CHAPITRE II
merveilleusement située comme au centre de cette mer^ s étendant d'un côté vers l'Afrique, de Tautre vers l'Asie y foumissoit à ses habitants les moyens les plus faciles de communiquer avec toutes les parties du monde ancien, de faire les premiers essais de la navigation et du commerce , et dont on retrouve un assez grand nombre de traditions. Telle fut en effet l'industrie de tous les peuples qui habitoient les contrées des cotes , et dont on retrouve un grand nombre de traditions dans les siècles les plus obscurs (a). Les Etrusques, dont la puissance maritime remonte jusqu'aux temps héroïques , furent certainement des premiers à parcourir avec^eurs navires la Méditerranée , de pair avec les Cariens , les Phéniciens et les peuples de l'Egypte. D'autres habitants de lltalie s'acquirent de même la réputation d'intrépides navigateurs , et n'eurent pas moins à se féliciter du zèle avec lequel ils cultivèrent l'art nautique (i). Cest par le succès de ces exercices continus dans la navigation que la plupart de nos peuples , lentement , et en attirant dans leur sein les hommes de tous les pays , purent , en plus
d'une manière^ accélérer l'œuvre de leur propre
(«) C*ett «noon an •▼«a bon l recaeillir. Ii.-R. (i) ^o^^cz ci-apres Chap. xxYi.
a6 PREMIÈRE jPARTIE.
civilisation par le commerce de peuples plus polis f et s'acheminer à grands pas vers ce degré de, prospérité constante qui^ par un bonheur réservé à nos provinces , conduisit les sauvages habitants de l'Europe aux douceurs de la vie civile. C'est ainsi qu'à l'époque où les peu-^ pies septentrioivSLUx renversèrent le grand édifice de la puissance des Romains, et ramenèrent un nouvel état de barbarie , ceUes de ces nations qui se fixèrent parmi nous , et se mêlèrent avec notre sang, furent bien plus tôt civilisées que les autres populations qui s'étoient établies au-<lelà des Alpes (a). Mais surtout les nouveaux rapports commerciaux et la navigation acquirent un prompt accroissement par l'fcabi* leté et le courage des républiques maritimes d'Italie , qui réveillèrent les premières l'esprit de liberté et l'amour de la gloire. A leur exemple , l'énergie de la nation entière , les exercices et les arts , favorisés par les a^vantages de l'indépendance et excités par de grandes entreprises , donnèrent le mouvement et l'essor à toutes les
(a) On pent «ttribaer d*aotres caïues encore A ce progrès des Berbères fixés en Italie, et même U pins efficace de ces causes , bien loin d*étre la seule, n*est pas «elle qa'indiqae iei Tantenr. I^e siège d'une religion bienfaisante , laissé dans l'ancienne capitale du monde Romain , fut , à n'en pas douter , la principalevcanae de la prompte ciTilisation des Barbares , conTertis à cette religion dont la Inmièrr les frappoit de pins près. R.-&.