‹ L'Italie antique (origines et croyances)Chapitre 28 sur 51 · L::'a:irs. L'un s'échap · texte numérisé non relu

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LE GROLPE DE JLPIJER I QÇ

sa clé, la surveillance des portes, des rues et des marchés ; mais il a perdu cette haute main sur l'univers, qui lui est attribuée par Ovide et par quelques symbolistes du temps dWuguste ; il est d'ailleurs probable que le bon homme aux deux visages ne s'était jamais haussé aux grandeurs, et que, portier de la cour céleste, il ne s'était guère écarté du point où le ciel confine à la terre : il restait le dieu des horizons. Mais le creux d'en haut « Koilon, Cœlum », Pair, le soleil aussi, voilà ce qui est Jupiter et ce qui lui appartient. Janus voit naître le jour, mais c'est Jovis, sous le nom de Dies piter, qui est le père du jour, le rayonnement solaire, — sublime candens. Litcetius^ — comme Juno est 1 Aicina. Les Etrusques l'adoraient sous ce nom dans la région du Soracte, montagne du soleil, plus tard dédiée à un Apollon Soranus,

La présence, au même lieu, d'une nymphe Féronia ILitcus Feroui\v), antique déesse des sources et du printemps, intimement associée chez les Volsques de Terracine à Jupiter Anxur ou Anxurus. semble indiquer que, sur le Soracte, Apollon était un substitut de Jupiter. Ln elïet, Anxur était un Dieu solaire ; sur les monnaies de la gens X'ibia, sa tète est ceinte de rayons. De l'autre côté des Apennins, dans le Picenum, on a découvert la ligure d'un beau jeune homme demi-nu, également couronné de rayons, avec une inscription très fruste où se lit encore le mot Jure (ailleurs Diuvei Vercliasiii (( à Jovis adorable )) ou (\ viril ))) ; forme dialectale, bien connue, de Jovis.

Un autre dieu jeune et qui porte à la main une poignée de lléches [sa^illcv), de rayons sans doute, — car il a été assimilé à un Apollon Lukorés (lumineux) — ne peut guère être isolé de Jupiter; c'est Vcdiovis, ou Véiovis, que Quintilicn et Aulu- Gelle citent plus d'une fois en l'associant à Diiovis (une forme osque de Jovis). Ovide en parle, car ce dieu avait des temples à Rome, l'un notamment

souffrent de leur violation. Il est le gardien des bonnes mœurs.

De ces déductions, aucune assurément n'échappait aux Hellènes ; de toutes les attributions morales conférées à Jupiter, aucune ne manquait à Zeus. Mais les Grecs et Zeus, ondoyants et divers, avaient bien d'autres soucis que Tordre dans la nature et dans les choses sublunaires. L'un s'échappait sans cesse vers les aventures où l'entraînaient les mille inventions des poètes ; les autres s'occupaient et s'amusaient de tous les dieux que leurs artistes douaient de vie et de beauté. Les Grecs avaient toutes les idées ; les unes les distrayaient des autres. Le génie étroit et obstiné des Italiotes courait droit sur une piste et ne s'en laissait pas détourner.

Cette persévérance caractéristique, qui produisit dans l'histoire de si étonnants résultats, n'eut pas de moindres conséquences pour la religion. Bien plus vite que Zeus chez les Hellènes, Jupiter résorba tous les dieux. Il s'en fit, non pas des ministres, mais des épilhétes, des attributs. Il coupa court à la mythologie, si pauvre en légendes vraiment italiques. Et, en dépit de vaines apparences, l'assimilation des dieux laiins à ceux de la Grèce ne galvanise pas leur inanité. C'est ainsi que l'universalité de Jupiter, sa toute-puissance à la fois physique et morale fraya de loin la voie au monothéisme, doctrine plus simple que profonde, et à l'étroite orthodoxie de Rome catholique.

Cette résorption de la plupart des divinités ausoniennes dans le seul Jupiter et quelques-uns de ses homonymes : Diovis, Védiovis, Dius, etc., s'était accomplie à Albe et à Rome môme dés le temps, à demi fabuleux, des rois étrusques, Tarquins, ou T.irchnaf. Il y a tout au moins un collègue qu'il a dû respecter, Janus, presqu'un autre lui-même, témoin de l'origine des choses et speciateur bienveillant de la vie. Oui, Janus a gardé son bâton et

qu'à une remarque agricole de Virgile : « urentes culta cjpellas » qui ne suggère quelque relation de la chèvre avec le feu.

Parmi les minimes et insolubles énigmes que présente le culte de ce Véjovis, il n'en est pas de plus déconcertante que ce nom, si rapproché, du moins en apparence, de Jovis, mais précédé d'une syllabe fort difficile à expliquer. Ve doit-il être rapproché de vce (vœ victis] ? Ceux qui penchent pour cette étymologie (Preller) voient en Véjovis un dieu qui poursuit ou un dieu qui secourt les malheureux, les condamnés ; lorsque ceux-ci lui ont sacrifié la chèvre expiatoire, il leur offre le refuge de son bois sacré ; on fait remarquer que le principal sanctuaire du dieu était situé entre VArx et le Capitole, dans l'endroit même où Romulus avait établi son refuge de proscrits, berceau de Rome. D'autre part Ve dans vésanus, vécors, vémens (pour vehemeiis], dénote tantôt la démence, tantôt la force, mais avec un sens péjoratif, qui expliquerait le culte rendu à Véjovis en mars, à l'époque où le soleil est violent et dangereux.

Enfin d'autres, considérant que Véjovis était adoré comme un Jupiter enfant, ou jeune, ou encore faible, rappelaient, avec Ovide, le mot rc- *rrandia, appliqué par les gens de campague aux tiges minces des récoltes médiocres. Ce qui paraît surtout médtocre, c'est l'interprétation ; il en est une plus hasardeuse encore, mais plus séduisante : \'éjovis s'appelait aussi Vediiis^ mot qui, d'après \'arron, sent le dialecte sabin ; cette forme, évidemment, fait penser l'érudit romain à Fidius (Diiis Fidiits), dieu suprême des Sabins, dieu de la bonne foi Fides, ou peut-être plus anciennement de l'éclair, d'une vacint Jîd Jîndere^ fendre, percer (tous les temples de Fidius avaient la voûte ouverte, percée, — pcrforaia). Ce Fidius ne peut être séparé d'une divinité ou d'une épithète ombrienne Fisot'iiis ou Fiïuviits, qui serait le prototype de Vcdio-

j.ij 1. ITALIE ANTIQUE

r/s, \'cjnvis ; cl. dans ce cas, la terminaison ovins iM7s, (1. f. Pjiciiviiis^ \'csiiv{its. (haboviiis (tisuviiis^ qui appartient à l'isiits, à la colline dite Fisienne) n'aurait rien à voir (liréal) avecjovis. Maiscomme Kidius nVst quune épilhcle de Jupiter, il s'en suivrait que rtyoï'/.s sciait Jo\is lui-même, soit garant de la bonne foi, -- nous le verrons plus tard dans ce rôle. — soit fulfîurant. i{<n6, et par suite infernal, comme linsinue Varron, qui assimile Diits b i.iins à Ihspjtei .

Telles sont les recherches, toujours suggestives en ^onime, sinon concluantes, où l'insuffisance des èrudits latins et grecs entraîne aujourd'hui les myiholojïues et les linguistes. Vèjovis n*a pointa ensDUllVir : il demeure toujours un vieux dieu delà lumière. di">nt le num se lit encore sur un autel trt.'uvé à P)'»vill,c, petite ville située au pied du \n..HV. Al bain, nù paraît avoir résidé, commandé, Ui famille f\(.:< ju !(.';.

W.i.Kivir i'\ r iM-i < li::; rKiLKS Juliki.

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