‹ L'Italie antique (origines et croyances)Chapitre 12 sur 51 · GROUPE DE SATURNE ET LES DIEUX TERRESTRES · texte numérisé non relu

GROUPE DE SATURNE ET LES DIEUX TERRESTRES

dans ce nom une allusion à la délivrance des germes, à ces bandelettes dénouées lors des Saturnales, peut-être à la vie renaissant de la mort> Cette Lmj, sans cesser d'être une déesse de la fécondité, paraît, dés l'origine, s'être montrée farouche et sanguinaire. On la nommait parmi les dieux à qui on offrait après la victoire les dépouilles de l'ennemi, dépouilles qu'on brûlait — comme engrais peut-être — sur le champ de bataille. Saturne, pas plus que ses adorateurs, n'était ennemi du sang, même du sang humam, si agréable à tous les dieux, et qui féconde si bien la terre. Par une interversion, qui n'est pas très rare, Lua s'est changé en déesse de la stérilité et de la destruction ; c'est le commentateur Servius qui lui attribue ce caractère ; Preller remarque que, en hiver, Saturne est associé souvent à Dis, le dieu de la mort. Tout au fond, la Lua Saturnin déesse de la destruction, de la mort, de la délivrance, n'est qu'un nom de la terre, des lieux invisibles où tout se dissout et se ranime. Nous la retrouverons dans le chant des Arvales.

Je reviens aux Saturnales, qui se prolongeaient durant sept joyeuses journées. Elles s'ouvraient par un sacrifice, un lectistemium et un banquet public ; le lectistemium, il faut le remarquer en passant, est une cérémonie relativement moderne, au moins sous ce nom, établie en 399 avant noire ère, sur les indications des livres sibyllins ; il consistait en ceci : les insignes, exuviœ, ou les bustes des dieux, étaient placés sur des lits [lecti, pulvinaria) ou coussins et prenaient part au repas sacré. A l'issue du festin solennel offert à Saturne, le cri fameux lo Saturnalia retentissait par toute la ville, appelant au plaisir et à la liberté la population tout entière. Plus de tribunaux, plus de maîtres. Les peines sont remises ; les luttes, les rivalités s'oublient ; la guerre est suspendue; on craindrait de livrer bataille en cette période privilégiée. Les

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'i^' .ft- t<K ^ 'i^^event à la table de famille et sont ser- ,^ p;ir !e^ rr.HlîC^ : souvenir d'un âge Où les anciens ha M î^iriîs rJu p?>ys, les Saturniens, n'avaient f/?is crr.orc <it6 réduits en servitude par les envahisrieurs I;itin-. On échangeait des cadeaux de toute sorte, entre ciutres des chandelles de cire, des cicr^c^î. cen.'j^ modeste allusion peut-être au caractère lumineux, soiîiirc. de l'antique Savitar(Sfl?/Mrnii^). f/:s enfants recevaient des poupées, des figurines rr;ngile, osciHji, sif^illari^, qui avaient été jîKlis rlc^ viciimes humaines. On se livrait, en outre. 'i\ mille jeux de hasard, de dés ou autres qui servaient i\ dé-.igner le roi du festin. Il suffit de cori'iMltrr le«* auteurs, surtout les écrivains de la flc'îKlcnce, pour trouver le tableau des folies, des orgies autorisées à Rome pendant cet âge d'or d'uru; scMi;iiiie. [.es princes donnaient l'exemple; si Au;.ins(e sr <.f»ntenlail sagement d'envoyer à ses funi'; «h-; .^flciiux îiccompagnésd'épigrammes, Doniiiicii iiii.i;.;iii{i un jour de jeter au peuple, assem- M< (I.iii'; \r Ooliscc, des mets, des friandises, un n pM ; }ii;:.nitisiiue. permettant ainsi à Rome de (lîfier laif^cnuMii sans interrompre les jeux sanglanls ilu oiiquc.

< >ps i)u ( ^pis, la bonne mérc, avait été de bonne lirnir a'^sociOc à Saturne, dans le vieux temple du < -liN ii»^ ( 'apiinliuis, élevé soit par Tullus Hostilius, soit parles Taupiins, aux lieux mêmes où Tantivpu* Saïuinia aviorait sa divinité éponyme. Ops (Mail la iciic lorlile : on Tinvoquait assis, en touvhant \c sol vlo la n\ain; elle avait sa part de toutes los IvMos a^riv'oles. fcnx sctncniùuw fji^analij {fèto^ Ju f'.ii::iS, du pays), lu^i .iici\ii\i (sacrifice de la \a.'ho ploiiu\ ';,^*.î\ïL O nom d'O/»-'? est intéressant, s, Ml vjuM pivwMo d'une racine j/*. obtenir, gagner. pv^'i^v'ovr. ovt v^iîil soit lui même l'origine de toute wwc {i\m\\\c vio n)o;s : «^'^t'.^. richesses, ressources, îj.^f'N. vlépourvu» pauvre. i^f^iiuLifi. porter secours, t^/*î/î««*.î/,^', surnom vie Jupiter cl de Mars. o^us. œu-

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