CHAPITRE XX. 3o
Métaponte on conservoit précieusement les instruments de fer avec lesquels Epée a voit fabriqué la fatale, machine qui causa la ruine de Troie et la chute du trône de Priam (i). C'est avec la même vénération que l'arc et les flèches d'Hercule , laissés par Philoclète , étoient conservés soigneusement dans le temple d'Apollon, à Thuriura y comme un gage' assuré de sa conservation {pt). Un temple dédié à Castor et PoUux, sur le fleuve Sagre, ne permettoit point de douter que les divins fils de Léda n'eussent combattu dans cet e(ndroit en faveur des Locrrens contre les Crotoniates (3). La présence d'Hercule étoit ailleurs attestée par ses divines traces, sur lesquelles ne pouvoit marcher nul pied mortel (4). Sur une colline de la Daunie s'élevoient deux chapelles (5) consacrées au devin Chalcas, et à Podalyre, fiJs d'EscuIape, où l^s divers peuples se i;endoient avec une égale confiance pour interroger l'oracle et implorer la santé (6). Dans le voisinage de Témèse on voyoit, au milieu
*{t;).JiutÂJQ. XX, 7^).K\xcUdeMirab^ ausc. p. ii6i. î {%),DéMiraJb.L c.fiuphorion Ap.Tsetcâ^/Lycophr. 911 ;Ëlyn;i<4. afia^Q. v^/A^lû^i Justiu. XX, i. (3) Strab. VI , p. i8o ; Juatiii. XX^ 3-
(5) *Hp««. Monument». héroïques.
(6) Strab. VI, p. 196) Lycophr. 1047 ctSclwl. lizW.
3rO PREMIERE PARTIE.
d'une épaisse touffe d oliviers, le mausolée de Politès (i)> infortuné compagnon d'Ulysse. On montroil de même à Laos un petit temple dédié à Dracoû , autre compagnon des aventures du fils de Laerte (ti). Le riche temple de Mi* nerve, divinité «particnlièrement révérée des Salentins, passoit pour avoir été bâti par Idoménée de Crète (3), On faisoit remonter jus* qu'au temps d'Hercule l'origine de celui de Junon-Lacinienne , l'un des plus renommés (4)* Différents vestiges ou indices confîrmoient ail* leurs la longue navigation d'Énëe autour de l'Italie inférieure (5). Les champs appelés de Diomède (6) , ses oflrandes au temple de Mi«nerve à Lucérie (7), la vieille armure de ce
(1) Strab. VT , p. 176 ; Pausan. VI , S.
(2) Slrab. VI, p. 174-
(3) Strab. VI , p. 194 ; Varro, ap, Valcr. Prob. ad EcL Vï , 3 1 ; Scrv. ad AEnetd. ÎIl , 53 1 .
(4) Serv. adj^neid^ III, 55a.
(5) Dionys. 1 , 5i. Parmi ces indices on remarqniHttttte fiole de bronce , dMîée à Junon , avec le nom d'Énëe gravé en caraclëres anciens. L'tle Enaria(l6chia) passoit pour être ain» nommée par respect pour les vaisseaux d'Énëe. Plîn. UI , 6; Festus in AEnaria.
(6) Ant. Libéral. Met, 37 ; Festus, in Diomed, cumpos; Silius VIII, 14^9 Sieph.Bjz.v. Aff^Mm.
(7) Strab. VI, p. 196*
qHAPÏÎYE XX 3|I
hérûs (i)i Iç culte fervent de Vénus à Hyria (2), éCoient de^ preuves inanifest^ de Tempire qu'il iivoit autr^ois çxercq dan$ VApuUe. En^, le^ lies dites de Diomède , aujourd'hui de Trémiti , en face du prqinQntoire Garg^^n, poçsédoiçnt les dépouilles mortelles du valeureux fils de Tydée (3). Ainsi l'imagination et les seus^ çonjini^eUeiP^nt frappé^ du merveilleux , faisoiei^t jq^tre ^t eptre tenaient dfins les esprits une pré* dnlite trqmpeu^ Npus nç prétendons pas pouf c^]^, çon4amni3r ce^ pieuses folies^ qui^ çhea les; ^pdffns , hal^ileinçff^ li^» aqx idé^s religieuse^ ^t pQli4<pie^9 pppyoient porter ju^'à Tei^thou- $i9sm^ r^f^oii^. dç la patrie. : mais np^si cher-
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(1) Aitctor DffMirab, p. ii6».
(2) Catull. 37,. la; Senr. XI ^ 246.
(3) Strab. VI, p. 190; Lycophr. 5çfi sq. Anton. Libéral. Met. 37 ) Dionys. i» Perieg. 483; Plin. III , 26 ; Fest in Diomed, ihmt Senr. XI , ^^i ,^t ai. Suivant la &ble «coanue , \m^mt% donnareiit le nom d'oiaeatfK de Dîo*
mp^^ ^nne ^P|MÇfi;4<i.!?9bti)efl^n«ftM{ne» appelés. ^r^ termes, et trëa-^communs dans ces îles 5 mais on peut les louer d'y avoir transporté de TAsié , pour rornemeut des toffihwoiif N pf0mfecl>pUtAn^jfa'QUtntalie» et qui passèrent de \k en Sicile et ensuite sur le continent. (Plio'. XII i i; Tbe^br« Sîs(: .PjanJt, Vl\ 7.). De même, le xyprès . natif d« frète et des Mes d^ l'Avchipel , fut cultive poar la première ipis à Xtrentè > dfaa GaMiu l'a] tarentin, r
3ia PBEMIÈBE PABTIE.
chons la vérité, et i\ est de notre devoir de ne pas confondre les fables avec l'histoire, et de ne pas répéter sans examen ces récits men-
songers.
Si les écrits d'Aristote et de Théophrasle sur les cités Italiotes (i) n'étoient pas perdus, nons pourrions, au lieu de nous fatiguer a détruire de pareilles erreurs, entrer dans des cousidéralions bien autrement intéressantes sur le gouvernement, les mœurs et les lois de cls florissantes repu bliques. Toutefois il' est hors de doute que les colonies grecques conservèrent , après leur transmigration , les institutions,' les usages et les rites de leur primitive patne. Or, comme le droit public en tirèce consistoît essentiellement en litres honorîJiqiVes, en concessions uli-
les , et en certaine^» franchises qu'une cilé accor-
doit à rautre,.^n.yertu,,de traités et. dalliances mutuelles (2), dQj:nème le lien, des républiqi^es> au lieu d'être affermi! panlfis convenances indîs* sc^ublesde là nature, naKi^td'aiitinp garant que
(i) Poljb. XW , 5-« ; Ciéer.ide Finib. V,' 4 ; Pollux ,