‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 11 sur 283 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

facultés de Tesprit humain , en rendant au génie italien son caractère original et prédominant ; d'où l'on rit de nouveau , dans nos contrées , germer les principes féconds d'une civilisation plus étendue y avec la renaissance de la politesie, des mœurs, de la littérature et des beaux^rts.

Lfes progrès futurs d'un art^uelconque sont uti mystère pour son inventeur. Ainsi il étoit impossible que les premiers agriculteurs qui construisîi^nt quelques cabanes, prévissent jamais à quel degré s e'ièveroient un jour ces simples et imparfaites tentatives de l'industrie humaine. Toutefois dans des lieux fertiles, commodes et agréables , ces rustiques demeures furent véritablement la base sur laquelle s'élevèrent ces cités , où les générations successives, sollicitées par les besoins de la foiblesse humaine , accumulèrent dans la suite tant d'objets de délices et de luxe. Maïs avant d'arriver a ce degré , les endroits les plus florissants et les plus célèbres ne furent, durant plusieurs ûècles , qu'un chétif assemblage de chaumières et de cabanes. De là vient qu'aux époques les plus reculées , nous voyons établi dans toute l'Italie Vûsage de vivre dans des villages ou des bourgs (i) : coutume très convenable a une

(1) Titc-Livc , Dcnys , Strabon , et d'autres écrivaina.

a8 PREMIÈRE PARTIE.

nation essentiellement agricole , et dont la simh plicité helvétique oflre encore de nos jours de si

louables exemples (i). Plusieurs de ces lieux, par leur situation plus propre au commerce , en foiynant des centres de population successive , donnèrent naissance à l'établissement d'un grand nombre de villes » toutes liées entre elles par le voisinage ou l'origine, et suffisamment pourvues de tout ce qui peut contribuer aux agréments et au bien-être de la vie civile, avantage dont aucune autre partie du monde ne pourroit peut-être se vanter (a). Les habitants, mieux répartis, et plus convenablement disposés sur toute la surface de la péninsule , se virenl obligés de déployer* tous leurs efforts pour obtenir de la terre le plus de productions possible ; ce qui est incontestablement une des plus fortes

font souvent mention de cette ancienne coutume d'habi-» ter M^fin^if , vicatim,

(i) Spécialement dans les cantons d'Appenzell , Schwyz j Unterwalden , Glarus et Zug. Zug a le titre de ville sans en avoir la population , et Glarus qui en a la population , n'en a pas le titre.

(2) La géographie ancienne atteste le nombre considérable de villes partagées par de simples villages. Selon Élien ( Var. Hist, IX , 16 ) on comptoit jusqu'à onze cent quatre-vingt-dix-sept villes dans l'Italie , parmi lesquelles étoient sans doute comprises les bourgades les plus considérables.

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