‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 108 sur 283 · CHAPITRE XX. 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. 3o

donnèrent ensuite la dénomination de Posidonie, lorsque ses premiers habitants furent contraints décéder leur asile paternel, et de se réfugier dans les bois du mont Alburne (i) et dans les montagnes voisines (sà).

lis, comme de tribu se forme Iribulis. Dans une autre prononciation à la manière grecque on disoit i'ISTEAIA Psi'stelia(V, Planch. LVIIÏ , 4 > 5 , 6.). Ce nom a quelque ressemblance avec celui de Plistia ou Phli^tia , y'ûle marse , qui devoit son origine et sa langue aux Osques } Liv. IX, 21.

(i) \irgiL Georg, III , 146; Serv. ad h. L ; Vibius Seq. De Moniibus,

(2) Strab. V, p. 178. Les antiquaires n'ont pas fait attention jusqu'à présent aux médailles de Pestum avec la double légende Phistulis et Poséidon, Le P. Paoli fut le premier qui , sans les connoîlre , en publia trois différentes, très-anciennes, lesquelles, selon Barthélémy et Dutens {Paléogr. Numism,)^ sont vraisemblablement du sixième siècle avant l'ère vulgaire'. L'épigraphe de droite k gauche, en ancien grec : \^ MOT offre Poséidon : dans l'autre inscription, on lit: M^^T P^/i>, qui sont les premières lettres de Phistulis. (V. PI. LVII , i , 2 , 3 ; LIX , 9 ). L'aspirée 11 , très-commune dans le dialecte éolique , dont se servoient les Achéens, et conséquemment les Sybarites, équivaloit le plus souvent au 8 des Osques, qni avoit de l'affinité avec le O grec , lequel , comme nous l'apprend Quintilien , s'aspiroit plus fortement que le F des Latins. A voir les premières médailles du Pestum avec la double épigraphe , il semble que les nouveaux

3o4 PREMIÈRE PilRTIE.

Tout concourt doue à démontrer que, si les Grecs bâtirent de nouvelles villes dans les pays conquis , ils s'étoient aussi emparés de celles que les indigènes , par l'avantage de la position, y avoient auparavant élevées, mais qui malheureusement nétoieht défendues par aucun ou* vrage militaire. De même plusieurs villes de l'Asie mineure et de la Syrie avoient été la demeure des habitants du pays, avant que les colonies -grecques fussent venues ies occuper et changer leur situation et leur nom. Maïs en tout temps et en tout lieu , rien n est plus voisin de

colons , par des raisons de commerce ou par leurs relations avec les anciens habitants , furent engagés à conserver quelque temps sur leurs monnoies le vieux nom de Phislu, quoique celui de Posidonie prévalut ensuite parmi les Grecs. Beaucoup de ces monnoies avec l'épigraphe Phistulis et Phistlus ont toutes été trouvées k Pestum ; mais ces dernières , comme elles sont de fabrique moins ancienne % nous paroiss^nt avoir été frappées sous la domination des Lucaniens, qui rendirent à cette ville son premier nom et ses usages particuliers, après l'avoir reprise sur les Grecs , environ Tan 400 de Rome : de là , le nom de Pliistu, en passant du dialecte osque dans la langue latine , s'adoucit , et se transforma en Paîslu. C'est pourquoi sur les monnoies.de Pestum, deveftue colonie romaine, on trouve fréquemment , Pi tJtano> Paistano, Paistum, Paestum. Voyez Paoli, Ravine délia città di Pesto , PL 49-57.

GHAPimE XX. 3o5

la déTastatioQ que Finvasion. La haine con^ stante que nos peuples conservèrent contre les usurpateurs ne laisse aucun doute sur les violences qu'ils avoieut du en éprouver (i); bien que les Grecs , par des raisons de politique^ se fussent quelquefois unis avec les naturels du jpays, spécialement les Achéens, dont les colo* nies devinrent par cette raison les plus riches et les plus populeuses. L'orgueil des Grecs ne laissa pas néanmoins d accréditer le bruit que les villes de ritalie inférieure dévoient leur origine aux plus fameux héros et demi-dieux de leur pays , fertile en merveilles. Si Ton en croit ces traditions, Crémise et Pétilie furent bâties par Philoctète, ami et compagnon d Hercule, chassé, par je ne sais quelle sédition , de Mélibée, ville de Thessalie (2); Tarente fut élevée par Taras, fils de Neptune et d'une nymphe indigène (3) ;

(1) Selon les récits des GrecSy'Dioniècle détruisit dans TApulie les Monades et les Dardes, et les deux cilés d'ApinaetdeTrtca, dont la ruine passa en proverbe pour désigner ce qui éloit ignoble et vil : tant la férocité des destructeurs étrangers étoit accompagnée d'orgueil. Plin. III, 11. Couf. Martial. I, cp, ij4j XIV, ep, i ; Erasm. Adag.

(a) Lycophr. 911 cum Schol. Apollod. de Nai^ibus , tf;7. Strab. VI , p. 175; Virg. III, 401-4025 Serv. ad h. ^ 2. Solin. 8.

(3) ktisXoff^p. Poil. IX , 6 , 80 ; Pausan. X , 10. Les

3o6 PREMIÈRE PkMîE.

Caulonîe par Caulud^fils deramazone Qyta (i); Rhégium par Jocaste , tin des filsd'Ëole (2) ; Cro* tone par Hercule^ héros de la contrée (3) ; Scy la^ cium par Ulysse (4) ; Métaponte par Nestor (5) ou par Épée (6); enfin Arpi, Ganusie^ Siponte et d'autres villes de l'Apulie^ de la Campanie et du Satnniuni^ par Diomède (7). Les noms

inonnoies de Tarente^ qui ptéeènieùi ctynimnnénïéM i'e/figie de Taras assis sur un dauphin » viennent à Tappiii de cette tradition populaire. Une autre fable inconnue attribuoit à Hercule même la fondation de Tarente* Virg. yŒneid. III , 55o.

(i) Serv. adAEneid. III, 553 ; Steph. Byz. v. Km»^09/m,

(2) Câllimacb. ap.Ttetz. ad Lycophr. 45 ; Diodor. V, 8 ; Heracl. Pont. pag. 214.

(3) Diod. IV, a4^ Gonon. Narr, 3. Jambl. 9; Ovtd. Met. XV, 8 ; Heracl. Pont. Fragm. 35.

(4) Serv. ady'iTg.AEneid. III, v. 555.

(5) Strab. VI, p. i»3; Veliej. 1,15 SoHli. 8. Au rapport d'Antiochus de Syracuse , le nom primitif de M^ taponte fut Metabo i nom certainement italique et d'origine osque, employé ches les Vosques comme pronom, et le nom propre d'un tyran dePriveme. Virg.

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