‹ L'Italie antique (origines et croyances)Chapitre 11 sur 51 · GROUPE DE SATURNE ET LES DIEUX TERRESTRES · texte numérisé non relu

GROUPE DE SATURNE ET LES DIEUX TERRESTRES

ne peut séparer de serere. Ces anomalies sont fréquentes : Vocem et vocare, ducem et ducere, jurare etpejerare^ indicem et dicere présentent la même alternance du son bref ou long. Il n'y a donc point ici de difficulté : Satur, allongé d'un second suffixe, nus, peut donc être rapporté à la racine sa ou se, semer. Toutefois, une forme conservée dans une très vieille inscription sur un vase, Saeturnus, jette quelque doute sur cette étymologie si probable. Cette diphtongue explique bien l'allongement, mais elle-même s'explique peu ; elle résulte d'une contraction, mais quelle contraction? Un primitif sase ou sese-turntis n est guère satisfaisant ; un S médian se change en R ou disparaît sans laisser de diphtongue (Casmena^ Carmenta^ Catnena), La lettre double ae représente d'ordinaire un plus ancien ai, par exemple dans œvum, (grec aeFwv), d*où œvitas, œtas, ceternus. Ne serait-il pas possible que Sœlurnus, formé précisément comme ceternus (émus et urnus étant des variantes sans importance), renfermât un thème sai/ ou même encore saitar} S'il en était ainsi, on pourrait songer, sans aucune invraisemblance, à l'ancien dieu solaire aryen Savitar, le fécondateur, de su, engendrer (Swrj^a, le soleil), ou de Svar, éclat, ciel.

Mais, si noblement apparenté qu'ait pu être le vieux Saturnus, et bien que la légende en ait fait le père d'une race et le roi fabuleux des Aborigènes, il s'est à peu près confiné dans ses attributions champêtres, jusqu'à accepter pour fils ou pour épithète SterciUus ou Sterculus, génie du fumier, Slercus. C'est que, pour les primitifs cultivateurs, ce fut un grand jour que celui où l'un d'eux, plus avisé que les autres, remarquant l'herbe plus verte, la moisson plus drue, aux endroits où les troupeaux avaient séjourné, créa la religion de l'engrais, le culte du fumier, logiquement associés au dieu de la faucille. Bien avant que l'italiote eût appris à construire des temples, à dresser des sta-

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fje-.. .îutjur de li pierre informe ou du pieu qui fîiju.-ii' iiors Situr-e S:er;:ulus, les laboureurs, ;e^ ^emeur^, les moissocr.eurs venaient danser l'iurdcmcnt et redire en choeur quelque grossière oraison, de-à vers mal rhythmês qui ont gardé le de fiAturniens. d'où peut-être satur^-e, sMyres, reijvre* mêlées de prose et de vers — . tout en buvant â-.|ui mieux mieux la meilleure part des libations, jusqu'à en être, comme le dieu, situr-i ff saouls n. Le fétiche était orné de bandelettes votives qui entouraient encore les jambes du Saturne romain, du Saturne civilisé. Les mythologues, ne sachant plus interpréter ce visage archaî- '|iic. contèrent qu'on attachait les jambes du '^licu pour le retenir plus sûrement. Restait à savoir pourquoi on le déliait aux Saturnales. Sans 'loufc pour symboliser le relâchement de ces fêtes.

Les Saiurîialcs étaient des fêtes d'hiver, céléhrées d'abord au milieu de décembre, puis, après la seconde iriieiie punique, le quatorzième jour de jaîivier, ciate indiquée par les prétendus Livres Syht lit fis. On peut supposer qu'à l'origine elles coîncidaie:.t avec l'éclosion des semences, quand les petites pointes vertes de l'orge ou du blé sortent du sillon. A cette idée de libération, de montée vers la lumière, se rattachent peut-être quelques rites particuliers au culte de Saturne. Contrairement à l'usage général, c'est jperto cipite, la tête xlécûuverte (et non pas voilée), qu'on abordait ses autels, et l'action d'y prier s'appelait liicem facere^ faire la lumière, mettre au jour les germes confiés à la terre. Ce sont là des traits antiques, et je n'y vois pas l'influence grecque supposée par Preller ; pour les interpréter sûrement, d'ailleurs, il faudrait pénétrer d'autres menus mystères que la mythologie latine offre à chaque pas.

Qu'est-ce qu'une très ancienne compagne de Saturne, Liia S,itunu\ Lu.1 Mater, celle qui délie ^ ou qui dissout, ou qui Live, de liiere'^ N'y a-t-il pas

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