‹ L'Israélite H. de BalzacChapitre 18 sur 28 · FÊTE AU CHATEAU — LE SOSIE DU CHEVALIER NOIR · texte numérisé non relu

FÊTE AU CHATEAU — LE SOSIE DU CHEVALIER NOIR

C’était une fille d’Ève!...Êve fut inconséquente... Savezvous pourquoi? C’est qu’elle n’eut pas de mère .. Or, toutes les jeunes filles qui se trouveront privées de ce mentor sont menacées de la môme infortune qui se grossit et s’amasse sur la tête de la pauvre Clotilde. Elle n’eut de sa mère ni le sourire ni les instructions douces et tendres qui l’auraient empêchée de tomber dans le précipice d'un amotir sans espoir. Une mère l’aurait surtout empêchée de sauter par sa chambre comme une petite folle, parce que son amant lui a dit qu’ils pouvaient s’unir. Je recommande ces sages réflexions à l’attention des mères de famille et des jeunes filles. Mais, hélas! depuis six mille ans elles sont répétées, et depuis six mille ans, malgré les mêmes remontrances et les mêmes lois, les mêmes fautes et les mêmes crimes se commettent!... O nature... si l’homme n’avait pas de passions, on accuserait le ciel!... Mais laissons cela.

Josette accourut au moment où Clotilde était au plus haut degré de joie. — Eh bieo* qu’avez-vous avec votre air soucieux?...

— Madame le roi vous fait dire de passer au plus tôt chez lui!... — Que peut-il me vouloir, Josette?... repritelle en riant. — Je l’ignore. Madame m’a recommandé si sévèrement de ne plus m’occuper des choses qui concernent madame... — Mais, Josette, je ne vous disais cela que parce que je ne savais pas... et de quoi me parliezvous?.... Ah! dit-elle en s’interrompant, laissez-moi ces fleurs?... Voyez-vous, Josette... il en faut faire une couronne et me la poser sur la tête... — Madame n’a plus de

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chagriné... — Du chagrin, Josette! est-ce que j’en ai eU? Ma fille, meltez-moi tous mes atours ; que je sois parée, je veux être belle... gardez cette rose, j’en ornerai mon sein.

A la fin, Josette, se déridant un peu et voyant tout ce qu’elle perdait à rester muette, dit à Clotilde : — Madame fait bien de se parer, car on a tout bouleversé le château pour les apprêts de la fête! jamais je n’en ai tant vu les préparatifs eux-mêmes sont une fête. — Vraiment, Josette? — Oh ! madame, ils ont duré toute la nuit. — Je n’en ai rien entendu. — Enfin c’est superbe!... mon père a bien du talent : c’est un si honnête homme, il ne cesse de dire qu’il ne voudrait pas y gagner un sou. — Je le crois, répondit la princesse tout comme elle eût dit autre chose.

En effet, il régnait dans tous les mouvements de Clotilde une espèce d’impatience, un ensemble de gestes, de regards, qui trahissait plus que la joie 1... Celle de l’amour • devrait avoir un autre nom. Josette ne savait plus que . penser do sa maîtresse... — Triste hier, joyeuse aujourd’hui, se disait-elle, que sera-t-elle ce soir?... voilà les princes... On ne sait sur quoi compter 1...

La fille des Lusignan sortit en bondissant comme un jeune faon, et elle s’en fut chez son vieux père qui l’attendait avec impatience. Trousse l’introduisit, et l’annonça en se prosternant devant elle. Elle ne sera jamais malade!... dit en lui- même le docteur en apercevant l’heureux mélange de roses et de lis qui régnait sur la figure de Clotilde. Après être entrée, la princesse embrassa son vieux père à plusieurs reprises. — Oh !... oh! s’écria le vieillard, la nuit a porté conseil... Et qu’avez-vous, ma fille?... — Beaucoup de bonheur I... quand je vous vois, mon père !...

Jean II remua la tete en se tournant vers sa fille; il se garda bien de prendre pour lui ce que disait Clotilde.

— Fille amoureuse ! s’écria-t-il avec un geste d’abandon, en sait plus que dix centenaires, et c’est folie à moi... de chercher 1... Ecoutez, Clotilde, reprit-il d’un air grave, et la jeune enfant parut attentive, mais tout lui représen-

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tait, son beau juif,.. Écoutez, Clotilde... mes ministres m’ont entretenu du défaut de politique qui se faisait sentir dans votre conduite d’hier : je conçois que vous ne connaissiez guère la diplomatie, et j’approuve en quelque sorte la réserve qne vous avez adoptée; elle convient à la dignité royale, et surtout au sang des Lusignan : la pudeur est le plus charmant coloris de la jeunesse et de la vertu ; mais il ne faut pas, ma bien-aimée. que cette pudeur dégénère en un maintien glacial qui repousse les hommages. Va, ma fille, il existe un rire et une folâtrerie des honnêtes gens et de la vertu qui ne messiéent pas, surtout dans les amours. La vertu ne fut jamais revêche, elle est aimable; et lorsqu’on aime, on peut le faire sentir par de petites douceurs et par les ébattements d’âme... Ce pauvre chevalier doit avoir la mort dans le cœur, et votre amour ressemblerait à de la répugnance par ce que l’on m’a dit... Vous ne m’écoutez pas, ma fille I... s’écria le vieillard qui suivait tous les mouvements de l’amoureuse Clotilde...

— Si, mon père ! je vous assure qu’aujourd’hui le chevalier noir n’aura pas à se plaindre de moi... — Faites-lui bon accueil!... — Oui, monseigneur. — Ne devez-vous pas bientôt l’épouser?... — Puisque vous le voulez, mon père!... — Vous tremblez !... s’écria Jean IL — C’est de joie, sire!... Mais ce sera bientôt 1... continua Clotilde en pensant que l’époque de cet hymen avec le chevalier était celle de son union avec le juif... Pauvre innocente !.,.

— Tu te trahis, ma fille! s’écria l’heureux vieillard; allons, soyez tranquille, nous le déciderons au plus tôt ! Et il se frotta les mains en signe de joie.

En ce moment le son du cor se fit entendre, et le chevalier noir, à la tête de ses cent cinquante chevaliers, et accompagné de son écuyer, du comte de Foix et do plusieurs seigneurs, arriva près de Casin-Grandes : les musiciens du prince et tous ceux que l’on avait pu rencontrer étaient placés sous un arc de triomphe en verdure dressé à la hâte, et, lorsque les chevaliers passèrent dessous ce fragile monument, une douce musique les accueil-

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lit. Les trois ministres et la cour les attendaient, tous les habitants agitant des lauriers étaient rangés en haie et les saluèrent par des acclamations : ce fut ainsi que commença la fête préparée avec un grand soin par maître Taillevant et maître Hercule Bombans.

La première cour était tendue de tapisseries et garnie d’échafaudages recouverts de draps et d’étoffes; le milieu, tout sablé, offrait un vaste cirque pour les tournois; la seconde cour, qui menait aux appartements du roi de Chypre, contenait une table immense formant un grand cercle extrêmement élevé ; le centre de celle table présentait, par son vide, une arène où l’on voyait différentes machines, préparations des décors du festin; les bancs placés à l’entour, ornés d’une feuillée, étaient garnis de coussins de pourpre, et l’on avait mis les couverts de cinquante chevaliers sur cette vaste table. Au milieu de cette table le dais du prince était disposé pour recevoir le roi et sa fille, les ministres, le chevalier noir, le comte de Foix et les principaux seigneurs.

Au son du cor, le prince et sa fille descendirent, et, s’avançant par les espèces de portiques ménagés entre ces divers apprêts, ils vinrent au-devant de leurs libérateurs, qui mirent pied à terre

Tous, à l’exception du chevalier noir, avaient ôté leurs casques et leurs armures; à l’aspect du prince de Chypre, ils saluèrent avec respect, et leurs yeux se tournèrent unanimement surClotilde,et un murmure flatteur résonna dans les airs. Le prince, même pendant son règne en Chypre, n’avait pas eu un si beau spectacle !... Malheureux de ne pas le voir, il écoutait ce que lui disait sa fille : le chevalier noir mit en arrivant un genou èn terre devant Clotildc.

— Vous êtes bien heureux !... lui dit le comte de Foix en lui frappant sur l’épaule; si faudra- t-il que je m’en aille promptement pour ne pas devenir fou!... — Belle dame! s'écria le chevalier noir, agréez-vous l’hommage-lige de ma personne? — Certes, sire chevalier, et j’en ressens un plaisir infini; la reconnaissance seule ne m’v force pas...

A ces mots le chevalier se baisse, et dégageant un mo-

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ment sa visière, il embrassa les jolis petits pieds de Clotilde confuse, qui lui dit avec un doux sourire et une grâce piquante : Ailons donc, beau sire, ma main sera jalouse !

Le chevalier, se relevant alors, déposa sur celte jolie main un baiser tellement enflammé, que le cœur de Clotilde en reçut une espèce d’atteinte.

— Bien, mes enfants! s’écria le monarque. Sires chevaliers, dit-il en haussant la voix, acceptez tous nos remerciments pour l’assistance que vous m’avez prêtée. Nous tâcherons que vous ayez toujours souvenir de nous, car nous l’aurons toujours de vous.

A ces mots la musique et les trompettes indiquèrent le commencement de la fête, que Bombans avait préparée très-brillante, en espérant bien gagner sur l’ensemble des dépenses. Une foule de monde attirée par l’annonce de cette solennité entra dans les cours; mais aucun chevalier n’y vint encoro ; malgré le soin qu’on avait eu la veille d’envoyer à Aix et dans les villes voisines les armes du prince et le détail des prix du tournoi. Les chevaliers se rangèrent autour du trône préparé dans la première cour, et Clotilde fut déclarée reine du tournoi.

S’asseyant alors sous le dais et entourée des personnages les plus marquants de l’assemblée, elle fit signe de commencer les premières joûtes simples. Je passe la description de ce tournoi. Qu’il suffise do savoir que la princesse décerna le prix du combat à l’épée au comte de Foix; ce prix était une épée enrichie de pierres précieuses. Le prix du combat à la hache fut une coupe d’or garnie de diamants blancs; lo prix de la lance une nef d’argent, et le prix du combat à cheval fut remporté par Kéfalein : il eut une aiguière en vermeil. On réserva le combat à outrance pour le soir... Le prix était une nef d’or et couronne de laurier.

Ce premier tournoi fini, l’on passa dans la seconde cour pour se livrer à la joie du magnifique festin que l’on y avait préparé. Je vais en donner une description succincte,

parce qu’il est assez curieux par les div ers entremets qu’on

'rjôuà. '

Chez nos aïeux, un entremets était un divertissement entre chaque service, ce qui rendait l’art de la cuisine encore plus important qu’il ne l’est de nos jours quant à la science du cuisinier, car, dans ce temps-là, les festins n’influaient pas comme à présent sur les destinées d’un État.

Chacun ayant pris place, le chevalier noir à côté de sa chère et joyeuse Clotilde, le prince, les ministres et les seigneurs à l’avenant, on vit paraître dans l’arène du milieu plusieurs petits enfants de chœur, qui chantèrent le Bénédicité en musique, et l’on ne voyait nullement les musiciens qui les accompagnaient.

— C’est un un peu profane, dit Monestan, et si maître Taillcvant nous avait consultés... — Laissez faire^ répondit l’.évèque, je l’absous en cas de péché.

Alors, les mets arrivèrent devant les chevaliers, sans qu’aucun valet les apportât; ils parurent sur la table en sortant de dessous comme par enchantement. Pendant ce premier service, la curiosité fut excitée par l’arrivée de petits diablotins, qui arrangèrent une île, des fortifications, des machines, etc. — C’est Pile de Chypre! s’écria l’évêque.

En effet, le premier entremets fut l’envahissement de la Chypre par les troupes du bon roi Jean II ; les Vénitiens furent battus, comme bien on pense, et les petits enfants, vainqueurs, en entrant dans l’espèce de petit village qui représentait Nicosie, crièrent : — Vive Jean II!

— Voilà nos trente mille hommes, dit l’évêque en voyant les bambins habillés en- chevaliers.

Le second entremets représenta un immense navire, d’où il sortit un grand nombre d’enfants et de musiciens qui célébrèrent par des chants la prise de Nicosie, et, par des machines, habilement préparées, ils mirent tous ensemble, devant chaque chevalier, un petit navire pavoisé do ses armes particulières; et à la fin du dessert le navire tomba de lui-mème, et sa quille, restant seule, découvrit

une magnifique cliaine d'or, dont le roi de Chypre fit présent à chaque che\alier banneret.

Il s’ensuivit un cri de: — Vive le généreux Jean II! qui fut pour le bon monarque un mets exquis. Aussi attendaitil avec impatience le dessert. Heureusement pour Bombans le prince ne -sut pas si toutes les chaînes étaient du même poids,

A la fin du repas, les enfants de chœur, en plus grand nombre, revinrent et chantèrent les Grâces en musique.

Ce fut pendant ce festin que l’on décida le mariage de Clolilde.

— Sire chevalier, dit le prince de Chypre vers le second service, quoique nous ne connaissions pas encore votre rang, dont l’amitié do ces vaillants seigneurs nous donne une haute idée, il convient de fixer le jour de votre union.

— Ne craignez rien quant à la naissance du chevalier noir, dit le comte de. Foix au roi Jean II ; tout prince que je suis, je me fais gloire de sa protection. — Eh quoi! CIotilde, s’écria l’étranger, qui tout le temps de ce ÎODg repas l’avait servie et choyée avec l’empressement d’un amant, c’est tout dire d’un mot. — Que voulez-vous dire, seigneur? reprii-elle en souriant comme une sirène.— Quoi ! dit-il avec étonnement, vous vous décideriez si vite à combler tous mes vœux? Noh pas que je m’en plaigne, mais hier encore vous m’avez montré un 'visage si sévère... — Je ne le suis plus, seigneur. Et sa figure respirait une joie céleste. On va sans doute lui reprocher sa dissimulation. Injustes censeurs, du moment que l’on aime on apprend la ruse. Blâmez donc l’amour !

Quoiqu’il en soit, le chevalier noir s’écria :

— Qui vous fit donc changer si promptement? Qui donc m’a fait trouver grâce à vos veux? Par quel enchantement m’avez-vous souri, me parlez -vous et consentez-vous au don d’amoureuse liesse; A qui le dois-je? — Est-ce que cela s’explique? observa judicieusement le comte de Foix.

— Cela m’importe fort, mon ami, répliqua l’étranger; quand on cherche le bonheur, les plus petites choses portent ombrage. — N’en prenez aucune crainte, sire cheva-

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lier, dit Clotilde, je vous jure que vous n’aurez pas à vous plaindre de celle qui sera votre épouse.

A ces paroles, dites d’un ton presque ironique et empreintes de cette douceur aigre qui fait douter involontairement, le chevalier noir reste immobile et muet à regarder Clotilde.

— Allons, sire chevalier, reprit le prince de Chypre, hésitez-vous à marquer l’époque où vous deviendrez notre fils et notre successeur? — Ne croyez pas, sire, que votre royaume, que du reste je saurai reconquérir, soit une amorce; la seule Clotilde... Mais je doute encore plus de son amour en la voyant joyeuse, qu’hier lorsque je la vis triste. — Chevalier, s’écria le comte de Foix, vous êtes lo mortel le plus difficile à contenter qu’on cqu es je connus; rien ne vous satisfait. Vous avez cru à Édesse... — A Édesse! interrompit le connétable. Seigneur, j’y fis une charge qui, je le vois, est restée dans la mémoire de tous les guerriers.

Le comte de Foix regarda Kéfalein, et l’attitude du bon connétable, ses gros yeux bleus errants lui firent croire que le vin de Chio lui avait causé des lacunes dans le cerveau.

— Souvenez-vous, reprit le comte de Foix en s’adressant au chevalier noir. Souvenez-vous qu’à Édesse vous croyiez que cette jeune musulmane ne vous aimait pas, et cependant elle est morte de chagrin depuis votre départ, sans qu’aucun de nous ait pu la consoler... et nous sommes aimables.

Clotilde fit un mouvement qui trahit son effroi. — Serait-il vrai? s’écria-t-elle. — Ah! ne craignez rien, dit le comte de Foix en saisissant la main blanche de la jeune fille; d’après ce qu’il a versé dans le sein de l’amitié, d’après ce qu’il m’a dit du sentiment que vous lui inspirez, je puis vous répondre que vous serez, d’entre toutes les femmes, la plus heureuse.

— Oui, Clotilde, continua lo chevalier en tremblant do bonheur. Prince, ajouta-t-il en se tournant vers le roi, lorsque le véritable Enguerry sera rentré dans la possession

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de ses biens usurpés; lorsque vous serez délivré de cet ennemi, alors je réclamerai votre parole et la promesse que vient de me faire votre fille. — Ce sera donc bientôt? observa lo comte de Foix. — Oui, répondit le chevalier noir, car dès ce soir nous partirons pour Aix, où le reste de mes troupes ne tardera pas à arriver; alors nous irons assiéger le ministre odieux des vengeances de Jean-sans- Peur, le farouche et cruel Capeluc.he. — Eh quoi! s’écria le prince, vous nous quitterez encore? — Ne le faut-il pas? répondit l’inconnu, pour être plus tôt réunis à jamais. — C’est vrai, dit le prince avec un Ion de regret.

En ce moment, huit hommes, habillés magnifiquement et montés sur des bœufs richement caparaçonnés, parurent dans le milieu du cercle; ils sonnèrent du cor dans tout Casin-Grandes et au portail, pour annoncer que le festin était fini et que la dernière joûte allait commencer.

Le chevalier noir donna la main à sa fiancée, et, après l’avoir conduite à son trône, il alla se confondre parmi tous les chevaliers qui murmuraient entre eux et se disputaient le dangereux honneur du combat à outrance; le comte de Foix leur parlait avec chaleur, et enfin il finit par user d’autorité. Le sort désigna trois chevaliers pour combattre le comte et le chevalier noir, qui se déclarèrent les tenants.

Les gradins étaient couverts de spectateurs attentifs qui affluèrent pendant le repas. Un profond silence s’établit lorsque la lutte fut déterminée. Kéfalein re^ut le titre de juge du camp; l’évêque et Monestan s’offrirent pour être les parrains des tenants; Trousse et Vérvnel furent ceux des contredisants. Le chevalier noir se fit longtemps attendre. Alors on arrosa le sable du cirque; les trompettes et les hérauts prirent place; les trois contredisants parcoururent la carrière comme pour l’essayer.

Enfin le chevalier noir ne revenant pas, le comte de Foix se décida à commencer sans son compagnon d’armes. Trousse, par habitude, s’écria: — Silence! Le premier chevalier qui parut était le baron de Piles, un des hommes les plus adroits dans l’exercice de la lance et de lepée; à

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