‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 102 sur 283 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

quitë ^ auroient j selon les traditions y été les premiers du sang dorien qui, poussés sur nos côtes par la tempête , abordèrent dans l'antique lapygie, oùilsfondérèntHyria, mère deplusieurs colonies. Mais il n'est pas sûr que cet événement pût se rapporter , comme le veut Hérodote , à l'âge de Minos ( i ) ; car d'autres racontent qu'Ido^ menée , chassé de la Crète , vint se fixer dans les campagnes des Salentins, et fut le chef de ces migrations postérieurement à la guerre de Troie (a). Mais d'après le récit du père de l'histoire grecque ^ les Cretois qui s'établirent dans l'Iapygie y afin de mieux se confondre avec les naturels du pays , quittèrent leur propre nom et prirent celui d'Iapyges-Messapes (3). Des divisions intestines firent ensuite abandonner leur séjour à une grande partie d'entre eux , et ils se transportèrent de là dans la Macédoine , où ils se fixèrent sous le nom de Bottiéens (4) y ce qui

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(i) Hérodot. Vil, 170 ; Strabon ( VI , p. 192) raconte bien différemment le fait du passage des Cretois dans riapygie. Athénée (XI, 5) fait nne relation tout-è-fait opposée ; ce qui démontre combien étoit grande l'incertitude de ces traditions chez les Grecs mêmes.

(a) Varro , ap. Valer. Prob. ad Ecl VI , 3i ; Virg. III, 4oo«-4<>i t Servi ad h. L

(3) Hérod. /. c, Dionjs. inPerieges.y, 879 j Ëustat. ib.

(4) Aristot. ap. Plutarch. in Thés, etin Quaast, grœc.

a86 PREMIÈRE PARTIE.

diminua beaucoup le nombre des Cretois dans riapygie. Notre dessein n'est point de faire l'énu' mération des colonies helléniques qui se suocédèrent après la ruine de Troie , et auxquelles on donne pour ohe& Dioraède^ Épée^ Philoctète, Ulysse, Idoménée et autres fameux héros , qui, suivant les récits des Grecs, formèrent des établissements illustres parmi nous, en fondant un grand* nombre de cités , tant dans les deux Calabres que dans la Campanie et dans le Samnium • Nous dirons seulement que si l'on veut soumettre ces récits à l'examen d'une critique impartiale, il conTÎeatou de rejeter tout-a-fait ces traditions des temps héroïques , ou au moins de les regarder comme des relations dictées par la vanité nationale (i). On ne peut non plus taire les contradictions sans nombre que présentent sur les mêmes faits les traditions diverses recueillies des écrivains anciens, d'âge et de jugement souvent peu dignes de confiance ; car il est

35 ; Strab. VI, p. 192, 195 ; Conoa. Narrai» aS. Etymol. magn. v. B«mi/« et Bêrrff,

(1) Voyez les Réflexions judicieuses de Gibbon , qui s'accordent avecnotre sentiment {Miscellaneous fVorks , T. III , p. 319) ; et plus particuliërement encore celles du savant Paine Rnight , dans son ouvrage: An inquUy into the rjrmbolical language. of art and mjrikoiogx» pag, 1 72 9 sect. ao8 , 209 , 3 1 o ^ Londres y i8j 8.

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