‹ L'Israël des Alpes (volume 2)Chapitre 36 sur 48 · VIII. Sermon en prose, intitulé : Bel Mesquin · texte numérisé non relu

VIII. Sermon en prose, intitulé : Bel Mesquin

IX. Texte original du morceau dont Perrin (p. 178) et Léger (p. 57) ont donné la traduction, sous le titre de Confession des péchés des anciens Vaudois. Ces deux auteurs la publient comme étant en prose ; ce morceau est aussi écrit comme de la prose dans le MSC. de Dublin. Le Rév. M. Gilly, ayant eu la bonté de m'en envoyer une copie , j'ai reconnu que le texte était en vers; et qu'aux anciens poèmes vaudois déjà connus, il y avait lieu d'ajouter celui-ci, dont Perrin et Léger eux-mêmes avaient ignoré l'existence. — Ce morceau a été publié par mes soins, dans Y Echo des Vallées, lre année, n° 10, p. 154-159, avec une traduction très exacte, rédigée par M. Meille. — En voici quelques vers :

Segnor perdona me, per la toa boiuta !

Temeros soy a far ben, e fortment pereczos

E aidi a far lo mal e mot evananczos.

Segnor, dona me gracia, que non sia de li fellou....

Hayas marczi da mi e dona me humilita....

Segnor D!o, tu sabes to czo que yo hay confessa,

Encara hi a moti mal que yo non hay reconta etc.

Ces vers portent dans l'inégalité de leur mesure, et le caractère des rimes simplement assonantes, une preuve de haute antiquité. Ce doit être un des plus anciens poèmes vaudois qui nous soient parvenus.

X. «De las proprietas de las animanczas.» Traité didactique, renfermant des exemples et des leçons, tirés des mœurs de dif-

férents animaux. — Ce traité se retrouvait dans les anciens MSC. vaudois déposés à Cambridge et aujourd'hui perdus, au vol. I, côté A. n° 2.

XI. « Ayczi coinencza alcunas sposicions sobre alcuns, passa- • ges de S. Matth. » — Tel est le titre du dernier ouvrage que renferme ce volume. — 11 suffirait de la présence d'une pièce en vers écrite comme de la prose, pour prouver que ce MSC. n'est qu'une copie faite à un temps très éloigné de la composition du texte.

Volume V.

(Clas. C. Tab. V, n° 23.) Il commence par un fragment, qui fait partie, en d'autres volumes, du Traité sur l'Antéchrist.

I. « Ayczo es la causa del despartiment de la Gleysa romana. » Dans la plupart des collations publiées jusqu'ici , on lit Del nostro despartiment... etc.

II. « Joachim Camérarius» in narratione historica «de Ec- « clesiis Fratrum in Bohemia et Moravia. » Gamérarius n'ayant vécu que dans le XVIe siècle, le MSC. qui contient son ouvrage, doit être nécessairement d*une date fort récente. Mais la présence de"cet ouvrage dans un MSC. vaudois, montre l'intérêt que les Vaudois prenaient aux Frères de Bohème, et atteste jusqu'à un certain point, les relations qu'ils avaient entretenues avec eux.

III. «La Epistola al serenissimo rey Lancelau. » Cette pièce serait de nature peut-être à jeter plus de jour sur les rapports des Vaudois avec la Bohème, si elle avait été publiée. — C'est par elle que se termine ce volume, dont l'ouvrage de Camérarius, occupe la plus grande partie.

Volume VI.

Je ne puis indiquer que la première phrase de chacun des traités que renferme ce volume.

1" « A Isach. se tu despartires la preciosa cosa de la vil.... » (Si tu sépares les choses précieuses des viles...)

2o «De las vertucz teologicals. » (Des vertus théologiques.)

3° « L' beneuranczas. » 'Les béatitudes.)

4U «Oyt cosas son que nos deven pensar per chascun dia. » (Huit choses sont, que nous devons penser chaque jour.)

5o « Cant tu seres envida a las noczas » (Quand tu seras

invité aux noces...)

6° « Jo entendo d' dire cal cosa matrimoni.,.. » (Je me propose de dire quelle chose est le mariage.)

7° « Li filh lical naison a li payrans carnals... » (Les enfants qui naissent à leurs parents charnels....) ^- Comparer avec un passage analogue, cité dans cette Bibliographie, à l'article 6 du Codex de Genève, n° 209.

8° « Del pecca de la desubidieneza. » (Du péché de la désobéissance. Ces quatre derniers morceaux font probablement partie du même traité. <

9° Sermon. «En aquel temp Herode fey pilhar e ligar e en- « carcerar Johan Baptista.» (En ce temps-là Hérode fit saisir, lier et emprisonner J.-B.)

10° «Nos vesen esser na très greo perilh. » ( Nous voyons être nés trois grands périls. )

llo «Donca nos mesquins, perque tarden debenfar.» (Pourquoi donc, pauvres gens que nous sommes, tardons-nous de bien faire?)

12» «Lo felhon abandone la soa via.» (Que le méchant abandonne sa voie.)

13° » 0 segnor tu me poez mondar si tu voles.» (0 Seigneur, tu peux me purifier si tu veux.)

14° «Tu sies sol pelegrin in Jérusalem. » (Tues le seul pèlerin vers Jérusalem. )

15° «Lo fantin Jeshu.» (L'enfant Jésus.) — «Loteo payre e io dolent querian tu.» (Ton père est maintenant affligé, et il te cherche. Ou bien : C'est moi qui suis ton père attristé qui te cherche. — « En aquellas contra de Belem, eran pastors. .. (Dans cette contrée de Bethléem, étaient des bergers...) — «E cum Jeshu fossa na en Bellem... (Et lorsque Jésus fut né à Bethléem...) -r- «En aquel temp zoes li savi atrobae adora lo fantin.» (En

ce temps-là vinrent les sages, trouver et adorer l'enfant. ) — J'ai réuni ces cinq fragments sous le même numéro, parce -qu'ils m'ont paru faire partie du même sujet. — Ils se retrouvaient en partie dans les anciens manuscrits vaudois déposés à Cambridge, vol. roté B, n° 21.

16° « Li teo olh vean dreytas cosas...» (Tes yeux voient les choses droites...)

17o «Deli bal.» (Des bals.) — « De la Taverna.» (Des Cabarets.) — «Delà Beniancza. » (De la Bienfaisance.) — «De la Desperacion.» (Du Désespoir.) — «Yo non volh la mort del peccador...» (Je ne veux point la mort du pécheur...) — Ces cinq fragments me paraissent encore devoir être réunis avec un discours sur la Conversion, qui leur fait suite.

18° « De las parollas auciosas.» Sermon sur les paroles oiseuses. — Se retrouvait aussi dans le 2* vol. des manuscrits vaud. de Cambridge, n° 19.

19° «Yot don noble.» (Huit dons éminents.) Peut-être devrait-on lire : Tôt don noble: toute qualité élevée, etc.. — On trouve dans le manuscrit précité un traité touchant les Sept dons de l'Esprit, qui rappelle le traité d'Etienne de Borbonne: de septem donis spiritus sancti, d'après Esaie, ch. II ; et un traité des Six choses honorables en ce monde, nos 15 et 19.

20° Deux traités sobre lusura (sur l'usure.)

21° Paraphrase : « Jeshu fo mena del esprit al désert, qu'ilh fossu tempta del diavol... (Jésus fut mené au désert pour être tenté par le diable.)

22o Trois sermons, l'un inlitulé: «Lo bon pastor.» (Le bon berger.) Le second commençant par ces mots: «Petit e non «verre mi e dereczo petit e veyre mi.» (Dans peu de temps vous ne me verrez plus, et peu après vous me reverrez. ) Et le troisième: «La fenna cant ilh aperturis a tristicia, car lora de « ley yo soy conpira al fane. (Job. 30.) Les cinq derniers mots de cette phrase ont dû être inexactement copiés.

23° Traité de la penetencia : déjà indiqué ailleurs.

24° Six sermons commençant ainsi : 1° «Cant vos devian del «judici avenador...» 2o «Yo faineiey (j'ai eu faim) a vos non

« doner a mi a maniar... » 3° « E vevos fenna Cananea yssic « daquellasencontras... » (Et voici, une femme cananéenne sortit de ces contrées...) 4o « 0 segnor, lilh de David merceneia de «mi.» (aie merci de moi.) 5« «Vevos aqual que semenava... » (Voici, celui qui semait...)

25° A Isach. Crisostomo di : «Tota la gloria de Dio e tota la salu de li orne es pausa en la mort d'Xrist. » — Toute la gloire de Dieu et tout salut pour les hommes repose sur la mort de Christ.

Volume VII.

(Clas. G. Tab. IV, no 17.) Intitulé: « Waldensium tractatus « très, vetera lingua britanica conscripta. » — Je ne sais sur quoi on a pu prétendre que ce volume était écrit en ancien breton; les traités qu'il renferme sont en langue romane; et se trouvent ailleurs, en d'autres manuscrits vaudois.

Ces trois traités sont ■

I. glosa sobre lo pater noster : ( se retrouvant, dans le manuscrit de Genève, nos206, 209 et 43.)

II. de la quatre cosas que sox avenir : (se trouvant dans le manuscrit de Genève, nos 209, fol. 77. Le sujet en est indiqué en ces termes :«Lo es dentendre dun chascun dias que quatre « cosas son avenir; czo es asaber : la mort, lo jorn del iuiament, « las penas eternals, ii goy de paradis. » — Il faut se rappeler chaque jour, que quatre choses sont à venir ; c'est à savoir : la mort, le jour du jugement, les peines éternelles, les joies du paradis.

III. vergier de consolacion : fréquemment cité par Perrin et Léger ; se retrouvant aussi dans le manuscrit de Genève, r.* 209, à la tin du volume, dont ce traité occupe les 72 dernières pages.

Voici ce qui y est dit sur la foi, l'espérance et la charité

La fe endreyeza al sobeiran La foi nous guide [redresse) au serve-

ben, en cresseut e cousenteot lo raiu bien, en nous faisant croitre et con-

ver mediînt. sentir au vrai médiateur.

L'esperancza endreieza en re- L'espérance nous élève (redresse) en nous

semilhant e ecompeitant las assimdant et nous faisant désirer [compe'-

plus antas cosas, mediant las- Hier: verbe disparu de notre langue, d'où

quais larma se espert es est resté le substantif compétiteur) les cho-

fiancza de li ben aveuadors, per ses les plus hautes, par le mo\en desquella gracia de dio e per la bona les l'âme se rassure... C'est la certitude des conscicntid. biens à venir, (obtenue, par la grâce de Dieu , et par la bonne conscience.

Ca^ita... es lamor de dio e La charité est l'amour de Dieu et du prodel pruyme. La carita donna chain. Eile nous met au-dessus des bleslibertadegriefta; latemor non sures (de l'amour-propre) ; la crainte (par sent lo lavor , non regarda lo amour) ne sent pas le travail, ne regarde raerit. pas au mérite.

(Voir dans cette bibliographie, section actuelle, § III, manuscrit V n° de page 120.)

Volume VIII.

(Relatif aux habitants de Frayssinières.) (Glas. G. Tabl. IV, n° 18.) Intitulé: Valdenseia documenta; et contenant :

1° Poursuites dirigées en 1497 par l'Archevêque d'Embrun, contre quelques habitants de Frayssinières.

2° Sentence contre Pierre Valois de Frayssinières.

3° Note sur les événements hist. de 1488. (Croisade d'Innocent VIII. )

4° « Tractatus, seu epitome, eorumque continentur in ac- « cusatione et lite intentata coram reverendissimis dominis, « domino inquisitore apostolico, atque venerando otïiciali hujus « curis, prsesentibus ac prœsidentibus, contra Stephanum Ruf- « fum (Gaspard le Roux ) e loco, vel oppido, quod vulgo apud « Gallos, vocatur la Frayssiniere. »

5° Requête de quelques habitants de Frayssinières adressée à l'Archevêque d'Embrun, et datée de 1483.

6° Lis intentata contras duos Barbas. (Cette pièce se retrouve à ce qu'il semble au vol. IX, n° 7, lettre I.

7° Lettre de l'Archevêque d'Embrun.

Volume IX.

(Documents historiques, généralement relatifs aux Vaudois

du Dauphiné.) 1° Origo valdensium et processus contra eos facli.

2° Traduction française de la pièce n„ 5, du vol. VIII. 30 Bulle d'Innocent VIII, contre les vaudois. (Légat, Albert Cattanée. )

4° « Copia protestation is factœ per Castellannm Vallis Loysise « una cum omnibus habitatoribus dicta? vallis, déclarantes se « essebonos et fidèles, orthodoxos, praeceptis ecclesiae obedientes, « et quod nullam intendunt prosequi causam in curia chris- « tianissimi Francorurn Régis.

5° « Processus factus et formatus in facto sancîae fidei, per « reverandum, in Christo, pastorem et dominum Johannem « Episcopum Ebredunensem. »

6° Bulle d'Alexandre VI, pour absoudre les vaudois. ( Voir dans Y Israël des Alpes T. I. ch. 3 et 4.) — Deux autres bulles du même pape, suivent celle-ci, et ont le même objet.

7o Pièces juridiques. A. Interrogatoires de divers vaudois. B. comparution d'Auduin Crispin (Grespin) de Val-Loïse. C. Traduction de la pièce citée sous le n° 3 du vol. YI11. D. copie du n« 4, même vol. E. Examen de divers prisonniers. F. Autres informations. G. Examen de Pierre Valois. H. Sentence, contre le même. I. Procès contre deux Barbas : Martin et Jean. K. Procès contre Peyronnette. (Publié par Allix. ) L. Autres pièces sur la même affaire.

8o Pièces diverses. A. Discours de Rostaing, Archevêque d'Embrun. B. Procès et abjuration d'Antoine Biaise. C. Lettre de l'Archevêque Rostaing. D. Copie des lettres patentes de Louis XII, en faveur des habitants de Frayssinièrcs. E. Commandement du roi, pour faire restituer aux habitants de Frayssinières et de Val-Loïse, les biens qui leur avaient été confisqués. F. Lettre à l'Évêque, pour le même objet. G. Autre lettre (du Roi) pour le même objet. H. Papiers incomplets, relatifs à l'affaire de Odin Crespin.

Anciens manuscrits vaudois déposés à Cambridge.

C'est dans cette Bibliothèque, que se trouva pendant quelques

temps la plus volumineuse collection connue, d'anciens manuscrits vaudois, et de documents relatifs à notre histoire.

Léger en avait fourni VU vol. et Morland XV : en tout XXII. (comparez pour ce chiffre, ce que dit Léger, P. I. ch. III, p. 21, avec Gilly Waldensian researches, ch. I; et Morland, p. 95.) il s'y trouvait en outre d'autres petits objets déposés aussi à titre de documents. (Léger, p. 23.) Les sept volumes qui venaient de Léger, et dont il donne l'indication détaillée, p. 21-23, avaient été remis par lui à Morland, ambassadeur de Cromwel, près la cour de Turin, en 1655; Morland lui-même rapporta de cette ambassade 14 ou 15 liasses de documents, qui sont maintenant reliés en cinq volumes. ( Ces pièces sont la plupart relatives aux événements qui se sont passés dans les vallées vaudoises, de 1650 à 1656.)

On ne retrouve plus aujourd'hui, dans la Bibliothèque de Cambridge, les VII vol déposés par Léger. Un catalogue, de cette bibliothèque imprimé en 1690, n'en fait pas mention. Le nouveau catalogue, imprimé en 1753, mentionne seulement les liasses remises par Morland, en 1656. Ce sont ces pièces qui formaient primitivement XV volumes non reliés; et qui ayant été reliés récemment, forment cinq volumes qui subsistent encore de nos jours.

Les manuscrits enlevés, étaient les seuls qui continssent des traités vaudois en langue romane. C'étaient les plus précieux. « Il est probable, dit le R. Dr. Gilly {Waldensian researches, « ch. I.) qu'ils ont été soustraits, ou détruits clandestinement, « sous le règne de Jacques II. »

On m'écrivit en 1845, que ces manuscrits s'étaient retrouvés à Oxford; mais cette nouvelle ne s'est pas confirmée.

Obligé de restreindre autant que possible l'étendue de cette bibliographie, je ne donne pas ici la liste de ces manuscrits qui se trouve dans Morland p. 95-98 ; (édit. de 1658.) Léger P. I. ch. III, p. 21-23 ; et Monastier, T. IL p. 235-239.

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