I. — VARIANTES ET FONCTIONS DE JUPITER
Caractère impassible ei grave de Jupiter, qui est, avant tout, le dieu du ciel lumineux. — Conjectures sur le mot Vedioris et sur le dieu de ce nom, évidemment apparenté à Jupiter. — Jupiter dieu de la foudre. Superstitions latines et étrusques. L'interprétation des éclairs, Ilaruspicine, — Jupiter Lapis. Summanus. — Jupiter Tigiilum. — Jupiter imbricitory dieu des pluies, des moissons, des troupeaux, frugijtr, fecunia, fumittus. Jupiter Liber et Libertas^ dieu des vendanges, de la liberté, de la jeunesse : Juvcntas. — Jupiter penetralis gardien du foyer domesticjue, défenseur de rendes : Terminus. — Parenté de Terminus avec Jupiter Lapis. — Sainteté de Terminus. — Jupiter soutien de l'Etat, arbitre des batailles, Stator, Ferelrius. — Jupiter FiJes, Kisius, dieu de la bonne foi, du serment. — C'est en son nom que le Père patrat ou Fécial déclare la guerre et atteste les traités. Antiquité de ces formules et cérémonies.
Pourquoi Jupiter vient-il si lard ) Avons-nous oublié le conseil de Virgile : Ahjove principium } Et le grand chef des deux olympes, — le grec et le latin, — Zeiis ou Jovis-paici., n*avail-il pas droit à la première place, en avant de tous ces dieux qui nmarchent au-dessous de lui > Nous ne l'avons pas pensé. Non pas qu'il le cède en antiquité à aucun de ses collègues, à son quasi homonyme Jatwis, ii
Min. ;»' li -:•: . p;ir/'jmp-;, arr::r= its riiîi.les : iiiii ., '1111111': eux. li a cchu:t par des rrèci.ecli-.fii !.. »ili-:. Ji lix;int chez les Vjl5que< z'Anxur (.11 .lu/ Ir-. l.aiins fl'Albe la Longue. C"e?: par ili^jn-. i|ii'il <: .1 m-»nic au Capitule, après av:-:r , i.iii|ui 1 .1 peu pitïs tous les attributs, assume :ous Il : |iiiii\iiiin iliMii*^, le Liamaîne èminent sur les liiiiiiiir. ri les ilioNCs. (]'est par ce travail ie re- ...i|.ii.iii i|iiil h'rsl assure le litre fameux dtjupi- /. / .'f>inniis ni.tMinus^ el cette grandeur qui i égale (tu ^« u . lu'tUMiiiiue.
I * lupiiri cl m orne la Juno des Latins et des U "H «lu-., vjuoique loncicrcmenl identiques par le ■ I MM si p.u- les nltrilmlior.s au couple suprême du i.!u . HKieii pnnil.*\Mi j^rcc. Zeuspater et Dioné, .111 i.Mijours i:a:.\\ n'K^mc apr^is la fusion des deux .••\ iln»l(i^ios. ;■.■': v/.:\k;o:0 original et national. I .nifllii^ciiv;^ ..>::•. 0 o: :"cvOnde, le génie artiste .1, ; llcllc:nc<. ..N,;-.^:'.: .r.. .Icé Zeus à leur image, hii ili.nnan:. sans p.^rie: .i::e::ne à sa grandeur, la l«iaiitc de !a :ace, ".a \;e e: les passions humaines, riihii une porsonnaliiéiiiJ.cpendante des phénomènes qu'il ciiige. Jupiici- esl impassible. Ses sentiments, lorsqu'on lui en prc;e. repondent à des variations aimospliLMiques. Sa colère est Torage ; sa joie est Li se rènitc de Taii'.
Ili-^c siihlnnc cjfiJciis ^iicni inrocMit omues Jovem^
" Ce rayonnement d'en haut que tous invoquent sous le nom de Jovis. >^
L'auteur de ce beau vers, Ennius, dira bien : a quand il rit. tout le ciel rit avec lui ». Mais Eiinius e^t Messapien, Osque, demi-grec ; et, d'ailleurs, l'association du ciel et du dieu montre assez ici que le rire de Jupiter est l'éclat d'un beau jour.
Il agit, mais en force de la nature, éternelle et toute puissante, non pas en personne qui pense et '^ui veut. L'amour, la beauté, l'art, lui sont étran-
gers. Il est le père de toutes choses, mais il n'a pas d'enfants. Son union avec Juno, sa forme féminine, est stérile.
Est-ce donc à dire qu'il ne tienne rien de rhomme, et qu'il représente uniquement les divers aspects deTespace ambiant )> Point du tout. Comme son collègue olympien, il est fait à l'effigie de ses adorateurs, qui sont à la fois simplistes et formalistes. Les Latins ont une conception très vague et très arrêtée tout ensemble d'une immensité où leur petitesse est noyée, d'une puissance inéluctable à laquelle tout est soumis. De là vient la majesté suprême de Jupiter ; il est hors de toute proportion ; il n'y a point de commune mesure entre lui et les êtres qu'il enserre et qu'il gouverne.
Mais il se trouve que ces Latins, si frustes, si peu déliés dans les choses de la pensée, sont les plus minutieux et les plus positifs des hommes dans tout ce qui concerne la vie pratique. Les alertes sans fin, les violences, les perfidies qui dérangent et brouillent incessamment les fils de leur existence privée et nationale, les pénètrent d'un impérieux besoin de sécurité, de règles fixes dans la famille, dans la cité, dans les contrats. Et quel en sera le garant, par dessus tous les Indigètes, les Génies, tous les menus dieux attachés à tous les actes, invoqués dans toutes les circonstances qui intéressent le pâturage, le labour, la moisson, la naissance, la jeunesse, le mariage, le foyer domestique, le sort de la peuplade ? Qui> sinon le maître qui conduit et maintient le monde. L'idée d'ordre sert de transition entre la force infuse dans l'univers (où tout converge vers VUii^ uni versus)^ et la puissance régulatrice des intérêts si urgents de la famille et de la cité, entre le dieu des choses et le dieu de l'homme.
Jupiter est l'autorité, la loi. Il préside aux traités, aux serments. Il protège, il doit protéger ceux qui les observent, ceux qui s'en réclament, ceux qui
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