‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 103 sur 283 · CHAPITRE XIX. QkHj · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. QkHj

certain qae si l'accord uniforme des récits coufirme la vérité de l'histoire, elle se trouve détruite par les rapports opposés et divers. En bornant donc nos recherches à la fondation des colonies sur lesquelles s'accorden t,les preuves historiques, nous trouvons que Cumes , réputée la plus ancienne des villes grecques de la Sicile et de l'Italie (i),fut, selon toute apparence, bâtie par les Eubéens de la race des Ioniens , dans le second siècle après la ruine de Troie (2) . D'autres Chalcidiens, de concert avec ces Messénieps bannis de Maciste pour avoir violé à Limnae déjeunes filles Spartiates , s'établirent à Rh^ium dans le cours de la première guerre de Messénie (3), vers le même temps que les valeureux Parthé-

(i) Strab. Vy p. i68. Naxos et Mëgare furent les pr^ miëres villes bâties par les Grecs en Sicile y la première année de la onzième plympiade , 786 avant J.-€. Ephor. ap. Sirab. VI, p. 184; Diodor. XTV, 55; Scymn. Ch. Vh 2471— 277.

(a) Selon Ëosëbe ( Chrom II , p. 100) , i3i ans après cet événemfnt; io53 avant J.-G. Voy. ci-desaus^ chap.

(3) Antioçh. ap. Strab. VI , p« 177; Ephor. sive Scjrmnus Ch. v, 3o8*3 1 1 ; HeracL PoBt.</<; Polit, p. ai5 ; Panfi^Q. IV, 4* On pent fixer l'époque de cette migration» au commencement de la di^neuviëme olympiade , Tan 704 avant J.-C-

•i88 PREMIÈRE PABTIE.

niens , sortis de Sparte soQs la conduite de Phalante , prirent Tarente et y fixèrent leur colo* nie (i). Leâ Achéens, qui dévoient leur origine et leur idiome aux Éoliens (2) ^ fondèrent presque en même temps ^ dans le huitième siècle avant l'ère vulgaire ^ Crotone (H) et Sybaris (4) f villes dont la prospérité est attestée par les co-

(i) Ephor. ap. Strab. VI, p. iga-igS; Âristoi. de Rcpubl, V, 7 ; Pausan. ÏII, 12 ; X, 10; Polyb. VIII, 35; Scymn. Ch. v. 38i-382; Dionys. Perieg. 377 ; Justin. III , 4 , 1 1 ; Horat. II , Od, 6, 11. On peut placer , avec Easëbe , le passage desPârthéniens en Italie vers Tolymp. XVIII, 2. ajiC. 708. Chron. II, pag. 119.

(2) Strab. VIII , p. 23o.

(3) Antioch. ap. Strab. VI , p. 181 j Herodot. Vllf , 47 ; Scyranus Gh. v. 324-325 ; Eustath. ad Perieg. 369-373. Scbol. Aristopb. in Nubibus. Selon le premier de ces auteurs, Crotone fut bâtie par Miscellus en noiénne temps que Syracuse. Or cette dernière , suivant la chronologie de Paros, se trouve avoine te fondée dans la troisième année de la cinquième olympiade, l'an 758 a. G. (Marm, Oxon. Ep. 32. ). Denys d'Halicarnasse ( II , 59 ) place toutefois la fondation de Grotone dans la dix-septième olymp. ann. 3 , av. J. G. 710, époque conforme à celle qui est désignée par Eusèbe in Chronic.

(4) Strab. VI , p. 181 ; Scymn. Ch. v. 336 sq. Âristot. de Rep, V, 3 ^ Strabon nomme Iselicée pour son fondateur. Selon Scymnus de Ghios (369 ) , Sybaris auroit été bâtie dans la première année de la quinnème olympiade, A. G. 720. •

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lonies que la première envoya bientôt après à Pandosie (i) et Térine (2); la seconde k Laos , à Scidre (3) et à Pestum (4). Caulonie (5) et Mëtaponte (6) durent également leur origine aux Achëens. Vers là même époque, une troupe de fugitifs sortis de la Locride orientale (7) bâtit Locres, avec le secours des Syracusains, au pied du mont Ésope (8) ; d'où se portèrent dans

(^) Scymu. Gh. v. SaS-SsS. L'unioa de Grotone et de Pandosie se trouve confirmée par une médaille. Vojec les Monuments, PI. LX, i.

{2) Scymn. Ch. v, 3o4-3o6- Add. Phlegon. ap, Steph. Byz. V, Ti^»«î PUn. III, 5 : Crotonensium Terina,

(3) Herodot. VI , 21 ; Sti-ab. V, p. 173.

(4) Scymnl Gh. v. 24^9 ^^ Salmasii emendat. 9» ^«#1 SoCW^^tf^ «îv«ixi0wi ff-oTf . Strab. VI , p. ^fj^,

(5) Scymnus, Gh. v. 817-319; Strab. VI, p. 180; Pansan. VI,3.

(6) Antioch. ap, Strab. Vï, p. i83; Scymn. 327-328.

(7) Aristot. ap. Polyb. XH ,5,8; Dionys. Perie^. 365-366; Ëustath. ibid. Strabon se trompe ( VI, p. 179) lorsqu'il assure que Locres-Épizéphyrienne étoit une colonie des Locriens qui habitoient sur le golfe Grissée, c'est-à-dire des Locriens-Ozoles. H €aiut s'en tenir à Polybe, qui, en approuvant le sentiment d'Aristote contre Timée , veut qu'elle dût son origine aux Locriens orientaux, qu'on appeloit Opnntiens ; c'est. aussi l'opinion d'Éphore ( ap, Strab. l. c. et Scymn.' Gh. v. 3i5-3i6) , et celle de Virgile. ( jŒneid. III , 399 , et not. ad h. L ) . (8) Strab. VI, p. 179.

'jQO PREMIÈRE PARTIE.

la suite deux nouvelles colonies, Hipponie (i) et Mesma (a) , sur le rivage de la mer Tyrrhénienne. Nous verrons dans la suite les Ioniens chercher aussi un asile sur nos côtes , lorsque , fuyaut la tyrannie des Perses , ils bâtirent Vélîe sur le golfe de Pestum (3). Une chose digne de remarque, c'est qu Hérodote attribue aux Phocéens, chefs de cette colonie , la gloire d'avoir été les premiers des Grecs qui tentèrent de longues navigations avec des vaisseaux de transport J5ropres à voguer en pleine mer. En voyant en effet leur audace ouvrir aux Grecs le commerce de VEurope occidentale, on dut regarder à cette époque, comme une course extraordinairement

(i) Strab. VI, p. 177.

(a) Strab. Ibid.Scyrdn. Gh. t;. 807. Le nom de Medma^ Medama, Mesma, se trouve diversement écrit dans les auteurs anciens , mais on peut véritablement le fixer k celui de Mesma , sur l'autorité de deux belles médailles diffi^ rentes inédites, portant Téptgrapbe MESMAION, les^ quelles ont été trouvées dans la Calabre , et ont passé de ma collection dans celle de lord Norwich , grand amatenr de médailles. JVéanmoins , l'exact M. Mionnet , dans une autre médaille qu'il a publiée, litMEAMAIûN. Descript. de Médailles , supplém. an 1819. Tom. I, p. 346. PI.

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