‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 132 sur 283 · N^ XXIV · texte numérisé non relu

N^ XXIV

Voici un passage de la dissertation sur les Étrus" ^u^j, de l'abbé Zannoni, qui répond directement à cette objection de notre auteur (p. 12 et i3):

« On oppose l'autorité de Denys d'Halicarnasse ^ « mais je pense qu'en ce cas-ci il nesauroit mériter mon

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é entière confiance, vu la foiblesse de ses raisonne* « ments. Premièrement, c'est d après le silence de « Xanthus sur rétablissement d'une colonie lydienne « en Étrurie, que Denys se décide à regarder les « Tyrrhéniens comme indigènes ( "vid. Liv. I, c. 3o) , « expression par laquelle les anciens désignoient tous « les peuples dont lorigine leur étoit inconnue, et « qui a la même valeur que celle à' Aborigènes , sur c Tétymologie de laquelle on s'est tant et si inutile- « ment tourmenté de nos jours {voy. Fabb. DeriQ. e « cuit degli antichi oiitanL d^Italia^ p. 4 )• Mais Hé- « rodote, qui, au rapport d'Athénée ( Lib. Xfl, «p. 5i5), avoit lu les histoires de Xanthus, déclare « positivement que cette tradition est appuyée sur le c témoignage des Lydiens eux-mêmes; et les termes « dont il se sert ( Liv. I , c. 94 ) ne permettent pas. le « moindre doute à cet égard. Si l'on persistoit encore % à imprimer à Hérodote la tache d'écrivain roma* « nesque, tache dont il est de jour en jour purgé au «jugement des hommes éclairés, il n'en seroit pas « moins impossible de nier que cette tradition n'eftt « généralement prévalu chez les Lydiens , puisque « nous lisons dans Tacite [AnnaL Liv. IV, c. 56), « qu'au temps de Tibère , des ambassadeurs ayant été « envoyés à Rome de diverses provinces de l'Asie pour « revendiquer, chacun en faveur de leurs villes, la « possession exclusive du temple qui devoit être fondé « sous les auspices de l'empereur, de sa lAère et du « sénat , les députés de Sardes en Lydie firent valoir , « pour autoriser leur prétention à cet honneur in-

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signe y on décret d'Étrurie qui les reconnoissoit comme un peuple de la même race et d'une com* mune origine. Avant Tacite, Sénèque (Lib. de Con* solat, c. 6 ) avoit dit : jisia Etruscos sibi vindicat. Ainsi y Ton ne doit rien conclure du silence de Xanthus, supposé même que ce silenee fût réel ^ et ce seroit manquer au bon sens que de récuser^ sur des motifs aussi légers, les traditions de tout un peuple, lorsqu'on sait que les tribus d'Amérique, au milieu de leur profonde barbarie, conservent encore quelque souvenir de leur extraction primitive, à quelque distance de temps et de lieux qu elles se trouvent placées de leur berceau , et quelque étran* gères quelles soient devenues, par leur langue ac* tuelle, à leur antique métropole. (Voy. Lanzi, Sag* ffioy t. II, p. la. )» Zannoni.

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