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L'opinion d*Hérodote ne doit pas se prendre pour une invention purement poétique, et suivie uniquement par les poètes, puisque Timée, Strabon, Plu* tarque, Appien d'Alexandrie, Yelléius Paterculus, Yalère- Maxime., Justin, Pline, Festus et Servius, qui ont adopté le récit d'Hérodote sur l'établissement des Lydiens en Italie , ne sont probablement pas des poètes. Tous ces auteurs sont cités par labbé Zannoni , dans sa dissertation sur les Etrusques , p. 1 1 ; mais l'abbé Zannoni, aussi-bien que M. Inghirami, semble avoir omis un témoignage d'un plus grand poids que la plupart de ceux qu'il allègue, savoir, celui de rhistorien Ephore , antérieur à tous les autres, et dont Topinion, sur l'origine pélasgique des Etrusjques , nous a été conservée par Scymnus de Cliios ( Perieges, v. aa4 ) '* car, quoique dans ce passage du poète géographe, Ephore ne soit point nommée il n'est pas douteux que ce ne soit à cet historien que Scymnus avoit emprunté cette notion, puisqu'il déclare, au commencement de son ouvrage , qu'il l'a pris pour guide en tout ce qui concerne les prigines et les migrations des peuples ( Scymn. CW. v, ii5 ), objet dont nous savons encore , par le témoignage de Strabon, que s'étoit particulièrement occupé Ephore. Au resté, d'autres autorités encore ont échappé aux savantes ^recherches de l'abbé Zannoni, et je crois les avoir toutes recueillies dans un ouvrage, dont le lecteur me permettra d'indiquer ici les passages relatifs I. a3
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à la question présente ( HisL des Colon, çrecq. Tom. I, p. 35a-368 ) ; et j'ose croire que tous ceux qui auront eompté et pesé tous ces témoignages , reconnoitront que M. Micali , qui s*est^ contenté de citer Strabon , Velléius, Justin et Valère-Maxime, ou ne s*est pas piqué d'une grande exactitude, 01^ bien a attaché trop de yaleur à Xttc, , par lequel il termine la liste de ces quatre noms. II.-R.
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Notre auteur, généralement si mal disposé en faveur du caractère de Denjs d'Halicarnasse, et qui en porte ici un jugement tout contraire, appelle ^rèsjudicUusê une observation que j'ose à mon tour qua'^^ lifier différemment De ce qu'au temps de Denjs d'Halicarnasse, nulle ressemblance de langage y de religion et de mœurs n'existoit entre les Toscans et les Ljdiens, s'ensuit^il nécessairement qu'un siècle avant la guerre de Troie ces peuples n'aient pu avoir entre eux quelque conformité dans toutes ces choses ? et rhistorien qui, sans tenir aucun compte des prodigieux changements que la révolution de tant de siècles avoit dû apporter à la langue, au culte et aux mœurs de peuples aussi éloignés l'un de l'autre que l'étoient les Toscans de l'Italie et les Lydiens de l'Asie mineure, affirme, d'après cette différence seule^ que toute identité d'origine est impossible, doit-il être sur ce point réputé d'un jugement infaillible? Pour ne citer qu'un seul des changements survenus dans la manière d'être de ces peuples, et que l'histoii^e nous
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ft conserves , Hérodote ne nous apprend^l pas que Cjrus, craignant une révolte des Ljdiens récemment asservis à son joug, et encore affectionnés à leur an* cien prince 9 leur donna, par le conseil raémedeCré<* sus, des lois propres à les amollir, et qui boulever^ serent entièrement toutes leurs habitudes (Lib. I, c. 1 55) ? Voilà un des innombrables faits du même genre , qui durent, pendant le cours de tant de siècles , modifier presqu'à Tinfini le caractère de deux peuples , origi* nairement issus d'une source commune. Mais cette différence même étoit-elle aussi réelle que le suppo* soit Denjs d'Halicarnasse, jugeant d'après ce qui existoit de son temps P Non , sans doute , puisque Rickius , dans sa dissertation sur les premiers habitants de ritaUe {ad cale. Luc. Holsten. not. adStephan. Byz^ c. VI, n. i3)y et surtout Vabbé laxiz\{Saggio ^ t. II, p. io3), ont trouvé, entre les Etrusques et les Ly* diens, des analogies de mœurs et de coutumes qui déposent en faveur de Fopinion de lorigine commune de ces peuples ; et combien plus nombreux et pi us f rap-* pants encore dévoient être, au temps de Denjs d'Ha* licamasse , des arguments de cette sorte , si cet histo« rien, moins prévenu en faveur de ses idées, avoit consulté tous les monuments qui existoient alors, et recueilli toutes les traditions perdues ou altérées depuis cette époque! Cependant, telle est là force de la vérité , que c'est à Denys d'Halicari\asse lui-même , que nous devons quelques-unes des notions les plus propres à établir Fancienne conformité des coutumes lydiennes et étrusques, conformité qu'il s'efforce de
nier dains un autre endroit de son lirre. Ainsi, Tappareil qui accompagnoit les magistrats , les licteurs , la chaire curule^ la toge garnie de pourpre y tout ce luxe que les Étrusques avoient communiqué aux Romains , selon le témoignage exprès de Diodore{Lib. Y, p. 219), Tenoit originairement de Lydie , au rapport de Denys d'Halicamasse ( Lib. III , c. 84 ) ; et ce fait particulier confirme une assertion plus générale faite plusieurs années après par Pline ( Lib.. VI, c. 56) et par saint Clément d'Alexandrie ( Stromat. Lib. I , S. 16 ) , sa« ▼oir, que plusieurs usages et pratiques de la religion étrusque , avoient été apportés d'Asie ( Consultez , à ce sujet, la Dissert, citée de Fabbé Zannoni).
Quant à la différence prétendue entre la langue des Lydiens et celle des anciens Etrusques , elle est encore moins réelle que toutes les autres différences supposées par Denys d'Halicamasse. Il est prouTé, par le témoignage d'Hérodote, que les Mysiens, les Cariens et les Lydiens étoient frères , c'est-à-dire des peuples d'une môme race, parlantla même langue, s'assemblant dans les mêmes temples pour y pratiquer le même culte ( Lib. I,c. 171). Or, tous ces peuples étoient grecs d'origine, parlant des dialectes de la langue hellénique, ainsi que cela résulte du témoignage d'Homère ( Iliad, II, v. 267 ) , éclairci et développé par l'historien Philippe ( apud Strabon. XIV, 662 } ; et c'est une vérité qui récemment a été mise en un jour évident par les travaux d^Fréret(ilf^/7K. sur POri* ginedes habitants de la Grèce y^. 107 et suiv.), et nous osons l'ajouter, par nos propres recherches ( Hist. des
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Colon, grecq. Tom. I , p. 878 etsuiv. ). Les Étrusques, par cela seul qu'ils étoient Lydiens, dévoient donc parler un dialecte de la langue grecque, dévoient donc être un peuple grec ; et le témoignage positif de Plutarque ( F'it. RomuL c. 11), qui assure que les Tyrrhémens ou Étrusques étoient un peuple venu primitwement de la Thessalie en Lydie ^ et de ïa trans» porté en Italie ; ce témoignage , si clair , si précis , doit être préalablement réfuté par ceux qui nient Torigine grecque et lydienne des Étrusques. Enfin , la ressem* blance des caractères de l'ancien langage hellénique et du langage étrusque, est prouvée par le témoignage de Strabon (Lib. XVII, p. 806, A), et, bien mieux encore, par la comparaison de tous les monuments des deux langues qui ont échappé à la destruction ; et cette analogie, dont la démonstration a été l'objet et le résultat des travaux du P. Lanzi , est aujourd'hui l'opinion des meilleurs critiques ( Zannoni ^ Dissert, cit. p. 22, et suiv. ; Clavier, Hist. des premiers temps de la Grèce ^ Tom, II, p. 216-217 ). Comment, après cela , reproduire encore un système de toutes parts ruiné , sans répondre à aucun des arguments et des faits sur lesquels repose l'opinion contraire P R.-R.