‹ L'Italie au travailChapitre 9 sur 14 · LA QUESTION MÉRIDIONALE I · texte numérisé non relu

LA QUESTION MÉRIDIONALE I

conserves de légumes, a pris en ces derniers temps un essor considérable. Il n*existe pas de statistique l'jcente fournissant des indications précises sur la production totale de ces fabriques, mais les chiffres d'exportation peuvent donner une idée du développement et de l'importance de ces cultures.

En dix ans, la valeur des produits exportés a plus que doublé, passant de 3o à 65 millions. Les ports oii l'on embarque ces centaines de mille de boîtes sont Naples et Palcrme. La moyenne des expéditions pour les seules conserves de tomates atteint, à Naples, 25oooo quintaux!

En asperges, pois, haricots, champignons, l'Italie méridionale exportait, en igoS, 2980 quintaux; en 1912, on est arrivé à 32 85/ quintaux. En 1903, elle expédiait 81 684 quintaux de conserves de tomates; en 1912, elle dépasse 490000 quintaux. Et, chaque année, de nouveaux champs sont défrichés pour être consacrés à cette industrie facile et lucrative. Nous assisterons certainement à une production plus intense, dans les environs des centres habités, quand la question de l'arrosage aura trouvé sa solution dans les Fouilles. Bari a déjà su exploiter, depuis quelques années, la fertilité de ses terres ; plusieurs de nos compatriotes y ont apporté leur expérience et leurs capitaux et n'ont pas eu à se plaindre de leur initiative.

L'Italie méridionale pourrait trouver une source de richesse non négligeable dans l'exploitation de l'industrie des conserves de fruits, marmelades et confitures chères à l'Angleterre et à l'Allemagne.

Le prix du sucre met malheureusement son veto à tout essai industriel. N'est-on pas arrivé en Sicile à expédier des citrons salés comme de vulgaires anchois !

La Sicile consacre près de 34000 hectares à la culture des orangers et des citronniers; leur production de 6 595 000 quintaux représente les trois quarts de la récolte italienne. En Calabre, on produit I 200000 quintaux d'oranges et de citrons et 520 000 quintaux en Campanie.

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L'industrie de l'extraction de l'acide citrique estj largement exercée dans ces régions avec des méthodes généralement assez primitives.

Je crois inutile de poursuivre une énumération assez aride de chiffres; ceux que j'ai donnés suffisent, il me semble, à prouver que malgré les difficultés qui l'entravent, l'Italie méridionale contribue à^l'ancienne et peut-être exagérée renommée agricole de la nation.

En ces dernières années, le budget italien a disposé de près de 700 millions en faveur du midi de la Péninsule. Dans le programme de la nouvelle législature inaugurée en novembre 191 3, il a é'cé fait une large part à l'Italie méridionale. Le gouvernement se rend certainement compte de la lourdeur de la tâche qu'il a entreprise en s'efforçant de régénérer cetce grande partie du royaume. Sagement, il s'est décidé à ne pas disperser les forces dont il dispose et il intensifi.^. son action en essayant de lui donner plus d'esprit de suite que par le passé. C'est surtout du côté des travaux nécessaires à l'irrigation et au régime des eaux qu'il paraît vouloir s'adonner à l'avenir.

J'ai déjà fait allusion à la maladie de la soif qui mine ces provinces où il ne pleut que trop rarement. La majorité des communes de cette région manque actuellement, non seulement de l'eau nécessaire aux travaux agricoles, mais à l'usage personnel et à l'alimentation. Chaque matin, les (( acquaioli », vendeurs d'eau, arrivent dans les villages pour débiter à i, 2 et 3 sous le litre, le précieux liquide qu'ils apportent dans des barillets chargés sur des mulets ou des ânes. On se dispute souvent leur marchandise, qui est rationnée même dans les familles les plus riches.

Faut-il en conclure que l'eau fait défaut dans toute l'Italie méridionale?

Je lisais dernièrement dans une feuille commerciale la nouvelle de la constitution d'un groupe financier français qui formerait une société ayant pour but l'exploitation des forces hydrauliques de la Sila, la haute esplanade boisée des Calabres. Ces forces sont

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liers où le travail ne chôme jamais, une usine électrique des fours à chaux, des briqueteries s'accrochèrent aux'rochers où paissaient quelques chèvres étiques. Les troupeaux errants de buffles s'enfuirent devant les équipes de terrassiers qui bouleversaient la lande sauvage. Les silencieux échos de l'Apennin s habituèrent à être ébranlés par les coups de mine répètes, les flancs de la montagae se déchirèrent pour livrer a pierre des carrières fébrilement exploitées. Caposele est devenu un centre de vie intense, de production, de consommation.

Pour amener l'eau de la Sanita dans les Fouilles, le canal principal doit traverser l'Apennin. Des difflcultés sans nombre et souvent imprévues ont entrave les débuts de cette partie importante de l'entreprise. La région est coupée par des ravins profonds que le trace avait étudiés et que l'on comptait franchir en faisant passer le canal dans des tranchées ménagées dans la montagne. Les éboulements, qui se succédèrent des que l'on aborda les travaux, prouvèrent rapidement à la société concessionnaire qu'il lui serait impossible de continuer l'exécution du pi^ojet aux conditions du cahier des charges : elle plaida contre l'Etat et linit par accepter une transaction qui lui fournissait les moyens de remplacer les tranchées et le canal a ciel ouvert par une série de tunnels.

La longueur totale du canal principal est d environ 200 kilomètres. Le premier tunnel, celui qui traverse l'Apennin, a plus de i5 kilomètres; le dernier, celui

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Lorsque le canal se développe sur les contreforts très accidentés de la chaîne principale, il a fallu établir de nombreux siphons et des ponts canaux. Parmi les siphons les plus importants, je citerai celui de la Fiumara de Venosa qui 685 mètres, celui de Locone qui en a I 126 avec un pun.; de gS mètres et enfin celui de Palazzo San Gervasio, long de 4842 mètres avec deux ponts de soutènement sur les torrents Podice et Barentello.

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