‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 116 sur 283 · N' III · texte numérisé non relu

N' III

L*auteur, qui affecte un grand air d*inipartîa1ité , trahit ici son intention systématique. Ce n est point Qomme historien qu il s'annonce, mais comme panégyriste. Il s'indigne que la civilisation ait été regardée comme étrangère à l'Italie, et que la barbarie seule lui soit attribuée comme un patrimoine national , et en quelque sorte comme une production naturelle de son sol. Voilà, sans contredit, un patriotisme bien placé! Ne sembleroit>il pas que la gloire de l'Italie fût en danger de se perdre, parce ic[u il y a trois mille ans la civilisation y étoit encore ce qu elle étoit dand le reste de l'Europe; f>arce que les premiers fonde* ments de la société y fîitent jetés par des mains étran-* gèrea? Au surplus, si c'est aux yeux de M. Micali un si grand malheur pour Tltaife, que de devoir -aux Grecs les principes de sa civilisation , c'est un mal* beur irréparable, et auquel ne sauroient remédier son éloquente indignation et sa sensibilité patriotique : duTuniy sed levîus fit pcOientià. Il faut que M. Mi>^ cali se résigne, et surtout qu'il ne cherche poî^K pair des raisonnements à détruire les témoignages de Thistoire, à substituer des hypothèses plus ou moins ingénieuses aux faits les plus solidement, les plus généra*; îement accrédités. C'est une des maximes de notre

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moderne philosophie ^ que Thistoire est fiu<ioeptîb)e de toutes les interprétations qu*on vetit lui donner, et.qu^il ne faut compter pour rien Tautorité des traditions et la fui des témoignages ; une pareille méthode est certainement très-commode, puisqu'elle dispense de toute recherche, et rend toute discussion superflue ; mais si cette méthode devenoit enfin générale , la véy rite disparoitroit bientôt sous un amas de systèmes

différents, et l'histoire ne seroit plus qu*un vaste champ couvert des ruines de toutes les hypothèses accumulées Tune sur Tautre. R.-A.

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