‹ L'Italie antique (origines et croyances)Chapitre 37 sur 51 · SANCTE · texte numérisé non relu

SANCTE

DE DECVMA. VICTOR. TIBEI. LVCIVS. MUMMIV. DONVM MORIBVS. ANTIQVEIS. PRO . VSVRA. HOC DARE SESE. VISVM. ANLMO. SVO. PERFECIT. TVA. PACE. ROGANS. TK COGENDEI. DISSOLVENDEI. TV. VT. FACILIA. FAXEIS. PERFICIAS. DECVMAM. VT. FACIAT. VERAE. RATIONIS. PROt^VE. HOC. ATQVE. ALIBIS. DONEIS. DES. DIGNA.

MERENTI.

Nous en traduirons quelques lignes: Sanclc (i) (une forme de 'Sancus), De decitmci. vtctor tibei, Lucîiis. Miimmiu, donum. Moribus, antiqiiis. pro îisur.7. hoc, date. sese. Vtsiim, anima siio. perfecit. tua pace., etc. P roque, hoc. atque. cilieis. doneis. des. digna. me/eH//. C'est-à-dire: (( O Dieu saint! Lucius Mummius, vainqueur, a voulu, selon la coutume antique, l'offrir en remercîment cette part de la dîme; et il a, avec ton assentiment, accompli cette offrande. Pour cela et pour mes autres présents, donne-moi ce dont je suis di<^ne (mesure ta faveur à mes mérites). » Les inscriptions manuscrites ont le privilège d'être irréfutables. Les deux que nous venons de lire nous prouvent à la fois Tidentitéde Sancus et de rilercule latin, l'antiquité

(1) Ce nom de Sanctus est spécial à l'IIcrculc Sabin, à l'iicrcule Victor.

Cest à Sanclus patcr que Propcrcc, en Icrmcs curieux, recommande «on livre :

Sancte pater, silvc; cul jam lavei a^pera Juio.

Sanc.e, vclis libro dextcr incssc mco.

Hune, quoniam manibus puigalum sanxcrat «nbcm.

Sic Sanctum Tatii composucre Cures.

({ Père Sanctus, salut, toi que ne poursuit plus l'àpre Junon, Sanctus, daigne protéger mon livre par ta présence... Tes mains vengeresses ont atVcrmi, sanctifie, h* monde; de là ce nom de Sanctus que t'ont donne les Taticns de Coures. »

PROJ'KHCE, IV, IX.

de l'usage d'offrir à Hercule et à Sancus une part du butin, et du contrat passé entre le dieu et le tidèle généreux.

11 s'agit ici du rustre appelé Mummius, qui, facilement vainqueur à Leucopétra des derniers Achéens, commit le crime odieux de livrer aux flammes une ville sans défense, une des plus riches cités de la Grèce expirante. Et par une sanglante ironie du sort, c'est à Hercule vainqueur, à cet ilèraklès. l'honneur et le champion de rilellade, que le pieux et grossier imperator vient offrir en toute bonne foi les dépouilles de Corinthe, le dernier soupir de l'Hellade anéantie.

Mais achevons en quelques mots l'histoire et la décadence de l'Hercule latin. Suivant l'exemple des Sylla et des Pompée, tous les puissants se plurent à voir en ce dieu victorieux un patron et un précurseur. Le triumvir Antoine se vanta d'en descendre, (ialba, Trajan, Adrien, les empereurs d'origine espagnole, aimèrent à figurer sur leurs monnaies ï Hercules naJitjnits, l'Hercule de Gadés. Commode s'iiabillait, s'amusait et prétendait se conduire en Hercule. Les Syriens, Septime Sévère, Caracalla. se flânèrent aussi de compter le héros (Un ilèraklès orienial sans doute) parmi les dieux de leur maison, (( b^nlin, dit Preller. sous Dioclélien et Maximien, le mcjnde étonné vit un Jupiter et un Hercule, le père et le fils, monter sur le trône impérial. Cette foifanter ie entra dans le cérémonial de la nouvelle cour; la dignité d'Hercule, se transmit par l'adoption au successeur présumé, qui fut nommé César Ilerculiuis. » Ainsi, de la divinité, Hercule est descendu au rôle, encore honorable, de héros, puis à la dignité, peu enviable, deprince de la décadence; il en est réduit aujourd'hui à s'exhiber dans les baraques foraines. Grande leçon pour les dieux menus et gros.

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