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CHAPITAE XX. 307
de ces liéros^ objets d'une antique yénératîon^ étoient continoellenient célébrés dans les litur** gies poétiques y dépositaires de leurs exploits et de leur renomjtiée. Les temples, les autels, les tombeaux élevés à leur mémoire étoient destinés à attester en même temps leur existence, et l'éclatante protection qu'ils accordoient à ces peuples. La Grèce étoit pleine de ces raonu-* ments de Terreur et de la superstition : l'Italie suivit son exemple. En commençant par Cumes, la dépouille de la Sibylle , possédant le don de deviner, étoit renfermée dans je. ne sais quelle urne et suspendue au temple d'Apollon (i). Baies se glorifioit de celle de Baïus, son fonda-teur^ un des compagnons d'Ulysse (a). Naples montroit, comme son plus beau titre de gloire, le tombeau de Parthénope, l'une des S)rrènes(3). La cité de Térine, chtz les Bru tiens, s'honoroit également de celui d une des filles séduisantes d'Achéloiis (4). On remarquoit sur le golfe de
(i) PetroD. SaL p. 48 j Pausan. X, la ; Justin, martyr, Cohort. ad Grœcos.
(2) Strab. V, p. 169; Varr. op. Serv. IX, 710 ; Senr. â<fVirg. jŒneid. III, 441 ; Silins, XII, Ii4-ti5.
(3) Strab. V, p. 170; Dionys. Perieg. 357; Sleph. By«. V. Ki*r«Aif } Plin. III, 5 ; Scrv. Georg. IV, 564-
(4) Ljcopbr* 726 i Solin. 8 ; Sleph. Byc. v. tiftvm. Les
3o8 PREMIÈRE PARTIE.
Pest'uni un temple de Junon-Argienne, élevé par Jason, danslecours de son voyage en Colchide (i) : plus loin y celui de Minerve , placé sur la cime du promontoire de ce nom , étoit cité comme un monument élevé par Ulysse (a). A Siris, qu'on disoit avoir été construite par les Trojens, on rendoit des honneurs solennels à la statue de Minerve-Poliade, que l'on croyoit être la même que celle qui étoit révérée à Ilion (3); tandis qu'à
monnoies de Naples et de Térine ont pourtjrpe ordinaire la tête de ces deuY syrënes.
(i) Slrab. VI , p. 174 j Plin. III , 5. Le port de Télamone en Toscane passoit aussi pour avoir reçu son nom d^on des principaux Argonautes, comme celui d'Argo dans rtle d*Ëlbe , en l'honneur de ce nom. Telles étoient les preuves frivoles que les Grecs alléguoient de cette navigation dans la mer Tyrrhénienne. Apollon. IV, 654- 658 ; Timœus, ap. Diodor. IV, 56^ Strab. V, p. i55.
(2) Strab. V, p. 171. Stace, en e/Taçant un des titres de la vanitë des Grecs , appelle ce temple l'ouvrage des Étrusque* , lesquels ont occupe la contrée :
Est inter notos Sirenum nomine muros , Saxaque jyrrhena: templis onerata Minervœ,
S^'liuir. II, carm. a ÎDÎt.
(3) Strab. VI , p. 182. Rome , Lavinie , Lucerie etSiris se vantoient également de posséder la Minerve d'Ilion. Ije géographe grec observe avec justesse que lorsque plusieurs villes se font gloire de la mémç merveille , c'est une raison de croire que le même artifice ^ produit un« opinion également fausse.