos de la penitencia esterior.

VII. Du jeûne: occupant neuf pages du manuscrit. L'objet de ce traité est principalement d'établir que le jeûne corporel n'a aucune valeur sans le jeûne spirituel. — Ce traité; avec le pré-

cèdent, sont réunis en un dans le manuscrit 209, sous ce titre: De la penitencza e del juni.

VIII. Commentaire sur Voraison Dominicale : occupant huit pages du manuscrit. Se retrouve dans le manuscrit de Dublin, clas. C.,TaJb. V, n° 22, fol. 230. — Un texte semblable a été donné par Léger, p. 40-46, et reproduit par Hahn, p. 697-701. — Un autre traité sur le même sujet a été donné en traduction partielle, par Perrin, p. 47, et par Léger, p. 201.

IX. Traité du purgatoire : occupant 46 pages du manuscrit, renfermant celui de l'invocation des saints, et de la potesta doua a li vicario de Xrist. Ce dernier ouvrage occupe douze pages du manuscrit. — Hahn en a publié une partie, p. 611-616. — Ces divers traités se trouvent aussi réunis dans le livre de V Antéchrist. (Perrin, de p. 253 à 295; Léger, de 71 à 91. — Après ce traité vient dans le manuscrit 208, la suite de VExposition des X commandements, mentionnée dans cet article, au no V.

X. Ara sensée de la penitencza : maintenant s'en suit de la pénitence :) comme à la fin du manuscrit 207. — ^Voir dans cet article le no VI.) — Ce traité occupe 30 p. du manuscrit et termine le volume. — En voici les derniers mots : « La definicion « de la penitencia part en prima desplaisencza e dolor del pecca, « ^n la secunda temor de non recagir. Linconiens prima es « abandonar li pecca cornes e abandonnans plorar lore degit- « tar. » « L'efficacité de la pénitence part, en premier lieu du dé- « plaisir et de la douleur du péché, en second lieu de la crainte « observation attentive) de n'y plus retomber. Les conséquence ces sout, 1° d'abandonner les péchés commis, et en les aban- « donnant de les pleurer et de les rejeter. » — Ces derniers mots lor e degittar, sont encadrés dans une sorte de bandelette, tracée à la plume, avec de légères arabesques des deux côtés, et terminée par la figure d'une main dont l'indicateur est ouvert.

MSC. V, n° 209.

Ce manuscrit est un petit in-8° écrit sur papier, en langue romane et d'écriture gothique. La reliure est moderne, et porte au dos ce titre, moderne aussi : Conseils des barbes.

Les feuillets de ce manuscrit sont tout aussi en désordre que ceux du Codex 208. — Le commencement de la première page se trouve être à la suite de la sixième; et cette première page elle-même ne contient que la fin d'un article, dont la première partie doit être cherchée au vingtième feuillet.

Le temps m'ayant manqué pour reconnaître la place de tous les feuillets de ce manuscrit, je vais indiquer les matières qu'il renferme, en les suivant dans leur ordre actuel.

f. 1 Le premier feuillet appartient, comme je l'ai dit, à un ouvrage placé plus avant dans le volume. Il traite des héritages et de la division des biens.

f. 3 Au fol. 3 commence Pistoletta, (petite épitre), où il s'agit d'exhortations à |la piété. (Ce feuillet 3 parait devoir être le premier du volume.)

f. 6 La ley del rnatrimoni : (Du mariage.) Le mariage est indiqué comme étant le quatrième sacrement de l'Eglise. — La division de ce traité est des plus simples : 1° Devoirs de la femme envers son mari. (Le mari est appelé lo Baron.) 2° Devoirs du mari envers sa femme. 3» Des deux conjoints envers leurs enfants ; surtout, dit le manuscrit, pour que li filU^ liqual nayson cornai, sian rendu a Dio spirital. (Pour que les enfants qui naissent charnels, soient rendus à Dieu spirituels. — N'est-ce pas le but le plus sublime de l'éducation ?)

f. 7 De la justice: On y trouve cette recommandation: non avez recors al judici secular. — Si vous voulez être justes, est-il dit, sachez offrir « vos meseymes a Dio, con totas aquellas cosas « que son vostras; amor e ajutori al proyme; a vos meseymes, « sanctita; al amis, concordia; per lenemis, oracion devota; al « rey... tribu, etc. » — A propos de l'amour des ennemis, il est dit : « Je sais bien que tu ne pourras y parvenir par toi-même, « mais appelle Dieu à ton secours, et il te mettra au cœur cet « amour qu'il a eu pour nous-mêmes , qui l'avions tant of- « fensé. »

f. 8 Pensées détachées , intitulées Petisiers. — C'est de cet article qu'est extraite la pensée citée dans YIsraël des Alpes, T. I, p. 14, note 5. — Elle se trouve au verso du feuillet 8, ce

qui correspond à la p. 16 ; mais dans cette note on a mis fol. i6 . A la p. 10, note I, ce manuscrit était encore cité, il y a par une erreur semblable fol. 18, au lieu de p. 8. — Ces détails ont échappé dans la correction des épreuves.

f. 11 Traité de la pénitence, qui se retrouve ailleurs. — Voir dans la monographie du manuscrit précédent les art. VI etX.

— Au feuillet 17 se trouve un article intitulé : La sancta confession. En voici quelques lignes. « Aquilh que se volon confessar « vocalmeut, ilhi dovon cerca preires sapient e discret e dot: « car silhi recoraren a li mal preire, ilh seren plus engana « que certifica. » — 11 est parlé ensuite des prières, du jeûne et des aumônes. — Ce traité est fort long.

f. 21 Vers le milieu de la page 41 ou du feuillet 21 recto, se trouve écrit en rouge ce titre détaché: Que cosa sia pecca. (Ce que c'est que le péché.) Ce nouveau traité est également fort •étendu. On y exam ne successivement les caractères àe Y orgueil, de Y envie, de la colère, de la luxure, de la paresse (aezidia), de Y avarice, etc.; avec les remèdes qu'on doit y apporter. — Voici quelques lignes tirées des préliminaires : « Lo es de saber (il « est à savoir) que lo pecca morlal, a receopu lo nom de la mort, « emperezo car el mortifica larma. (l'àme.) Trey pecca sonapelha « pecca capita (capitaux), czo es principals de li quais li autre « pecca prenen nayssament, etc. » Quelques -uns de ces passages se trouvent reproduits dans le ebap, IV de Perr'n, p. 13 et suivantes.

f. 53 La prière de Manassé.

f. 54 Commentaire sur l'oraison dominicale. (Glosa sobre pater noster. Ces derniers mots étant latins, semblent indiquer que les Vaudois prononçaient cette prière dans cette langue.)

— Cette glose a été publiée par Léger, p. 40-46, et par Hahn, p. 697-701. Mais les diverses demandes ou requerenezas, y sont exprimées dans le même idiome que la glose.

f. 77 De las quatre cosas que son awenir. Ces quatre choses sont la mort, le jugement, l'enfer et le paradis. — A la suite de ce traité trois feuillets sont laissés en blanc dans le manuscrit; ce sont les feuillets 118, 119 et 120. — A partir de ce der ■

nier feuillet, jusqu'à la fin du volume qui est au 156e, se trouve le traité suivant.

f. 120 Vergier de consollacion. C'est un des livres vaudois dont le titre est le plus souvent cité, mais on n'en a jamais rien publié. Voici ce qu'il contient .

1° Des généralités sur la loi divine.

2° Sur la corruption humaine.

3° Examen de différents vices. (Une partie de ce qui est dit à cet égard, se trouve déjà dans le traité précédemment cité: Quai cosa sia pecca.) — A ^article de la Temptacion, il est parlé de l'hérésie et des hérétiques. On nous saura gré sans doute de faire connaître ce que les Vaudois entendaient par là.

Li hereges son dit quelli coma er- Les hérétiques sont appelés ainsi

rant de la verita. — En ayma las comme étant errants loin de la vérité,

vestimentas cuebron lo cors, en ay- — De même que les vêtements cou-

malas bonas obras cuebran larma de vrent le corps, de même les bonnes

larege, e tollon las vestimentas de li- œuvres couvrent l'âme de l'hérétique,

quai ilhdestruon li ben. et remplacent (ôtent) les vêtements

desquels ils détruisent les biens.

4° 11 est parlé de la foi , de l'espérance et de la charité. — La charité, disent-ils, commence par l'amour de Dieu; elle nous rend invulnérables aux griefs des hommes, etc.

5° Examen et recommandation de différentes vertus.

6° Un long article sur l'amitié: dans lequel se trouve une citation d'Aristote.

7» Des prélats. Article encore fort étendu, indiquant les traits de ressemblance qu'ils doivent avoir avec J.-C.

8° Des prédicateurs. Ils doivent être la lumière du monde.

9° Des châtiments de Dieu : Contenant des citations de saint Isidore.

10° De la crainte et de l'amour de Dieu.

11° De l'amour du prochain, de l'aumône, etc.

12o. De la pénitence et de la contemplation. — Ce dernier caractère est ainsi précisé : « Es sostracion de ment a Dio, cum « desmentiganeza de las cosas temporals. » ( C'est l'élévation de l'àme à Dieu , avec oubliance des choses temporelles.)

13o Des louanges du Seigneur.

14° De la persévérance, de la pauvreté, de l'obéissance, de l'humilité et de la chasteté. — Que la pratique de ces vertus , dit l'auteur en terminant : Per tu (Segnor) e lo Ho nom, sia a mi récréation.

Ce traité , peu méthodique , a sans doute été intitulé Vergier de consollacion, par l'analogie d'un verger où croissent librement toutes sortes d'arbres , avec ces pages remplies de sujets divers, mais tous édifiants. Il semblerait, qu'en l'intitulant : des vertus et des vices, on eut mieux fait connaître son caractère général. — Je doute que ce traité soit complet. Il contient plusieurs passages qui se retrouvent ailleurs; et plusieurs qu'il est fort difficile de lire. — Une copie du Vergier de consollacion, se trouve dans le MSG. de Dublin, T. VII, n° 3. — Il serait bon de pouvoir comparer ces deux versions entre elles.

Manuscrits qui ont disparu.

D'autres MSG. avaient été déposés à la bibliothèque de Genève, par Jean Léger, en 1662. M. Gérard était alors bibliothécaire. Le reçu qu'il donna de ces documents, est inséré dans l'ouvrage de Léger: partie I, chap. III, p. 23. — D'après une lettre de M. Raynouard (du 6 avril 1833), la plupart de ces documents furent envoyés en Angleterre, sur la demande de Cromwel ; mais Cromwel est mort en 1658, son fils se démit du protectorat en 1659, et ces MSG. n'ayant été déposés à Genève qu'en 1662, ne peuvent avoir disparu par cette voie. — Quoi qu'il en soit , ils ne se trouvent plus aujourd'hui dans la bibliothèque de cette ville.

Parmi ces documents il n'y avait qu'un seul volume qui fût en langue romane. Il venait de la vallée de Pragela. ( Léger, p. 23); tous les livres qu'il contenait se retrouvent dans d'autres MSC. encore existants; en voici l'indication :

lo La nobla Leyczon. Se retrouve dans le MSG. de Genève , n° 207, et de Dublin , T. IV , n° 6. (Clas. G. , Tab. V, n° 21.)

2° Lo purgatori soima. (De l'invention du purgatoire.) MSG.

Dublin. T. III , n° 36. — A été publié par Léger, p. 295, et par Perrin, p. 93.

3° De li tramettament (des traditions), se retrouvait, dans les MSC. de Cambridge, n° VI, T. I. ( Indiqués par Morland , p. 95-98 , et par Léger, p. 21-23. ).

4o De V inuocassion de li sant. (De Tin vocation des saints. ) MSC Dublin. T. III, n° 57. (Glas. G. Tabl. V, n° 22.)

50 Lo novel confort. (Genève , MSC. 207 ; et Dublin. T. IV , no 1.)

6° Lo Dottor {le Docteur, contenant des sentences des Pères de l'Eglise, sur la repentance). Cambrigde. T. II , n° 3.

7o Glosa Pater noster. Cambrige. T. II , n° 1. Dublin. T. VII , n° 2. Genève, n°du MSC. 43, § 3, et 209, fol. 54, ainsi qu'au MSC. 206.

8° Glosa simbolum apostolonim. Genève, MSC. 43, 110 3. 9o Explication des X commandements. Genève, MSC. 208, no 5.

10 '> Divers sermons, ou discours de peu d'étendue, sur divers sujets de l'Ecriture Sainte. MSC. de Dublin, T. III, du feuillet 11 au 17s et du fol. 348 au 368.

Ces divers traités d'un manuscrit d'origine incontestablement vaudoise , se retrouvant épars dans tous les MSC. qui portent le nom général de Manuscrits vaudois , quoiqu'on ait voulu les contester aux Vaudois , rendent impossible désormais cette dépossession.

§ IV

Manuscrits de Dublin.

(Bibliothèque du collège de la Trinité.)

Ces MSC. proviennent de la biblioth. d'Usser, (en latin Usserius), célèbre écrivain et ecclésiastique anglican : né à Dublin , en 1580, évèque de Meath, en 1620 , archevêque d'Armagh, en 1626, et mort en 1655. — Les manuscrits vaudois, déposés à

Cambridge, par Morland, en 1658, et qui ont disparu depuis lors , n'étaient donc pas aussi anciens en Angleterre, que ceux d'Usser, qui existent encore aujourd'hui à Dublin.

Volume t.

(Class. A. Tabl. IV, no 13. ) Bible vaudoise. — J'ai déjà fait connaître ce MSG. dans cette section , au n» IV, du § II , intitulé : Manuscrits bibliques.

Volume II.

(Clas. C. Tabl. V, n0 18.) Ce codex, est connu sous le nom de Manuscrit de George Morel. C'est un volume sur papier, de six pouces de hauteur, sur quatre pouces et demi de largeur. Il renferme une collection de lettres et d'autres documents, relatifs à la mission que George Morel et Pierre Masson accomplirent, en 1530, auprès des Réformateurs, de la part des Vaudois.

En voici l'indication détaillée, d'après une lettre du Dr Todd , insérée au Magasin britannique, n° CXIIl, p. 397.

1° A la page lre se trouve une lettre des Vaudois à QEcolampade, commençant ainsi : « Salve mi Domine OEcolampadie. « Pero aczo que tu dones conselh a nos, e confermes nos fre- « vols, aime lo présent eorde loqual es entre d'nos ministres. « Car moti racontant... , etc. La suite comme dans Perrin , p. 211. — Cette épitre n'occupe qu'une page.

2° P. 2 à 5. Réponse d'Œcolampade. Perrin, p. 46, et Léger, p. 105. (Une lettre beaucoup plus longue, mais commençant de la même manière, a été publiée dans Epistolœ virorum doctorum, editœ Bibliander. Bàle, 1548, p. 2.)

3° P. 5. Epistola ad Bucerum.

4° Réponse de Bucer. Perrin , p. 47.

5° P. ri. De ministrorum ritibus. Publié par Scultet, an 1530 Von-der-Hardt, Pars F, p. 161. Sur le MSC. de Dublin,' aux pages 8, 10, 25, 31 , etc., il se trouve des mots et même des phrases tout entières biffées par une main moderne. En certains endroits on a surchargé le texte par des mots, qui ne

— Wl —

s'y trouvaient pas primitivement. Les mots et les phrases effacés dans le MSC. sont omis par Perrin, et les changements faits par une main moderne sont adoptés par lui.

La portion du manuscrit qui traite de ministrorum ritibus , se poursuit jusqu'à la page 116. — Chaque sujet particulier fait l'objet d'une demande (peticio), à la suite de laquelle vient la réponse d"OEcolampade ou de Bucer.

C'est dans la peticio XII, que se trouve la confession de foi , dont les analogies textuelles , avec celle publiée par Léger, p. 92, sont si frappantes. — Perrin, du reste, qui l'a publiée le premier, la dit extraite des mémoires de Georges Morel (c'est le MSC. dont il est question), ainsi que ÏAlmanach spiritual. (P. 1 , chap. XII , note marginale , p. 79. )

A la p. 56 , on lit cette demande : « quai cosa se deo entendre <f par las claos dona a sant Peyre. » — La réponse d'OEcolampade est identique avec les paragraphes de clavibus ecclesiœ , qui se trouvent dans epistolœ doctorum virorum, p. 4.

La peticio XXIII est ainsi conçue : item , si tôt jurement es défendu , etc.

6° P. 116. Lettre d'QEcolampe, reproduite dans Epistolœ doctvir. , p. 8.

7° P. 117. Lettre de Bucer, datée anno salutis , 1530.

VIII. P. 118. Rapport sur le synode tenu à Angrogne , le 12 septembre 1532. (Voir YIsroël des Alpes. T. I, chap. VII.) Cette pièce présente aussi des ratures. — On pense que ce MSC. est le même que Perrin avait eu entre les mains, et qu'il cite sons le titre de Livre ou Mémoires de Georges Morel et de Pierre Masson (p. 46 , 106, etc.), parce que les pages qu'il en cite (p. 70 , 106 , 157,) correspondent exactement avec celles du manuscrit actuel.

Volume III.

(Clas. C. Tab. V, n° 22. ) N'ayant sous les yeux aucune monographie de ce MSC, et ne l'ayant pas vu moi-même, je ne puis que donner l'indication des matières qui s'y trouvent traitées.

lo Sur la première page : un petit calendrier de l'Eglise.

2° De la page 2 à la page 156, le Livre des Vertus: Liber Yertutum ) : occupant 77 feuillets.

3° Traité d'éducation, contenant, du fol. 88 au 33, de lenseignemant de li fith: et du fol. 83 au 85, de las garda de las filhas.

4° Traité sur le mariage , commençant ainsi : Acyzi vollen parlar del matrimoni . a confort de li bon. Ce traité va du fol. 85 jusqu'au 91.

5o Sur les songes. [De li soyme.) Du 91 au 94.

6° Ayczi vollen parlar de li pecca de la lenga. Traitant de la médisance, de la calomnie , des faux jugements , etc. , du fol. 94 , au 118 , se trouve en partie dans le MSC. de Genève, n° 209 , du fol. 51 au 53.

7° De la saperbia : ( De l'orgueil ) : du fol. 118 au 139.

8° La parolla de Dio. Du fol. 139 au 145.

9° De li perilh. Occupant seulement la première page du fol. 145.

10° lot don noble : (Huit grâces éminentes) : ou,. Tôt don mjble : toute grâce éminente ; entre ces deux versions le sens général du texte et la vue du MSC. peuvent seuls décider. Ce traité n'occupe que deux pages.

H* Sept sermons, renfermés dans le MSC. depuis le fol. 146 au 167. — En voici les indications, empruntées aux premiers mots de chacun : %• « Aquilh que fameian... » ceux qui ont faim. 2° « 0 Seignor, tu me pocz mondar si tu voles. » 0 Seigneur tu peux me purifier si tu veux. — Se retrouve au n° 13 du T. VI de cette série. 3° « Sermo d'Erodiana. » ( Sur Erodias , mort de Jean -Baptiste.) 4» « De la parollas auciosas : » des paroles oiseuses. 5° a Li parlar de li philosofe ; « les sentences des philosophes. 6ù « Vevos un filh mort unial de la sua mayre. » ( La mort du fils unique.) 7° « Sermo de las noczas. » Sermon des noces : ^introduction des élus dans le royaume de Dieu. ) — Quelques pages sur le même sujet se trouvent dans le MSC. de Genève, n» 206.

12^ Fragments divers , dont quelques-uns se retrouvent dans

le liber vertutum, — Ils s'étendent, du fol. 167 au 175. — Ce sont, lo a De la ubricta:» de l'ivrognerie. 2° « Luxuria. » 3° De « la familiarita de las fennas. » 4° « De la honesta : » de la retenue. 5° « De la sapiencia de Dio. » 6° « Angel... » (L'Ange... ) 7° « Ll considération de la brievita de la vita : » considérations sur la brièveté de la vie. 8° « De li parlar dalcuns doctors » 9o « Al enfern... » 10° « De li ben del paradis. » (ces fragments 9 et 10, sont les deux parties du même sujet. ) 11° « De la Cristianita.

13° «Trésor e lume de fe. » Cet important traité, tient du fol. 176 au fol. 271. Il renferme, le « la remarquable introduction, déjà signalée dans le MSG. de Genève, n° 208, fol. 15. Elle est indiquée dans le MSC. de Dublin , par ces mots : « Ayczi « commeneza lo prolic del libre appella Trésor e lume de fe. » Cette introduction va du fol. 176 au 179. — 2« « Lo simbole d'Anastais. — 3o « De li articles de la fe. — 4o « Li sept sacrament : » occupant 16 pages. — 5° Li commandament de Dio. » occupant 33 pages. — 6° « Tracta del oracion : » 23 pages. — 7o « De la penitencia : » 78 pages. ( Voir, sur ce dernier article , le no 6 du MSC. 208 de Genève.

14° Au feuillet 271, on lit : « Ayezi comenezan Las tribulacions. » Ce traité occupe 13 pages. — Publié par Léger, P. L ch. VI. p. 35; et par Hahn, p. 692-696.

15° Las interrogacions menors C'est le petit catéchisme que Perdu (p. 157) et Léger (p. 58) ont publié comme étant daté de l'an MG. — Il n'est pas de livre vaudois qui ait été plus souvent reproduit. Kœcher , Monastier, Dieterici , Brez , Hahn, et d'autres, l'ont donné dans leurs ouvrages. Il a aussi été imprimé séparément, à Edimbourg.

160 Deux fragments : « De li bal ; » (du fol. 292 au 297), et « De la Taverna : » (du fol. 297 au 298). Ces passages très sévères contre les bals et les cabarets, ont été publiés.

17° «Le Symbole des Apôtres,» occupant la première page du fol. 298.

18° « Alcuns testimoni del Apocalis : » depuis le verso du fol. 298 jusqu'à la fin du 299.

190 « De lî VIII pensiers : » occupant la page 600 , ou la

lre du fol. 300.

20° « De las quatre cosas que son a venir. » Ces quatre choses sont : la mort, le jugement, l'enfer et le paradis. ( Du fol. 301 au 304, où commence : «Del alegrecza de li Salva,» qui va jusqu'au fol 334.)

21<> Fragment, dont les analogues se retrouvent dans le livre Des Vertus. — 1° « Del pecca de la desubidieneza : » ( du fol. 337 au 341. ) — 2» « De la venianeza, » (de la vengeance : occupant quatre pages.) — 3° « De la desperacion, » (du désespoir: occupant cinq pages.) — 4° «Lo fellon abandonne la soa « via, » que le méchant abandonne ses voies : occupant deux pages.

22° Sermons. Ces pièces sont au nombre de six. 1° « De « lo mesquin. » 2o « En aquella contra de Bethlem eran pas- «tors... » 3o « Yeshu dis a li seo disceples... » 4o «Johan deezia « al poble. » 5° « Jeshu montant en lanauta... (dans la nacelle.) 6° «Le fantin Jeshu... » (l'Enfant Jésus... etc.) — Ces six sermons, tiennent dans le MSC. du fol. 348 au 373.

23° «Del Purgatori.» Traité du Purgatoire, allant du fol. 373 au 378; et contenant de la convocation de li sant, fol. 378 au 383; puis de l'absolution, du fol. 383 au 385.

24° Un Sermon, commençant ainsi: «OFrayres! sabent « aquest tempo, car hora es ja a nos levar del sopn...» (du sommeil...), termine le volume au feuillet 389e.

Volume IV.

(Clas. C. Tab. V, no 21.) Ce volume contient les mêmes poèmes en langue romane que le MSC. 207 de Genève; mais dans un ordre différent.

I. Lo novel confort. J'en ai cité les deux dernières strophes, dans le paragraphe précédent, (MSC. III, no IV) ; M. Monastier en rapporte un fragment assez considérable (T. II, p. 278- 282), d'après l'ouvrage de Raynouard. — Il y aurait quelques

variantes à vérifier. En voici une qui se rapporte au second

vers de la troisième strophe :

Tota la vostra vita es un petit dormir;

Et dorment vos soyma un soyme de placzir... etc.

« Et dans votre sommeil vous ne faites que des songes de « plaisir... » L'étendue et les principaux caractères de ce poëme, sont indiqués au paragraphe précité.

II. Lavangeli de li iv semencz. Poëme sur la parabole du Semeur ; l'un des plus remarquables des anciens poèmes vaudois, et celui qui montre le mieux peut-être, combien les Vaudois avaient approfondi le sens moral des Ecritures. (Voir au § précédent, MSG. 207 , n0 VIII.) Il renferme en outre des indications précieuses sur les différentes classes de chrétiens (correspondantes aux divers ordres de semence), telles qu'elles se manifestaient à cette époque. — Il en est qui reçoivent d'abord la Parole de Dieu avec empressement :

E de présent qu'ilh senton la perseguecion, Un poc d'espavament o de tribulacion.

Ilh renean e laysan la predicacion Lacal ilh scoutavan con tanta devocion.

(Strophe 15e. ) Les temps, à cet égard, n'ont pas changé le cœur de l'homme; mais les obstacles ne sont plus les mêmes. L'ivraie qui croit avec le bon grain, représente les ennemis du règne de Dieu :

Czo, son li filh fellon, plen de tota malicia ; De persegre li just han mota cubiticia :

est-il dit à la str. 65; et dans la suivante

Ma li just son ferm ; en Xnst han lor confort...

Aussi cette force ne leur manque-t-elle point : (str. 67) :

Emperczo temon Dio, gardant se de mal far, La ley del Segnor s'efforczan de gardar; E totas adversitas en paciencia portar Entro que sia vengu lo temp del meisonar.

Il était dit précédemment (str. 39 et 40) :

Mot son pacifie, human e ben suffrent : >"on se volon deffendre, non son mal respondent, Mas portan en paciencia greo cosas entra la gent : Emperczo son apella filh de Dio toi poysent.

Tribulacions suffron e peresguecion grant ; Sou toruienta e aucis e en grant carcer istant ; Per czo son plen de temor e de grant spavant : Sovent d'uu lusc en autre fuon transfugant...

Tel était l'état des chrétiens d'alors : tel était celui des Vaudois, au milieu de leurs adversaires,

Que volon devorar lo Iropellet petit

Del cal es bon pastor lo segaor Jeshu Xrist : (Str. 8.)

Et par un rapprochement notable, il est dit de ce petit troupeau, ou de l'Eglise de ces fidèles persécutés :

Àquesta es la sancta Gleysa, recebent confidaneza La parélla de Xrist e la soa amouestaneza.... ^Str. 47.) Molher es de l'agnel e dicta la soa sposa Humil e casta, e vio mot vertuosa. (Str. 60.)

La conscience que les Vaudois avaient d'eux-mêmes, comme Eglise, pourrait difficilement être mieux indiquée.

III. La Barca. Poème, déjà mentionné avec détails, dans l'article II du MSC. de Genève, no 207.

IV. Lo Payre Eternal. (Voir au même MSC. no VI.) Ce poëme est une prière, adressée successivement au Père, au Fils et au Saint-Esprit, puis à la fortissimo. Trenita. En voici quelques passages :

0 primiera cayson seneza defalbiment,

Fin sies de totas cosas, seneza comenezament :

Mostra me la toa facia alegre e resplandent!

Consolador dreitiirier, sant e prencipal, Purifica la mia arma d'tot pecca mortal, Planta hi las vertuez, e dereyeza li venial !

Segnor segnoriezant de las très girarchias,

E de la gleisa triumphant que uferc a tu Messias,

Prego te, fay nos esser d'aquellas compagnias !

Conselhador fidel, merevilhos e fort, Conselha lo tio poble, qu'es tormenta a tort, Que habandone aquest mont per venir al tio ort.

Le mot ort signifie littéralement jardin; et, métaphoriquement, Paradis. — Ces quatre tercets, sont les 18e, 19^ %\e) ei 37e du poëme. — Je ne puis donner en entier la traduction de ces différents passages, à cause du peu d'espace qui me reste dans le cadre réservé à cette bibliographie.

V. Poëme qui ne porte point de titre sur le MSG. de Dublin ; mais dont le texte est conforme à celui du MSG. de Genève, intitulé : « Lo despreczi del mont. » (Voy. MSC. 207, no VII .) Ce poëme (d'après le MSG. de Genève, que j'ai seul sous les yeux), ne me parait pas terminé; car le sujet n'en est exposé qu'au vers 95e en ces termes :

Lonor del mont yo te \olh recontar...

et vingt vers après l'auteur s'arrête inopinément, à un sens suspendu :

Aquel non ista segur, ni mot ben alloga Local po esser de la mort subitament arappa.

Les développements promis par le début manquent évidemment ; et la formule par laquelle se terminent la plupart des autres poèmes vaudois, étant omise dans celui-ci , semble indiquer également qu'il y a eu interruption. — En voici quelques vers :

Las cosas terrenals totas venon a nient;

(Les choses terrestres se réduisent coûtes à rien.) — De quoi te rachèteras- tu, quand la mort viendra t'occire? Car pacte ni convention la mort ne reconnaîtra... etc.

De cal te recouprare cant la mort te aucire? Car pat ni convenencza la mort non recebre; L'or ni l'argent non te secorrare, Ni preguiera d'amie non te desliorare Al dia de la besogna, cant l'arma perire.

(Au jour du besoin, quand l'âme périra.) On ne peut se lier, ajoute l'auteur vaudois, en aucun des biens d'ici-bas :

Ni en torre, ni en palays, ni en grant maysonament, Ni en tantas, ni en convilis, ni en li grant manjament, Ni en !y leyt honorivol, ni en li bel parament, Ni en vestimentas claras e fortmeut resplandent; Ni en grecz de bestias, ni en lavor de moti camp... etc. L'énumération de ces choses dans lesquelles s'enorgueillissaient les hommes d'alors, pourrait, avec quelques études, servir à déterminer l'époque où fut composé ce poëme.

VI. La nobla Leyczon. (Voir pour les détails dans le § précédent. MSC. 207, n° V.)

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