‹ L'Italie antique (origines et croyances)Chapitre 7 sur 51 · LE CULTE DES ANCÊTRES ET DU FOYEH · texte numérisé non relu

LE CULTE DES ANCÊTRES ET DU FOYEH

coup moins étrusque sans doute qu'Italique Oiialgré l*abrévalion sauvage Mnrfa), et qui u fourni le vieux verbe promewerrare, avertir ; Mcncrva capta, de caput, épithéte obscure qui justifie peut-élre Tas similaiion postérieure de Minerve à Ailiéné, la bril lante lumière de la pensée jaillic de la télé de Zeus. Ne vous croyez pas perdus dans ce dédale, où s'ouvrent û chaque pas des percées nouvelles embranchées sur d'autres réseaux de passages hasardeux. Nous ne nous sommes égarés qu'en apparence et nous allons en sortir plus instruits, Je pense, de l'origine et du rôle des MAnes, forme alourdie, épaissie, de Manus, Manus est donc l'es- . prit de l'homme enseveli, qui a gardé une lueur de vie dans la tombe et qui remonte avec Taube, ressuscité et divinisé, à la lumière du jour. En tant que Màne, il reste un dieu silencieux et triste de la nuit, errant dans les dessous du monde, dans les demeures d'Orcus. Nous le verrons, sous d'autres noms, participer galmcnl aux réjouissances de la famille et de la cité.

Ce double caractère est nettement marqué dans les deux principales fêles consacrées aux morts. Les premières, les Fcralia^ se passaient h l'extérieur. Les sanctuaires de tous les dieux étaient fermés; toute cérémonie suspendue ; on ne pouvait sacrifier que sur les tombes, et il n'y avait d'autres dieux que les morts cachés sous la terre. On apaisait les Mânes par toutes sortes de mets et de cadeaux. Ils n'étaient pas, à vrai dire, bien exigeants, et ils faisaient bien ; les riches alors l'étaient si peu et en si petit nombre! « Honorez, dit Ovide, les âmes des aïeux ; les Mânes ne demandent guère : un souvenir pieux plutôt qu'un lichc présent : quelques couronnes éparses sur le couvercle du tombeau; des épis, quelques grains de sel, des violettes çà et là ; du pain trempé dans du vin pur, et cela même en un tesson ramassé dans la rue. On peut faire mieux, mais l'ombre est satis-

faite. Toutefois, les morts ne veulent pas être oubliés. Une fois, pendant une guerre longue et acharnée, le peuple négligea les jours réservés aux Mânes. Prompte fut la vengeance. Dans la ville éclairée de funèbres bûchers, les cadavres abandonnés sortirent des tombeaux, effrayant de leurs plaintes lugubres, de leurs apparitions terribles, les rues et les campagnes du Latium. w Une peste fut attribuée à de pareilles omissions. Mais les prodiges cessèrent à la reprise des cérémonies.

Si les Feralia étaient un véritable jour des morts, triste ou du moins attendri, les Caristia^ dés le lendem'Sain, respiraient la joie des banquets familiaux. On appelait cette fête Cara Cognatïo, d'où Ton peut inférer que Vagnatio, la parenté par les mâles, seule légale chez les Romains, n'av'ait pas remplacé chez les Latins antiques la parenté générale et naturelle, cognatio. Ovide nous a laissé un aimable tableau des Caristia (ainsi nommées, dit-il, par les parents affectionnés, cari cognati^ réunis autour d'une table commune). (( Après la visite aux tombeaux et aux proches qui ne sont plus, il est doux de se tourner vers les vivants ; après tant de pertes, il est doux de voir ce qui reste de notre sang et les progrès de notre descendance. Venez donc, cœurs innocents; mais loin, bien loin, le frère perfide, la mère cruelle à ses enfants, la marâtre qui hait sa bru, et ce fils qui calcule les jours de ses parents obstinés à vivre ! Loin, ceux dont le crime accroît la richesse, et celle qui donne au laboureur des semences brûlées. Maintenant, offrez l'encens aux dieux bons de la famille (ce sont les Mânes) ; mettez à part sur le plateau, patella^ des mets arrosés de libations, et que ce gage de piété reconnaissante nourrisse les Lares qui résident dans l'enceinte de la maison (incincti Lares). ))

Ce nom de Lares, que portent de préférence les Mânes sortis du tombeau et considérés comme protecteurs de la famille, de la maison, du domaine.

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de la tribu et de la cité, paraît avoir signifié maître, chef, roi. C'est dans ce sens que les Etrusques l'ont adopté pour leurs Lucumons : Porsena. Ljrs de Clusium. Mais la forme Ljses, consenèe dans le Chant des Arvales, avait déjà substitué /^ à S avant l'arrivée des Etrusques et engendré toute une famille de divinités et de génies : Lara et Lala, peutêtre Laverna, pour L.isverna (comme Cimena pour Casmena)^ Lar\'a, Larundo, Acca Larentia. Or, tous ces êtres vagues ont gardé un caractère inquiétant et funéraire. On les invoque autour des tombeaux, on craint de les rencontrer la nuit dans les lieux solitaires. Il faut donc admettre que le mot dont ils dérivent avait la même acception, et que les Last^s n'ont pas été à l'origine autre chose que des esprits errants, les âmes des ancêtres, comme les Mânes. C'est lusage, c'est le temps qui a introduit entre eux des nuances, souvent oubliées d'ailleurs. Car, dans la langue commune, Lares et Mânes sont demeurés synonymes. L'idée de mort s'était donc peu à peu retirée du culte des Lares, et Ton voyait surtout en eux des gardiens, des protecteurs de la vie. Ils formaient comme la transition entre les Mânes et les Génies, qui président à la naissance (gignere) et qui transmettent aux choses de la nature et aux enfants des hommes le germe ancestral engourdi chez les Mânes et réveillé chez les Lares. Ainsi se perpétue la vie.

Les Lares de la famille habitaient la salle commune, Vatrtum^ humbles images de cire ou statues de bois, puis de pierre et de métal, commises aux soins de la ménagère. Mais leur puissance invisible et tutélaire résidait dans le foyer domestique, entretenu dans un état de propreté parfaite, balayé tous les soirs. Caton le recommande instamment. Tous les jours, à chaque repas, une part était prélevée et déposée devant le foyer sur un plateau ; l'offrande, vin et aliments, était jetée dans le feu, au cri de Dit propititl et le repas pouvait alors con-

tinuer. On citerait chez tous les peuples des coutumes analogues, et je n'y insiste pas. Toutes les Calendes du mois, les Ides, les Nones, surtout les Calendes de Mai, dites Laralia, ramenaient des priôres, offrandes et libations spéciales.

(( Les Lares, considérés comme bons génies de la maison, prennent part à toutes les fêtes. Quand le jeune homme revêt la robe virile, on leur consacre la bulle^ ornement de son enfance; quand un parent revient de la guerre, ils reçoivent une portion du butin ».

Le Lar familiarisa qui les résume tous, est un conseiller indulgent, dont Taffection encourage la familiarité. De maître, il devient serviteur, comme le follet du bon Lafontaine. C'est presque dans ce rôle que Plaute nous le représente dans VAulularia^ expliquant l'intrigue de la pièce. (( Je suis, dit ce dieu complaisant, le Génie protecteur de la maison. Le père et le grand-père du propriétaire ont été mes bons amis. Le grand-père m'a confié un trésor que je garde soigneusement près du foyer pour le donner maintenant à la fille de la maison, une bonne et pieuse enfant qui me fait des cadeaux tous les jours ».

A tous et en toute occasion, ces lutins du foyer font bonne figure, comme il sied à d'anciens morts consolés qui aiment les vivants. Leur inoffensive bonhomie devait survivre à la désuétude et à l'oubli ; de l'armoire — Lararium — où l'on finit par les reléguer, ils continueront, jusqu'au V* siècle, à veiller sans bruit sur leur négligente postérité.

Les Lares n'étaient pas tous entrés dans les maisons. Beaucoup, d'innombrables, étaient restés dans les champs, dans les rues (vm/es), au croisement des routes, dans les carrefours (compitales) et partout protecteurs bienveillants, prcestites. Chacun ou plutôt deux par deux, fils jumeaux de Mercure et de Lara, ils avaient leur région, leur quartier, leur chapelle et leurs offrandes d'aliments, de

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fruits, ie rieurs et ie î'euiilugc. l'juic «ouno lc»iiiiu: entrani pour !a premicie fais sous !c loii ^vuijuj;.*!. devait faire JiTruiide i un as, xou Nculcnicm .i .'»i»:» 3ian. et aux Laies ie 'a ^liaison, iiuu.<t .iu.^m luv Lares iu cairetcui' voisin. Tous !cs h.iî^ii.mi-. Ju quartier coritribuaienc d'un i<àtc.ui â Icui u';c .» « nuelle. Ces réjouissances popu.ar.v^ plv-nK-.i Je galte. même de licence, accon\[.»a^'îccs .îw icnv. Je pantomimes, rappelaient cncoïc, pai i»lui J'im trait, l'origine funéraire Jes l.au*N \in-.i, k-.» Kcu-a du peuple suspendaient au\ clupclU--. e-i .uik pin tes ces t'x veto, ces poupccs Jo Ltuu-, .^^^ umv^> Jo pavots et ces gousses d'ail ^iiu* U*^ M.uum .uniii taient comme des souvenirs d'<tnurn-i ^luiiliiu^ sanglants. Le culte des l.aics piihlu-^ iM.m .i ^nU dément établi quWu^usti* essaya, mui -fUi^ -sih i l'o, d'en faire le pivot d'une n^lif^imi nuiM i>ii lli., I<i n^ ligion civile de riCmpirc.

Des Lares aux (iénics, Ir \iir\^i\^t: ^.>A iiibr. . 1 1:114 là conservent la famille, ciriix ii l.t |.iiiiiii|jt..i,i Comme les Lares, U:-. ^î^jiiiv. iftr.nivi-.hi un ■ uli». privé et un culte p'jIJi'. . li.ui: l.i tn.jj.'. ./. h. 'iit.,j«: est, et le pr'f\*yA",'ji 'iu h» • 'if^j-Ji/o! /*•' /m., y*..,/* W/.. qui nstur-t l'i-r^-tr.* . ^. '::* '.•,.:•:'.'/ •■.'■...• .;.-.

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