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des : « Mon Génie élonné tremble devant le sien », dit le poète. Le Génie est parfois moins brave qu'on ne voudrait ; quand il voit la mort inévitable, il abandonne son protégé, de même qu*Apollon, dans Homère, délaisse piteusement Hector condamné par le destin.
Les personnalités collectives et les personnifications avaient aussi leurs Génies. On cite le Génie de Pouzzoles, fort en honneur, celui de Stabies qui ne Ta guère préservée du Vésuve, celui de Bénévent, de la colonie d*Ostie, etc. Sur une monnaie italienne de la guerre sociale on voit le Génie de l'Italie foulant aux pieds un étendard. Le Génie du peuple romain, puis de l'Empereur, prit fatalement le pas sur tous les autres et devint le Génie par excellence, Genius, auquel, dès le début delà seconde guerre punique, cinq grands animaux lurent sacrifiés, sur Tordre des livres Sibyllins ; Genius, tantôt adolescent, tantôt homme fort et barbu, diadème, portant le sceptre et la corne d'abondance. Au reste, le culte ofiîciel de Genius n'arrêta nullement la diffusion des Génies dans les bourgades et les villes, dans les marchés et les légions. Des rues, des maisons avaient leur Génie dont la figure peinte sur une muraille, la préservait de toute souillure. Enfin, partout dans la campagne le Génie du lieu, Genius loci, invisible et doux, soupirait dans le bois, faisait verdoyer la prairie et jaunir la moisson ; et là encore il avait son autel rustique, et son image, Timage d'une couleuvre inofTensive.
Il est curieux de voir partout le serpent associé à ridée de puissance bienveillante et cachée. Nos fées sont aussi couleuvres. Quoi qu'il en soit, le serpent en Italie était Temblème du Génie non seulement champêtre, mais aussi domestique, et on le laissait sous cette forme pénétrer et pulluler librement dans les maisons et dans les chambres à coucher. Il y eut des Génies des dieux, comme des
LE CC:TE DES ANCÊTRES ET ^; rVVFR
Génies des hiMnmcs, e:. ce eu: £ p us c irTor^:, des Génies des :::inrv££::x. ^oorcs corr.rrïe les M.-rses. Ainsi les Genres :'e\-cna]er.: A leuv p.^.r-.: .-:>: dépan. Eî le cu'.re de ces Génies :ur:i ^rcs se sv>stitua si rien à ce!::: des morts c;:e 'c> .'V .:.":.^ r lurent le nz-m de Gcnia^ia. Fè:e des ».'Cr..v\<.
'< Génie et Lare, d:: Apulée, .es: "c :r.C;v.o <^;:"0 . Et Ser\-i us, le commentaieur de \'.:>::".v\ r.o -.".vUis laisse pas ignorer qu'une rar:\-.::o syr..^r.> mie c\:s;o entre Lares et Pénates. e:v..c rcr.v\tes c; V\ci. Mais de même qu'il existe quelques nuances cnirc les Mânes, les Lares et les Génies, les IVnaios ont eu, plus qu'ils ne conservent, ;\ côio vie? trois autres, une certaine personnalité.
Les Lares et les Génies étaient les anoétrcs revenus à la maison ; les Pénates n'en étaient pas sortis ; et s'ils la quittaient ce n'était qu'avec la la mille changeant de domicile. Peut éi»c éiaienl-ils les âmes des morts ensevelis jadis sous le foyer, dans leur demeure. Leur nom se lelrouve dan» penès^ (( proche, auprès, dans la puissance de », dans penilus, à fond, profondément, dans f^cncttivr et penetralia^ pénétrer, intérieur, sancluaiie. niais surtout dans un terme bien latin et de nicinc mi gine sans doute : peints^ le Initin, les provi'^iofïs, ce qu'on a sous la main, ce que les I .aies, les Pénates étaient instamment priés fie f^arder ; les /*r na/e."Ç surtout, comme leur nom l'indi'iue.. Ils par tageaient avec les Lares les honneurs de l'atrium, les offrandes journalières d'aliments cl de couronnes : ils reçurent même comme eux pai exien sion — des emplois publi -^ ■ î^rn itr>i puhlK.i^ patronages de corporations, de fjuarti^M s, Ar. < it('-s, d'arméCT! et de n?ivii"es : mais le vi ai FV.ii?itr. /•\'a\\ \(\ gardien constant, incorruptible et irr/wi la'i;/* d'', bi maison et de la race. Nulle di'/inité r.''- f r'- t/'e plusprésen'e à ! esprit des f^atins et ;iii-;m ^f-.^ \f(, mai :!-=:. Virgile^ bien :ompri'i ■ et attaohern'v.t loi ■; qu'il a placé dans les mains du vieil AncKis^ '< l^'i
objets sacrés et les Pénates paternels » Sacra manu patriosque Pénates^ teucros que Pénates, ces Pénates teucriens qui doivent présider aux destins d'Albe, de Lavinium et de Rome.
Il semble ou plutôt il est certain, pour diverses raisons, à cause peut-être de la persistance des Pénates primitifs à ne quitter ni le corps ni la demeure de l'ancêtre défunt, il est certain que les Pénates sont restés plus intimement associés au foyer. Et qui dit foyer — quand il s'agit deThomme, qui garde encore un vague souvenir des bienfaits du feu (l'homme, avant le feu, n'est qu'un animal inférieur à beaucoup d'autres), — qui dit foyer dit tout ce que la famille possède de vénérable et de cher. La flamme, c'est Thabitant par excellence, Vesta, de la racine vas^ demeurer, comme la grecque Hestia, Vesta qui attend au retour le laboureur ou le guerrier fatigué, tandis que Pénates et Lares penchés au dessus de la ménagère soufflent doucement sur les charbons où mijote la polenta de farine d*orge, où grille le chevreau qu'un loup a blessé. Vesta qui ranime, assouplit les membres raidis, et rend au jeune époux la force de protéger et accroître sa jeune famille, le courage d'égaler ses aïeux en vertus et en gloire. Oui Vesla réjouit le corps et parle au cœur ; et chaque jour c'était elle-même, c'était le foyer, qui recevait l'offrande jetée au feu pour les Mânes, les Lares et les Pénates.
Le culte du foyer domestique, c'était le culte même des ancêtres, de la Getis, exclusif de tout contact, de tout regard étranger. Toute cérémonie de cette religion secrète devait être recommencée en cas d'interruption du dehors. Nul magistrat, nul prêtre n'avait le droit d'intervenir par des prescriptions ou des défenses. Chaque famille avait ses rites, soigneusement cachés. Le feu sacré d'une maison n'était pas celui d'une autre. Notez que le foyer n'était jamais placé hors de lam aison, ni près
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qi:; tr. îLisaien: pai-rjc c.s?cr.::o .<* *".: m:-: ne sacre. Le pcrc. son. : ■:»" pV; :ift de 5c reiipor.. avai: 5c;'.'. =r p.^^.^ , me::re e: de l'cnsetfinci ;î son <i ». gi:n. dît très L^ien Kiistcl »ù- ^^^^^la11{^f c. .^» p. mi vail se propager que par la ji<^iu'ï .-^ti.Mi \ »» pi^i»', en donnant la vie à s\mî liK. Im J.Minnii i«n même temps sa croyanv'<\ v.mi .nlie. U» r)i.»ii d'entretenir le foyer, dolliii lo ii'pn«5 liinrlnr», »|. prononcer les forniulcs «Ir piirir I m (i'"'n'^iMiiMM établissait un lien niysi'^iiriM iMïti»- !'• nhmi 'pii naissait à la vie et loir» Ic^ »liniM •!»• 1j» lîwtiill" Ces dieux étaient 'wi fnmill*'. m/'m*. • '«îilt cn»i sang. L'enfant ;ippoTf;iit M'in* * n mtc Mn» l»droit et le devoir r\t\ l'.-. Ii'in'ir*! . •#,,,,.,,,. .,-.-; plus tard, r^'jari') Ni rno'* I -i'»/; )• '" ' '. ■ • mèrr.e, .1 d^v^;» ^/-«î ",•.'-..*' .".•■ ". ^ -
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Le mariage latin, devenu le mariage romain, connubium, comportait trois actes solennels — et il en était de même chez les Grecs — la traditio^ la deductio, la confarreatio : la livraison ou abandon de la jeune fille, la conduite de la mariée à la maison nuptiale, la communion des deux époux. La jeune fille n'est pas attachée au foyer paternel par son propre droit, mais par la volonté du père de famille ; elle n'en peut donc être détachée que par la volonté du père, qui la livre, qui la donne à la famille étrangère. Conduite à la maison de son époux, voilée, couronnée, précédée du flambeau nuptial, aux chants d'un vieil hymne dont on ne comprend plus le refrain : Talassie, Talassie, elle reçoit devant le seuil le feu, emblème du foyer domestique, et l'eau lustrale qui sert à la famille pour tous les actes religieux. Alors, souvenir du rapt primitif, l'époux l'enlève dans ses bras et lui fait franchir le seuil sans qu'elle l'ait effleuré du pied. La deductio se termine dans l'atrium, devant le foyer autour duquel sont groupés les Pénates, les Lares et les images des ancêtres. Là les deux époux sacrifient, versent la libation, prononcent quelques invocations, enfin mangent ensemble un gâteau de fleur de farine, panis farreus. Cette communion sous les yeux des divinités de la famille associe les époux dans le même culte : uxor socia humanœ rei et divinœ. La femme, entrée en partage des choses humaines et divines, a désormais les mêmes dieux, les mêmes fêtes, les mêmes ancêtres que son mari. Déliée de tout lien religieux avec son père (à elle), car on ne peut appartenir ni à deux familles ni à deux foyers, elle est maintenant devant son mari — qui résume en lui toute la lignée ancestrale, — elle est loco filtœ, comme une fille, comme une pupille perpétuelle.
Nul doute que le culte du foyer ancestral n'ait franchi de bonne heure l'étroite enceinte de la maison ; les tribus ne sont que des agglomérations de
2- avr:!. i^c: j^r ~^;r .;;: :, .:.i' :.;.. . . /.r» • \ . qu*i- ï' = 4:.^^t cA.ri, rc l.,.\. .,î.\^ »m .» i\.i;\»". Ic5 origines ::.: c:e p.î.rc.'cs. Li* !\*:>.....»4.. ,i.'i^* lons-le Romuiu?. — bie:^. o,iu- .i* n.»i\\ .i/.ix*' .U Rom.i, ail ete foige .ipr<>s v\>np. l\,M\\n:u> .i,M\. après avoir consuiie les oisc.uix, vIioim l i'i\»li.Mi l.i vorable ei cclobre un sajntue» allimu- un I» u .U
broussailles, puis SaUlO, SUl\l ilf • C--- * iM»m.»;:M.ii.:«
puritiés, à travers la tl.nume Ir^^i'u- Il .i.u r ensuite une fosse circulaire ; \«»u' .i\i-. i.. .«mui U miindiis. 11 y jette une mntle iK- iiin .i|i| -ui.i d'Albe : et chacun à M»n tcmr jctif un |m ti .1. i. 1 1 . du pays d'où il vient. Poui «jum • ( /«■ i .|iii I Iu'Iimim attaché par la reli^ii^n ;mi sul mi n |i-. -.mi ni . i ancêtres divins, ne p'>U'..'iii ••«■ At \i\.v * i .••.m- nu piété si, pai' une fi:li'>:i, il n'«"Ui|/ur i.m .!■.• . Im r-nn foyer et se*- a: eux : il U\\\:\\\ «ju il i^ni ilm- • m nt'K. trant la place rr^j .e!!e mu il ^i.hui ..- !•.•.!« i " ' . i est e^c. .'e .-i ter-e 'ie îij'--. s< -« hii t j ihnni
tral de la cité future, autour duquel doit s'élever la ville comme la maison autour du foyer domestique. Et dès qu'à une certaine distance Tenceinte, ici carrée, ailleurs irréguliôre, a été tracée avec un soc de cuivre (selon un rituel sans doute contemporain de l'âge du bronze), n'y eût-il pas une hutte, pas un toit, la ville est fondée, puisqu'elle a son foyer et ses Pénates. Partout où l'on n'a pas soulevé la charrue pour indiquer une porte, la muraille et le fossé (Pomœrium^ post-murum^ derrière le mur) sont sacrés ; celui qui les franchit est digne de mort. Rémus lui-même, le jumeau légendaire, périt pour avoir sauté par-dessus le sillon. Quelque jour, l'esprit du fondateur ira rejoindre les Lares de la cité, qu'il résumera en lui, et le feu de l'autel sera la substance impérissable du héros éponyme.
Chaque ville donc avait sa Vesta et ses Pénates ; et chaque colonie allumait le feu de sa Vesta au foyer de la métropole. C'est ainsi que Rome honora spécialement la Vesta et les Pénates d'Albe-la- Longue, puis, après la destruction d'Albe, ceux de Lavinium, considérés comme les Pénates même de Troie, Sacra principia popiili romani^ c'est-à-dire les objets sacrés auxquels se rattachaient les origines de Rome et de toute la nation latine. Un temps vint où Vesta, sans cesser de résider dans le feu, et non seulement dans celui du foyer national, mais encore dans les feux allumés sur l'autel de toute divinité, prit une figure humaine, et présida en personne au culte qu'on lui rendait dans son atrium, devenu son temple. Une partie de l'édifice, entourée de nattes, était encore appelée penus, magasin de Vesta, et renfermait le mobilier nécessaire aux cérémonies. Ailleurs, d'autres objets sacrés (à Rome le fameux Palladium)^ des figures, statuettes, talismans, emblèmes génésiques, accessibles seulement aux Vestales et aux Pontifes, étaient soigneusement nettoyés la veille