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Cette asieition de notre auteur me paroît encore dénuée de preuves et même de vraisemblance. Pourquoi ?éft Roumains, qui^ dé Faveu de M. Micali , et d'après le témoignage de Cicéron , continuèrent à faire instruire leurs enfants dans les lettres et la discipline ëtrusques, auroient-ils cherché à abolir les monuiben ts de cette littérature ? N*y à-t-il pas ici upe contradiction maiïifeste ? De ce que les Étrusques devinrent sujets '(le$ Romains, s'ensuit-il encore que la langue et les productions littéraires des premiers , aient dû se perdre sous la dominatiôii' des seconds P La langue grecque et les chefs-d'œuvre qui Tavoient immortalisée, tombèrent-ils dans le mépris et dàiis roublî, lorsque la Grèôe, comme l'Etrurie, fut de- Hrétiué ime simple province du vaste empire romain ? Le raisonnemetit seul réfute donc l'assertion de notre auteur, et les faits n y sont pas» m'oins contraires. Les histoires étrusques subsistoient sans doute au temps tle Varron , puisque ôe savant romain en cite un passage important qui nousa été conservé dans Gensorin ; et plus tard l'empereur Claude, q:ui composa en
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vingt livres une histoire d*Etrurie , atoit puisé aux mêmes sources, d*après le témoignage de Suétone (m Ctcuid. c. 42)* Le^ livres religieux des Étrusques se conserYoient encore du temps d'Ammien Marcellin, où ce peuple n'ayoit rien perdu de son antique réputation dans lart de prédire Tavenir et d*interpréter les phénomènes célestes ( Vid. Ammian. XXIII , 5 ). Les Romains, au comble de la puissance , recoururent souvent , en de semblables cas , aux lumières de leurs devins et de leurs prêtres, comme on le voit par le Élit arrivé sous Sylla , et raconté pan Piutarque ( in Sjtluy C. XXI ; add. Suid. v. l.i>Jmt ). Il est probable que les livres historiques n*avoient pas été conservés avec moins de soin, par la postérité des anciens Étrusques, auxquels ces livres rappeloient dessouve» nirs si précieux de gloire et dlndépendance. Enfin la lan^e des Étrusques ne se perdit point sous la domination des Romains, et je n'en veux d autre preuve que le passage même de Den js d'Halicarnasse [jfntiq. roman. Làv. I , c. XX ), où cet écrivain cherche à n^ontrer Torigine indigène des Étrusques, par la différence de leur langue actuelle d'avec celle des anciens Grecs ; différence qui ne conclut rien en faveur de lopinion de Denys d*Halicarnasse , comme nous verrons, mais qui prouve incontestablement Texistence de la langue étrusque au temps de cet historien, c'est-à-dire au siècle d'Auguste. L'exemple de Cortone , allégué par Denys , est ici d'autant plus décisif que Cortone, depuis long-temps colonie romaine, auroitdû perdre, sous Tinfluence des lois, de
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la langue et de Tadininisf ration romaines, son lan* gage propre et national ; et , si cette cité l'avoit cepen^ dant conservé dans toute son intégrité primitive, c*est pour nous un motif suffisant decroirequ*ils*étoit paiement maintenu dans les autres villes de l'Etru** rie, soumises comme celle-là à la domination romaine. Nous verrons d'ailleurs cette conséquence confirmée par des monuments nombreux et irrécusables, médailles, inscriptions, vases, etc. R.-R.