CHAPITRE XX
le dialecte dominant parmi les Italiotes et les Siciliens y leurs voisins. Ce dorique plus mâle que Ton parloit en Italie ^ y forma un idiome particulier I dans lequel on remarquoit certains mots (i) et certaines manières de parler et d'écrire qui lui étoienf propres , et qui ne lais^ soient pas de différer des autres dialectes de la Grèce (2). La langue osque étoit néanmoins l'idiome vulgaire des naturels de Tllalie qui environnoient de toutes parts les Grecs; quoique le besoin d'entretenir les relations sociales et religieuses eut introduit également chez eux l'usage de la langue grecque , comme nous le montrent en particulier les monnoies des Bru-> tiens et des Mamertins empreintes de caractères grecs* On appela les Brutiens (3) et les Canu-
(i) On appeloit rxSwvm 'imïnmrti^fs lés mots propret aa dialecte qui étoit en usage dans la Grande-Grèce. Plurim. ap, Hesych. Con£. Mazocb. Comm. in Tab. /7eracl, p. 142, n. 2.
(a) Voy. Mazoch. ihid. p. iiS-iSo, et Lexicon He^ racleot. Barthélémy, Éclaircissements sur la Flaque Borgienne troui^ée dans la Calabre en 1 78 a , OEui/r, diverses y Tom. II , p. 4i2'4'9 » ^^ ^^ Journal classique de Gottingue, Bibliotek deralten Literatur. an. 1769.
(3) Ennins et Lu cil. ap, Fest. in Bilingues et Bra^ taies.
3aa PRBMIÈBB PABTtB.
siens (i) bilingues, à deux langues ^ a cause du double langage que forraoient ces deux idiomes : c^est ainsi qu'on dit d'Ennius, natif de Calabre , qu'il avoit trois cœurs , parce qu'il parloit Fos^ que , le grec et le latin (2).
(i) Camtsini more bilinguis, Horat I» SaU 10, 3é; et Porphyrion ad h. L (a) Gell.XVII, 17.
JS" I.
Ce mot Aborigines ne signiâe pas précisément la même chose que indigente, que l'auteur lui donne poursyiionjme. Dans la langue des Romains, à laquelle seule il appartient, il signifie le peuple qui, dlès ForigUiey ab origine^ a occupé un pays, et peut conséquemmenl s appliquer aussi-bien à un peuple indi' getie^ dans toute la rigueur de ce terme, qua un peuple étranger qui le premier seroit venu habiter un pays désert et encore inculte. L'idée que les anciens attachoient au nom iï Aborigènes n'exclut donc pas celle d'une colonie étrangère, et la signification adoptée ici par l'auteur, et qu il déclare la moins contestée^ nousparoitau contraire la moins probable de toutes. Au reste , Virgile^ qui, de raveu de cet auteur, est si instruit des traditions de son pays , avoit 4 des Aborigènes la même opinion que bous venons d'exposer, à n'en juger que par ces vers, où il fait évidemment allusion à Tétymologie ^e ce nom :.
.... halusque paterque Sabinus,,..
Saturmtsque âenex, Janiqite bifrontis imago yesiibulo adstabanti aliique ab origine re^e#.
AEneid. VII , 178 , et Serr. ad h. h
R.«*Ii.«