‹ L'Israël des Alpes (volume 3)Chapitre 12 sur 23 · ET PATENTES DE GRACE · texte numérisé non relu

ET PATENTES DE GRACE

(De juin à septembre 1655.)

SooMM BT AUioaiiii : — Les Bémci q«*aa ohapHra TIII.

Les adversaires des Vaudois s'enorgueillissaient de la mort de Jahier et de la perte de Janavel dont ils regardaient la blessure comme mortelle.

Les espérances que Ton avait conçues d'en venir à une composition s'évanouissaient de nouveau. L'ardeur persécutrice, un instant comprimée, se releva avec plus de force. Mais pendant ce temps aussi, l'opinion publique se prononçait avec plus d'énergie en faveur des Vaudois. Le bruit des exploits de Jahier et

— aride Janavel relevait leur cause au point de vue militaire, autant que les souffrances de leurs martjrs l'avaient déjà élevée au point de vue religieux.

Des hommes d'armes de différents pays (1) vinrent offrir leurs services à ce peuple héroïque qu'on avait cru anéantir. Le lieutenant-général français Descombies et le colonel suisse Ândrion furent de ce nombre. Ce dernier s'était déjà distingué en Suède, en France et en Allemagne. II restait en outre aux Vaudois des capitaines de mérite, entre autres Bertin et Podio de Bobi , Albarék du Villar , Laurens du Val Saint-Martin, ainsi que Revel et Gostabelle, lieutenants de Janavel et de Jahier.

Le modérateur Léger enfin était rentré dans ks Vallées.

Dès le premier jour de son arrivée^(ll juillet 1655) il voulut se transporter à Angrogne, oh ses comp»> triotes étaient réunis. 11 s'y rendit avec le colonel Andrion qni venait d'arriver aussi. Les Vaudois campèrent sur la Vachère. Pendant la nuit ils envoyèrent des soldats du côté de La Tour pour reconnaître les positions de rennemi.

(i) • Uw irthtil loiulet joutfi b«o a^mbn. ■ dit léger (U, p. 197).

Ces âoldaU , étaiil parvenus au hameau de Saint- Laurent, y découvrirent un détachement de troupes piémontaises qui attendait Taube du jour pour monter plus haut et attaquer les Vaudois. Ces troupes étaient éparses comme dans une halte ; une ombre épaisse régnait encore ^ les deux soldats vaudms so mêlent h ces Piémontais et. s'entretiennent avec eux dans leur langue. Ils apprennent ainsi les desseins de AI. de MaroUes qui conmumdait, et quittent les tentes au point du jour, afin de venir instruire leurs camarades de ce qu'ils ont appris*

Quelques coups de fusil sont en vain tirésaprèseux, pour arrêter leur fuite; Tennemi, se voyant décou* verty prend les armes et les suit à la piste« Ils le devancent assez pour prévenir les leurs.

Léger alors se porte à la hftie derrière les barricades

qu'on avait élevées.

L'ennemi se partage en quatre bataillons, et depuis cinq heures du matin jusqu'à trois heures de l'aprèsmidi ne cesse de donner l'assaut, par trois côtés différenls, aux barricades de la Vachère. Elles n'étaient défendues que par quelques centaines de Vaudois.

Après une lutte aussi longue et aussi inégale, les barricades inférieures, nommées ks CMtei^ sont en-

levées, et les Vaudois se retirent plus haut, au Heu nommé le Donjon,

L'armée piémontaise crie victoire et se porte sur eux! — Avancez! criait-elle; avancez! restes de Jahier ! — Mais du haut de ce donjon, aux pentes plus rapides et plus élevées que celles de leurs premiers retranchements, les Vaudois font rouler des pierres, ou plutôt des rochers, dont la foudroyante rapidité perce à jour les rangs ennemis, les frappant de leurs éclats multipliés comme une mitraille de granit; les broie dans les airs ou les écrase contre terre.

L'armée s'arrêter — Avancez! restes de Saint-Segont ! — leur crient alors les Vaudois.

Plusieurs d'entre les soldats piémontais avaient des talismans, des reliques, des médailles dédiées à la vierge Marie : tout autant d'amulettes auxquelles ils atUribuaient le pouvoir de détourner les bdles béré* tiques.

Ceux qui vivaient encore rendaient grâce de leur conservation à ces précieux préservatifs. Qs n'avaient pas vu à quelle distance les balles étaient passées d'eux ) et le danger qu'on ne voit pas semble quelquefois ne pas exister.

Mais en face de ces rochers bondissants et comme

ftirieiix,les soldats voyant tombera droite et à gauche ieurs compagnons d'attaque, reculent pour évit^ ia mort. Us se heurtent, se coupent, s'embarrassent ; le désordre s'introduit dans ienrs rangs; les Yaudois en profitent pour s'élancer sur eux le coutelas à la main.

Alors la déroute se prononce, la défaile s'achève, et Tarmée s'enfuit, en laissant une centaine de raorta sur le champ de bataille. Elle emportait àpeu près autant de cadavres, et emmenait le double de blessés.

Le syndic de Luseine voyant entrer ces déplorables restes dans la ville, dit ce mot dont la finesse ne peut guère être saisie qu'en italien {i); «Jadis les loups mangeaient les barbets, mais il parait qu'aujourd'hui les barbets (2) ont dévoré les loups. »

Quelques jours après, la garnison de La Tour revint encore dans le bassin d'Ângrogne, pour dévaster le peu de moissons qui restaient debout dans les champs, et brûler les misérables chaumières qui avaient échappé aux précédents incendies; mais elle fut repoussée parle capitaine Bellin, qui la poursuivit jusqu'à l'en-

(1) AUtê fMitU li Ivpi mangiavana H harbetti, ma lo Itmpo è wniilo ekê U karbêUi «mm^iw t iupi.

(8) Epithète injarieuie qu'on donnait aux Yaudois, par dériTation de l'ancien nom de leurs patleurt Barbu.

— bistrée du bourg. Le désordre avec lequel elle s'y préci*

pita causa une terreur panique si grande, que ce ca* pitaine aurait pu se rendre maître de la place s'il avait su profiter de son avantage.

On chercha, peu de jours après, à revenir sur cette tentative, mais l'occasion était manquée et le succès ne la couronna plus.

L'entreprise fut cependant conduite par un officier expérimenté, M. Descombies, originaire du Languedoc, qui était arrivé le 17 juillet aux Yalléôs, et avait été nommé presque immédiatement le général en chrf des Vaudois. Ceux-ci équipèrent en même temps un petit escadron de cavalerie, dont le commandement avait été confié à un autre réfugié français, nommé Charles Feautrier.

Pendant que les adversaûes des Vaudois s'étaient graduellement affaiblis, les défenseurs des Vallées devenaient de plus en plus nombreux; ils avaient alors sur pied près de dix-huit cents hommes. En outre Janavel était remis de sa blessure et venait de se joindre de nouveau aux siens.

Toutes ces forces réunies s'avancèrent de nuit jusque sur la colline du Chiabas, distante à peine de dix minutes de I^ Tour .

Là les Vaudois firent halte jusqu'à l'aube du jour. « Certainement, dit Léger (1), si alors, selon l'avis de ceux des Vallées, on eût incontinent donné l'assaut, c'était absolument fait du bourg et de la forteresse, mais la fatale prudence de M. Descombies fut cause qu'ils n'emportèrent point le fort. »

Ce général, n'ayant point encore vu combattre les Vaudois, ignorant les dispositions des lieux, et n'osant s'en rapporter à ce qu'on lui disait, envoya des Français qui étaient venus avec lui pour reconnaître les abords du Chàtelard ; c'est ainsi qu'on nommait le fort de Sainte-Marie , ou la citadelle de La Tour. Ces émissaires le lui dépeignirent comme imprenable ;,et Descombies alors fit sonner la retraite, pour ne pas compromettre, dès sa première affitire, les hommes qui s'étaient confiés à son commandement. Cependant la présence des Vaudois avait déjà été signalée ; M. de MaroUes sortit de Luseme à la tète de son régiment; Deâcombies allait reconduire ses troupes et sa cavalerie à la Vachère, lorsque deux capitaines vaudois, Bellin et Peironnel, s'écrièrent : Qui m'aime me suive! La troupe hésite ; les officiers se précipitent

(1) p. iw.

en avant; une centaine d'hommes les suit; le reste s'ébranle. « Je resterai ici pour sonner la retraite, » s*écrie Janavel, qui était encore trop malade pour combattre. F^ moitié de l'armée vaudoise abandonna alors son général en chef; quelques Français eux-mêmes se joignirent à elle et ils envahirent I^ Tour. Le capitaine de FoDjuliane fit dans celle circoostanœ des prodiges de valeur. Les YaudoiSy qui connaissaient les parties faibles de la place de La Tour, se portèrent |n:ës du couvent des capucins. Une grêle de baHes pleuvait sur eux du haut du foit et du coavekit. •*- N^importe,il8.démoli88entie mur, pénètrent dans l'ed^ ceintQ, s'emparent du cloitre, y mettent le feu, s'é^ lancent dans la ville, occupent toutes les issues et s'en rendent maîtres en peu d'instants.-— Le massacre fut grand; mais les vainqueurs épargnaient quiconque demandait grâce. — Les capucins furent du nombre et restèrent prisonniers.--^ Puis ces intrépides asétaillants montent à Tassaut de la citadelle, en s'abritant» comme ils Tavâient d^à fait à Saint-Segont,' derrière des lonneaiix vides ou remplis de foin, qu'ils faisaient rouler devant eux, et dans lesquels les balles pénétraient sans danger.

La garnison, voyant le couvent perdu, la ville en

-»3«4 — feu et les bastions du fort escaladés de toutes parts, commençait à capituler et ne demandait plus qu'à pouvoir se retirer la vie sauve. Mais e'est alors qjiie le régiment de M. de Marolles arriva de Luserno. La garnison le voyant venir^ persista dans sa résistance. Bientôt la cavalerie de Savoie cerna le bourg pour envelopper les assiégeants^ SI ces. derniers avaient eu de leur c6té quelque cavalerie afin de garder les aboods dela^ville^ils eussent pu achever leur conquête ^ mais M. Descombies avail reconduit la sienne à la Vachère.

Janavel, voyant ses bi^ves compatriotes prè« d'être environnés, fiiit sonner la retraite du haut de la col- Une du Chiabas.

C'était un homme assez intrépid.e et assez expéri^ mente pour qu'on dût avoir confiance en son appel ; les Vaudois se retirèrent : il était temps ; la poiu^uite fut chaude; mais Janavel avait calculé avec tant de justesse que ses compatriotes furent tous sauvés.

« Quel dommage, dit-on à Descombies , que vo3 troupes n'aient pas été là pour nous soutenir! — J'en ai plus de regrets que vous, répondit-il, car mon honneur est entamé. Ah ! si je vous avais vus précédemment combattre!.... Je savais bien que les Vaudois

étaient des soldats courageux ; mais je ne pensais pas qu'ils fussent des lions, et plus que des lions. » Son désir fut alors de retrouver au plus tôt Toccasion de montrer que sa bravoure n'était pas indigne de la leur ; mais, encore une fois, l'occasion manquée ne se présenta plus.

I^ bruit des massacres de Pâques s'étendait dans l'Europe indignée. Les représentations des souverains, à la cour de Savoie, acquirent plus de force. Cromwell surtout déploya en faveur des Vaudois un zèle et une activité extraordinaires ; non content de s'adresser à Charles-Emmannuel, il sollicita les autres puissances à suivre son exemple. Louis XIV lui répondit (1) : a Sérénissime Protecteur... Pour montrer que je n'ai nullement approuvé qu'on ait diverti (2) mes troupes pour cette affaire , quoique sous prétexte de les loger en la vallée de Luserne : j'ai incontinent envoyé plusieurs de mes officiers vers le duc de Savoie, pour empêcher les poursuites qu'on faisait encore de sa part (contre les Vaudois).... Et même j'ai ordonné au duc de Lesdiguières, gouverneur du Daupbiné, de les recueillir, les traiter humainement et les assurer

(!) le ta dt jaÎD iM5. (S) Détourné.

de ma protection. Et comme je suis informé par vos lettres du 25 du passé (i), que vous êtes touché de la calamité de ce misérable peuple , je suis fort joyeux de vous avoir prévenu en votre désir ; et je continuerai mes instances envers ce prince, pour leur consolation et rétablissement.. .. Je me suis avancé jusqu'à répondre de leur obéissance et fidélité, si bien que je dois espérer que ma médiation ne sera pas inutile {%. »

L'ambassadeur français en Piémont, M. de Servient, reçut Tordre d'agir dans le sens de cette lettre. La Hollande et la Suisse envoyèrent aussi à Turin des médiateurs pour les Vaudois. Le jeune plénipoten* tiaire de Cromwell, Morland, arriva le 21 de juin à Rivoli , où se tenait la cour. Le 24 il fut reçu en audience publique, et après les compliments d'usage, il ajouta : a Le Sérénissime Protecteur vous conjure luimême d'avoir compassion de vos propres sujets des Vallées , si cruellement maltraités. Après les massacres est venue la misère; ils sont errants par les montagnes, ils souf&entde faim et de froid; leurs femmes et leurs enfants traînent dans le dénûment une vie

(1) Du mois de mai 1655.

(S) Léger, partie II, p. SS6.

languissante et désolée. Et de quelles barbaries n'onir ib pas été victimes l

a Leurs maisons incendiées, lears membres décMrés, écartetés, mutilés^ quelquefois même dévorés par les meurtriers; ahl le ciel et la terre en frémiesent d'horreur ! Quand tous les Nérons des^ temps passés et des temps à venir (ce qui soit dit sans blesser Votre Altesse Royale) viendraient contempler ces ehamps de carnage, d'infamie et d'atrocités inexprimables, ils croiraient n'avoir eujamais rien qne de bon et d'humain en comparaison de ces choses^là! (G&qne je dis est sans offense pour Votre Majesté.) 0 Dieu , souverain Seigneur des ciemc et de la terre , détourne de dessus la tête des coupables les justes vengeances qu'appelle tant de sang répandu! o -^ TeAe ftit la-ha* rangue de Morland.

Ce discours empreint de l'énergique onction du puritain^ prononcé avec la mâle assurance de la jeunesse et du courage, plus semblable à l'accent sévère des prophètes , qu'aux souplesses de la diplomatie, produisit une sensation profonde. Jamais prince n'avait été en face si hardiment blâmé. Charles-Emmanuel ne répondit pas; mais la duchesse prit ta parole.

Les Jésuites Favaient foirmée. — a Je suis très sensible , dit-elle , à Tintérét que votre maître témoigne pour mes sujets. Seulement je m'étonne qu'il ait prêté l'oreille aux inexactitudes que reflète votre discours.

tt L'éloignement dans lequel il se trouve peut seul les excuser; car il est impossible de présenter comme des barbaries les châtiments si doux et si paternels , ii^fligés à des sujets rebelles j dont nul souverain n'aurait pu excuser la révolte. Néanmoins je veux bien leur pardonner, pour faire connaître au Sérénissime Protecteur le désir que j'ai de lui être agréable. »

Horiand quitta Turin le 19 juillet, en promettant de revenir pour assister les Vaudois dans les négociations que Ton allait ouvrir à leur sujet. Mais on se hftta de les conclure en son absence , afin d'être plus libre de leur moins accorder. Le 18 d'août 1655, devant les ambassadeurs suisses (1) qui étaient arrivés à Tu-

(t) Cm ambastadeora venaient au nom de* cantons protestants } mais il eiiste ane lettre des iéputéi m Dièt§, des eantons eolAoltfiMt, dans laquelle ils disent au duc de Savoie, qu'ils avaient eu l'intention de jobdra à cette ambassade des délégués de leur communion, pour intercéder également en faveur des Vaudois; mais que leur offre n'ayant pas été agréée, ils lui expriment à cet égard leurs sentiments par écrit. — La lettre est datée du M juillet 1656. (Archives de Turin.) — La eour de Turin écrivit le

ir*

lia après le départ de Morland , et sous VùiAvenoe de Servieni ambassadeur de France, fut conclu à Pignerol le traité de paix noinmé Patentes de grâce, qui rétabli^ les Vaudois dans une partie de feurs privilèges, et leur suscita par de perfides réserves dlnces- Sfuites tribul^ons. Il n'est pas. do^t^ux que, si Ton avait attendu le retour de Morland > ce traité eût été beaucoup plus avantageux; cardes la fin dejjuill^ CromweU avait envoyé un nouvel anihaasadeur , lord Dooning, avec ordre de prenfdre à Genève le chevalier Pelh , sçn président près ];e oqu^s helvétjqjue. L*up et Vautre devaient ensuite s*adjoindre.enQoreMoidaii4 9t se rendre U^as ensemble à, Turin, pour ^gir <jle concert avec Tambaissadeur des Piovinces^Unies ( Hollande). Mais le traité de Pigoerol fut maibeureuseinent S|igné avant Tarrivée de ces pec^onages influents, et dut dès lors se ressentir de leur absence. En voici les princip^es dispositions.

a Les Vaudois, ayant pris les armes contre leur souverain, ont mérité d'être châtiés; cependant par démence il leur sera pardonné; et le duc de Savoie vou-

3 d'août au oooce da pape, en Sttiue, pour te prier de faire reveuv oea caotona catholiquea de leurt préveaUooa Crop bieaveUlaiilea à l'^gaid det Yalléei. (Même loiiroe.}

laût taire connaître an monde avec combien de tendresse il aimé son peuple (1), consent à leur accorder :

i^ljSL confirmation de leurs privilèges. (Liberté de conscience, de commerce et de transit.)

^ Amnistie pour les excès commis pendant les troubles.

30 Annulation des poursuites commencées et des dénonciations de ban^ portées contre Léger, Janavel , Michelin, Lépreux et autres bannis (dont la tête avait été mise à prix).

4<* n est interdit aux protestants d'habiter désormais sur la rive droite du Pélis, en dessous de Luserne , ni à Lusemette, Bubiane^ Campillon, Fenil, Garsiliaiie, Briqueras et Saint-Segont. (Cette clause n'eût assurément pas été admise par les représentants de la Grande-Bretagne et des Provinces-Unies, puisqu'elle

(1) ToUnâo far noto al nondû, ton qwtnia temrtzza d'affêtto amiaino i

moiiri popoli Ces ciprettiotn ôbt beaoin d'tire luet eo propret tennei

poor qn'oo 7 puitte croire. » U y a à U fin de ce prélinionre noe phrase qni nMmtre que Charlet-Bmiiuiauel o'avait agi qne d'après les inspirations de sa mère. Maiamê BmU , «we Signora • Madn quate AoèMaeio êttaprê lamto dtffrilo. Et eelle-ei n'avait agi que par les suggestions du cierge, leqeci était sous l'influence du jésuitisme, dont le langage te rocooaait de si loin dans les premières paroles que oout venons de citer.

est formellement contraire au traité de Cavour , (156^)

5<^ Les biens des Vaudois, situés dans les parages où il leur est interdit d'habiter, devront être vendus dans l'espace de trois mois; faute de quoi, ils seront payés par le fisc à leurs propriétaires , selon le prix coûtant.

6<» Les Vaudois pourront habiter la commune de Saint-Jean; mais il leur est défendu d'y pratiquer aucun service religieux en public.

1"* Ils seront exemptés de divers impôts pendant cinq ans (parce que, ajoute la patente, ils sont hoK d'état de les payer, à cause des pertes qu'ils ont souffertes).

8"* La messe sera célébrée dans toutes les Vallées; mais les Vaudois ne seront pas tenus d'y assister.

9° Ceux qui, ayant abjuré leur religion pendant ces derniers troubles, croiraient y avoir été contraints par la violence, et voudraient revenir au protestantisme, ne seront point punis comme relaps (1).

(1) Mais, de» le 6 d*aoAl, oo avait éloigné det Yatléei la pliia grande partie des catboliiéa en let oonduiaent fort loin de là. Toiet IMndication des premières étapes qu'ils durent parcourir. PoImhm, Jforflla, Pùmbtêf Layni, Viteht, Bitrgo d^AUa, SûIi»moIû , ete.

lO*" Les (iri^nniers des deax përts, y compris les femmes et lés enfants, seront i^ndus dès qn'ils seront réclamés. (C'est en vertu de cet article que furent déiitrées la femme et les filles de Janavel. — Mais ces derniers tnots en àpptrento si précis , kê prisonniers seront rendus dès qu*ib seront réclamés^ cachaient d'àmères déceptions; car la plupart des enfants enlevés pendant la guerre, avaient été dispersés en Piémont; on les avait fait passer de main en main , de château en château, de monastère en monastère, de sorte que leurs parents ne savaient plus où aller les chercher , et l'autorité répondait à leurs plaintes : a Dites-moi où est votre enfant, et on vous prêtera main-forte pour l'obtenir, d — Ainsi le jésuitisme triomphait encore par des voies détournées , même sous les décisions protectrices d'un édit officiel.)

Quelques dispositions d'un intérêt purement temporaire terminent ce traité , formé en tout de vingt articles (i).

(t) Les négociateur! de ce traité furent :

Au nom det Vaudois , les quatre ambaisadeurs cnvoyét par les cantons évangéliques de la Suisse; savoir: Salomon Hinel, de Zurich; Charles de Bustetten, de Berne; Benoit Sossio, de Bâie; et Jacques Stockart, d'Appetosel. Ba oAté de la France, l'ambassadeur Seraient; et du côté du Piémont • MH . Truehis, GuUido et de Grési.

Il***

Les plénipotentiaires avaient, il est vrai , deniandé des garanties plus solides pour le repos des Vaudois : entre autres, la démolition du fort de La Tour; mais elles furent ou refusées ou éludées , et comme nous le verrons bientôt , leur absence devint la source de nouveaux embarras et de nouveaux malheurs.

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