CHAPITRE n. sg
preayes de Tessor de l'industrie domestique et de la grande multiplication des hommes. Une nation sapproche d'autant plus de son maximum de force, d'industrie et de civilisation , que l'homme se trouve plus rapproché de l'homme , le village du village , et la cité de la cité (i). Les rapports et les coipmunications réciproques furent donc toujours plus assurées et plus multipliées , en raison de l'accroissement successif de ces associations , par l'impulsion naturelle de cet instinct qui porte chaque individu à profiter des avantages de sa position ; en sorte que les intérêts de la société générale ayant acquis plus d'importance et plus d'extension, introduisirent dans ces petits États une certaine organisation politique dont nous retrouverons des restes plus ou moins marqués durant le cours des révolutions de l'Italie.
Au sortir d'un état simple et rustique, on doit s'attendre à voir les hommes agir avec ce vif sentiment d'égalité dont ils se sont fait une habitude. Toute communauté est peu remarquable dans son origine ; mais chaque individu s'attribue une importance qui l'empêche de se regarder comme inférieur à ses concitoyens ; de sorte que tous montrent la même ardeur pour
(i) Verri , Écon» polit. 0.26.
3o PREMIÈRE PARTIE.
le mamtieu de la liberté. Or, les premières tribus qui se réunirent dans toute ritalie, ne connoissant d autre besoin que celui de subsister, et n'ayant d autre ambition que celle de se défendre, formèrent autant de communautés civiles dont les membres , en se formant en corps politique , ne sacrifièrent que peu de leur indépendance naturelle. Le lien fédératif , le plus simple et le plus nécessaire de tous entre des cités agricoles et guerrières, forma des alliances stables, qui donnèrent plus de consistance et de «régularité à letat politique de la nation. Dès ce moment tous les Italiens, distribués en un grand nombre de petites sociétés régies par différentes vues d'ambition et d 'intérêt, développèrent le germe de ces sentiments jaloux qui, transmis aux générations subséquentes, firent considérer chacune de ces associations séparées comme un État rival : héritage funeste, trop souvent recueilli dans le cours de tant de siècles , et auquel on doit attribuer les premières révolutions qui ont influé en tant de manières sur les discwdes et sar rin£ûvtune de nos provinces.