‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 130 sur 283 · N« XX · texte numérisé non relu

N« XX

Remarquons ici que notre auteur enveloppe tous ces systèmes différents dans une même catégorie, et les condamne tous également, comme également appuyés sur la base incertaine et foible des étymologies, tandis quelopinion, qui attribue aux Étrusques une origine péiasgique ou grecque, repose uniquement sur les témoignages les plus graves de l'antiquité, et non sur de vaines, et équivoques étymologies. M. Micali se trompe encore en nommant Ma2socchi et Guamacci , auteurs du système qui attribue aux Etrusques une origine phénicienne, comme sectateurs de fiochart \ ce qui suppose que ce savant

éCLAIRGISSEMEI7TS. 35 1

étoit du même avis. Bien au contraire, cette opinion a été réfutée par Bochart ( Phaieg , Lib. I, c. 33 ), et sa répugnance à considérer ce peuple comme Phénicien , est d'autant plus digne de remarque que cet habile homme, trop souvent entraîné par une prévention contraire, devoit être naturellement porté à soutenir ce système , s*il y eût trouvé quelque vraisemblance : c'est une observation que nous avons déjà faite ailleurs {^Hist. des Colon, grecq, Tom. I, p. 353 ). Remai*quon8 encore que, de tant d'auteurs cités ici par M. Micali, comme ayant écrit sur Forigine des Étrusques, sur leur langue et sur leur ancienne histoire, il omet précisément le seul qui ait donné à ses recherches le plus d'étendue et de solidité , celui qui, par l'éclat aussi-bien que d*après Tordre de ses travaux, devoit coufonner le plus honorablement cette énumération , je veux dire l'illustre auteur du Saggio di lingua etrusôd^ le docte P. Lanzi. Un pareil oubli, qu'on ne soupçonnera pas d'être tout-à-fait involontaire, accuse d'avance les intentions de notre auteur, et nuit plus à son système, que n auroit pu le faire un aveu franc et sincère. &.-R.

N* XXL

Quoiqu'un fait soit raconté dans un esprit pôétiquey c*est-à-dire orné de circonstances et de détails poétiques, et mêlé de mythologie, il ne s'ensuit pas qu'il ne puisse avoir un fond de vérité. Ainsi les tragédies et lea poèmes, où l'imagination des poètes se donne tant de carrière, eurent toujours pour base quelque

3 5a ÉGULIRCrsSEMEKTS.

événement réel. A cette judicieuse observation qu a • ...

présentée avant moi M. Inghira mi, Rajoute que tous les

exemples particuliers confirment la justesse du principe qu'elle établit. La fable toute seule ne sauroit satisEaire l'esprit même le plus friyole , et la vérité a des attraits que le mensonge ne peut s approprier. Toutes les productions poétiques de lantiquité reposoient sur des fondements historiques , et plus la poésie est près de son berceau, plus son union avec lliisloire paroit étroite et nécessaire. Ainsi les poèmes d*Homèresont un recueil de traditions fidèles sur les faits qui précédèrent, ac* compagnèrent et suivirent le siège de Troie; et si la forme appartient au génie du poète, il n est pas douteux que le fond de ses récits n*ait été puisé par lui dans les traditions de son siècle et de son pays. Cette observation, non*seulement ne trouveroit aucune exception parmi les principales productions de la poésie ancienne, mais seroit même confirmée au besoin par les plus illustres exemples du génie mo* derne. Ainsi la Jérusalem délivrée présente, à travers une foule de circonstances mensongères où s'est jouée l'imagination du poète, les principaux faits et les principaux personnages de la première croisade; et si les relations originales se perdoient dans la suite des temps, le poème du Tasse pourroit certainement j suppléer en partie, et conserver, au moins dans ses circonstances essentielles, le souvenir de ce grand événement, R.-R.

liCLAIRGISSEHE14Tfl . 353

Page 1