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Hérc-phiîa Erythr^a . Am^L-ihi^ iCiniJ^j , A:hcna:s. Phaéaaîs C4j^:jmj , Dt:m> ■Ci.ttî.tj , e: de? parenis divins. Japiicr. Ncptane. î!^ Terre. Une ville de Phrygic illîus J/iio' - ec: uec S:by'Ie sjir sa monnaie. lî est prz-baKe que l'èîY:i;:I:^ic grecque du mot Sityl'j ne remc-iiie p^s plus haui. Tels quels, ces livres ap:>c:-yphcs remp.acèrer.1 complètement le recueil détruit par les î^*amme<, eî en répandant les fantaisies théurgîques des adorateurs de Scrapis. d'Hermès, ce Miihra. les espérances messianiques des Juifs heliènisar-ts. modifièrent sensiblement le caractère dApo'.'.or.. l'environnèrent d'une auréole mystique. Dieu sauveur, dieu solaire, il Tétait déjà : mais les nouveaux îi vres Tidentifièrent au dieu oriental du soleil, à un rédempteur, dont le règne allait inaugurer un ordre nouveau. Après une grande année, analogue aux âges de l'Inde brahmantique, et composée d'un grand nombre de siècles, une révolution sidérale devait, en ramenant les astres aux points quHls occupaient lors de lorigine des choses, déterminer une nouvelle période d'années, un nouvel âge d'or. Le génie rêveur de Virgile s'empara de ces données, et, vers 40 ou 39 avant notre ère, i\ Toccasion d'une naissance attendue dans la lamille dWuguste ou de Pollion, le poète composa la célèbre églogue, Pollio, tant de fois imitée par Ronsard. Malherbe, J -B. Rousseau, La Fontaine, Pope, Lamartine, où est développé ce thème, fort bien résumé par J. B. Rousseau : (( Voici le jour heu reux marqué des destinées, pour un ordre nouveau de siècles et d'années. »
Rien de plus achevé que la forme dans le /^)/lio ; mais c'est le fond qui importe ici, et cet accord si parfait entre les croyances étrangères, les aspipirations du monde romain et le milieu social où le poème a été composé. La soif de la paix à tout prix, de l'oisive contemplation mystique, c'est le mal qui dévore les peuples harassés, V^siVVws \và.v
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Touragean furieux des proscriptions et des pillages militaires. Un vaisseau a demi naufragé dans une rade encore agitée accueille avec transport le premier rayon douteux qui lui ouvre, dans rhorizon d*airain, de plus sereines perspectives. Toutes les mains sont tendues vers le port. Il s* agit de toucher la terre, de s'y coucher dans une immobilité absolue, au bord même des flots. (( Les champs s*écrie Horace, gagnons les champs bienheureux, et les îles florissantes où la terre sans culture nous rend tous les ans la moisson, où fleurit à jamais la vigne non taillée ! Là, du creux des chênes le miel découle. Là les chèvres d'elles-mêmes viennent se présenter à la main qui les trait... !.» Virgile peint fattente commune et le désir unanime ; il les par^ . tage et s'en émeut. La fatigue le pénétre, la joie de la prochaine délivrance l'envahit tout entier, se traduit dans ses vers en magnifiques hyperboles :
II est venu cet âge où la Sibylle appelle A de nouveaux destins une époque immortelle, Et les siècles déjà, recommençant leur cours, D'Astrée et de Saturne ont ramené les jours. Du haut des cieux descend une race divine.. . A cet heureux enfant souris, chaste Lucine! L'aube de l'âge d'or en ce berceau nous luit, Et les siècles de fer sont rentrés dans la nuit. Viens, Diane, déjà rèçne Apollon ton frère... Si quelque deuil survit à nos forfaits, ses lois Du long joug des terreurs vont délivier la terre. Lui, régnant sur la paix qu'inaugura son père. Admis à l'ambroisie et compagnon des dieux. Parmi les immortels, il vetra ses aïeux... Sa couche même à flots répand les douces fleurs. Il meurt, l'affreux serpent! L'herbe au suc délétère Meurt, et le nard d'Asie embaume au loin la terre... Les épis onduleux viendront jaunir la plaine. Aux buissons empourprés pendra le raisin mûr... La terre en tous endroits produira toute chose. La vigne échappe au fer et le soc se repose; Déliez vos taureaux, robustes laboureurs. La laine n'apprend plus à feindre les couleurs : La toison du bélier par la prairie est teinte; De pourpre, de safran, de suave hyacinthe
L'herbe en les nourrissant vèiira les a^eaux. Courez, a dit la Parque, v^ dc>ci!es fuseaux ! Accomplissez du ciel les arrêts séculaires. .. Monte, glorieux fils du monarque des dieux! Vois tressail'ir d'espoir et !a terre ei les cieux. Avec la terre au loin et les déserts ce 1 onde. Vois sur son axe ému frémir Torbc tiu monv-'o A l'approche des temps dont jannonce le cours. Que le ciel pour les voir me donne assez de jours!
Les grammairiens, les érudits ont entassé sur cette églogue des montagnes de commentaires cl d'hj^pothèses. A entendre les uns, Tenfant annonçai au monde est le Messie, Tàge d'or l'ôre chrétienne, le Royaume de Dieu. Ils affirment, daprés Laclance et Eusèbe (III*, IV'^), que des traditions juives s'étaient glissées dans les Livres Sibyllins, ce qui est vrai dans une certaine mesure, ou bien qu'llerode, hôte de PoUion, Nicolas Damascéne, favori d'Octave, ont pu entretenir Virgile de prophéties messianiques. Telle a été la conviction des premiers siècles chrétiens. Virgile a passé pour un précurseur (ieste David etc.), pour un Jean-Hapliste d'Occident. Delà Tautorité des Sorts ]'iri;ilivns, et le rôle de Virgile dans la Divine Comédie, Des théo logiens anglais, Chandler, Whiston, (Uidworlh, sans parler de Pope (Messie), l'ont présenté sous ce jour mystique ; et V. Hugo l'a coiffé du nimbe sacré : (( Dans Virgile parfois, dieu tout prés d'être un ange, le vers porte à sa chue une lueur étrange. Dieu voulait qu'avant tout, rayon du (ils de l'homme, l'aube de Bethléem blanchît le front de Rome. »
Il reste acquis que les Apocryphes .sybillins ont pu ne pas être étrangers à t'inspii alion de Virgile, et que celui-ci a concouru î\ une .sorte de traii.sfiguration de l'Apollon romain. Mais ici, l'adulation discrète a joué un rôle visible en ce tiail : (( déj;ï régne Apollon ton frérc ». Apollon, c'est Oitavc, qui voyait volontiers son précurseur, son prololv|je, dans un dieu appelé à r)nvrir iif)c érc nouvt^^
pacifier l'univers. Quand la victoire d'Actium (Actium était célèbre par son temple d'Apollon) eut fait du futur Auguste le maître du monde, elle fut regardée comme le triomphe d'Octave-Apollon sur Hercule- Antoine.
Spectateur du combat, l'Apollon d'Actium D'en haut tendait son arc...
Aclius haec cernens arcuin intendebat Apollo Desuper,. . Ain. VII 704.
On supposa qu'Apollon s'était substitué à l'insignifiant Octavius, comme Zeus à Amphitryon. Apollon, à Tégal de Vénus et de Mars, mère d'Enée et père ,de Romulus, entra dans la famille impériale. Protecteur des Troyens, des Romains, il était digne de donner à la terre le fondateur de l'Empire. Auguste prit fort au sérieux ces flatteries à demi patriotiques ; et l'on sait que dans les festins intimes où ses amis prenaient le costume des dieux, il se déguisait volontiers en Apollon. Il montra pour son père putatif une dévotion particulière, et lui éleva sur le Palatin un temple magnifique où furent transférés et gardés désormais les Livres Sybillins (an 12), dont il fit, en qualité de souverain pontife, exécuter une copie soignée et corrigée. Nous avons sur ce point le témoignage de Suétone (Aiiguste^XXX\). (( Revêtu, après la mort de Lépide, du grand pontificat, (Auguste) fit ramasser de toutes parts et brûler plus de deux mille volumes de prédictions, écrits en grec et en latin, dont les auteurs étaient anonymes et peu recommandables. 11 ne réserva que les oracles Sybillins ; encore en fit-il un choix ; et il les enferma dans deux cassettes d'or, sous le piédestal de la statue d'Apollon palatin. » C'est sur le seuil même du temple encore tout éclatant de sa blancheur neuve que Virgile le place pour assister au défilé des peuples vaincus (VIII 720) :
Ipse sedens niveo candcntis limine Phœbi...]
Partout il favorisa Ees sacrifices et les jeux dédiés à Apollon, surtout à TApoUon d'Actium, et à TApollon Palatin. Les quindécemvirs devinrent les prêtres officiels de ce dernier.
C'est en plein épanouissement de cette religion nouvelle que fut reprise la tradition, si longtemps négligée, des Jeux séculaires, et. comme il est aisé de le comprendre, avec une splendeur inusitée. Un héraut parcourut Tltalie, annonçant des solennités que nul n*avait vues et ne devait jamais revoir. Toute la magistrature civile et religieuse fut appelée. « Jugez si chacun s'y trouva ! ». .Après un certain nombre de menus suffrages et sacrifices convenables à tous les grands dieux du ciel et de l'abîme, la cérémonie commença, la nuit, sur le Tarentum, où trois autels recevaient le sang de trois brebis noires, destinées à être complètement brûlées. En même temps, sur une scène vivem^ht éclairée, un acteur débitait un chant de circonstance ; puis on procédait aux jeux traditionnels. Le lendemain, une procession se rendit en grande pompe à l'endroit consacré. Enfin, le troisième jour, neuf garçons et neuf jeunes filles chanlèrcni des hymnes latins et grecs dans le temple d'Apollon palatin. Horace avait été chargé de fournir ces cantates, que nous pouvons lire encore dans ses odes. Tout ce qu'on peut dire de ces morceaux, c'est que le plus court est le moins médiocre. Horace est le moins officiel des poètes, et ce genre ne convient guère à son esprit sceptique, à son talent plus fin que grand. Mais le (\irtiicn SiVcularc et son appendice ou variante (Liv. IV, 6), n'en sont pas moins des documents à consulter. I^n voici quelques traits : (( O dieu, qui as puni, sur les enfants de Niobè, l'indiscret orgueil de leur mère, Dieu qui as frappé le ravisseur Tityos, c'est par toi qu'est tombé le roi de Phthie, le (ils de Tliètis ma rine, Achille, presque vainqueur de Troie. <)ci invincible a été faible devant toi. ( x\u'\ dont le vw^-
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lot redoutable ébranlait les murs dllion, il est tombé, comme le pin mordu par le fer, comme le cyprès renversé par la tempête ; et sa tète s'est enfoncée dans la poussière dardanienne ! Sans toi, sans les prières de Vénus, le père des dieux n'aurait pas relevé la fortune d'Enée... O Phébus et Diane, reine des forêts, gloires radieuses du ciel, le temps est venu, le temps prescrit par les vers sybillins, où de chastes enfants, des vierges choisies, doivent chanter Thymne aux dieux qui se sont plu sur les sept collines. O Soleil bienfaisant, qui renais toujours nouveau, toujours le même, et toi, Lucine, douce llithye, amie des jeunes mères, vous ne pouviez rien voir de plus grand que Rome, Rome votre ouvrage. Si c'est bien par vous qu'Enée, s'échappant de Troie en flammes, guidant vers de meilleurs deslins une troupe fugitive, a établi sur le rivage étrusque les débris d'ilion, soyez favorables au peuple, à la puissance romaine, à ce rejeton d'Anchise et de Vénus, qui vous offre ces taureaux blancs. Ecoutez les prières des Décemvirs et les vœux de cette jeunesse instruite par le poète Iloratius î »
ici encore, les dieux sont grecs de nom, mais troyens, c'est-à-dire romains de cœur.
Les Jeux séculaires, comme la plupart des fêtes à longue échéance, ne répondirent jamais à leur titre. Sous divers prétextes, ils revinrent à des intervalles irréguliers, sous Claude, en 46 de J.-C, sous Domitien, en 87, sous Antonin, Septime Sévère (203), Philippe (246), Gallien (258), et finalement en 297, sous Dioclétien. Ce furent les derniers.
Bien que les religions mystiques des symbolistes et décadents de Rome, les amusements des farceurs, magiciens et spirites, l'expansion d'un nouveau culte solaire, celui de Mithra, et le terrible virus de la contagion christicole, ne cessassent d'ébranler l'autorité des anciens dieux gréco-latins,
de ces dieux presque inoffensifs, qui joignaient à quelque beauté une ombre, un reflet de la raison et des sentiments humains, l'Apollon du Palatin conserva des fidèles, moins par lui même, il est vrai, que grâce à la faveur croissante qui s'attachait au fatras Sibyllin. Encore au temps d'Aurélien, le recueil prophétique était consulté avec un respect profond. Sous Julien, on le sauva, à force de dévouement, d*un incendie qui consuma le temple. Enfin, à l'époque où Rome fut envahie par les Goths et les Vandales, ce livre fétiche devint une cause de superstition et d'exaltation si inquiétantes que Stilicon le fit brûler, ou crut l'avoir détruit. Mais ce phénix, nous l'avons vu, est sorti de ses cendres, plus que probablement nourri et restauré d'éléments plus apocryphes encore que sa substance première.
Apollon, le lumineux, le resplendissant génie du soleil, de la poésie, de l'art, fut jeté aux enfers sous le nom d'Apollyon. Mais en vain. Démon ou divinité, il survivra, dans le souvenir des hommes civilisés, à quelques-uns de ses successeurs.