CHAPITRE XIX
heureuse, le trajet des côtes de F Asie mineure jusqu'au rivage de la mer Tyrrhénîenne (1).
De la fondation certaine de ces colonies, les plus remarquables de toute la côte italique, on peut justement conclure que les Grecs ne formèrent aucun établissement considérable dans cette contrée , si ce nesf après la guerre de Troie, et dans les deux premiers siècles de lere iromaine. Antiochus (2) ne peut point citer d'épo- ,que plus ancienne de [arrivée des Grecs et de leur domination dans l'Italie inférieure. Les colonies qu'ils introduisirent dans la Sicile se rapportent aussi à cet âge (3). Tout concourt donc à prouver que les Grecs, avant ce temps, counoissoient peu ou po^nt du tout nos contrées. IJomère lui-même, qui donne des descriptions si exactes de taiit de pajs, ne fait jamais mention de Tftalie, ou du moins ne désigne-t-il les
(1 ) Les SamievA furent les premiers qui , portés par le veut, passèrent le détroit, et pénétrèrent jusqu'à Tar^ tesse^ dans l'Andalousie ^ quiëtoit le Pérou et le Mexique pour les anciens, et ou ils arrivèrent^ disoit-on , sous la conduite.desdieux. Leur audace fut bientét après imitée par les Phocéens. Hérodot. IV, iSa, G)nf. Heynii Comm. Sec. de Cast. epoch. in Comm, Soc. Gou. Vol. II, p. 58-63^
(a) ^p.Sir^h. VI, p. 176.
(3) Larcher, Chronologie dt Hérodote , chap. XV, 4.
Ztg^ PREMIÈRE PARTIE.
parties méridionales que d'une manière trèsconfuse (i), tantôt parlant sans nulle justesse de Charybde et de Scylla (a) , tantôt faisant delltalie le séjour des féroces Lestrigons et des Cimmériens (3) , en parlant enfin de l'Italie comme on parleroit aujourd'hui des Terres Australes (4).
(i) L'auteur de la vie d'Homëre, attribuée à Hérodote , a écrit , ainsi qulléraclîde de Pont , quHomëre vint dans la Tyrrhéoie ( c'est-à-dire l'Italie , selon le langage des anciens), et jusqu'à Cumes ; mais on doit peu se fier à ces autorités. Hésiode montre la même ignorance dans un endroit oii il célèbre l'empire des Tyrrhéniens. Theog, ioi3-ioi5.
(2) Odj-ss. Xn , 73 et sqq. Selon Homère , l'écueil de Scylla ne seroit éloigné de Charybde que de la portée d'un trait, tandis qu'il y a entre les deux plus de douze milles de distance. Voy. Spallanzani , F'iaggi aile dut Sicilie, Tom. IV, p. 177-184.
(3) Odj-ss. XI, i4- ï^phore, interprétant Homère, place les Cimmériens dans la Campanie, près le lac d'Averne , et donne à la fable , sur ce sujet , des explications des plus étranges , ap. Strab. V, p. 169.
(4) Ces récits fabuleux se rapportent sans doute à l'époque de la première découverte de l'Italie, qui étoit alors pour les Grecs ce que l'intérieur de l'Amérique a quelque temps été pour les Européens. Un pays partage par d'autres mers et habité par des peuples étrangers , où tout excitoit la curiosité et la surprise , dàt nécessairement donner lieu à des récits extraordinaires et mer-